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Paroles et musique de Dan Speerschneider
un album pour célébrer la vie ;-)

lundi 21 septembre 2015

Rien ne me manque jamais ici et maintenant


Ce n'est jamais la personne qui soudainement, ayant atteint un nouveau palier de sagesse, expérimente soudainement plus ni peurs, ni désirs. La personne manquera toujours de quelque chose. Son essence est le manque. Le corps lui aussi connaît inéluctablement le manque.
La personne est l'étiquette que l'on donne communément à un organisme corps-mental, avec son caractère, son histoire, ses conditionnements et ses préférences particulières.
Prenez le temps de constater que ce que l'on appelle la personne est toujours une deuxième ou une troisième personne. Elle est toujours là-bas, dans mon champs de vision, dans mon imaginaire. Elle apparaît et disparaît d'instant en instant sous forme de sensation, d'émotion ou de pensées ou d'un flux complexe constitué d'un mélange de mémoires qui ne sont encore et toujours que de simples perceptions. La personne est toujours perçue. Et ce qui est perçu n'a pas de réalité en soi. Est-ce que ce qui est perçu est conscient, vivant, présent ? Non, c'est évident n'est-ce pas ?
La personne est impermanente et n'existe pas en tant qu'entité séparée. Si l'on observe avec une attention impersonnelle, on réalise que la personne n'est qu'une étiquette posée sur une activité constante, sur un flux de pensées. Et cette soi disant personne ne subsiste justement que tant que l'identification à cette activité galopante est prise pour réelle.
Depuis notre plus jeune âge nous avons été conditionnés pour fonctionner comme un penseur et un agissant, auteur personnel de nos actions et acteur de notre vie. Nous avons simplement imité notre famille et notre environnement qui fonctionnaient de la même façon. En agitant de façon plus ou moins subtile la méthode de la carotte et du bâton au cours de nos apprentissages, l'idée d'être une entité séparée, dotée de libre arbitre s'est imposé progressivement à tous nos niveaux d'existence.
Or tout mensonge, toute illusion a toujours un prix. Quel est le prix à payer de l'identification à cette activité pensante ? Le sentiment de manque. La croyance que les choses iront mieux lorsque telle chose cessera ou telle autre adviendra. Le sentiment de manque renforce l'illusion du besoin que la personne fasse des efforts pour se sortir de ce manque et la croyance en un moi séparé pensant ses pensées et dotée de libre arbitre continue à créer l'illusion du manque. Cercle parfait et éminemment vicieux de ce qu'on nomme avec une certaine pesanteur la condition humaine.


Ainsi lorsque je dis "je ne manque de rien", ce Je ne fait pas référence à la personne là-bas, dans le miroir, dans l'album photo, dans le regard des autres ou apparaissant simplement sur l'écran du dedans comme imaginaire.
Le "je" qui ne manque jamais de rien est le véritable sujet. Le sujet à la première personne. Le Je de la Vacuité consciente. Celui que Je suis et que, par inattention je ne remarque presque jamais. En effet, la Première personne, ce Je que je suis vraiment n'est pas du tout de la même nature que les 2eme et 3eme personnes que je perçois là-bas. Constatez simplement qu'en ce moment, les lignes que vous lisez sont perçues depuis une ouverture sans forme, consciente et transparente, au-dessus de vos épaules et que le visage que vous voyez là-bas (sur la photo) est perçu une absence de visage ici comme le suggère le doigt qui pointe vers cet espace sans forme, sans couleur et sans âge dans lequel en ce moment toute couleur apparaît et disparaît.


De façon très concrète et expérientielle, ainsi que nous le font découvrir les expériences de la Vision Sans Tête de Douglas Harding, les 2eme et 3eme personnes apparaissent au sein de l'espace transparent, sans dimension, sans limites et conscient d'être conscient au-dessus de mes épaules. Cet espace vacant et conscient a toujours été là. Il est plus proche de moi que ma veine jugulaire comme le dit un verset du Coran. Nous l'avons simplement ignoré, obsédés que nous étions par les perceptions et les formes et pris dans les rets de ce mécanisme automatique de séparation illusoire entre un sujet imaginaire (un "je" en tant que corps-mental) et un objet (l'autre) tout autant imaginaire. On n'a jamais été face à face ! Dans la réalité de l'expérience présente, Je suis toujours espace ouvert et conscient (ici) à face (là-bas). Lorsque ceci est pleinement reconnu, la dualité d'un sujet et d'un objet s'effacent, et la plénitude de l'Un qui semblait perdue se révèle à nouveau en deçà du connu dans un espace de non savoir.


Je ne ne se connaît pas lui-même en tant qu'objet limité ayant un âge, une forme, une couleur, un nom, une histoire ou quelque attribut que ce soit.
Pourtant, Je se reconnaît lui-même. Il ne connaît que lui-même. Mais pas par le biais des concepts ou des pensées qui ne sont que des mémoires et donc du passé. Par quel miracle alors ? En étant ce qu'il est. Je se reconnaît lui-même comme Présence consciente en réalisant qu'il est en train d'être.
Lorsque dans la bible, Moïse (Exode 3.14) demande à la Présence dire qui elle est, la Présence répond : "Je suis ce que Je suis". En effet au plus profond de nous-mêmes nous nous savons être à chaque instant. Et dés que ce questionnement surgit dans notre vie, l'évidence d'être s'impose en conscience. Je sais que je suis en train d'être maintenant. Et lorsque je dis que "Je ne manque jamais de rien" c'est ma nature de Présence consciente, ce Je conscient d'être en train d'être, qui réalise l'absence de manque, de besoins ou de désirs. 


Lorsque "je suis connecté à l'instant présent", c'est à dire lorsque je réalise en conscience que je suis l'Éternel Maintenant, je n'ai besoin de rien, car je reconnais que je ne suis rien. Rien d'objectif, rien de limité, rien de coloré, rien de définissable, rien qui ne puisse être comparé, rien qui ne puisse être affecté par la peur ou le désir, rien qui ne puisse être atteint ou perdu.

Ce rien que Je suis est pur accueil, un grand oui à tout ce qui est. Je suis la transparence dans laquelle les couleurs vibrent. Je suis le silence dans lequel les sons résonnent. Je suis l'espace d'accueil de toutes les sensations, émotions, odeurs, saveurs et pensées. Et parce que Je suis, Tout peut être. Sans ce que Je suis en tant que vide conscient, l'univers même ne pourrait être. Réaliser cela nous ramène toujours au mystère, au silence, au pur émerveillement d'être.


Tout vibre au sein de, traverse et comble le rien que Je suis. Ce rien que je suis est vide comme l'espace qui accueille les objets, les êtres, les situations, les mondes, les univers. Mais l'espace physique n'est pas conscient alors que ce que Je suis est un Rien conscient, habité, vivant et vibrant d'amour. Le Rien et le Tout sont Un et dansent depuis toujours la danse amoureuse de la vie. Comprenant profondément que je suis ce rien de sagesse et ce tout d'amour comme le disait Sri Maharaj Nisargadatta, forme et Sans Forme, matière et Esprit, plein et Vide, tout m'emplit et me comble et rien ne me manque jamais.


Pour manquer de quelque chose, il faut que j'oublie qui je suis en réalité. Il faut que je fasse l'effort de m'imaginer être comme les 3eme personne que je vois là-bas. Avec un visage, un corps, une histoire, une forme, des besoins, des attentes et des préférences. Il faut que je me mette à croire que je suis ici ce que les autres paraissent être là-bas : un moi séparé doté de libre arbitre et d'une multitude d'histoires et d'identités à promouvoir, à dissimuler, à défendre ou à maintenir. Il faut que je m'identifie à une histoire personnelle et à une trajectoire particulière, que je me pense inexorablement lié au corps et au mental, au temps et à l'espace. Il faut pour cela que je redevienne inattentif, que j'oublie qui je suis, que je fasse un effort d'imagination extraordinaire pour devenir autre chose que je ne suis en réalité. Il faut que je croie à nouveau que je suis vraiment le masque individuel et social et prenne au sérieux mon rôle c'est à dire que je m'oublie complètement dans le rôle, que je me réduise à une carte de visite, à un Curriculum vitae, à un ensemble d'histoires, à une forme définie et définitive.


