Feel it !




Paroles et musique de Dan Speerschneider
un album pour célébrer la vie ;-)

mercredi 9 décembre 2015


L'éclatement de la bulle du rêve
                                                                                                            (extrait d'un satsang)


Que s'est-il passé pour toi ?

Rien d’extraordinaire quoique très inattendu. Pas d'histoire surnaturelle à te mettre sous la dent. Un simple déclic. Un constat émerveillant : « Ah c’est comme ça que ça marche » ! Il est soudain réalisé que le tour de magie qui semble hypnotiser tout le monde est basée sur un truc. L'illusion se dévoile comme illusion. À partir de là, il n'y a plus de duperie, et plus personne de dupé. 
Tu crois devoir ouvrir une porte, et tu t’aperçois qu’il n’y a jamais eu de porte. Tu crois devoir faire quelque chose et, il y a cette évidence que tout est déjà là, parfait tel que c'est depuis toujours et, qu'il n'y a par conséquent rien à faire et surtout personne pour faire quoi que ce soit. Tu crois devoir chercher quelque chose et il est su que tu es déjà ce que tu cherchais. Tu étais en chemin vers des horizons merveilleux au sein d'une bulle qui soudain éclate. Plus d'horizons merveilleux, plus de cheminement, plus de je en chemin, plus de bulle. L'éveil c'est un petit bruit sec de bulle qui éclate. Comme un clac (claquement de langue contre le palais). En éclatant, la bulle désencombre le regard qui éclaire d'une lumière impersonnelle. Se révèle ce regard d'origine que tu n'avais jamais cessé d'être, sauf en imaginaire. Le monde est perçu à partir de ce regard frais et innocent, cet espace de vacuité consciente et transparente au-dessus de tes épaules. Il est réalisé par personne que la Vision est avant que la pensée "je vois" ne surgisse.

C’est tellement simple et évident lorsque ça se révèle que c’est presque embarrassant disait Douglas Harding je crois. Et bien j'ai ressenti un peu la même chose. 

Il est réalisé qu’il n’y a jamais eu de moi séparé, et que l’idée d’avoir le choix est une illusion du moi séparé. Tout se fait tel que ça doit se produire. Et personne ne fait rien, et tout ça arrive spontanément, ça n’arrive à personne et ce n’est perçu par personne. Tout surgit au sein d’un même Maintenant, d’un même espace de non savoir, d’un étonnant mystère.

Tout, absolument tout apparaît en ce moment même ici et maintenant en tant que ce mystère. C’est comme se réveiller d’un rêve.

Tu pourrais donner un exemple ?

Ce qui semble se passer ici en ce moment c’est qu’une conversation a lieu entre deux amis, l’un posant des questions l’autre donnant des réponses. Ce qui semble avoir lieu c’est que deux individus disposant d’un libre arbitre aient décidé de se rencontrer. Il semble que tu aies choisi de venir à cette rencontre et que moi j'ai décidé de t'inviter. Il semble que je sois ici quelque part dans ce corps-ci et toi localisé là-bas à deux mètres dans ce corps-là. Ça c’est le rêve, le rêve de la séparation. Ce qui se passe réellement est assez bluffant. Et ça se passe partout à chaque instant. La Conscience, le Sans Forme, l’Un, appelle-le comme tu veux, se manifeste en tant que chaque forme, chaque expérience, chaque son, chaque sensation, chaque objet. Tout d’un coup, il est réalisé que l’Un se manifeste partout. Tout est Amour. L'Amour se décline et se manifeste en tout ce qui est. Tout exprime cet Amour. Cette table est la manifestation de cet Amour ou ce Mystère en tant que table. Cette rencontre est la manifestation de ce Mystère en tant que rencontre. Ta question est l'expression de ce Mystère de même que la réponse. Le Mystère joue avec lui-même au travers de la manifestation de toutes toutes ces formes uniques. Mais personne n’a jamais rien fait, ni rien décidé, ni jamais rien réussi ou raté. Et il est simplement réalisé qu’il en a toujours été ainsi. C’est juste que ce n’était pas réalisé.



