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lundi 31 juillet 2017

La douleur aussi est Porte

Thérapie non duelle

Exploration et accueil de la douleur


Dans une thérapie non duelle on ne cherche pas à améliorer la vie de la personne, à rendre la personne plus performante ou meilleure; On ne cherche pas non plus simplement à guérir les symptômes liés à la souffrance psychologique ou à la douleur physique. Si ces effets bénéfiques surviennent, ce qui arrive très souvent, ils ne sont pas un but recherché de prime abord, mais assez paradoxalement, des effets secondaires de la disparition de la croyance et de l'impression même d'être une personne séparée.

La thérapie non duelle pointe par divers outils pédagogiques ou pratiques vers la réalisation que ce que nous sommes vraiment est déjà totalement libre de la personne. Ce qu'on appelle ici la guérison résulte donc d'une mise en lumière de notre ignorance qui consiste à nous prendre pour une personne séparée afin de révéler le Soi Conscience sans forme qui soutient toute la manifestation y compris l'idée d'être une personne.

En écrivant cet article, j'ai bien conscience que je n'ai qu'une expérience très limitée de la douleur qui se réfère à ma propre expérience et celle des êtres que j'ai eu la joie d'accompagner depuis une vingtaine d'années. En matière de douleur, il y a des gradations et certaines douleurs exceptionnelles ont une intensité et une durée qui ne permettent même pas d'être ouvert à cette invitation à explorer.

Ceci étant dit, l'invitation ici n'est pas de dissoudre toute douleur mais de réaliser que son exploration sensorielle recèle un pouvoir de guérison et de révélation étonnant de notre vraie nature.

La difficulté face à la souffrance psychologique comme face à la douleur physique est justement d'être sans vouloir. Cela implique une écoute totalement libre d'intentions, même celle de guérir la douleur.

La douleur est toujours quelque part le résultat d'une friction, d'un blocage, d'une lutte, de quelque chose qui cherche son équillibre et ne peut s'exprimer pleinement sur le plan énergétique. La douleur est toujours vibration. Et, toutes choses égales par ailleurs, ne plus résister psychologiquement à la douleur, permet dans une plus grande mesure à la douleur en tant qu'onde de se déployer librement, sans résistance et, in fine, souvent, d'en diminuer l'intensité.

Or, la plupart du temps - surtout si l'on a déjà entendu ce message non duel - même si vous essayez avec la meilleure volonté du monde d'accepter la douleur, vous admettrez que secrètement, ceci n'est généralement qu'une stratégie de plus pour tenter de s'en débarrasser. Et, tant que l'on exprime une préférence, même subtile, c'est qu'il y a une forme de résistance à l'expérience présente.

En réalité, c'est que face à la douleur, on voudrait être ailleurs ou plus tard. On a peut-être lu ou entendu qu'il fallait accepter la douleur pour s'en débarrasser et l'on feint d'accepter la douleur présente, mais uniquement en vue de s'en guérir. Nous ne sommes donc pas honnêtes. Nous prétendons écouter, mais au tréfonds nous désirons être sans douleur. Or, dés que l'on la moindre intention ou préférence, on n'écoute plus profondément et la douleur n'est pas pleinement accueillie. 


Si nous sommes vraiment honnêtes, nous devons admettre que la plupart du temps nous ne ressentons pas directement la douleur, ni les émotions, ni nos résistances. Nous avons peur d'aller dans l'inconnu du senti direct. Cela pourrait remettre complètement en question nos valeurs, nos idées à propos de nous-mêmes, des autres ou du monde. Nous préférons la plupart du temps rester en surface et avoir l'impression de contrôler la douleur par les pensées ou du moins la mettre ainsi à distance. Nous croyons en effet être le penseur des pensées.

Plutôt que de sentir la douleur, faire l'expérience de l'unité avec elle, nous avons pris l'habitude de penser la douleur. C'est une fonction quasi automatique chez la plupart des humains. Comme si la penséee pouvait constituer une sorte de protection magique contre la réalité. Nous étiquettons la douleur et nous la jugeons. Or, ce que nous ressentons la plupart du temps et que nous appelons ressenti, est en réalité notre propre jugement, c'est à dire la résistance à la douleur, et non pas la douleur elle-même. Et, comme nous l'avons dit, résister à ce qui est constitue toujours un effort, une contraction et est par conséquent douloureux.

