Feel it !




Paroles et musique de Dan Speerschneider
un album pour célébrer la vie ;-)

vendredi 12 juin 2026

Retrouver la confiance

 

On me demande parfois quel est le but de ce non-enseignement que je partage depuis tant d’années. La réponse est finalement très simple. Il s’agit de retrouver confiance. Mais pas la confiance telle qu’on nous l’enseigne habituellement. Pendant longtemps, on nous apprend à avoir confiance dans nos compétences, dans notre intelligence, dans nos diplômes, dans notre capacité à prévoir, à contrôler ou à réussir. J’ai moi-même étudié à Sciences Po Paris dans une autre vie et, comme beaucoup, j’ai appris à faire confiance à la pensée, à l’analyse, aux stratégies et aux projets. Tout cela a probablement une forme d’utilité. Mais cela conforte évidemment le sentiment d’être au contrôle et d’être séparé. 

Mais la vie finit toujours par nous confronter à des situations où aucune stratégie ne suffit. La maladie. la séparation, l’échec, la vieillesse et la mort. Et c’est malheureusement souvent et seulement dans ces moments-là qu’une autre forme de confiance devient possible.

Je parle d’une confiance qui ne dépend plus des circonstances. Une confiance qui ne dépend plus de notre réussite ou de notre échec. Une confiance qui ne dépend même plus de notre capacité à comprendre. Ce que je propose à travers ce non-enseignement est simplement une invitation à découvrir qu’il existe en chacun de nous une ressource inestimable. Un espace de paix qui n’est pas produit par les circonstances. Un espace d’accueil capable de recevoir aussi bien la joie que la tristesse, la peur que l’amour. Un espace qui ne manque de rien. Un espace qui est déjà là. Toujours là, omniprésent. 

Le but n’est pas de croire cela. Le but est de le vérifier. Et aussi étrange que cela puisse paraître c’est facilement vérifiable pour tout un chacun à condition d’avoir la bonne volonté de tout remettre en question. C’est pourquoi je ne propose pas une croyance supplémentaire. Je propose une enquête ou plutôt une exploration. J’invite à une expérimentation directe. La vision sans tête de Douglas Harding, l’investigation du Soi, le neti neti de l’Advaita. Toutes ces clés non duelles ouvrent sur la redécouverte d’un espace de non-savoir au-delà de tous nos pourquoi. 
La voie du sentir inspirée du Shivaïsme du Cachemire, et de l’enseignement direct de mon maître Frédéric Moreau, l’attention silencieuse, la gratitude et l’abandon, la contemplation, et même le toucher ou le darshan silencieux. Tous ces chemins sont différents. Mais ils pointent vers la même réalité.
Au fond, peu importe la porte d’entrée. Ce qui compte, c’est la découverte directe. La découverte qu’au cœur même de notre expérience existe une présence qui n’a pas besoin d’être améliorée pour être complète. Une présence qui demeure lorsque les pensées changent. Une présence qui demeure lorsque les émotions changent. Une présence qui demeure lorsque les circonstances changent. Si je souhaite transmettre quelque chose, ce n’est donc pas une doctrine. Ce n’est pas un système de pensée. C’est une confiance.

La confiance que chacun peut vérifier par lui-même ce qu’il est réellement. La confiance qu’il existe en chacun de nous une paix plus profonde que nos peurs, une intelligence plus vaste que nos croyances, un amour plus grand que notre sentiment de séparation. Et que cette découverte est disponible ici et maintenant. Il est d’ailleurs amusant de remarquer que le mot confiance possède un voisin très proche avec lequel il rime presque parfaitement : conscience. Peut-être n’est-ce pas un hasard ?
Car la véritable confiance ne naît pas de la maîtrise des circonstances. Elle apparaît lorsque nous redécouvrons notre véritable nature de conscience, cette présence infinie, ouverte, et atemporelle qui demeure présente au cœur de toutes les expériences. Finalement, avoir confiance pourrait bien signifier, tout simplement, avoir conscience de ce que nous sommes réellement.

Amor Fati.

Quelques erreurs pédagogiques dans l’enseignement non duel

 


Il existe dans certains milieux spirituels une tendance à vouloir transmettre une vérité avant que l’autre ne soit en mesure de la découvrir par lui-même. On entend parfois affirmer que la personne séparée n’existe pas, que le libre arbitre est une illusion ou encore que la souffrance est irréelle. Ces affirmations peuvent être pertinentes d’un point de vue non duel ultime. Pourtant, lorsqu’elles sont adressées à quelqu’un qui se vit encore comme une personne distincte, elles produisent parfois l’effet inverse de celui recherché.