Tu veux dire que ce qui semble réel ne l’est pas vraiment ?

On pourrait dire que ce que nous appelons communément la vie, avec le corps, les pensées, les sensations, le monde, les êtres, les choses, la matière ont soudain le même niveau de réalité qu’un rêve nocturne. Seule la Présence consciente dans laquelle ce rêve apparaît et disparaît est vraiment réelle, absolument réelle, définitivement réelle. Le rêve apparaît et disparaît au sein du rêveur unique qui rêve tous les rêves. Qui est le plus réel ? Le personnage du rêve ou le rêveur unique sans forme, qui ni ne naît ni ne meurt ?

Et en même temps, toutes les formes qui apparaissent au sein du rêve se manifestent en tant que la Présence consciente que nous sommes vraiment mais que nous identifions par erreur à un corps-mental. Ça c’est le mystère époustouflant qui nous laisse baba d'émerveillement et silencieux...

Je suis Cela, tu es Cela, nous sommes tous Cela. C’est comme un secret qui est pourtant tout le temps visible. D'où le titre d'un livre de Tony Parsons : "Le Secret ouvert." Presque tout le monde fait semblant de ne pas le reconnaître. Quand c'est réalisé, il est su que ce que tu es est tout ce qui est. Que tout ce qui est est fait de la même substance transparente que ce qui se sait être conscient d'être conscient. La Conscience et la manifestation sont indissolublement Un. Ce à quoi le mot Je se réfère vraiment, la Présence consciente sans forme que nous nous savons être au plus profond de nous, se manifeste en tant que tout l'univers. Wow !

C'est ça qu'on appelle l'éveil ?

L’éveil véritable c’est réaliser l’absence de moi séparé. Il n'y a donc personne qui fait l’expérience de l’éveil. La personne ne fait d’ailleurs jamais aucune expérience. La personne est un concept, une image, un son, une mémoire. Ce que nous appelons la personne est toujours un objet de perception. Prends le temps de voir ça vraiment...
C'est un renversement total de perspective.
Là par exemple, ça parle mais il n’y a personne qui parle. Des pensées, des mots, des phrases, vont et viennent dans un espace de non savoir. Je ne sais pas d'où viennent les mots ni les pensées. Je ne sais pas qui je suis. Il n'y a pas de qui. qui suppose qu'il y a quelqu'un. Or lorsqu'on cherche ce quelqu'un on ne trouve personne. Or, nous faisons sans cesse comme si nous savions. Mais personne ne sait rien en réalité. Je sais par contre de source sûre que je suis. Que je suis en train d'être. Que je suis conscient d'être conscient. Mais je ne sais pas ce qui va se dire ou se penser dans un instant. Les pensées et les paroles apparaissent au sein d'une Présence mystérieuse, sans forme, sans début et sans fin. On pourrait dire que Ça pense et parle en nous. 

Ainsi il n’y a jamais eu personne d’éveillé. C’est la Présence consciente qui pour des raisons mystérieuses, soudain, se rappelle à elle-même et réalise qu’il n’y a qu’Elle, déployée dans des milliards de formes.




À ce propos. Dirais-tu que tu es éveillé ?


Si le « je » se réfère à une personne, à un nom, à une forme, ou à un corps-mental, alors dire « je suis éveillé » ou qu’un tel est éveillé – est un non sens. C'est de l'ordre de la bêtise profonde, du charlatanisme ou de la pathologie psychiatrique. Je puis par contre affirmer qu’en amont de toute perception et de toute pensée, Je se réalise être la Conscience déjà éveillée, la conscience déjà consciente d’elle-même. Et toi aussi d’ailleurs. Et la nuance est de taille.

Ce qui est essentiel c'est de réaliser que tant que l'on croit connaître de façon objective la nature de ce qui est déjà éveillé, dés qu'on lui donne un nom, une définition, c'est que ce n'est pas ça.