Or, quand ce mécanisme a été pleinement vu, compris et réalisé, ce genre d'efforts est désormais au-delà de mes capacités. Je peux encore mettre des masques de circonstance pour ne pas choquer voisins, parents et amis. Je peux revêtir un certain costume pour ne pas mettre dans l'embarras l'administration et ne pas être embarqué inutilement par la police ou le service des urgences psychiatriques. Mais je ne peux plus revenir à la croyance qu'il me manque quelque chose. C'est trop d'efforts que de croire cela. "Je" n'y crois plus. Je sais qu'il n'est pas ça, ni ceci ni cela (le neti neti de de la tradition de l'Advaïta traditionnel). Je, en tant que Présence consciente joue tous les rôles en permanence, pourquoi faudrait-il alors que je m'approprie un désir plutôt qu'un autre, que je sois plus sérieux à propos d'un seul des masques puisque tous me vont à la perfection ?


Ici et Maintenant Je réalise que Je se réfère à la Présence consciente en laquelle tout apparaît et disparaît. Et encore Présence consciente n'est qu'un concept pointant vers l'indicible Silence que Je suis, l'éternel et insaisisssable Maintenant.

Sur un plan profond, tout ce qui arrive n'arrive pas à quelqu'un, à une personne, à une sorte d'entité centrale avec ses désirs et ses peurs personnelles, ses espoirs, ses rêves, ses angoisses et ses regrets. Ce n'est que par ignorance qu'il semble que cela soit ainsi. Enquêtez, explorez la nature de ce que vous appelez la réalité, examinez vous avec une attention impersonnelle, sans commentaires, et découvrez que le moi séparé n'a aucune réalité. Tout arrive toujours au sein de la Présence consciente. Rien ne m'est jamais arrivé, même si j'y ai cru. Tout arrive en moi, en tant que Présence consciente. Rien n'est jamais arrivé à une personne. C'est juste une façon de parler pour désigner des évènements arrivant à un organisme corps mental.
Tout ce qui est, me fait déborder (moi en tant que Présence consciente) de plénitude. En réalité, Je déborde de Lui-même et se reconnait en chaque chose. La conscience est remplie à ras bord d'elle-même.
C'est pour cela que quelle que soit l'expérience, je dis comme Nietzsche qui emprunta cette phrase aux sceptiques : Amor Fati ! Ce qui sur un plan profond signifie aimer ce qui est. Et ce n'est pas là une injonction morale faite à la personne, mais bien la reconnaissance que ce que nous sommes déjà, Présence Consciente, simple regard impersonnel, en amont des pensées et des perceptions, a déjà permis tout ce qui est et l'aime d'un amour inconditionnel, sans cause et sans but, simplement parce que c'est.


Avant même l'apparition de l'histoire personnelle et du monde, en amont des pensées et des perceptions est la nature non duelle de la perception et du regard désencombré.
Lorsque vous percevez, d'un regard sans référence et sans intentionnalité, ce qui est perçu est naturellement beau. Non pas que l'objet soit beau en soi mais beau, émouvant, étonnant, émerveillant en tant qu'il se réfère à la beauté du regard impersonnel que vous n'avez jamais cessé d'être.  Alors la beauté se vit autant dans une naissance qu'auprès d'un cadavre, dans le visage d'un être aimé que celui d'un agresseur, dans une œuvre d'art que dans un mégot de cigarette écrasé dans le caniveau. La nature même de la perception est amour, quoique vous perceviez. 
Réalisant cela, non seulement j'aime intensément ce qui arrive mais je le revendique comme la vie se revendiquant elle-même dans toutes ses expressions. C'est le contraire du fatalisme. Se découvrir comme pur espace de conscience, sans forme et sans limites est la liberté ultime. Il n'y a plus de recherche d'être libre dans les choses, les expériences, les situations, car on est libre des choses , des expériences et des situations elles-mêmes. Le regard est libre de ce qu'il perçoit comme Je suis libre de ce qui émerge, vibrionne et se manifeste en moi et me traverse. Redécouvrir que Je ne manque jamais de rien ici et maintenant est la plénitude.


NB : Pour ceux qui sont intéressés par un accompagnement individuel non-duel à Paris ou par Skype, une thérapie d'accompagnement psycho-corporelle pour laisser éclore les émotions bloquées, ou une séance de réharmonisation vibratoire, veuillez me contacter au 06 63 76 90 81 ou sur mon mail : adnnn1967@gmail.com

Si vous voulez vous inscrire pour les rencontres non duelles (sur la base d'une participation en conscience) qui ont lieu de façon bi-mensuelle à chez moi dans le 19e à Paris, écrivez-moi un sms sur le numéro ci-dessus.

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