Feel it !




Paroles et musique de Dan Speerschneider
un album pour célébrer la vie ;-)

mercredi 8 avril 2026

Stage à Genève 9 et 10 mai 2026


VIVRE L’ÉVEIL AU QUOTIDIEN

Dan revient sur Genève partager avec nous, en amont de tout imaginaire, la Présence non-duelle que nous sommes.

2 jours chez Sandrine qui nous accueille dans un lieu propice à laisser se dissoudre les fausses croyances,

s’éveiller au rêve, s’étonner d’être...

En constatant que, dans l'expérience directe, il n'y a jamais de séparation, toute tentative d’appropriation et peur psychologique s'effondrent.

En réalisant que toute expérience est une expression de moi-même, je réalise que je suis déjà la paix et le bonheur que je cherche.

L’éveil spirituel, contrairement à ce que l’on a voulu nous le faire croire, n’est pas dévolu à une caste de héros extraordinaires.

C’est notre état naturel.

Nous avons simplement été mal informés et inattentifs à ce qui est trop proche, trop simple.

Pour que cela ne soit pas une simple compréhension intellectuelle, mais une expérience vivante qui embrase tout votre être,

je vous propose un voyage de retour vers ce que vous êtes vraiment pour répondre à la question qui suis-je ?

Ce partage se déclinera au travers d’investigations directes et d’expériences simples, vous permettant de confronter ce que vous croyez avec ce que vous voyez.

La croyance en un moi personnel et séparé se dissout d'elle-même, sans effort, par la simple exposition réitérée de sa nature illusoire et/ou le senti des impressions de séparation

qu'elle a engendrée dans le corps sous forme de fixations et de tensions inutiles.

Toute résistance à ce qui est se dévoile alors, paradoxalement, comme étant la porte la plus directe vers nous-mêmes.

Nous constatons que la Réalisation impersonnelle de notre vraie nature est d'une simplicité déconcertante.

Elle ne dépend d'aucune circonstance ou expérience particulières, et est

toujours disponible Ici et Maintenant en chacun de nous.

Dan sera Présent tout du long avec nous et durant les pauses, il sera disponible à des questions personnelles et pour d’éventuels soins énergétiques.

Samedi 9 Mai

10h - 13h 14h30 - 18h

Dimanche 10 Mai 

9h30 - 13h 14h30 -17h00

REPAS DE MIDI végétarien; chacun apporte quelque chose à partager sîl en a l’élan. 

Blog :

eclore-en-conscience.blogspot.fr

Vidéos :

https://www.youtube.com/watch?v=x6msdIG9tQc&t=4s&ab_channel=DanSpeerschneider

https://www.youtube.com/watch?v=EEGCf6zV8RQ&t=4s&ab_channel=DanSpeerschneider

https://www.youtube.com/watch?v=7rIFlBKis70&t=55s&ab_channel=DanSpeerschneider

INSCRIPTIONS

uniquement à

Dan Speerschneider

mail : adnnn1967@gmail.com

220 Frs pour les 2 jours

Nous ne demanderons pas d‘acomptes mais faisons confiance à votre présence après inscription!

Vous êtes invités à participer à tout le week-end.

Si problèmes financiers me contacter pour un arrangement. Le stage pourrait être annulé en cas de nombre insuffisant d’inscrits. 

ADRESSE

Chez Sandrine Pillon

150 rte de SAINT-JULIEN

1228 Plan-Les-Ouates

-GENÈVE-

Possibilité de se parquer dans la cour

Parking en face, derrière la fontaine à côté de la banque Raiffeisen et sur le chemin de la Butte

Bus 80 et 82 arrêt Mairie Plan-Les-Ouates à 2 mn

Tram 12 - arrêt Trèfle Blanc, puis 10 minutes à pied

Le Léman Express au BACHET à 12 mn à pied

Possibilité d’hébergement pour ceux qui habitent à plus de 45 mn.

contacter: pillonsandrine@gmail.com


mardi 7 avril 2026

Considère tout l’univers comme un rêve …


 « Considère tout l’univers comme un rêve, comme une illusion, comme une cité de nuages. Reconnais alors Bhairava. » (Vijñāna Bhairava Tantra, trad. Lilian Silburn)

Ce verset m’a toujours fasciné, parce que je vois bien que ce n’est pas une idée pour moi, c’est quelque chose qui peut se vérifier très simplement, presque à volonté.

Cela ne se passe pas dans un état particulier, ni dans une transe, ni ailleurs. Cela se passe ici, dans ce que l’on appelle l’état de veille. Immédiatement accessible à chacun d’entre nous. Vraiment.