Ce qui est essentiel, c'est de voir que l'éveil est toujours ce que nous sommes Maintenant. Et je suis, tu es, nous sommes l'éternel Maintenant au sein duquel tout apparaît et disparaît. Je, Présence consciente, le Soi, l'éternel maintenant, tout ça sont des synonymes qui pointent vers l'évidence que tout est Un. Et tu vois, le truc c’est que, dés qu’on s’intéresse aux histoires d'éveillés, on fait comme si les histoires existaient vraiment, comme si le temps existait. Alors on prête foi à toutes sortes de scénarios et on commence à croire que chemin vers l'éveil est conditionné par certains passages obligés, un certain parcours type. Ce sont des enfantillages qui nous éloignent de nous-mêmes et de cet éternel Maintenant. L'éveil procède au contraire d'un arrêt de l'énergie de croyance, d'un arrêt de la recherche, lorsque l'attention délaisse les histoires et l'imaginaire pour se résorber en sa source. C'est pour cela que l'on parle sans cesse du retournement de l'attention vers la propre source même l'attention. Et même cette formulation n'est pas exacte parce que ce retournement n'est pas vraiment possible. Cela pointe vers le fait que ce que nous sommes ne se trouve pas dans une direction particulière, là-bas ou plus tard mais est déjà présent ici et maintenant. L'éveil c'est réaliser que tu es l'éternel et Unique Maintenant dans lequel tout y compris le temps apparaît et disparaît. L'éveil est sans histoire et atemporel.
Le plus grand obstacle à l’éveil est sans doute les histoires à propos de l’éveil. Enfin… Tant que l'on y croit .


Mais il y a bien quelque chose qui s’éveille, non ?

Du point de vue de la Conscience cela est déjà. La Conscience est déjà éveillée. Donc du point de vue de la Conscience, il n’y a rien ni surtout personne qui s’éveille. Du point de vue de celui qui se prend pour une entité séparée, il y a toujours comparaison et tentative d’appropriation d'une histoire pour la rendre reproductible. C'est inévitable. Sauf que ça ne marche pas comme ça. L’éveil c’est juste arrêter de prendre des vessies pour des lanternes.

Lorsque le moi séparé est vu pour ce qu’il est : une simple pensée, la Conscience que Je suis se reconnaît elle-même spontanément, intuitivement, et cesse de s’identifier de façon exclusive à cet organisme corps-mental-ci. La conscience réalise son identité avec tout ce qui est et le sentiment de séparation tombe.



La Conscience n’est pas une chose. Elle est ce en quoi, par quoi et tant que les choses apparaissent et disparaissent. Elle est un des noms qu’on donne à Cela sans quoi rien n’existerait. Cela ne peut-être compris ou saisi par le mental. Finalement, lorsqu’on s’approche du Mystère, tous les mots sont caduques. Il doit nécessairement y avoir une sorte d'abandon devant ce qu'on ne peut comprendre. Seules l'impuissance et l'humilité véritables sont des portes authentiques.

Certains textes traditionnels sont parvenus à évoquer cet indicible et nous invitent avec une grande beauté à abdiquer tout vouloir et tout savoir formel.

On dit dans la Kena Upanishad :

Ce n’est pas ce que les yeux voient mais ce par quoi l’œil voit.
Ce n’est pas ce que les oreilles entendent, c’est ce par quoi l’oreille entend.
Ce n’est pas ce que la pensée pense, c’est ce par quoi on dit que la pensée pense, cela est le Brahman et non ce qu’on honore comme tel.


 Les évangiles disent la même chose : dans de l’Evangile selon Thomas Jésus a dit :

Je vous donnerai ce que l’œil n’a pas vu,
et ce que l’oreille n’a pas entendu, et ce que la main n’a pas touché,
et ce qui n’est pas monté au cœur de l’homme.


NB : Pour ceux qui sont intéressés par un accompagnement individuel non-duel à Paris ou par Skype ou une séance d'accompagnement psycho-corporelle pour laisser éclore les émotions bloquées, veuillez me contacter au 06 63 76 90 81 ou sur mon mail : adnnn1967@gmail.com

Si vous voulez vous inscrire pour les rencontres non duelles (sur la base d'une participation en conscience) qui ont lieu de façon bi-mensuelle à chez moi dans le 19e à Paris, écrivez-moi un sms sur le numéro ci-dessus.


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