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Paroles et musique de Dan Speerschneider
un album pour célébrer la vie ;-)

mercredi 8 octobre 2014

La beauté du non savoir


Au départ était le non savoir. À la fin des temps tout retournera au non savoir. À chaque instant est le non savoir. Le "je ne sais pas" précède tous nos prétendus savoirs et toute l'arborescence de nos croyances poussant les unes sur les autres s'enracinent toujours dans le rien du "je ne sais pas" initial.

C'est dans ce non savoir que, spontanément, la croyance racine "je suis untel, un moi séparé des autres" a émergée, avec toute cette fausse impression de pouvoir qui s'en est suivi et, qui a mis tant d'années à être constatée. Sur cette croyance racine toutes les autres sont venues s'aimanter créant un véritable égrégore, un véritable fantôme. Et comment ne pas croire à ce fantôme fascinant qui nous donne l'illusion d'exister par nous-mêmes et pour nous-mêmes et que tout le monde dit voir même si personne ne l'a jamais vraiment vu ?
                                  

Ce que nous sommes fondamentalement est cette Inconnaissance. Le non savoir n'a ni début ni fin. Il est sans cause et n'a aucun but. Le "je ne sais pas" n'a pas de préférences et ne connaît ni la douleur ni le plaisir. Toute perception est toujours d'abord pure perception et toute perception naît dans le "je ne sais pas". La pensée surgit dans le "je ne sais pas" et se résorbe dans ce même inconnu. 

Ce n'est que cette recréation incessante de pensées et l'énergie de croyance autour qui leur donnent une apparence trompeuse de trame continue. Le "je ne sais pas" est l'arrière plan de toute croyance et de toute expérience. 

Lorsque je prétends savoir quelque chose, quoi que ce soit, je quitte le plan de l'honnêteté absolue. Car dès que je m'identifie à un savoir quelconque, l'attention neutre et bienveillante du "je ne sais pas" se cristallise et aussitôt une tension, même minime se manifeste dans le corps. Le corps qui épouse avec grâce le réel se contracte instantanément au gré de nos prétendus savoirs, il se resserre au gré de la mise en place de toutes les défenses de notre carapace égotique. 

Passez au tamis du "je ne sais pas" authentique tous vos doutes, vos vérités, vos valeurs, votre morale, vos espoirs et vos désespoirs, vos rêves et vos cauchemars et, constatez qu'au fond vous n'avez jamais rien su. Vous avez seulement prétendu savoir, vous avez joué le jeu du je qui croit savoir. Que c'est bon de réaliser dans la nudité de l'instant la nullité de que je suis.




Le "je ne sais pas est joyeux". S'il vous paraît angoissant c'est qu'en réalité vous cherchez encore à fixer votre attention sur un savoir quelconque et que le véritable "je ne sais pas" est voilé par une prétention à savoir ceci ou cela. Le véritable "je ne sais pas" dissout tout désir même de connaître de façon objective. Le "je ne sais pas" constate l'impuissance du moi à connaître. Dans le "je ne sais pas" il n'y a nulle peur et nul désir, nul mouvement de préhension, rien à comprendre, et donc personne pour s'approprier une prétendue compréhension ou connaissance. Le "je ne sais pas" est l'humilité sans personne de humble. Regardez vraiment. Constatez-le. C'est irrévocable. Ne trichez pas avec vous-même !

Le véritable "je ne sais pas" est toujours là, disponible, joyeux, libre, spacieux, inaltérable, impersonnel. Le "je ne sais pas" est la paix. L'amour inconditionnel réside en cet inconnu reconnu car cet espace d'inconnaissance n'a jamais rien refusé et dit constamment oui à tout ce qui en lui se manifeste.


Le "je ne sais pas" est la guérison suprême. C'est le silence de l'Être. Il se renouvelle constamment tout en étant omniprésence. Le "je ne sais pas" est la co-naissance car c'est en co-naissant avec tout ce qui apparait que la véritable connaissance se réalise. Lorsque le "je ne sais pas" affleure, un regard désencombré contemple le monde, les choses et les êtres pour la première fois comme si vous veniez de naître. Simplement regarder, écouter, ressentir, toucher, penser, faire l'expérience d'être là, sans direction, sans stratégie, sans recherche de profit, sans rien savoir du corps des pensées et du monde nous relie instantanément à la plénitude du Vivant, à la complétude d'être la Vie.


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