Feel it !




Paroles et musique de Dan Speerschneider
un album pour célébrer la vie ;-)

jeudi 6 novembre 2014

 Tout est parfait tel que c'est ici et maintenant



Voilà d'excellentes nouvelles ! Je suis toujours parfait tel que je suis.
Et autant le dire : Vous aussi... ;-).

Si je mange avec avidité, c'est ainsi que l'Un s'exprime. Si la pensée "il vaudrait mieux essayer de manger plus en conscience" arrive, c'est ainsi que l'Un se manifeste. Si la pensée : "je n'ai pas le choix d'être comme ça vu mon passé" naît spontanément", c'est ainsi que l'unique s'incarne. Si la pensée "l'Un a bon dos" émerge, c'est ainsi que l'Un se manifeste dans l'instant. Si une colère s'exprime et que trois assiettes se cassent, c'est ainsi que le sans forme prend forme. Si la pensée "je n'aurais pas dû agir ainsi vu mon niveau d'avancement spirituel" survient, c'est ainsi que la source s'exprime. Si la vie continue sans personne pour s'approprier la colère ou la pensée "je n'aurais pas du agir ainsi vu mon état d'avancement spirituel", c'est ce qui se passe, point barre.


Ce qui est est. Ce qui arrive arrive. Je n'ai pas besoin d'être différent de ce que je suis pour réaliser ce que je suis vraiment. Il est possible de voir qu'il m'est impossible d'être autrement que je suis. Ouf, ça détend. Sans personne pour être détendu. D'abord, parce qu'il est vu et su depuis toujours, qu'en réalité, il n'y a jamais eu une personne séparée, doté d'un libre arbitre au contrôle de cette vie et ayant le pouvoir de décider. Mais surtout, je n'ai pas besoin d'être plus ceci ou moins cela. Je n'ai pas besoin d'être une meilleure personne, plus spirituel ou plus humble, car lorsque je vois mon orgueil et ma prétention c'est justement l'Espace silencieux en moi qui le révèle en se révélant. L'espace de présence silencieuse est l'humilité même. Ma prétention de savoir fixe l'attention, fige les choses et voile en apparence et momentanément la beauté du mystère que je suis. Mais je n'ai pas besoin non plus de désirer cesser de prétendre savoir, car à chaque instant mon prétendu savoir apparaît et disparaît dans le non savoir, dans cet espace de présence silencieuse sans personne que je suis sur le plan absolu. Cet espace impersonnel est ma véritable liberté. Quand je vois ma limite, c'est le sans limite qui le révèle en se révélant. Lorsque je vois ma volonté de changer, ce que je suis depuis toujours - miroir parfait et qui ne change jamais - reflète ce désir de changer en resplendissant en tant que miroir. L'espace de présence silencieuse se fout royalement de ce que je pense ou fait. D'où le titre provocateur d'un livre pointant vers la non dualité : Rien à foutre : l'ultime voie spirituelle de John Parkin (Titre en anglais : Fuck It).
Ce constat n'est pas un blanc seing pour faire n'importe quoi ou commettre des actions criminelles. Objection que j'entends souvent poindre inconsciemment ou se formuler franchement dans les satsang que j'anime. Ce constat est simplement un constat. Un constat de ce qui est. Voir qu'il n'y a pas de responsabilité individuelle n'entrave pas l'entraide, la conscience écologique et les actions humanitaires. Bien au contraire, car lorsqu'un organisme corps-mental ne s'identifie plus à un moi séparé doté de liberté de choix individuel, la vie prend naturellement soin d'elle même puisqu'il est constaté que je ne suis pas séparé des autres et du monde. Mais simplement, je fais ce que je peux, sans en tirer aucune gloire ou vanité. Et si je ne peux rien faire, si rien ne se fait, je ne me culpabilise pas non plus. Cette confiance absolue en la vie dont je réalise qu'elle  se manifeste d'instant en instant en chaque être, chaque évènement ou chaque chose est ma liberté ultime. Réaliser à quel point je suis conditionné à chaque instant, à chaque prétendu choix, à chaque pensée, à chaque parole, à chaque action, chaque geste, fait pressentir ma liberté ultime. Lorsque la notion de responsabilité individuelle tombe, l'organisme corps-mental devient simplement plus fonctionnel et en un sens plus efficace dans sa façon de prendre soin de son environnement.


À chaque instant le regard libre voit le regard conditionné. À chaque instant je vis cette perfection de l'instant, qui est ma véritable liberté. C'est Cela ma nature essentielle. Alors, finalement on peut se détendre totalement. Tout va bien depuis toujours. On peut s'abandonner complètement à ce qui est et vivre pleinement chaque expérience.
Tout change naturellement. Ce n'est pas moi qui produit le changement. La vie n'a pas besoin d'un moi pour être. Elle est. Personne n'est à l'œuvre. Tout se fait et se déroule spontanément, sans besoin de personne.

"Les oies sauvages n'ont pas l'intention de projeter leur reflet
 L'eau n'aspire pas à recevoir leur image"
                                                                poème de Tchouang Tseu

Le fantôme du moi s'évanouit en volutes de fumée au sein de l'espace éveillé que je suis. La vie s'accomplit telle qu'elle doit s'accomplir. Elle n'a pas besoin de notre notion grammaticale (je, moi) et nos concept illusoires d'appropriation (mon, mien, ton, tien) pour être. Lorsque ceci est réalisé on comprend que la liberté n'est pas dans les expériences mais que l'on est toujours libre des expériences car les expériences naissent et meurent au sein de cette Présence silencieuse que je suis, en amont de toute pensée et de toute perception. Alors on s'abandonne naturellement à la vie et l'on s'offre avec gratitude à l'instant. Lorsque l'Espace se réalise en tant qu'Espace s'incarnant d'instant en instant en chaque forme, l'Espace célèbre avec une joie sans cause et sans but la danse amoureuse de toutes les formes.

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