De la même façon qu’il serait généralement contre-productif d’expliquer à quelqu’un qu’il ne dispose d’aucun libre arbitre alors qu’il se sent profondément être l’auteur de ses pensées et de ses décisions, il est rarement utile de lui dire que sa souffrance est illusoire. Une telle affirmation risque surtout de générer une résistance, une incompréhension ou même un sentiment de rejet. Celui qui souffre n’entend pas alors une invitation à l’investigation. Il entend que sa douleur est niée.


Les psychologues connaissent bien le phénomène de la double contrainte. Gregory Bateson a montré qu’une personne placée devant deux messages contradictoires se retrouve dans une impasse psychologique. Or c’est parfois exactement ce qui se produit dans certains discours spirituels. D’un côté, on invite quelqu’un à accueillir sincèrement ce qu’il ressent. De l’autre, on lui explique que ce qu’il ressent n’est pas réel. D’un côté, on lui demande d’être authentique avec son expérience. De l’autre, on lui suggère que cette expérience n’a aucune valeur.


Comment une véritable exploration pourrait-elle avoir lieu dans ces conditions ?


La souffrance doit d’abord être reconnue avant que sa nature puisse être investiguée. Tant qu’une blessure demande à être entendue, tenter de la nier revient souvent à la renforcer.


Tous les grands enseignants ont compris qu’il s’agit de partir de l’expérience directe. Ils ne cherchent pas à remplacer une croyance par une autre. Ils invitent à voir et à vérifier par soi-même. 


Ramana Maharshi ne demandait pas à ses visiteurs de croire qu’ils étaient le Soi. Il leur proposait d’investiguer celui qui prétendait être une personne.


Douglas Harding ne demandait pas de croire à la vision sans tête. Il invitait chacun à vérifier ce qui se trouvait réellement au-dessus de ses épaules.


Krishnamurti ne proposait aucune doctrine particulière. Il invitait simplement à observer le mouvement de la pensée.


Et Huang Po résume admirablement cette attitude lorsqu’il écrit : « Le sage s’appuie sur ce qu’il voit, l’ignorant s’appuie sur ce qu’il croit. Vois les choses telles qu’elles sont et ne te préoccupes pas des autres. »


Tout est là.


La spiritualité authentique ne consiste pas à adopter de nouvelles croyances. Elle consiste à regarder directement.


Regarder les pensées qui apparaissent et disparaissent. Regarder les émotions qui apparaissent et disparaissent. Regarder les sensations corporelles qui apparaissent et disparaissent. Puis se demander ce qui demeure lorsque tout ce qui apparaît est reconnu comme transitoire.


Lorsqu’une personne commence réellement à observer son expérience, certaines compréhensions apparaissent spontanément. Elle découvre que les pensées surgissent sans qu’elle les choisisse. Elle remarque que les décisions semblent souvent émerger avant qu’un prétendu décideur ne les revendique. Elle constate que ce personnage auquel elle s’identifiait est davantage une histoire racontée après coup qu’une réalité directement observable ici maintenant.


Mais ces découvertes ont alors une saveur totalement différente. Elles ne sont plus des concepts. Elles ne sont plus des croyances. Elles deviennent une évidence vécue.


C’est pourquoi il n’est généralement pas nécessaire d’affirmer à quelqu’un que le libre arbitre est illusoire ou que la personne séparée n’existe pas. Si l’investigation est sincère, ces conclusions apparaîtront naturellement, comme les fruits mûrs d’une observation honnête.


La vérité n’a pas besoin d’être imposée. Elle ne peut que s’imposer d’Elle-même. Elle se révèle lorsque l’attention cesse de courir vers les croyances et revient simplement à l’évidence de l’expérience présente.


Comme le rappelle Huang Po, le sage s’appuie sur ce qu’il voit. Et voir est toujours plus transformateur que croire.


Amor Fati.

vendredi 5 juin 2026

Une prière non duelle


Que serait donc une prière non duelle ?

Une prière non duelle ne saurait évidemment être une demande que quelque chose change mais une simple  invitation à reconnaître ce qui est déjà pleinement présent, reconnaître le miracle de l’être, le miracle inouï d’être cet être en train d’être, ici maintenant. 

Henri Le Saux a rapporté cette prière tamoule  attribuée à Sri Gnânânanda : 

« O Toi qui es venu dans le fond de mon coeur,

donne-moi d’être attentif seulement

à ce fond de mon coeur !

O Toi qui es mon hôte dans le fond de mon coeur,

donne-moi de pénétrer moi-même

dans ce fond de mon coeur !

O Toi qui es chez Toi dans le fond de mon coeur,

donne-moi de m’asseoir en paix

dans ce fond de mon coeur !

O Toi qui seul habites dans le fond de mon coeur

donne-moi de plonger et de me perdre

en ce fond du fond de mon coeur !

