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Paroles et musique de Dan Speerschneider
un album pour célébrer la vie ;-)

jeudi 3 novembre 2016

L’espoir c’est le désespoir


L’espoir semble au premier abord être un beau sentiment, paré d’une grande valeur. C’est excitant d’espérer. Beaucoup plus que de désespérer. À priori. Et peut-être est-ce justement un à priori ?

L’espoir est extrêmement valorisé par le langage, la culture occidentale en particulier et le monde contemporain en général. La religion chrétienne joue beaucoup sur la corde sensible du concept d'espérance. L’Islam aussi. L’espérance d’être sauvé. on nous martèle qu'il faut avoir la foi. Toutes les religions nous servent la carotte de l’espoir d’être sauvé, personellement sauvé, d'aller au paradis, de rencontrer Dieu, son fils, les anges ou d’être touché par je ne sais quelle Grâce dans un futur proche ou éloigné, un temps qui n’a jamais existé que dans un mental conditionné.

« Vivre sans espoir, c’est cesser de vivre » dit Dostoïevsky. "Tout ce qui est fait de grand dans le monde est fait d’espoir" proclamait Matin Luther King. « Si j’aide une seule personne à avoir de l’espoir, je n’aurais pas vécu en vain », rajoutait-il.

Attention, je ne dis pas qu’il ne faut pas aider les personnes qui en ont besoin ? C’est une chose noble et naturelle. Et faire le bien autour de soi est certainement une des expériences les plus merveilleuses et nourissantes. Avoir l'espoir pour un afro américain dans les années 60 ou même aujourd'hui, c'est avoir la perspective un jour d'accéder au mêmes droits qu'un américain blanc, ce qui est une bonne chose sur le plan relatif.

Ce genre de phrases est en apparence fort sympathique, il faut le reconnaître. Les gens semblent avoir besoin de l'opium de l’espoir. L’adage populaire ne dit-il pas « l’espoir fait vivre » ? Kalid Gibran qui s’emporte parfois avec beaucoup de lyrisme y va également de sa plume lorsqu’il écrit « l’espoir du paradis est déjà le paradis ».

Mais qu'en est-il de la nature même de l'espoir ? Est-ce que l'espoir peut vraiment par lui-même nous rendre plus complets, plus conscients de notre véritable nature ? Si l'espoir semble être un tremplin pour des changements dans le monde, est-ce qu'il a réellement une quelconque utilité pour accomplir ce qui au fond l'est déjà ? L'espoir ne participe-t-il pas paradoxalement au voilement de la véritable joie sans cause, la jois simple d'être, que nous sommes en essence ?


Hitler, Staline, Mussolini, Napoléon, ou Mao Tsé Toung inspiraient également beaucoup d’espoir à des millions de gens. Peut-être que tous ces gens sont au paradis ? 

Lorsque nous espérons quelque chose, cela part d’un bon sentiment. Et, c’est bien sûr parce qu'à travers lui, nous espérons atteindre cette paix et cet amour tant de fois pressentis mais également si fugaces. Le seul petit problème de cette ritournelle est que l’espoir dont on parle tant n’a jamais été pleinement exploré tel qu'il est vraiment.

S'il s'agit de réaliser notre vraie nature, de se connaître soi-même, qu'apporte l'espoir sinon le fait de placer l'attention vers un temps, le futur, qui n'existe pas et qui n'arrive jamais. Qu'est-ce que l'espoir sinon miser sa foi sur un ailleurs imaginaire ? Qu'est ce que l'acte d'espérer sinon une fuite de l'atemporelle Présence que nous sommes Ici et Maintenant ?

Dés que nous pensons pouvoir obtenir la paix et le bonheur au travers d’un accomplissement particulier, d’une expérience ou d’une sorte de connaissance spécifiques, nous nous attachons à une forme particulière et négligeons le Sans Forme, cette Présence toujours là, dans laquelle les formes apparaissent et disparaissent. Même, lorsque l'espoir est paré des plus beaux atours de la plus haute spiritualité, il nous oriente dans une direction particulière où, fatalement, nous oublions notre véritable nature, au sein de laquelle cette forme tant convoitée a surgi.

Ainsi, dés qu’il y a espoir, il peut certes y avoir un sentiment d’expansion joyeuse, une sorte d’expérience temporaire de paix. C'est agréable de faire l'expérience d'une pensée heureuse. Mais l’espoir dépend toujours de quelque chose. De quoi ? De sa réalisation pardi ! Observez le visage d’un homme qui espère. Il est tendu. Ressentez le ventre d'une personne qui rêve du grand amour avec une paume écouteuse. À un niveau profond, il est tendu. Tendu vers un objectif qui semble ne pas être Ici et Maintenant. 

