Feel it !




Paroles et musique de Dan Speerschneider
un album pour célébrer la vie ;-)

jeudi 10 avril 2014

Quitter le vu pour voir vraiment
Ce n'est pas seulement pour duper nos enfants que nous les entretenons dans la croyance au Père Noël : leur ferveur nous réchauffe, nous aide à nous tromper nous-mêmes...
Claude Lévi-Strauss

Voir ce que nous sommes vraiment vraiment est une évidence sans nom lorsque cela est vu et réalisé. 
Mais comment montrer, partager, inviter à ce Voir où la conscience s'auto-éclaire elle-même et se reconnaît conscience infinie, inaltérable, au-delà des naissances et des morts, omniprésente, impersonnelle, simple et nue ouverture consciente ? Comment proposer à une personne réfractaire (une personne qui s'identifie à un corps et à un mental est par nature réfractaire à cette sorte de remise en question) de goûter, expérimenter, vivre la vie non à partir d'un centre (un égo, un moi) mais à partir d'une ouverture consciente ? Une personne qui s'identifie à un corps et à un mental est par la nature même de son auto-hypnose réfractaire à cette sorte de remise en question.
Comment donner à voir ce qui est évident pour une conscience libérée de son identification à un moi individuel et séparé mais qui sonne comme une hérésie, une aberration logique, un idéalisme, une croyance sectaire pour 99,99% de la population qui croient dur comme fer être des personnes douées de volonté personnelle et s'expérimentent comme étant des individus séparés des autres et du monde ?

Cela concerne aussi bien votre entourage le plus proche comme le plus éloigné. Cela concerne l'école, l'université, toutes les sciences s'intéressant à la connaissance de l'homme (la médecine, les neuro-sciences, la biologie, la physique, sociologie, la philosophie, la littérature la psychanalyse, la psychologie...) mais également, les revues scientifiques, la politique et les religions quelles qu'elles soient (monothéistes, polythéistes, animistes).

Sur l'échiquier politique il existe une multitude de croyances différentes. Sur l'échiquier religieux il y a la même profusion de croyances. Sur l'échiquier des diverses sciences il y un nombre incalculable d'hypothèses et de croyances qui semblent se contredire sur la façon de décrire le monde. Ces croyances changent au cours du temps. Mais une croyance semble ne jamais changer et être la même dans les camps en apparence opposés, ceux qui se torturent ou se font la guerre, s'insultent ou s'incriminent au jour le jour. Cette croyance est la croyance racine de tous les êtres humains ou presque et elle consiste en l'idée, qui n'est presque jamais remise en question, que chaque être humain est un individu séparé du monde et des autres et identifié à un moi avec une histoire limitée et que ce moi est identifié à un sac de peau rempli d'organes, de tuyauteries, de liquides, de cellules et d'un cerveau qu'on nomme un corps.

On amène assez facilement les enfants à croire au Père Noël un temps et pourquoi pas, cela peut être formateur comme les contes auxquels ils s'identifient un temps. Mais ensuite on leur révèle le pot aux roses. Heureusement ! Vous imaginez ne rien leur dire et garder le secret à tout jamais ? On devrait faire une telle expérience en Corée du nord, ça pourrait être instructif. On a bien fait expérimenter à des milliers de bébés en Roumanie de grandir sans être touchés pour un résultat sans commentaires.
Il y a un film qui étaye notre propos. On maintient artificiellement un personnage dans une ville fantôme avec d'autres faux personnages en lui faisant croire que tout est vrai pour les besoins d'un show télévisé ("The Truman Show"). Très instructif.
C'est pour cela que Tony Parsons a nommé sa révélation et son livre "The Open secret". Maintenant vous savez ! Je vous montre les coulisses de l'opéra, le maquillage du Père Noël. Ce "machina ex deus" est la métaphore de la plus grande machination entreprise par l'homme contre lui-même. C'est elle qui permet au philosophe anglais Hobbes de dire que l'homme est un loup pour l'homme. Sans doute que ce cher Hobbes n'avait lui-même pas eu accès à ce secret lui-même et ce, malgré son statut de philosophe. On remarquera cependant que la plupart des philosophes occidentaux post socratiques sont enfermés dans cette même croyance racine d'un individu dôté de libre arbitre et qui pense ses propres pensées ( très important évidemment !). Mais alors que la plupart des adultes en bonne santé et que les enfants de plus de 8 ans ne croient plus au Père Noël, le monde entier continue à croire à l'idée d'une personne dotée de libre arbitre, d'un individu séparé, d'un penseur pensant les pensées comme étant l'ultime réalité…. Hallucinant… LOL.