O Toi qui es tout seul dans le fond de mon coeur

donne-moi de disparaître en Toi,

dans le fond de mon coeur ! »

Le phishing de l’attente


Chaque fois que tu désires quelque chose, que tu attends quelque chose, que tu espères qu’un événement, une rencontre, une compréhension ou une expérience puisse t’apporter davantage de paix, de joie ou d’amour, il peut être utile de reconnaître que ce mouvement fonctionne souvent comme un leurre. La quête d’un mieux être pour plus tard ressemble parfois à une forme de hameçonnage intérieur : elle attire l’attention ailleurs, plus tard, autrement, et éloigne insidieusement d’une reconnaissance très simple, celle que ce bonheur recherché est peut-être déjà ici.

Le bonheur que tu cherches n’est peut-être pas au bout de l’attente. Il est peut-être l’espace même dans lequel cette attente apparaît. L’attente semble momentanément avoir le pouvoir de le voiler, comme un nuage semble cacher le ciel sans jamais l’endommager.

Alors, chaque fois que le mental propose une nouvelle direction : encore un peu plus de paix, encore un peu plus d’amour, encore un peu plus de liberté, regarde le mécanisme avec douceur. Reconnais le procédé. Et ne clique pas automatiquement sur le lien proposé, car prendre une direction quelconque ne serait, in fine, qu’un douloureux éloignement, qu’une énième procrastination.


Observe plutôt ceci : qu’est ce qui connaît cette attente ? Dans quel espace apparaît ce désir de devenir autre chose, ailleurs, plus tard ?


La tentative de phishing apparaît dans quelque chose qui, lui, ne manque déjà de rien. Cet espace conscient, ouvert, disponible à cette seconde même, possède déjà la liberté recherchée : la simple liberté d’être.


Amor Fati.


lundi 1 juin 2026

Du dehors vers le dedans

 


Saint Augustin écrit dans les Confessions : « Les hommes vont admirer les cimes des montagnes, les vagues énormes de la mer, les larges cours des fleuves, l’immensité de l’océan, la course des astres, et ils se détournent d’eux-mêmes. » (Confessions, Livre X, chapitre 8). Cette phrase pourrait presque résumer toute l’aventure humaine. Nous sommes fascinés par ce qui bouge, ce qui brille, ce qui promet, ce qui change. Nous tournons notre attention vers les objets, vers le monde, vers les autres, vers nos pensées elles-mêmes, sans toujours remarquer ce dans quoi tout cela apparaît.


Quelques chapitres plus loin, Augustin nous invite pourtant à un retournement beaucoup plus radical : « Ne va pas au-dehors, rentre en toi-même ; c’est dans l’homme intérieur qu’habite la vérité. » (De vera religione, XXXIX, 72). Il ne parle pas ici d’introspection psychologique. Il ne parle pas davantage d’un enfermement sur soi. Il pointe vers un déplacement de l’attention, vers ce qui est plus intime que nos pensées, plus proche que notre histoire, plus fondamental même que l’image que nous avons de nous-mêmes.

Ce mouvement du dehors vers le dedans traverse presque toutes les traditions contemplatives. Il ne s’agit pas de devenir quelqu’un d’autre. Il ne s’agit pas d’accumuler davantage de croyances. Il s’agit plutôt de retourner le regard. De découvrir ce qui regarde déjà.

Dans la Kena Upanishad, il est dit : « Ce n’est pas ce que l’œil voit, mais ce par quoi l’œil voit. Sache que cela est Brahman, et non ce que les gens adorent ici. » L’invitation est d’une simplicité déconcertante. Nous passons notre vie fascinés par ce qui est perçu. Plus rarement par cela grâce à quoi toute perception est possible.

La Katha Upanishad formule ce retournement avec une image magnifique : « Le Créateur perça les sens vers l’extérieur ; c’est pourquoi l’homme regarde au-dehors et non au-dedans de lui-même. Quelque sage, désireux de l’immortalité, détourna son regard et vit le Soi intérieur. » Le diagnostic est ancien et toujours actuel. Les sens courent vers le monde. L’attention se disperse. Puis, parfois, quelque chose se retourne.

Dans la tradition chrétienne, le mouvement est identique. Dans l’Évangile de Thomas, Jésus dit : « Le Royaume est à l’intérieur de vous et il est à l’extérieur de vous. Quand vous vous connaîtrez vous-mêmes, alors vous serez connus. » (Logion 3). Le Royaume n’est pas remis à plus tard. Il n’est pas situé ailleurs. Il est déjà ce dans quoi apparaissent ces mots, cette lecture, cette respiration.

