Feel it !




Paroles et musique de Dan Speerschneider
un album pour célébrer la vie ;-)

samedi 2 août 2014

Le Regard d'Amour est toujours déjà là



Lorsqu'on regarde avec l'œil Unique de l'Amour tout va toujours très bien. Mais il n'y a pas d'efforts à accomplir pour regarder ainsi. Car c'est un regard sans personne. Comme une caméra posée là, qui filme et enregistre en continu. Un regard de caméra accueille sans discrimination tout ce qui apparaît dans son champ. Ce qui regarde derrière nos yeux, ce qui observe, constate et voit avant même que nous en prenons conscience, ne peut pas regarder autrement qu'avec amour. Ce regard ne refuse rien et, et n'est ce pas cela la définition de l'amour inconditionnel ? Ne rien refuser. Ce regard sans personne est l'amour sans conditions. Il a déjà accepté tout ce qui en lui va apparaître et disparaître, avant même que cela apparaisse. Ce regard est un grand Oui à tout ce qui est. Et ce regard n'a jamais été absent. Il est toujours là, même lorsque moi je n'en avais pas conscience. Tant que l'on se prend pour un moi séparé, une personne dotée de volonté personnelle, auteur de ses pensées, qui pourrait vouloir zoomer ou dézoomer sur telle ou telle expérience ou perception selon ses préférences ou ses craintes, le regard d'amour en amont des préférences n'est pas réalisé. L'attention est momentanément piégée par l'intentionnalité du moi.


Dès que je dis "je vois", réalisez que l'idée d'un "je" qui voit est une idée arrivant après l'acte même de voir. Voir précède le constat : "je vois". La pure perception du regard caméra est là avant que moi j'en prenne conscience.
En fait cet aspect non intentionnel de la pure attention ou de la sensation pure, l'acte pur de voir par exemple, pourrait mieux se décrire, peut-être, si on le décrivait à l'infinitif et sans sujet agissant :

Voir voit. Voir n'a pas besoin de moi pour voir. Voir ne juge pas.
Entendre entend. Entendre n'a pas besoin de moi pour entendre. Entendre ne refuse aucun son.
Sentir sent. Sentir n'a pas besoin de moi pour sentir. Sentir n'exclut aucune odeur.
Goûter goûte. Goûter n'a pas besoin de moi pour goûter. Goûter n'a pas de préférences gustatives.
Ressentir ou toucher ressent ou touche. Ressentir n'a pas besoin de moi pour ressentir. 
Penser pense. Penser n'a pas besoin de moi pour penser. Penser n'exclut aucune pensée.



Je vous invite à réaliser que Voir n'a ni commencement ni fin. Le niveau où vous en prenez conscience, le niveau où la pensée dit "voir n'a ni commencement ni fin", a effectivement un début et une fin. Mais la Présence consciente en laquelle cette pensée apparaît et disparaît est là en continun'est-ce pas ?  Elle est là, même lorsque aucune pensée n'apparaît. Elle est là lorsque vous dormez. Réalisez-le et voyez qu'il en est ainsi pour l'ensemble des sens et de l'acte pur de percevoir, en amont de la prise de conscience qu'il y a un moi qui voit, entend, goûte etc…



Si vous mettez l'accent sur le ressenti silencieux de chaque sens, simplement au niveau où le sens constate ce qui est, telle une "vulgaire" (merveilleuse) machine enregistreuse, un magnétophone, une caméra, une antenne de perception, au lieu de mettre l'accent sur la description de ce qui a lieu, et de coller aux pensées à propos de savoir si c'est bien ou mal, intéressant ou intéressant, alors une porte s'ouvre d'elle même au cœur de votre être. Et c'est par cette porte, et cette porte seule que vous risquez d'être soufflé et touché par la grâce.

Le jugement, le refus, la comparaison, la justification, l'analyse, toutes ces histoires que l'on se raconte viennent toujours après. Moi, la pensée moi n'apparaît qu'au moment de la pensée crue, qu'au moment de l'identification du moi avec le jugement. Moi est absent dans voir, entendre, sentir, goûter, ressentir, penser. Voyez-le! Les mots que vous lisez en ce moment sur cet écran sont perçus avant même que quelqu'un les comprenne ou leur donne un sens, s'en offusque ou s'en réjouit. Voyez maintenant que l'acte de voir précède toute pensée ou interprétation de ce qui est perçu ! Et qu'il en a toujours été ainsi !


Ressentir sent la contraction dans le plexus. La douleur est bien là. Mais personne n'est contracté.
Voir voit et n'a aucune préférence pour telle ou telle forme ou couleur.
Entendre entend les sons sans élaborer des critères esthétiques à propos de tel ou tel son, telle ou telle musique.
Sentir sent une odeur d'égout ou de putréfaction de cadavre mais ne la rejette pas, c'est éventuellement le moi qui rejette l'odeur perçue.

À sa source, l'attention est toujours pure, sans direction, sans intentionnalité, sans intérêt pour une forme  ou une expérience particulière.
L'attention pure voit sans distorsion, elle est pur accueil. Voir à partir de cet espace qui ne veut rien pour lui-même, voir ce qui est tel que c'est est Amour.

Voir, entendre, sentir, ressentir, goûter, penser n'ont pas de problèmes psychologiques. Le problème psychologique, le sentiment de séparation et de souffrance naissent au moment où l'idée d'un moi est crue. Le "moi" n'existe finalement qu'au moment de la description, du jugement.

Ça dessine. Personne ne dessine. Ce dessin, en train d'être dessiné, est perçu par une absence de tête, un espace transparent et vacant, conscient et éveillé, qui accueille la table, les mains, le feutre, le dessin en train de se créer...

Le moi est un assemblage d'images, une image centrale, comme une planète autour de laquelle toutes les autres images semblent graviter, par force gravitationnelle. Lorsque ce moi se dissout dans l'intensité de la vision, le monde est vu avec Amour. Et il est réalisé que Je suis ce regard d'amour. Je m'étais juste temporairement et de façon intermittente pris pour quelqu'un au sein de ce regard. Lorsque je disparais, le monde est vu tel qu'il est avec l'intensité de la vision. Cette intensité est amour, beauté, joie


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