Il suffit parfois d’un très léger déplacement, une sorte de pincée d’imaginaire, non pas pour fuir le réel, mais pour relâcher la manière habituelle de le prendre. Et aussitôt, quelque chose bascule.

Le monde est toujours là, inchangé en apparence, et pourtant il perd sa lourdeur. Les formes apparaissent comme en suspension, presque translucides. Comme un hologramme soutenu par une lumière qui n’est pas dans les choses mais qui les rend possibles.

Et très vite, cela devient encore plus simple, plus direct.


Tu vois que cela apparaît dans ce que tu es. Vraiment, vraiment.


Alors quelque chose se retourne complètement. Et dans ce retournement, le « secret ouvert », déjà pleinement ouvert, se re découvre et se révèle dans toute sa splendeur.

Tu ne regardes plus un monde extérieur à toi. Tu vois le monde émerger de toi et se dissoudre en toi, instant après instant. Quelle merveille ! Soudain le monde entier est réenchanté. 

Comme le dit l’Ashtavakra Gita :

« Je suis comme l’océan, le monde est comme les vagues ; en réalité, il n’est rien d’autre que moi. » (Ashtavakra Gita, II, 1)

Et ce retournement n’est pas froid, ni abstrait. Il ouvre immédiatement le cœur.

Parce que si tout apparaît dans ce que tu es, alors rien n’est étranger. Rien n’est séparé. Et ce que tu es ne peut plus être vécu comme neutre ou indifférent. C’est vivant, intime, et tellement  sensible.

Peu à peu, ou parfois d’un coup, tu reconnais que tout est fait de la même substance, et que cette “substance” n’est pas matérielle au sens habituel, mais profondément affective, vibrante.


On pourrait dire, sans exagération, que la nature de l’univers est amour. Pas un amour personnel ou émotionnel, dirigé vers quelque chose ou quelqu’un en particulier. Mais une intimité fondamentale avec tout ce qui apparaît, toute forme et tout être. Une absence totale de distance.

Alors le verset prend une autre dimension. « Considère tout l’univers comme un rêve… » Oui. Mais un rêve aimé de l’intérieur, un rêve qui n’est jamais séparé de ce qui le connaît. Et cette reconnaissance, si elle doit se faire pleinement, ce n’est ni plus tard, ni ailleurs.

Quand ? Maintenant.

Où ? Ici.

Amor Fati


dimanche 5 avril 2026

Pâques non duelles

 


La tombe vide de Jésus, telle qu’elle est racontée au matin de Pâques dans les Évangiles, n’est pas seulement un miracle. Elle est comme un signe discret, une invitation à regarder et à vivre cette fête de Pâques autrement. Ce que les proches de Jésus  découvrent, ce n’est pas quelque chose en plus, mais quelque chose en moins, une absence, et dans cette absence, une qualité de présence inattendue, silencieuse, ouverte.

Dans la perspective non duelle, cela résonne profondément. Lorsque le nom et la forme se retirent, ce qui demeure n’est pas un vide mort, mais ce qui a toujours été là, sans limite, sans naissance ni disparition. La tombe vide ne nous dit pas que quelque chose a été perdu, elle révèle que l’Essentiel n’a jamais dépendu de ce qui apparaît.


C’est peut-être pour cela que depuis tant d’années, chaque fois que je me tiens devant une tombe ou que je participe à l’enterrement d’un ami ou d’un proche, je ne suis pas seulement confronté à l’absence, et bien sûr des émotions peuvent surgir, mais aimanté par une présence plus vaste, plus douce, plus tangible. Soudain ce que l’on partageait réellement avec l’autre, la Présence mais qui se drapait dans une expérience de couleurs, de formes, de sensations et perceptions se révèle dans toute sa splendeur et son évidence. 


C’est aussi ce que m’a partagé récemment mon ami Alain Maroger, après la disparition de sa compagne Nicole, avec qui nous partagions l’essentiel. Il me disait que, parfois, depuis sa disparition elle lui semblait plus proche que jamais. Non pas comme une image ou un souvenir, mais parce qu’il a appris à faire confiance à ce vide, ou plutôt à reconnaître que, lorsque nous nous vidons de nos projections, de nos peurs, de nos attentes, de nos pensées qui anticipent ou qui ressassent, alors quelque chose se révèle. Une présence simple, sans visage, qui n’appartient à personne, et qui pourtant animait déjà celle qu’il aimait.


Ce que les traditions non-duelles ne cessent de rappeler, c’est que ce que nous sommes réellement ne naît pas et ne meurt pas. Les formes apparaissent, disparaissent, mais ce dans quoi elles apparaissent ne change pas. Et parfois, c’est précisément lorsque la forme s’efface que cela devient le plus évident. 


Alors la tombe vide n’est plus seulement un événement du passé. Elle devient une porte, une reconnaissance possible, ici même, maintenant.


Et peut-être que ce que tu ressens Toi aussi, ici et maintenant, en lisant ces mots, ce vide aimant, qui n’est rien d’autre que cela.


Je t’invite à renaitre à ce même vide et ce soir ensemble lors du Satsang nous célébrerons ensemble la plénitude de cette vacuité de notre vraie nature omniprésente à 19h30. 


Paix et amour 


Amor Fati 

samedi 4 avril 2026

Le lieu sans lieu …

 


Une question peut surgir, simple et décisive, capable de dissoudre l’impression de séparation : où apparaît cette image ? Où “atterrit” ce film du monde avec ses formes, ses couleurs, ses mouvements ?

Spontanément, la réponse semble aller de soi : dans la tête, dans le cerveau, quelque part derrière les yeux. Mais si tu regardes directement, sans t’appuyer sur une idée apprise, sans te référer à la pensée ni à la mémoire, peux-tu réellement trouver cet endroit ? Y a-t-il un lieu précis où l’image se dépose ?

En regardant ainsi, honnêtement, quelque chose d’étonnant se révèle. L’image est bien là, évidente, vivante… mais le lieu où elle apparaît demeure introuvable. Il n’a ni contour, ni position, ni limite. Il n’est ni proche ni lointain. Il n’est pas quelque part dans l’espace.

Et dans cette impossibilité de localiser, ce qui se dévoile n’est pas un manque, mais au contraire une plénitude accueillante, une ouverture sans bord.

Cet espace n’est pas séparé de ce qui apparaît en lui. Il n’est pas en arrière-plan. Il est la condition même de toute apparition. Sans lui, rien ne pourrait être vu, entendu, ressenti, goûté, humé, perçu.

Et ce qui se révèle n’est pas ailleurs, ni plus tard. C’est exactement ce par quoi ces mots sont lus en cet instant même. Pendant que tu lis cette phrase, peux-tu remarquer ce en quoi elle apparaît ?

Pourtant, il ne se voit pas comme un objet. Il ne peut pas être saisi. Il est ce en quoi toute saisie apparaît et disparaît.

Prends un instant. Regarde encore. Non pas les choses, non pas ce que les pensées te racontent, mais ce en quoi elles apparaissent et disparaissent. Éveille-toi à ce qui ne peut être trouvé comme un objet, mais sans quoi rien n’est.

Comme il est dit dans la Kena Upanishad : « Ce n’est pas ce que la pensée pense, mais ce par quoi la pensée pense. Tel est le Brahman, et non cela. »

Ce que tu cherches à localiser, c’est ce que tu es déjà, ici, maintenant. Cela n’a ni commencement ni fin.

Que la paix et la joie inhérentes à ta vraie nature se révèlent.

Amor Fati


mercredi 1 avril 2026

Le Vijnana Bhairava Tantra et la voie du sentir

 

La découverte du Vijñāna Bhairava Tantra, il y a près d’une trentaine d’années, m’a véritablement émerveillé. À cette époque, avec mon maître Frédéric Moreau, ostéopathe à Aix-en-Provence, je pratiquais sans le savoir ce que l’on pourrait appeler la voie du sentir. Par son toucher, par sa présence, il m’amenait à entrer en intimité avec des zones de moi-même que j’avais longtemps évitées, des émotions refoulées, des tensions profondément inscrites dans le corps. Il ne s’agissait pas d’analyser, ni de comprendre, mais de sentir, pleinement, sans retrait, jusqu’à ce que quelque chose cède, non par effort, mais par évidence. À la fin de chaque séance, je sentais une transformation radicale, inouïe, et j’étais dans l’incapacité de comprendre ce qui m’arrivait. Je rentrais dans son cabinet avec une charge de frustration, d’impuissance, de souffrance, et j’en ressortais avec une joie irrépressible. C’était comme s’il m’avait vidé de tout ce que je portais, comme un neti neti d’amour, une traversée où toutes mes attentes tombaient d’elles-mêmes. En sa présence, quelque chose en moi se dépouillait sans effort. Et lorsque je sortais, il y avait cette unité immédiate avec tout ce qui apparaissait. Chaque perception était une, sans distance. Je vivais, à chaque sortie de son cabinet, une forme d’éveil à la véritable nature, même si à l’époque je n’aurais jamais utilisé ce mot.


Lorsque j’ai découvert ce texte, et que j’ai vu que des êtres humains avaient formulé cela il y a plus de mille ans en Inde, j’ai ressenti une reconnaissance immédiate. Ce n’était pas une découverte intellectuelle, mais la confirmation d’une intuition déjà bien vivante, d’une profondeur atemporelle.


Car ce texte affirme quelque chose de radical : la libération ne passe pas par le retrait de l’expérience, comme on le propose souvent dans le Jnana Yoga (Yoga de la connaissance où l’on passe de l’identification à « je suis quelqu’un », à la reconnaissance de n’être personne, puis de ce « je ne suis rien » à l’évidence que ce « je suis », pure conscience, prend déjà toute forme), mais en entrant entièrement dans l’expérience, sans distance. Il ne s’agit pas de se détourner de ce qui est vécu, mais d’y entrer sans réserve, jusqu’à ce que la séparation entre celui qui vit et ce qui est vécu se dissolve.


Lorsque cette présence devient complète, il se produit un basculement presque imperceptible. Ce qui était vécu comme une expérience personnelle, avec un centre, une histoire, une identité, se révèle comme une vibration sans propriétaire. L’émotion n’est plus à moi, elle est simplement là comme un mouvement de la vie elle-même. Et dans ce sentir sans distance, quelque chose se simplifie radicalement. La pensée, qui habituellement commente, interprète, juge, perd naturellement sa fonction. Elle peut continuer à apparaître, mais elle n’organise plus l’expérience. Ce qui reste, c’est une forme d’évidence silencieuse, une présence qui n’a pas besoin d’être définie. Mais cela suppose une chose très simple et en même temps extrêmement exigeante dans la vie quotidienne. Cesser de fuir, simplement cesser de fuir.


Car si l’on s’observe avec honnêteté, nous pouvons remarquer que nous fuyons presque en permanence ce qui est ressenti. Non pas forcément en nous distrayant extérieurement, mais beaucoup plus subtilement, en surimposant sur l’expérience une activité mentale continue. Dès qu’une émotion apparaît, le mental vient immédiatement la recouvrir d’étiquettes, de comparaisons, de jugements, de conclusions. Il dit “c’est bien”, “ce n’est pas bien”, “ça ne devrait pas être là”, “ça veut dire ceci”, “ça me rappelle cela”. Et ce mouvement est le plus souvent extrêmement fin, presque invisible. C’est une manière d’éviter la rencontre directe avec ce qui est là.


C’est cette surimposition mentale qui empêche la rencontre et la révélation non duelle. Tant que l’expérience est pensée, elle n’est pas pleinement sentie. On ne peut pas penser et sentir en même temps. Quand on sent, on ne pense pas. Quand on pense, on ne ressent pas. C’est pour cela que sentir est pleinement non duel. Et tant que l’expérience n’est pas pleinement sentie, cette reconnaissance dont parlent les textes du tantrisme shivaïte du Cachemire ne peut avoir lieu.


C’est pour ça que je dis toujours, il y a à chaque instant de la vie une option radicale : soit sentir la vie, soit penser la vie. Plus tu penses la vie, plus tu te sens malheureux et séparé, plus tu sens la vie directement, plus il y a de plénitude, de joie, de paix.


C’est ici qu’intervient une notion centrale de cette tradition, souvent associée au Vijñāna Bhairava Tantra, la pratyabhijñā, que l’on peut traduire par reconnaissance. Cette voie de la reconnaissance a été élaborée de manière magistrale par Abhinavagupta, grand philosophe du shivaïsme du Cachemire, notamment dans son œuvre majeure, le Tantrāloka, et elle a été reprise et synthétisée par son disciple Kshemaraja. Elle désigne la reconnaissance directe de notre véritable nature comme conscience.


Kshemaraja écrit dans le Pratyabhijñāhṛdayam : « La reconnaissance est la prise de conscience de sa propre nature essentielle comme étant la conscience universelle. »


Il ne s’agit pas d’acquérir quelque chose de nouveau, ni d’atteindre un état particulier, mais de reconnaître ce qui est déjà là, ce qui n’a jamais cessé d’être présent, et qui pourtant reste voilé tant que l’on se tient à distance de l’expérience vivante. Lorsque cette distance disparaît, lorsque le sentir est total, la conscience se reconnaît elle-même, non pas comme un objet, mais comme l’évidence même de toute expérience.


C’est, au fond, ce que je partage depuis 1998 en séance de thérapie non duelle. Il s’agit d’accompagner un mouvement à contre-courant de notre réflexe habituel. Car notre intuition ordinaire nous pousse à fuir. Nous avons appris, très tôt, à éviter ce qui dérange. À nous détourner de l’émotion désagréable, à contracter face à la peur, à esquiver la panique, le désespoir, l’impuissance, la tristesse. Nous avons appris à ne pas rester avec la jalousie, la honte, la culpabilité, comme si ces expériences menaçaient ce que nous sommes.


Et pourtant, c’est exactement là que se trouve la porte.


Lorsque l’on ne fuit plus, lorsque l’on accepte de plonger dans l’émotion, non pas pour s’y perdre mais pour la sentir entièrement, quelque chose de très simple et de très profond se révèle. L’émotion cesse d’être un problème à résoudre. Elle devient un passage. Et dans ce passage, la conscience se libère de la grille mentale qui la recouvrait. Elle n’est plus enfermée dans des interprétations, des histoires, des identifications. Elle se reconnaît elle-même comme présence vivante.


Ce qui apparaît alors n’est pas une expérience extraordinaire, mais quelque chose de fondamentalement familier. Une paix qui ne dépend pas des circonstances, une ouverture sans séparation que l’on appelle amour, une absence de manque que l’on reconnaît comme joie.


Et il y a là une beauté particulière dans le fait de partager cela avec un autre être humain. Car ce qui se transforme n’est pas seulement l’émotion, mais la qualité même de la relation à elle. Une colère pleinement sentie ne conduit pas à la dureté, elle s’ouvre en profondeur. Une intensité traversée sans fuite donne naissance à une douceur qui n’est pas fabriquée.


Cette douceur-là ne vient pas d’un évitement, ni d’un contrôle. Elle naît de la traversée, d’une colère transmuée, et elle a une densité, une vérité et une humanité qui ne peuvent pas être imitées.


Et c’est peut-être là l’un des paradoxes les plus étonnants. L’une des philosophies les plus complètes et les plus subtiles jamais élaborées sur la nature de la conscience, celle du shivaïsme du Cachemire, celle d’Abhinavagupta, du Tantrāloka, de la pratyabhijñā, nous ramène finalement à quelque chose d’une simplicité désarmante : sentir directement, sans détour, sans commentaire.


Comme si toute cette élaboration, toute cette finesse conceptuelle, n’avait pour fonction que de nous reconduire à l’évidence la plus immédiate.


Et en même temps, il n’est pas nécessaire d’avoir lu le Tantrāloka, ni de connaître la philosophie de la reconnaissance, pour que cela soit goûté. 


Car sentir est déjà là, toujours déjà là.


Et c’est peut-être cela, le plus grand renversement : ce que les plus grands textes de non dualité pointent avec une extrême précision est, en réalité, immédiatement accessible à chacun, dans l’instant même où il cesse de fuir et commence simplement à sentir.


Sur la paix et l’amour règnent en toi et autour de toi. 


Amor Fati 

jeudi 26 mars 2026

La voie du sentir



 « Quand une douleur aiguë est ressentie, comme celle d’une piqûre ou d’une brûlure, si l’on fixe pleinement l’attention sur cette sensation, sans la fuir ni la nommer, alors l’esprit se dissout, et l’on entre dans la nature de Bhairava. »

« Au moment d’une douleur intense,

en y demeurant totalement absorbé,

la conscience se libère des constructions mentales

et révèle son essence. »


Vijñāna Bhairava Tantra (verset 73) :


« Lors d’une douleur vive, comme celle d’une pointe ou d’une brûlure, là où se dirige l’attention, qu’en ce point même soit reconnue la réalité de Bhairava. »


Ainsi on peut “prendre appui” sur toute sensation ou émotion, sentiment de séparation souffrance… pour redécouvrir le bonheur de notre vraie nature. Le Vijnana Bhairava Tantra et la voie du sentir telle qu’elle m’a été enseignée par Frédéric Moreau m’enseignent  que en y demeurant totalement absorbé, la conscience se libère des constructions mentales et révèle son essence qui est paix (absence  d’agitation), joie sans objet ou complétude (absence de manque), amour ou intimité (absence de séparation).


Le terme « Bhairava » ne désigne pas ici une divinité extérieure, mais la conscience absolue, la réalité ultime, reconnue directement dans l’expérience même, ta véritable nature sans détour. 


Sentir est non duel. Car tu ne peux sentir et penser en même temps. 


Belles investigations à toi 


Amor Fati