Comment sortir de ce cercle vicieux ? Accepter d'être honnête et sentir ce qui se donne dans l'instant, et, si ce qui est dans l'instant c'est la résistance, alors, juste sentir la résistance.

Pour sentir la douleur pure il faut vraiment être libre de toute préférence, toute image, tout commentaire. Il faut être sans jugement. 

Or, par le biais de l'imaginaire nous fractionnons l'expérience indivise du senti en deux : moi, le sujet et la douleur, l'objet de mon expérience. Nous pensons l'expérience et nous nous imaginons séparés de la douleur. Or, en réalité, le sujet qui perçoit la douleur et la douleur elle-même apparaissent tous deux en une même Présence Conscience sans forme. Et, si cette division de l'expérience directe en un sujet percevant et un objet perçu est crue comme vraie, elle est ressentie dans le corps et la douleur en est renforcée. 

Au lieu d'ecouter ce qui se donne à nous dans l'instant sans jugement, soit nous nous réfugions dans une attitude distanciée et héroïque soit nous jouons le rôle de la victime avec ses plaintes innombrables. La douleur est niée ou alors elle nous semble injuste. Nous pouvons même en vouloir à l'univers entier, à Dieu à la Vie. Nous croyons qu'il y a une erreur dans le plan cosmique et le mental affabulateur se met à construire toute une série de scénarios autour de la douleur. C'est la recherche sans fin de la cause de la douleur, du coupable, d'une réflexion à propos de comment mettre fin à la douleur, qui nous amène dans un entrelacs époustouflant de scénarios qui nous éloigne encore plus de l'écoute impersonnelle de la douleur. 

Toute cette construction égotique, de justification de condamnation et d'explication de la douleur est paradoxalement exactement ce qui l'intensifie et la fait perdurer.



Soyons réalistes et honnêtes. Certes, écouter de façon impersonnelle la douleur n'est pas toujours possible. Quand la douleur est trop forte ou que le mental est trop agité par exemple. C'est ainsi. Soyons respectueux de nos limites et de nos capacités dans l'instant.

Mais, si vous ne pouvez pas vouloir être sans résistance vous pouvez néanmoins constater qu'il y a résistance. Et, par là-même, réaliser que cela qui constate n'a aucune préférence et voir que ce que vous êtes réellement ne résiste à rien.

Même si la douleur est une vibration variant constamment comme les vagues dans l'océan avec des crêtes et des creux, la douleur a toujours un certain rythme. Le moment auspicieux pour entrer en intimité avec elle est évidemment celui où le rythme de la douleur se trouve dans un creux, où elle est moins intense. C'est le moment de faire l'expérience de l'unité avec elle, corporellement, vibratoirement, sensoriellement.

Sentir la douleur sans commentaires, sans images, sans histoires, sans les mots. Sentir le mouvement de la douleur, faire l'expérience de l'unité avec son mouvement de contraction et d'expansion. Sentir le rythme de la douleur dans tout le corps. Être simplement Espace conscient pour les vibrations de la douleur qui apparaissent et disparraissent comme autant de points plus ou moins concentrés dans un espace en trois dimensions.

Faire l'expérience de l'unité avec la fréquence sonore et rythmique de la douleur. Sentir la propagation des ondes et des courants sensoriels sans cause et sans but dans l'océan sans fond et sans rivages de la conscience sans forme que Vous êtes. Entrer totalement en intimité avec la lourdeur, les piqûres aiguës et les implosions électriques, les fourmillements, les sensations de déchirement ou de torsion. Être le crépitement électrique, le fourmillement, la sensation de déchirement ou de torsion. Faire l'expérience de l'unité avec chaque sensation présente, sans la traduire en mots. Laisser tomber même l'étiquette "douleur" pour apprécier pleinement la sensation. 


Il s'agit en réalité de considérer l'expérience non pas en tant que


 "j'ai une sensation de torsion", 

qui est notre façon duelle et habituelle de nous séparer d'elle mais de la considérer en tant que :

 "Je suis la sensation de torsion".

En demeurant dans ce pur abandon à la sensation de torsion, tôt ou tard, le je apparent, le sujet de l'expérience et la sensation apparente de torsion, l'objet de l'expérience, fondent tous deux comme des icebergs dans l'océan de la Présence, suis, être.

La guérison véritable c'est évidemment de  réaliser le Soi, ma vraie nature à la fois transcendant toute expérience et intimement une avec elle. Cette réalisation passe éventuellement par la déconstruction des fausses croyances qui nous maintiennent dans un sentiment de séparation par rapport à la vie et aussi de la douleur. En Vérité sur un plan profond ce n'est jamais de la douleur que nous souffrons mais de l'impression d'en être séparé.

