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Paroles et musique de Dan Speerschneider
un album pour célébrer la vie ;-)

lundi 3 mars 2014

Dissolution du moi et Réalisation sont un seul et même geste


La plupart des êtres qui sont sur un chemin d'éveil spirituel espèrent un gain de tous leurs efforts accomplis ou des pratiques réalisées durant tant d'années. Or l'éveil de la conscience à elle-même est d'abord le résultat d'une perte. La perte du sentiment d'être quelqu'un, la dissolution de l'illusion optique d'un moi séparé au contrôle de notre vie.
Lorsque l'illusion d'être quelqu'un se dissout, un monde nouveau apparait. Lorsque la croyance d'être un moi séparé s'efface, un sentiment indescriptible d'unité avec toutes les choses et tous les êtres nous envahit.

La non dualité c'est réaliser l'unité de toutes choses. En même temps cela ne peut être réalisé que lorsque le moi, avec sa saisie égotique et son cortège d'attachements et de croyances est absent. Tant que cette Unité essentielle n'est pas réalisée, il y a toujours au fond de nous un sentiment de manque, une souffrance consciente ou inconsciente et ce, quelle que soit la "réussite apparente" du personnage.

Le paradoxe est que lorsqu'il y a une énergie de croyance autour de l'idée d'être une personne, il est impossible d'appréhender l'unité de toute chose puisque cette croyance génère l'impression d'être séparé. Il faut que la personne disparaisse, ou plutôt cesse d'être crue pour que la réalisation ait lieu. La vision que tout est Un et la disparition de la personne sont un seul et même geste.


On est généralement identifié à un corps et à l'idée d'être personne. 
Lorsque cette identité-moi est perçue au même titre qu'un phénomène dans le monde et que la croyance d'être quelqu'un se délite, ce n'est pas un vide déprimant que l'on rencontre mais une vacuité consciente, une plénitude de conscience impersonnelle et immuable. C'est notre cœur véritable qui s'ouvre et se révèle comme le contenant sans forme de tout ce qui est.

La personne est une pensée comme une autre, enfin, peut-être pas tout à fait. En nature, oui c'est une pensée comme une autre. Mais cette pensée possède une grande puissance de fascination. et d'aimantation. Une forte impression de continuité existe. L'idée d'être une personne revient sans cesse. Elle est réactivée à chaque pensée. Toutes les pensées s'y réfèrent quasi automatiquement, comme une sorte de lien programmé dans un logiciel. Tout notre réseau de croyances a été bâti autour de cette croyance centrale. Elle apparaît comme une pensée racine dont toutes les autres découleraient. L'idée qu'il y a en nous un penseur, qui a le choix, un moi suprême derrière toutes les pensées qui prend des options, qui est responsable individuellement de ses actes, un acteur qui a le pouvoir du libre arbitre et qui peut réussir ou rater sa vie, faire du mal ou du bien aux autres, être coupable sont des croyances qui nous ont été assénées depuis notre plus jeune âge. Il est commode et apparemment "normal" ensuite en tant qu'adulte de continuer à se définir comme un individu séparé des autres. Cette croyance racine est très rarement remise en question et pour ceux qui réalisent cette dissolution commence souvent une période de difficultés apparentes avec l'entourage immédiat.


Pourtant, lorsque la croyance en un moi séparé est ébranlée, les difficultés ou les problèmes rencontrés dans votre vie deviennent alors autant d'opportunités pour renoncer au désir que les choses soient différentes de ce qu'elles sont. Et, c'est là un renversement total de perspective. Il faut souligner ici, il ne s'agit nullement de résignation mais plutôt de laisser éclore une intelligence non-réactive, fraîche et spontanée, qui n'entre pas en conflit avec la réalité de ce qui est. Une intelligence qui au contraire communie avec la réalité. Une intelligence qui épouse ce qui est sans résistance. Lorsque le moi avec sa cuirasse épaisse de désirs et de peurs, cesse d'être cru, alors l'expérience à laquelle on résistait peut tout d'un coup être accueillie pleinement telle qu'elle est. Il est alors réalisé que la conscience que je suis sur le plan absolu n'est nullement affectée par cette situation.


 La dissolution du moi n'est pas un drame mais au contraire une comédie joyeuse, une chance unique pour réaliser notre vraie nature de conscience inconditionnée. Vivre à partir de cette transparence est une source de félicité indicible d'être tout simplement qui n'est nullement dépendante des aléas extérieurs des situations, des pensées ou des émotions et ce, quelles qu'elles soient.


1 commentaire:

  1. Merci...l'ami ♥

    C'est très limpide, cette <<< TRANSPARENCE DE LA CONSCIENCE * >>>

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