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Paroles et musique de Dan Speerschneider
un album pour célébrer la vie ;-)

lundi 11 janvier 2016

L'humus


Sans l'humilité que nous sommes en amont de toute pensée, nous ne remarquerions même pas que dans nos définitions, nos pseudo savoirs, et nos explications à propos de comment les choses sont ou devraient être, il y a toujours une sorte de régression à l'infini vers un non savoir abyssal. 

Lorsque ma véritable nature se réalise, je sais que toute cette histoire de choix, d'autonomie et d'action personnelles est tout simplement une illusion extrêmement bien ficelée. 

Le choc qu'occasionne parfois la réalisation peut s'expliquer par les innombrables histoires que l'on se raconte à propos de l'éveil. Il est généralement cru que la réalisation va apporter quelque chose de plus, comme des qualités bénéfiques pour moi et le monde, ou un état d'être agréable et permanent, alors que ce qui est découvert est paradoxalement quelque chose de moins !

On espérait additionner quelque chose de plus à ce qu'on croyait être et c'est cela même que nous croyons être qui est soustrait ! Et, ce qui est ôté est le mirage qu'il y a quelqu'un qui pense les pensées et accomplit les actions de façon autonome. À vrai dire, ce n'est même pas ôté, c'est juste que ce n'est plus rajouté.

Ce qui est réalisé est donc la simplicité même. L'humilité n'est pas quelque chose qui s'acquiert au bout d'un long chemin d'efforts. C'est pour cela qu'on dit qu'on ne peut l'obtenir au travers d'aucune pratique. L'humilité est là au départ, en amont de toute volonté personnelle. Plus proche de toi que toi-même. C'est pour cela que l'on dit qu'il n'y a rien à faire. Il suffit juste de remarquer que ce que l'on cherchait est déjà là. Simplement prendre conscience de la contraction inutile. Cela suffit. C'est un peu comme cesser un seul instant de remettre des lunettes déformantes. Un seul instant suffit. Et cet instant est sans durée. Il n'appartient pas au temps qui se déploie en Lui sous formes de pensées.

Dans le bêtisier de la spiritualité, il circule pourtant un grand nombre d'histoires très séduisantes à propos de l'éveil. Il y a toutes sortes de croyances comme quoi l'éveil génère un état de joie permanente, l'acquisition de pouvoirs magiques, une qualité de présence extraordinaire, une santé sans failles, ou d'autres états enviable. Et, ces histoires sont habituellement si prégnantes chez les chercheurs spirituels, qu'elles voilent la simplicité de la Conscience omniprésente. D'où la sidération de ceux qui le réalisent.


Il paraît important de souligner ici que le mot humilité provient étymologiquement du mot latin humus qui a aussi donné le mot terre et le mot Homme.

L'humilité est donc l'invitation pour l'Homme de se souvenir qu'il est avant tout poussière. La primauté revient toujours à quelque chose qui est antérieur à la forme et qui nous fonde et nous échappe à la fois.

Car, si nous retournons notre attention à 180 degrés vers notre propre source, en nous demandant par exemple "qui suis-je", ou "suis je conscient d'être conscient", nous ne trouvons jamais aucune réponse mentale ou connaissance objective, ni aucun moi conscient ou centre de référence. Nous trouvons seulement l'évidence du rien de l'Être, qui se connaît lui-même en étant conscient d'être. Nous trouvons une vacuité consciente et impersonnelle. Nous trouvons une plénitude vide et à la fois surabondante de vie, un vide plein d'amour pour tout ce qui se présente. Ainsi, l'humus, l'humilité, définit notre véritable humanité, dans l'acception la plus noble de ce terme. L'humilité est à la fois notre aveu d'impuissance et notre savoir essentiel. Car, si c'est le sort de tous les êtres que de venir de la terre et d'y retourner, l'Homme semble bien être le seul qui puisse en être conscient.


Cependant, notre plus précieux savoir est aussi d'une extrême fragilité. La preuve : nous l'oublions si souvent. L'humilité nous rappelle donc à notre impuissance foncière. Elle nous rappelle que nous ne pouvons pas nous attribuer nos réussites ou nos échecs et qu'il n'y a ici, dans ce corps et ces pensées,
ni acteur ni auteur. 

Il y a également une bien étrange relation entre le terme humilité et le celui d'humiliation : Tous deux viennent du mot humus.  Sur un plan profond nous pourrions dire que l'humilité de notre véritable nature "humilie" notre arrogance; L'arrogance qui consiste à nous prendre pour ce que nous ne sommes pas : une entité limitée et dotée de libre arbitre. L'Amour humilie le pouvoir, le Vrai humilie le faux, le Sans forme humilie la forme. Mais c'est une humiliation faite d'amour, c'est une humiliation qui ramène la vague se croyant séparée de l'océan a reconnaitre qu'elle n'est faite que de la même eau. L'amour nous fait voir que tout est amour, que rien ne peut exister en dehors de l'amour (de la Conscience).
L'amour nous fait réaliser la beauté de notre impuissance, la beauté de ne rien être. Ce qui est humilié n'est par conséquent pas notre dignité. Notre véritable dignité est en effet notre essence même où le fait justement de ne pas l'oublier, de ne pas méconnaître d'où nous venons et qui nous sommes vraiment. Notre véritable dignité est de savoir qu'à la racine de notre humanité, il y a la poussière et à la racine de la connaissance, il y a le non savoir qui n'a ici rien à voir avec l'ignorance.


L'humilité ne consiste donc pas à se croire dénué de dignité mais juste de savoir que l'organisme corps-mental ne peut en être la source. L'humilité est ce que je suis vraiment : humilité sans personne de humble. L'humilité c'est in fine reconnaître sa propre infinitude.

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