J'ai décidé de faire mon "coming out" et de révéler sur ce blog et ailleurs ma véritable identité. Qui est également la vôtre.


En ce qui concerne notre identité réelle, ce que nous sommes vraiment vraiment, on se persuade soi-même qu'il vaut mieux ne pas aller y regarder de trop près car on pressent, à l'approche même de la question "Qui suis-je", que le beau château de cartes qu'on appelle notre vie et qu'on a eu tant de mal à ériger, vacille déjà et menace de s'effondrer. On fait "comme si" et puis on fait la sourde oreille.


Il semble que la plupart des humains et leurs divers experts de toutes les disciplines se soient données le mot pour ne pas enquêter véritablement sur ce qu'est réellement l'identité du moi et, si cette impression vivace a une quelconque once de vérité ou n'est ni plus ni moins qu'une impression largement partagée, une simple erreur de perspective, une fable pour les grands enfants (au sens péjoratif) que nous sommes, car jamais vraiment remise en question. La condamnation à mort de Socrate doit être prise comme le symptôme d’un problème quant au statut et au rôle de la philosophie dans la cité. « Philosopher, disait Platon, c’est s’étonner ! » Or s’étonner c’est considérer comme étonnant ce qui est vécu par la plupart des hommes comme allant de soi : les croyances communes, les préjugés collectifs ; s’étonner est donc tout à la fois rester stupéfait (comme frappé par le tonnerre) par la fausse évidence des idées toutes faites et l’adhésion spontanée et irréfléchie du plus grand nombre aux croyances sans fondements rationnels suffisants qui marquent les traditions religieuses sociales et politiques sur lesquels semble reposer la cohésion sociale et les idées que les individus se font du bien-vivre avec soi (le bonheur personnel) et les autres (la justice, l’entente et la solidarité). 

La croyance que chaque être est uniquement un individu est la croyance erronée la plus partagée aujourd'hui dans le monde. C'est même une croyance transparente dans le sens où le monde est vu à travers ce paradigme qui n'est lui-même pas vu à son tour mais au contraire considéré comme la réalité même. De façon ironique on pourrait arguer que puisque les humains ont enfin une croyance qui leur est commune, une base de départ, ils devraient parvenir à s'entendre. Or, le paradoxe est que c'est justement cette croyance de séparation et d'identification à une identité très limitée, dotée d'un soi-disant libre arbitre qui semble être la cause de la plupart des souffrances de l'humanité.

Dans l'histoire de l'humanité, il est aisé de voir combien les croyances dominantes sont difficiles à remettre en question. Ceux qui font des explorations authentiques qui les amène à les remettre en question sont conspués et parfois assassinés. Jusqu'à Ptolémée (90-128) dans l'Antiquité, la terre était considérée comme plate. La révolution Copernicienne qui fait passer la vision du monde à une vision héliocentrique fut le résultat de grandes luttes pour imposer cette évidence et combattre les croyances anciennes. Depuis Gallien (131-201), on ne remettait pas l'idée de la circulation sanguine en circuit ouvert en question. Il fallut attendre Andrea Cesalpino (1519-1603) et William Harvey (1578-1657) pour découvrir que c'était le cœur qui redistribuait le sang en circuit fermé et arrêter, après quelques centaines d'années de luttes intestinales les fameuses "saignées". 
La science a mené de grands combats pour faire triompher des vérités qui aujourd'hui nous semblent évidentes mais qui a certaines époques étaient considérées comme hérétiques et pour lesquelles on pouvait mourir sur le bûcher. Et encore, il s'agissait de la science des objets perçus.

Qu'en est il de la "science du SUJET "? Le Sujet à la Première personne, ce en quoi tout est perçu ?

Qu'en est-il de la conscience ? Que savons nous de l'Être que nous sommes, qui n'est pas un objet de connaissance mais ce par quoi tout peut être perçu, connu, senti exploré expérimenté et vécu ?

Quelles croyances véhiculons nous à propos de notre plus grande intimité, la Conscience, sur ce qui permet que quelque chose soit conscient ?

"Qui suis-je" est la question que nous nous sommes tous posées mais que la plupart d'entre nous avons vite fait de ranger comme certaines poussières sous le tapis des "on verra plus tard", des préjugés, des peurs ou des croyances transparentes.

Qui suis-je ? "Et bien moi" pardi et alors on déroule la carte d'identité, le CV, l'histoire, le caractère, et tout le tralala de ce qui constitue pour 99,99 % des gens sur la planète l'évidence même. Et en disant cela on n'a rien dit, on n'a fait que répéter ce que l'on nous a dit, ce que notre mémoire nous ressasse pour se présenter en société et composer et adhérer à son personnage social.

