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Paroles et musique de Dan Speerschneider
un album pour célébrer la vie ;-)

vendredi 3 octobre 2014

Qu'est ce que la souffrance ? Et comment y mettre un terme ?


La souffrance psychologique vient toujours d'une résistance, d'un refus. Ce n'est jamais la vie qui est violente, c'est notre façon de résister à la vie qui l'est. C'est notre refus de certaines expériences de la vie qui crée la souffrance d'instant en instant. Dans l'approche du yoga tantrique du cachemire tel que Eric Baret l'enseigne merveilleusement, il y a cette même invitation à sentir que ce n'est pas le sol qui est dur mais notre dos qui l'est. Notre corps s'est durci de toutes ces prétentions à être ceci ou cela, ce qui crée inévitablement toutes sortes de restrictions psychocorporelles. Il y a donc une invitation permanente à écouter à quel point le corps est contracté. L'invitation de ce yoga essentiel est ensuite de transposer cette intelligence et cette sensibilité nées de l'écoute corporelle et émotionnelle dans toutes les situations de la vie quotidienne.


La souffrance c'est toujours vouloir ce qui n'est pas ou refuser ce qui est, ce qui est la même chose.
Or, vouloir ce qui n'est pas présuppose la croyance en un "moi séparé" ayant un psychisme avec une volonté personnelle, un "je" décidant et désirant des choses pour lui-même ainsi que la croyance transparente "moi sait mieux que Dieu, l'Univers ou la Vie ce qui est bien pour moi ou le monde".


Il peut sembler d'une extrême froideur que de poser ainsi le problème de la souffrance mais, en réalité ce n'est qu'une froideur apparente. Cette approche ne peut être considérée comme froide que tant qu'il y a la projection d'un moi séparé aux commandes semblant étiqueter les choses, le bien et le mal. C'est la peur d'en explorer l'intime réalité, qui nous fait maintenir à tout prix la croyance en un moi séparé. L'idée d'un moi aux commandes et la souffrance sont en réalité consubstantielles. Sans souffrance psychologique, où est le moi ? Et vice versa, sans un moi expérimentateur, séparé de l'expérience, où y a-t-il de la place pour une quelconque souffrance? Pour souffrir il faut nécessairement se penser comme quelque chose de défini, s'imaginer, s'objectiver comme séparé de l'expérience ? Le vécu d'une expérience est toujours non duel, direct, sans expérimentateur. Dans le ressenti silence de l'expérience directe, il n'y a personne qui ressent, pure sensation d'être. La simple joie d'être n'étant pas localisée, elle dissout naturellement toute idée d'appropriation et de moi séparé.





















Lorsqu'on explore de façon directe la racine de ce que l'on appelle la souffrance, il est évident que la souffrance ne vient jamais de l'extérieur, des autres ou du monde. Il est évident que personne ne nous a jamais blessé, et ce, quelle que soit la souffrance ou le vécu, aussi atroce soit-il. Cette évidence ne souffre aucune exception. En cela, la perspective non duelle offre une pilule radicale que la plupart des individus ne sont pas prêts à avaler. Oser la perspective non duelle, c'est en effet voir que la seule souffrance que l'on s'est réellement infligée, n'a été que de croire à la pensée erronée d'être une entité séparée et donc dans cette projection d'oublier notre être véritable, infini, éternel, impersonnel, qui n'a jamais été ni blessé, ni flatté. Autour de cette pensée racine, toute une arborescence de pensées sont venues s'aimanter. Des croyances telle que "je sais ce qui est bien, mal, intelligent, bête, intéressant, ennuyeux, etc... toutes ces idées et images que l'on a de soi, des autres et de comment la vie devrait être...


Il n'y a rien à rejeter et, la souffrance tant qu'elle est là, opère de façon paradoxale comme un voilement apparent et momentané de l'Espace Conscient dans lequel elle apparait. Par contre, lorsqu'elle est pleinement explorée et ressentie, elle pointe inexorablement vers la beauté du miroir de la conscience dans lequel elle s'est simplement pendant un temps reflétée.

Et lorsque la souffrance et l'impression de manque sont ressentis depuis l'Espace sans personne, les résidus émotionnels emprisonnés dans le corps et le psychisme se détendent soudain comme des ressorts longtemps comprimés, pour s'étendre dans toutes les directions de la corporalité et au-delà même du corps de mémoire qui est devenu un corps d'espace, un corps de silence.


Ainsi l'apparente souffrance, l'apparente sensation de manque, lorsqu'elle est pleinement goûté, expérimentée, ressentie, pointe immanquablement vers ce que nous sommes vraiment vraiment : Présence consciente. Et la Présence fait feu de tout bois. Toute souffrance vue depuis la perspective non duelle se déploie librement et se résorbe inévitablement dans sa source.


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