Néanmoins, sachez cependant que la véritable guérison ne passe pas forcément par la dissolution de la douleur physique elle-même. Ce qui est guéri c'est la fausse impression d'en être séparé. Cela dissout la partie de la douleur qui était liée au fait d'y résister, d'ignorer sa vraie nature. La douleur peut perdurer mais on ne s'en sent plus séparé.

Évidemment, lorsque la douleur est trop forte, le corps perd connaissance ou meurt. C'est un fait.

Tout ce que nous pouvons vraiment faire, c'est de voir combien notre refus de la douleur l'augmente. 

Il y a donc ici juste une douce invitation à réaliser combien notre prétention à savoir, nous coupe du senti direct. Nous ne pouvons pas prétendre savoir et sentir en même temps. Sentir est non duel. Quand vous sentez, il n'y a personne qui sent, il y a juste sentir. C'est seulement quand le mental avoue son impuissance à savoir que l'on commence à entrer vraiment en intimité directe avec le senti des émotions, des sensations et par extension de la douleur. 

Ainsi, même l'épreuve de la douleur physique peut jusqu'à un certain point être une invitation à réaliser notre véritable nature. La douleur peut être une exhortation à reconnaître que vous n'êtes pas emprisonné dans la douleur mais, qu'au contraire, la douleur apparait en vous comme un cadeau avec son immense potentiel de révélation. 

Quel que soit le niveau de douleur, il est essentiel de rappeler ce fait : Que je semble accepter ou non la douleur, qu'en tant que personne je dise oui ou non à la douleur, elle a déjà été pleinement acceptée par la Présence que Je suis en amont des pensées et des perceptions. Réaliser cela est le plus précieux des cadeaux. 


Nous pouvons reconnaître que ce que nous sommes vraiment a toujours déjà embrassé pleinement toute expérience, y compris cette douleur que la pensée qualifie peut être d'insupportable.

Si cette réalisation survient dans l'expérience de la douleur, alors la douleur devient la porte la plus directe vers ce que je suis véritablement : Conscience sans forme. 

Si la douleur est écoutée depuis cet Espace de Présence silencieuse en nous, cet Espace qui est simplement Témoin, et qui ne demande rien, qui ne veut rien, qui dit toujours oui à tout ce qui en Lui apparait, alors il se pourrait bien que la douleur soit reconnue comme une expression parfaite de la Vie, une expression étonnante du Soi.

La première chose à faire face à la douleur est donc de réaliser avec sincérité toutes les croyances et les préférences que avons à son égard.

Je peux croire qu'elle ne devrait pas être là, que je suis trop sensible, que cela à une raison, qu'il n'y a rien à faire ou qu'au contraire il faut agir, que la douleur m'empêche d'être ce que je suis, ou qu'elle recèle un cadeau à venir, qu'elle durera toujours ou qu'elle cessera bientôt, que les médecins ne font pas bien leur travail, que personne ne peut me comprendre, que je me sens seul et abandonné, que c'est injuste... etc

Simplement, voir toutes ces croyances passer comme des nuages dans un ciel, sans les commenter. Rester avec elles, sans réagir. Les observer de façon neutre et bienveillante, sans essayer de les modifier.  Peu à peu, ces pensées seront perçues comme de simples apparitions disparitions dans l'espace de Conscience sans forme que vous êtes déjà. Laisser simplement se dissoudre toutes ses fausses croyances d'elles-mêmes et, peu à peu, laisser émerger l'expérience inexorable d'unicité avec la douleur. Plongez dans la douleur pour ne faire qu'un avec elle. Ici, dans cette plongée dans l'inconnu, tous les mots sont caduques. L'invitation ici est juste d'explorer sans à priori. Cela demande beaucoup de courage et de lucidité.

Au fur et à mesure que les étiquettes se "décréent", l'expérience d'être intimement Un avec la douleur elle-même devient notre vécu direct.

Il est alors enfin possible que la douleur s'aménuise, que son rythme change et diminue en intensité, voire qu'elle se déplace et, même disparaisse. Je vois cela constamment depuis 20 années de pratique en tant que passeur-accordeur-guérisseur. 

(Je n'ai pas trouvé de mot adéquat pour décrire cette pratique d'imposition des mains ou de partage vibratoire en Silence dans le face à Espace qui permet un réaccordage à la présence impersonnelle et parfois certaines guérisons physiques spontanées. Cette pratique s'est de surcroît nourrie de l'évidence non duelle et d'une pédagogie visant à mettre en lumière nos fausses croyances pour pointer vers notre vraie nature déjà présente.)


Il est possible aussi que pendant quelques instants ou de longs moments la douleur au contraire s'amplifie. La guérison va parfois avec une douleur qui s'amplifie momentanément ou plus rarement qui subsiste. J'ai souvent remarqué que le processus de guérison implique momentanément une intensification de la douleur. Ne serait-ce que lorsqu'il s'agit de douleurs inflammatoires et que la paume se trouve au-dessus de la zone, c'est à dire en apposition. On peut alors souvent constater une intensification momentanée de la douleur, qui est d'ailleurs le plus souvent un prélude à la diminution ultérieure de celle-ci et, à la guérison. Cela vaut également pour les douleurs dites psychologiques et émotionnelles. 

Cependant, si la douleur devait demeurer, il nous est également possible de réaliser que nous pouvons vivre avec celle-ci, parce que nous réalisons qu'elle apparait en nous, et que profondément ce que nous sommes vraiment a toujours été absolument libre de la douleur.

Dans mon parcours de vie, j'ai pu être confronté sur de courtes périodes à des douleurs intenses, en particulier lors d'accidents ou à l'occasion de diverses opérations. Cet article est donc également le fruit de ces expériences d'exploration de la douleur.

Je vais ici partager une expérience très instructive à cet égard. Il y a une dizaine d'années,  j'ai participé à un stage Vipassana de 10 jours où il s'agissait de garder le "noble silence" et de méditer de 4h du matin à 21h, plus de 14 h par jour. La méditation consistait essentiellement à balayer avec l'attention toutes les parties du corps des pieds à la tête, donc à faire l'expérience de l'unité avec une partie du corps, puis au bout de quelques instants à changer l'attention de place et à faire l'expérience de l'unité avec une autre partie des corps et, ainsi de suite. Cela avait pour effet de dissoudre peu à peu l'impression de densité corporelle, et à révéler un corps de vibration voire un corps d'espace.
À partir du 5eme jour nous avions une contrainte supplémentaire : Nous devions rester trois fois par jour une heure en position assise, sans bouger d'un pouce pendant l'heure de la méditation.
Si une douleur survenait, nous devions la laisser apparaître sans l'étiquetter, la sentir et continuer à porter sur les parties suivantes du corps, tactilement, comme un lent balayage sensoriel  incessant des pieds à la tête.
Dés le début de cette première heure, je me sentais très mal installé et je fus très vite submergé par une douleur terrible dans tout le bassin et le dos qui me fit penser que jamais je ne pourrais aller au bout de cette heure sans bouger (résistance). Je continuais néanmoins à changer l'attention de place et à sentir d'autres parties du corps, elles beaucoup moins doulouereuses ou pas du tout douloureuses. La douleur prit très vite des dimensions atroces au fur et à mesure des minutes que je comptais en transpirant. J'étais au bord de la rupture et de l'évanouissement. J'avais l'impression d'être écartelé au sens propre. Mais je'étais fixé un défi (résistance) et voulais (résistance) y arriver, réussir (résistance) à tenir; Je devais absolument réussir (résistance) à ne pas bouger comme les instructions le commandaient ! Les pensées bouillonnaient et devenaient chaotiques (résistances). J'étais en train de faire l'expérience de la résistance à la douleur sans m'en rendre compte. Je pensais (résistance) au fameux Struensee et sa condamnation à l'écartèlement pour avoir été l'amant de la reine du roi danois dont il était le médecin ! Je pensais à Hallaj (résistance), le mystique musulman condamné à la torture avant d'être crucifié, à Marguerite Porete (grande béguine "éveillée") et à ces millions de femmes mortes (résistances), brûlées sur le bûcher au moyen-âge condamnés pour sorcellerie, parce que leur pratiques contrevenaient à l'église. Je pensais (résistance) au Christ sur sa croix. Je devais tenir, coûte que coûte. Entre chaque imaginaire, entre chaque comparaison, je continuais bon gré malgré à changer l'attention de place et poursuivais tant bien que mal ce balayage sensoriel direct de tout le corps.
Puis, soudainement au bout d'un temps infini, peut-être 45 mn de douleurs inhumaines (résistance), soudain quelque chose lâcha, et tout l'imaginaire avec. Il y eut une sorte d'abandon total à la sensation douloureuse, une expérience d'unité indicible avec elle. Comme un abandon total à l'inconnu, un véritable "que ta volonté soit faite".
Soudain, la douleur intenable s'est transmuée en un flux immense d'énergie pure, une énergie incroyable, chaude, lumineuse, douce, envahissant tout le corps. Soudain, il n'y avait plus de contours, plus d'intérieur ni d'extérieur, plus de de choses séparées, juste une immense plénitude avec le corps, les pensées et l'environnement. Une joie sans objet, un pur émerveillement d'être. Cette expérience d'extase mystique dura plusieurs jours. Cette expérience me fit comprendre que même au cœur de la douleur la plus insupportable en apparence, il est possible de révéler notre véritable nature.
La douleur vaut la peine d'être explorée.

Peut-être, est-ce cet abandon total à la sensation de douleur qui permit au Christ sur la croix de passer de "pourquoi m'as tu abandonné "Seigneur" à "ils ne savent pas ce qu'ils font", du sentiment de manque à la Plénitude.

En tout cas il est évident qu'une des techniques optimales à cet égard demeure le changement brusque d'attention d'une zone où l'attention est fixée (une zone chargée émotionnellement), c'est à dire sur laquelle il y a des jugements, des comparaisons, des commentaires et donc in fine ce que j'appelle des résistances, vers une zone neutre (que l'on peut regarder sans jugement) et, faire ce changement d'attention continuellement jusqu'à ce qu'il y ait une sorte de transfert d'attention impersonnelle vers la zone chargée émotionnellement. Ce procédé fait souvent apparaître une "solution pratique", le soulagement de la douleur, la résolution d'un traumatisme passé, voire une guérison émotionnelle ou physique.

Au cours d'une séance d'accompagnement, la fonction des paumes "écouteuses" est justement de restaurer chez la personne la capacité à sentir par elle-même en procédant à une sorte de ré-accordage à l'attention impersonnelle.

D'autre part, toutes choses étant égales par ailleurs, la mise en lumière des croyances erronées liés à la douleur amènera une acceptation absolue de celle-ci dans l'instant, ce qui a toutes les chances d'en diminuer l'intensité.

La douleur est une Porte très confrontante et intime. Voilà ce que j'ai découvert et que je tente de partager en thérapie d'accompagnement ou en satsang quand il y a ouverture à l'exploration tactile et directe. 

Même si nous prenons des médicaments, et qu'il est nécessaire et légitime parfois d'utiliser des anti- douleurs de la médecine allopathique qui a fait d'étonnants progrès en la matière, cela n'enlève rien au fait que la médecine ultime demeure toujours la révélation de la Présence Conscience sans forme et sans âge en nous. 

Une vie sans douleur est purement imaginaire et n'a rien à voir avec la vraie vie. Le corps est naturellement amené à expérimenter le plaisir et la souffrance. Croire que la réalisation permettrait d'éviter la douleur est source de bien des désillusionnements. Cependant bien que les corps de "grands éveillés vivants" tels que Ramana Maharshi et de Nisargadatta aient beaucoup souffert surtout dans la phase terminale, cela n'entravait pas leur expérience d'être Soi, l'atemporelle Présence déjà éveillée.  

La douleur a parfois le pouvoir de révéler l'illusion de l'ego et ses fantasmes trompeurs de toute puissance et de contrôle.

La douleur peut donc paradoxalement parfois apparaitre comme un symptôme inévitable de la guérison, celle qui nous fait réaliser notre totale impuissance. Car c'est au cœur de l'impuissance que se révèle notre Plénitude, la plénitude de ne rien être en particulier mais d'être, la plénitude d'être conscient d'être conscient, Ici et Maintenant, et ce quelles que soient les circonstances et les situations relatives du moment. 


NB : Pour ceux qui sont intéressés par un accompagnement individuel non-duel à Paris ou par Skype, une séance de rééquilibrage énergétique, ou une séance d'accompagnement psycho-corporelle pour laisser éclore les émotions bloquées, veuillez me contacter au 06 63 76 90 81 ou sur mon mail : adnnn1967@gmail.com

Si vous voulez vous inscrire pour les rencontres non duelles (sur la base d'une participation en conscience) qui ont lieu de façon bi-mensuelle à chez moi dans le 19e à Paris, écrivez-moi un sms sur le numéro ci-dessus.


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