Car, tout ce déploiement d'informations, en quoi apparait-il, pour qui ou pour quoi apparait et disparait-il ?

- "Pour moi" répondent la plupart des gens comme si l'objet fini moi, une simple pensée (image ou son) limitée par nature était dotée de conscience. Ainsi va le monde. De temps en temps cette question surgit puis par paresse ou par peur d'ouvrir la boite de Pandore, on clôt à nouveau la question et on continue à porter l'attention sur les perceptions et à vivre une vie excentrée tournée vers le divertissement permanent. On survit.

La question "qui suis-je" n'est quasiment jamais menée à son terme honnête qui est in fine : "Je ne sais pas". "Je ne sais pas" est un endroit non localisé où l'ouverture consciente accueille tout ce qui se présente.

Au lieu de nous précipiter dans un abîme sans fond d'impuissance qui signerait notre renaissance, nous nous arrêtons juste avant la débâcle et décidons de cesser l'enquête au seuil de la dissolution pour aussitôt reconstruire l'identité sur de nouvelles bases, aussi friables que les précédentes afin d'exorciser la peur ultime : celle de ne rien Être.

 En la matière la science défend grosso modo et à 99 % l'idée que l'apparition de la conscience est le résultat d'une évolution : Big Bang, formation des galaxies, du système solaire, de la terre, des océans, des poissons, des amphibiens, des singes, des hommes, du cerveau et puis, pouf... l'apparition au niveau du cerveau - qui a atteint une taille critique - de la conscience…. et voilà. Vous savez tout et vous pouvez rentrer chez vous et continuer à vivre "tranquillement". Le père Noël veille sur vous.


Et si on nous la faisait à l'envers ? À savoir que la Conscience est première et que l'univers apparaît en elle. Cette perspective est considérée comme fantasque par 99,99% de la population car ne disposant pas de preuves objectives. Or justement il n'y aura jamais de preuve objective en ce qui concerne le Sujet Ultime. Il s'agira toujours d'une preuve Subjective, au sens de l'intime et qui se rapprocherait plus du ressenti pur que de la pensée linéaire. Ce point de vue est celui de la Conscience et ceux qui ont eu la grâce de réaliser leur vraie nature ont vu et voient cette réalité. Cette réalité n'est pas d'ordre horizontal mais d'ordre vertical. Elle s'est imposée comme la foudre avec l'évidence d'un éclair de lucidité, une lézarde dans le royaume des idées reçues. La vérité de notre vie est au centre de la croix, là où se rencontrent la verticale et l'horizontale.

Le miracle n'est pas que la conscience ait émergée de l'univers. 

Le miracle est que l'univers surgit ici et maintenant de la conscience.



Dessin de Max Ernst, illustre physicien, premier autoportrait du Sujet dans l'histoire de l'humanité.
La croyance d'être un individu autonome, doté de pouvoir personnel et séparé des autres et du monde est certainement comme on l'a déjà dit l'idée la mieux partagée par les humains et la moins remise en question dans l'histoire de l'humanité. Elle est pourtant l'une des plus nocives car à l'origine sans doute de la plupart des guerres et de la violence dans le monde. 


Loin de moi l'idée de vouloir décliner ici une quelconque théorie de la conspiration. Mais on pourrait faire un film intéressant là-dessus. Ce n'est pas pour rien qu'il y a eu Matrix. Une tentative géniale au demeurant. Mais il y toujours une sorte d'identité en arrière-fonds qui gâche la réalité omniprésente du véritable mystère. Et le libre arbitre et la notion d'individualité autonome finissent toujours par vaincre et convaincre. Je pense que l'on peut mieux faire. Il y a une audace à explorer. C'est ce à quoi je vous invite ici et maintenant. Réalisez que ce que vous lisez maintenant est perçu par un espace ouvert, une vacuité consciente au-dessus de vos épaules. Maintenant. Voyez-le !

En attendant, je vous invite à vous détendre maintenant en vous-même. Car pour être nul besoin d'effort.

Et s'il vous reste quelques doutes au sujet de n'être pas séparé venez à une rencontre, en séance, en stage ou en atelier gratuit et nous tenterons ensemble d'explorer Cela avec la plus grande attention,  humour et tendresse. 

Vers "quoi "plutôt que "qui" pointe ce doigt maintenant ? Une tête ou une absence de tête ? Deux petits yeux ou un grand espace transparent ouvert au-dessus de vos épaules ?

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire