Feel it !




Paroles et musique de Dan Speerschneider
un album pour célébrer la vie ;-)

mercredi 11 février 2026

Le véritable miracle



 Je crois que chaque être humain, au moins une fois dans sa vie, s’est émerveillé du simple fait d’être conscient. Il y a ce moment très simple où l’on réalise soudain : je suis … et je sais que je suis. Notre civilisation ne nie pas cet émerveillement. Par contre, elle affirme, sans jamais avoir pu le pouvoir le prouver, que la conscience serait un épiphénomène, un effet secondaire de l’activité du cerveau, un produit tardif de l’évolution de la matière depuis le Big Bang jusqu’à la complexification extrême des réseaux neuronaux des cerveaux humains.

Selon le modèle dominant, la matière serait dinc première, la vie en aurait émergé, puis le cerveau se serait complexifié, et la conscience serait apparue comme une propriété dérivée de cette complexité. et Dieu sait combien l’homme a cherché la conscience dans le cerveau, combien il l’a disséqué, mesuré, stimulé, cartographié. Les scientifiques n’ont pas peur du ridicule, ni même parfois de commettre des atrocités au nom de la connaissance, et pourtant personne n’a jamais trouvé la conscience comme un objet localisable. On observe des corrélations, jamais la conscience elle-même comme chose.

Et surtout, on ne pourra jamais vérifier que la conscience émerge de la matière. En revanche, dans l’expérience directe, on peut constater que toute idée de matière apparaît dans la conscience. Tout ce que tu sais du Big Bang, tout ce que tu comprends des neurosciences, toutes les théories les plus sophistiquées et les plus logiques formelles apparaissent dans ce champ simple et immédiat : être conscient.

La conscience n’est pas une conclusion, elle est la même de toute condition de toute conclusion.

Le plus beau jour de ma vie c’est quand je me suis dit que « peut-être que le véritable miracle n’est pas que la conscience ait émergé un jour de l’univers, mais que l’univers, tel qu’il est connu, émerge dans la conscience, ici et maintenant ? »

Cette inversion fondamentale qui représente un changement radical de paradigme, n’est pas un simple jeu mental ou metaphysique pour se gausser de brillants concepts. Si la conscience est vraiment secondaire, il ne résulte que nous ne sommes que des fragments isolés dans un monde qui est extérieur à nous. Nous sommes réduits à un être un simple corps mental limité et soumis en permanence à deux grandes peurs : la peur du manque et la peur de mourir.   Par contre, si la conscience est première, cette illusion de séparation tombe. Et, comme toutes nos souffrances, et la plupart des conflits que nous entretenons les uns avec les autres et avec la nature et le monde, viennent de cette ignorance de qui nous sommes, cela change totalement la donne pour l’humain, pour l’humanité, et aussi pour le monde lui-même, ainsi que pour toutes les espèces qui sont en danger du fait même de cette méconnaissance.

Avant toute théorie, avant toute croyance, avant tout narratif à propos du monde, des autres, de ce que dit la science « physicaliste » comme dirait mon ami impersonnel Bernardo Kastrup, ou à propos de ma petite personne, il y a inexorablement ce fait simple que chaque UN d’entre nous pouvons reconnaître : être conscient. Et cette conscience consciente d’être conscience, c’est Toi, ce que Tu es ultimement, ici et maintenant. 

On se retrouve dimanche 15 février à 19h30 pour le Satsang chez moi ET par zoom (gratuit, no de réunion 830 899 8788) pour s’émerveiller ensemble d’être le même Rien du Tout, l’unique Sans Forme prenant tout forme sans jamais cesser d’être ultimement le Sans Forme. 


lundi 9 février 2026

La Présence c’est Toi

 


Il y a une Présence qui ne s’oppose jamais à rien. Elle ne lutte pas, ne tranche pas, ne choisit pas. Elle n’a pas besoin d’exclure pour être. Elle est là comme le ciel est là, sans opinion sur les nuages qui le traversent. Ce qui surgit en elle n’est jamais pour Elle un problème à résoudre. La joie y passe sans être retenue, la peine sans être repoussée. Même la résistance y est admise, même le refus d’accueillir y trouve sa place. 


C’est Toi. 


Cette Présence ne dit jamais oui contre un non. Elle accueille le oui et le non dans une meme ouverture. Elle ne privilégie pas la lumière contre l’ombre. Elle connaît l’intimité du rire comme celle des larmes. Les pensées passent sans être suivies, les émotions apparaissent sans susciter ni narratifs ni dramaturgie, les sensations se déploient sans être jugées. Tout peut venir, rien n’a besoin de rester, et pourtant rien n’est chassé. 


C’est Toi. 


Quand quelque chose se contracte, elle ne cherche pas à détendre. Quand la peur apparaît, elle ne la combat pas. Elle ne corrige pas l’expérience, elle la laisse être ce qu’elle est. C’est précisément cette absence d’opposition qui devient paix. Non pas une paix  qui pourrait naître d’une quelconque intention - et Dieu sait combien l’enfer est pavé de bonnes intentions - mais une paix déjà là avant toute tentative de pacification. 


C’est Toi. 


On croit parfois que l’inclusion est un effort, une posture morale ou une sorte de décision intérieure. Mais ici, il n’y a aucun effort. L’inclusion est naturelle, spontanée, comme la mer qui reçoit aussi bien les rivières calmes et pures que les torrents boueux. Elle ne se demande pas si ce qui arrive mérite d’être là. Elle est l’espace même où la question ne se pose plus. 


C’est Toi. 


Dans cette Présence, rien n’est à améliorer pour être digne d’exister. La fatigue, l’élan, le doute, la clarté, le désespoir, les crises de panique, la colère, l’amour, la confusion, tout est reçu dans la même tranquille équanimité. Et c’est peut être cela le plus déroutant. Ce qui inclut tout n’a jamais eu besoin de se protéger de quoi que ce soit. 


C’est Toi.


Quand cette Présence se reconnaît Elle-meme, quand Tu te reconnais être celle, même fugitivement, Tu découvres qu’elle n’est pas quelque chose que quelqu’un pourrait « posséder ». C’est ce dans quoi tout se déploie déjà. La

Présence ne s’oppose à rien parce qu’il n’y a rien en dehors d’elle. Et dans cette évidence douce, sans commentaire, la vie peut enfin danser avec fluidité. 


C’est Toi. 


C’est pour cela que l’on dit que la Présence est omnipotente, parce que tout dépend d’elle et qu’elle ne dépend de rien. Rien ne peut apparaître sans elle, et pourtant elle n’a besoin de rien pour être ce qu’elle est. Elle ne fait rien, et tout se fait en elle.


On dit aussi qu’elle est omnisciente, non pas parce qu’elle saurait des choses, mais parce qu’elle est consciente de tout. Et ce dont elle est consciente n’est pas conscient par soi même. Les pensées apparaissent, les sensations apparaissent, les émotions apparaissent, mais elles ne se connaissent pas elles mêmes. Ce qui connaît est toujours déjà là, silencieux, antérieur à toute expérience.


Elle est dite omniprésente, parce qu’elle est toujours présente, alors que tout ce qui apparaît en elle est éphémère. Les formes vont et viennent, les états changent, les histoires se transforment, mais la Présence qui les accueille ne s’absente jamais. Elle est là au début, au milieu et à la fin de chaque expérience.


Je la qualifierais également cette Présence de omni-imprégnante. Pourquoi ? Parce que tout apparaît à zéro distance d’elle. Du coup, forcément, tout est ultimement fait d’Elle. Dans l’expérience il n’y a aucune séparation réelle. La question « quelle est la distance entre la vague et l’eau ? » dissout toute croyance et impression de distance entre la conscience et ce qui apparaît en Elle. 

Toutes les vagues sont faites d’eau, mais l’eau n’est pas faite de vagues. Les formes ne sont que des expressions passagères de ce qui demeure sans forme. Ainsi je peux dire que la Présence est le Sans Forme qui semble prendre toute forme sans jamais cesser d’être Elle-même. 


De cette reconnaissance ne naît une détente. De cette évidence surgissent naturellement la paix, la joie, l’amour et la liberté. 


Et c’est de toi dont il est question. C’est de Toi dont on parle. Toi, ce que tu es vraiment. Ici la Conscience « parle à Elle-même ». 


C’est pour cela qu’il est dit  dans la Chandogya Upanishad : « Tat tvam asi» qui signifie « Cela Tu l’es ».


Amor Fati 


samedi 7 février 2026

L’attente sans attente


Ramana Maharshi, disait à juste titre que le seul empêchement à réaliser le Soi était la croyance que je ne suis pas déjà le Soi. Malheureusement, la croyance de n’être pas déjà le Soi ne se manifeste pas comme un écrit sur une banderole traînée par un avion derrière lui et que l’on voit parfois sur la plage l’été. La croyance de n’être pas le déjà le Soi manifeste de mille et une façons grossières et subtiles et dans une multitude d’états d’être, de gestes, d’actions, de pensées et de façon de percevoir le monde d’entrer en relation avec les autres. La croyance de n’être pas déjà le Soi est reliée à une multitude d’arborescences de croyances sous-jacentes, qui disent d’une façon ou d’une autre, que le bonheur se trouve plus tard que maintenant et ailleurs qu’ici. 
L’attente est le poison.
 J’ai essayé de le formuler dans un poème nommé « Attente sans attente » en l’honneur de la formulation de Jean Klein. Il se trouve par le lien : https://www.bonjourpoesie.fr/vospoemes/poemes/dan_speerschneider/attente_sans_attente

Extrait du poème :

«  L’attente sans attente est une dérive joyeuse 
Dans l'azur sans songes.
Pendant ce temps, sur l’océan de nos incertitudes, 
Un vaisseau fantôme avec sa cargaison de rêves,
Dérive.
Lorsqu’une voix crie « terre », une autre, plus triomphante 
Encore, gronde en écho : "Fata Morgana".
L’espoir est le sel de l’eau des assoiffés.
L'attente, captieuse comme un poison sucré.
L’écheveau du désir, 
Pur,
Comme un ciel de cyanure. »


Dès qu’il y a attente de paix, ce qui apparaît et n’est pas paisible est vécu comme un obstacle.

Dès qu’il y a attente de joie, tout ce qui ne correspond pas à cette joie semble manquer ou gêner.

Dès qu’il y a attente d’amour, la moindre distance, le moindre silence de l’autre est perçu comme une absence.

Dès qu’il y a attente de bien-être, l’inconfort devient un problème à résoudre.

Dès qu’il y a attente de santé, le corps est regardé comme un ennemi potentiel.

Dès qu’il y a attente d’éveil, tout ce qui est ordinaire paraît insuffisant.

L’attente n’est jamais neutre. Elle crée une tension subtile,

une orientation vers autre chose que ce qui est là. età partir de cette attente, tout ce qui ne correspond pas à l’image attendue est vécu comme contraire, comme une résistance, comme un empêchement.

À l’inverse, lorsqu’il n’y a plus d’attente particulière, ce qui apparaît n’a plus besoin d’être comparé. Il n’y a plus à défendre un état, ni à atteindre un autre.

La contraction se relâche alors d’elle-même, non parce que tout devient conforme, mais parce qu’il n’y a plus d’exigence face à la vie telle qu’elle se présente.

L’attente crée un écart imaginaire entre ce qui se présente et ce qui devrait être. Cet écart n’existe pas dans le réel, il est entièrement fabriqué par la pensée, et pourtant il est vécu comme très réel. À partir de cet écart naît une tension subtile mais constante. On peut l’appeler résistance, ego ou souffrance, peu importe le mot, il s’agit toujours de la même contraction intérieure face à ce qui est. Cette tension engendre un sentiment de manque, et le manque nourrit la peur. Peur de ne pas avoir ce qu’il faudrait, peur de ne pas être à la hauteur, peur de perdre ce qui semble nécessaire à l’équilibre et à la sécurité.

À partir de là, les conflits apparaissent presque inévitablement. D’abord avec soi, puis avec les autres, et finalement avec la vie telle qu’elle se présente. Lorsqu’il y a l’impression qu’il manque quelque chose, il faut bien le trouver quelque part. Alors naissent les stratégies conscientes ou inconscientes, les comparaisons, les rivalités, les tentatives de se rassurer en prenant, en contrôlant, en accumulant. Cela peut prendre des formes très visibles ou au contraire très subtiles, dans les relations affectives, dans la quête d’amour, dans le besoin de reconnaissance, dans le pouvoir, dans l’argent ou dans l’accumulation d’expériences.

Rien de tout cela ne vient de la vie elle-même. Tout cela naît de cette attente première, de cette idée profondément ancrée qu’autre chose devrait être là à la place de ce qui se présente maintenant. Tant que cette attente n’est pas vue, la tension se maintient, même si les circonstances extérieures changent. Mais lorsque cette attente est simplement reconnue pour ce qu’elle est, sans être combattue ni justifiée, quelque chose se relâche naturellement. Non parce que la vie devient soudain conforme à un idéal, mais parce qu’il n’y a plus d’écart imaginaire à combler.

Dans cette absence d’écart, la paix, la joie, l’amour ou la liberté ne sont plus des objectifs à atteindre ni des états à maintenir. Ils apparaissent comme des qualités naturelles de l’expérience lorsque rien ne s’oppose à ce qui est. Il ne s’agit pas d’ajouter quelque chose à la vie, mais de cesser de lui demander d’être autre que ce qu’elle est déjà.

C’est pourquoi Mon invitation à redécouvrir, notre vrai, Nature passe souvent par une invitation à voir tout ce qui en nous attend quelque chose d’autre, de mieux, le plus grand de plus beau plus tard que maintenant et ailleurs qu’ici. Repérer nos attentes inconsciente, souvent implicits qui prolifèrent allègrement dans l’ombre de nos habitudes, nous illumine. En Anglais le mot enlightenment se traduit en francais par le mot illumination mais a un double sens : Light signifie à la fois lumière et légèreté en anglais. Ainsi, voir notre attente éclaire et nous allége d’illusions inutiles. 

Vivre sans pourquoi et sans attente est l’invitation ultime de la Vie afin qu’elle se reconnaisse Elle-même. 




Dès qu’il y a attente de paix,

ce qui apparaît et n’est pas paisible est vécu comme un obstacle.


Dès qu’il y a attente de joie,

tout ce qui ne correspond pas à cette joie semble manquer ou gêner.


Dès qu’il y a attente d’amour,

la moindre distance, le moindre silence de l’autre est perçu comme une absence.


Dès qu’il y a attente de bien-être,

l’inconfort devient un problème à résoudre.


Dès qu’il y a attente de santé,

le corps est regardé comme un ennemi potentiel.


Dès qu’il y a attente d’éveil,

tout ce qui est ordinaire paraît insuffisant.


L’attente n’est jamais neutre.

Elle crée une tension subtile,

une orientation vers autre chose que ce qui est là.


Et à partir de cette attente,

tout ce qui ne correspond pas à l’image attendue

est vécu comme contraire,

comme une résistance,

comme un empêchement.


À l’inverse,

lorsqu’il n’y a plus d’attente particulière,

ce qui apparaît n’a plus besoin d’être comparé.

Il n’y a plus à défendre un état,

ni à atteindre un autre.


La contraction se relâche alors d’elle-même,

non parce que tout devient conforme,

mais parce qu’il n’y a plus d’exigence face à la vie telle qu’elle se présente.



L’attente crée un écart imaginaire entre ce qui se présente et ce qui devrait être.

Cet écart n’existe pas dans le réel, il est fabriqué par la pensée.

Mais il est vécu comme très réel.


De cet écart naît une tension.

On l’appelle résistance.

On l’appelle ego.

On l’appelle souffrance.


Cette tension engendre un sentiment de manque.

Et le manque fait grandir la peur.

Peur de ne pas avoir,

peur de ne pas être,

peur de perdre ce qui semble nécessaire à notre équilibre.


À partir de là, les conflits apparaissent presque inévitablement.

Avec soi.

Avec les autres.

Avec la vie telle qu’elle est.


Car lorsque quelque chose semble manquer,

il faut bien le prendre quelque part.

Alors naissent les stratégies,

les comparaisons,

les rivalités,

les formes de prédation, parfois subtiles, parfois grossières,

dans les relations, dans l’amour, dans le pouvoir, dans l’accumulation.


Tout cela ne vient pas de la vie elle-même,

mais de cette attente première,

de cette idée qu’autre chose devrait être là

à la place de ce qui se présente.


Lorsque cette attente est vue pour ce qu’elle est,

non combattue mais reconnue,

la tension se relâche.

Non parce que tout devient conforme à un idéal,

mais parce qu’il n’y a plus d’écart à combler.


Et dans cette absence d’écart,

la paix, la joie, l’amour ou la liberté

ne sont plus des objectifs à atteindre,

mais ce qui affleure naturellement

quand rien ne s’oppose à ce qui est.