D'ailleurs, la tension ne révèle-t-elle pas déjà subtilement que, ce qu’elle espère, n’est pas ce qu’elle espère vraiment ? Le véritable espoir n'est-ce pas en réalité d'être sans espoir, sans tension ? Le véritable désir n'est-il pas d'être sans désir ? Juste là avec ce qui se présente ?


Peu nombreux sont ceux qui ont le courage d’écouter la tension présente au sein même de l'espoir et du désir. C’est tellement plus commode d'écouter autre chose.

Lorsque l’homme le plus malheureux rencontre l’expérience la plus heureuse, il connaîtra une immense détente puis, peu à peu il commencera à s’y attacher et à ne pas vouloir la perdre, à chercher à la défendre à tout prix et à se tendre à nouveau. L'espoir génère désepoir, le titre le disait déjà. C'est la condition humaine.

D'autre part, fatalement, toute expérience naît et meurt. Aucune expérience ne pourra jamais tenir sa folle promesse de paix et de joie profondes et durables. Le désir et la peur sont les deux faces d’une même réalité Une et Indivisible. Nous avons simplement été conditionnés pour croire que l'espoir fait vivre, sans jamais vraiment en explorer la véracité. Alors nous allons d'espoir en désespoir, sans réaliser que sur un plan profond, nous sommes depuis toujours ce que nous cherchons.

Tout sentiment, pensée ou émotion possèdent nécessairement leur contraire, et le mental humain voudrait toujours ne faire l’expérience que d’une seule partie de la réalité. Je veux la beauté et je rejette la laideur, je veux le bien et je récuse le mal, je veux l’union et refuse la séparation ou bien le contraire… Je cherche l’amour mais renie la haine. C’est humain ! Trop humain, prenait bien soin de rajouter Nietzsche.

Pour Balsac, qui n’est pas un idéaliste, mais un fin connaisseur de la psyché humaine, et semble-t-il de la réalité, « l’espoir est une mémoire qui désire ». Wow !

Oui, vous avez bien lu. Et je laisse un interligne pour vous permettre de bien digérer ce qui vient d’être lu et vous ressert cette perle : « L’espoir est une mémoire qui désire » !

Cela tonne comme un éclair de lucidité, n’est-ce pas ?

La mémoire, qui est du passé, peut-elle vraiment répondre à notre désir le plus profond, qui est de réaliser notre vraie nature éternellement présente ? 

Dans son traité philosophique, « De la brièveté de la Vie », Sénèque nous rappelle que "c’est quand on n’a plus d’espoir qu’il ne faut plus désespérer". Car, oui, le mental humain est ainsi fait que, l’espoir fait inévitablement émerger son opposé, le désespoir. Dés que naît l'espoir renaît le désepoir. Espérer c'est désespérer. Lorsqu'il n'y a plus d'espoir, il y a un arrêt de la tension vers, un arrêt de la recherche. Et c'est paradoxalement ce STOP qui est véritablement auspicieux.


L'espoir est fondé sur l'idée qu'avec un changement dans le monde tout ira mieux. Il semble qu'il en soit ainsi. Mais c'est aussi le plus grand mensonge de l'humanité. Je ne dis pas que le changement ne doit pas avoir lieu. Il a lieu naturellement, sans auteur personnels redponsables de ce changement. Je vous invite juste à réaliser que notre véritable complétude ne dépend jamais réellement d'un changement dans le monde. En effet, il est possible de nous sentir complets dans des moments de grande angoisse, d'humiliation, en train d'être battus ou torturés, en ayany une maladie douloureuse, en devenant aveugle, en camps de concentration (voir témoignage bouleversant de Jacques Lusseyran) avant de mourir, en apprenant une nouvelle très triste. Il y a une multitude de témoingnages et pas seulement des saints. Il n'y a aucune situation objective qui en soi a le pouvoir absolu de nous faire perdre la complétude que nous sommes. Ce n'est simplement pas vrai. Et, tout le monde fait semblant de ne pas savoir.

En réalité tout va déjà très bien. Sur un plan profond, rien ne nous manque jamais Maintenant. La situation que nous vivons n'est jamais un empêchement de réaliser que nous sommes ce que nous cherchons. Aucune situation - même la plus douloureuse - n'a le pouvoir de m'empêcher de réaliser que la joie que telle expérience espérée semble contenir n'est que du bla bla mental, voilant la joie omniprésente que Je suis Ici et Maintenant.

Que faire ? Rien. Attention, il ne s’agit pas non plus de chercher à ne plus rien faire. L’action a lieu de toute évidence. Le changement dans le monde a lieu d'instant en instant. Toute perception va et vient, tout ce qui est perçu est impermanence. Simplement : voir et réaliser qu'il n'y a ni acteur ni auteur séparés aux commandes des pensées et des actes. L'acteur qui semble espérer est en réalité lui-même une sorte de fol espoir qui n'advient jamais.

« L’espérance d’une joie est presque égale à la joie » disait Shakespeare. Mais justement ! Tout est dans le presque. Le mental humain a cette capacité de généralisation, qui fait toute sa force … Et sa  plus grande faiblesse également. Tout réside justement dans ce « presque », dans le 0,0001 %. C’est ce fameux 0,0001 % qui nous gâche la fête. Car tôt ou tard, l’expérience révèlera sa nature duelle et impermanente, sa nature de simple perception, simple modulation au sein de la Conscience.

Ainsi, il s'agit de reconnaître le mensonge de l'espoir, l'irréalité de la supposition que "tout irait bien si seulement telle ou telle chose advenait".


L'invitation ici n'est pas de changer l'expérience mais de s'accorder avec ce qui est. Nous ne cherchons pas à espérer, c'est à dire préférer ou à exclure un expérience plutôt qu'une autre, mais de réaliser que tout ce qui advient est inéluctable. La réalisation non duelle de l'expérience directe est toujours inclusive et plutôt que d'éliminer la dualité, elle la couronne.

Dans la réalisation du Soi, le monde (bon ou mauvais) n'a pas changé. C'est notre perspective, ce à partir de quoi tout est vu qui change. Nous comprenons que cela qui semblait investi de l'énergie de l'espoir, le corps mental, n'est lui-même qu'une perception au sein de la Conscience. En d'autres termes le monde n'a pas changé, nous avons simplement cessé de gaspiller de l'énergie dans l'espoir et l'attente. Il est réalisé que, c'est l'attente d'autre chose que ce qui est, qui se trouve à la racine même de notre souffrance et de nos conflits.

Le problème de l'espoir est qu'il semble toujours relié à une entité personnelle qui espère. Or,vous aurez beau la chercher, une telle entité n'existe pas. 

Lorsque vous reconnaissez les comportements du corps mental comme une expression du Soi, de ce qui est, sans le filtre de l'espoir ou de ce qui devrait être, vous allez alors les expérimenter comme de simples perceptions au même titre de tout ce qui est, la force du vent et la course des astres.

La véritable question demeure : Qui suis-je ? Quelle est ma véritable nature ? Quelle est cette soi disant entité qui semble espérer ? 

Lorsque vous commencez à voir que la croyance en la séparation entre objets n'est pas validée par l'expérience directe, peut-il y avoir un "je" qui espère, un je qui serait séparé de tout ce qui est ? Si vous réalisez que tout est une expression du Soi Unique, où peut il y avoir un "je" séparé ?

Ainsi se révèle soudain un tableau beaucoup plus vaste. Vous êtes ce en quoi l'espoir et le désespoir apparaissent et disparaissent. L'espoir et le désepoir sont de simples modulations du Soi. Et il n'y a alors même plus d'élan pour espérer quoi que ce soit.

Expérience et jeu de révélation :

Mettez vos deux mains sur chacune de vos cuisses, les paumes tournées vers le haut. Investissez dans une des mains tout votre imaginaire et vos sentiments autour d'un espoir particulier dans une des mains. Demeurez un peu avec ce ressenti, au moins 20 secondes, sans commentaires. Puis, investissez dans l'autre paume la possibilité inverse de cet espoir, que rien de ce que vous espérez ne pourra jamais advenir. Ressentez-le, une vingtaine de secondes au moins, sans commentaires.
Puis, joignez ces deux perspectives, et par la mêm occasion vos deux mains sur le cœur. Et resssentez que vous êtes la Présence consciente dans laquelle l'espoir et le désespoir vont et viennent. Reconnaissez qu'il n'y a aucune séparation entre ces perspectives et Vous en tant que Présence consciente. Ils ne sont que des expressions de votre véritable nature éternellement présente.

Faites-le dés qu'un espoir ou un désespoir apparaît et, reconnaissez à chaque fois la nature non duelle de votre nature véritable.

NB : Pour ceux qui sont intéressés par un accompagneemnt individuel, veuillez me contacter au
 06 63 76 90 81 ou sur mon mail : adnnn1967@gmail.com

Si vous voulez vous inscrire pour les rencontres non duelles (sur la base d'une participation en conscience) qui ont lieu de façon bi-mensuelle à chez moi dans le 19e à Paris, écrivez-moi un sms sur le numéro ci-dessus.

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