Jean Tauler parle souvent du retour au fond de l’âme, à cette profondeur oubliée sous les préoccupations incessantes. Pour lui, l’être humain se disperse dans la multiplicité puis découvre un jour qu’il existe un fond silencieux qui n’a jamais été quitté. Maître Eckhart, lui, pousse encore plus loin cette intuition lorsqu’il écrit : « Il y a dans l’âme quelque chose qui est incréé et incréable. » Ou encore : « L’œil avec lequel je vois Dieu est le même œil avec lequel Dieu me voit. » Le retournement devient alors complet. Celui qui cherche et ce qui est cherché commencent à perdre leurs frontières.

Douglas Harding, avec son sens inné du maniement du paradoxe, formulait cela de façon très explicite et admirable (Quel génie…) : « Vous n’êtes pas ici ce que vous paraissez être là-bas. » Là-bas, dans les souvenirs, là-bas dans le miroir, dans les photographies, dans les récits, dans les pensées des autres, apparaît une personne. Une histoire. Un âge. Un caractère. Une identité. Quelqu’un que le monde semble regarder, nommer, définir.

Mais ici, à l’endroit d’où vous regardez maintenant, qu’y a-t-il réellement ?  Une tête ? Une personne ?Une limite  ? Ou bien cet espace transparent, conscient, ouvert, accueillant et accessible 24h/24 7j/7 dans lequel le monde apparaît ?

Douglas Harding nous invite précisément à cette expérience extraordinairement simple : cesser momentanément de regarder seulement ce qui apparaît pour revenir vers l’endroit d’où cela apparaît. Alors quelque chose d’étrange peut être découvert. Ici où l’on croyait trouver quelqu’un, il y a peut-être surtout de l’espace. Ici où l’on croyait trouver une identité fixe, il y a peut-être cette ouverture consciente sans forme précise qui accueille les sons, les sensations, les pensées et le monde entier.

Peut-être que tout le chemin spirituel tient dans ce déplacement de l’attention. Vers la source elle-même. Vers ce fond du cœur dont parlent les mystiques. Vers cette présence qui précède les récits sur soi. Puis découvrir quelque chose d’encore plus étrange : ce dedans vers lequel nous revenons n’est pas personnel. Ce n’est pas un petit espace privé enfermé dans un corps. C’est cet espace conscient, plus intime que l’intime et pourtant impersonnel, déjà présent avant les pensées, avant les identités, avant les croyances.

Le satsang commence exactement là où le secret ouvert se redécouvre, où l’attention se relâche dans sa propre source silencieuse. 

Où ça ? Ici… Dans ce qui perçoit tout ceci y compris ce texte et ses mots et cette page blanche ou écran de téléphone ou d’ordinateur. 

Le satsang, c’est maintenant. Le satsang a lieu en toi. Le satsang, c’est toi. Il apparaît en toi, il est connu par toi et il est fait de toi.

AMOR FATI


Ce corps imaginaire que nous passons notre vie à défendre

Pendant longtemps, nous avons appris à nous définir à travers le corps et à travers l’image que le miroir, les autres et nos propres pensées nous renvoient de lui. Je suis grand ou petit, séduisant ou banal, jeune ou vieillissant, en bonne santé ou malade, fort ou fragile. Puis un jour peut apparaître une question étrange, presque déstabilisante : suis-je le corps, ou bien le corps apparaît-il dans cette conscience qui connaît chacune de ses sensations, chacun de ses changements et chacune de ses limites ?

Car dès l’instant où l’on se croit exclusivement corps, la peur s’installe presque naturellement. Peur de perdre, peur de manquer, peur d’être abandonné, peur de vieillir, peur d’être diminué, peur de mourir. Le mental devient alors un gardien épuisé qui surveille sans relâche ce qu’il croit être sa seule demeure, son unique territoire, son identité entière.

Ramana Maharshi disait : « Vous imposez des limites à votre vraie nature d’Être infini, puis vous pleurez d’être limité. » (Talks with Sri Ramana Maharshi, entretien 25)

Alors une grande partie de nos pensées se transforme en stratégies de protection. Il faut réussir davantage, contrôler davantage, séduire davantage, éviter davantage, prévoir davantage. Pourtant, malgré toute cette activité intérieure, quelque chose demeure inquiet, car ce qui cherche désespérément la sécurité se sait, au fond, fragile et temporaire.

Il existe souvent une forme de violence silencieuse dans notre relation au corps. Nous prenons un organisme vivant, respirant, sensible, traversé d’intelligence biologique, et nous lui imposons des exigences incessantes. Tu devrais être plus beau, plus mince, plus jeune, plus performant, plus calme, plus attirant, plus fort, plus spirituel. Nous comparons sans cesse ce corps vivant à une image mentale fabriquée, puis nous souffrons qu’il ne corresponde pas à cette fiction.

Le corps, lui, continue pourtant son mouvement silencieux. Il respire, digère, chante, pleure, désire, récupère, se fatigue, se répare, sans attendre l’autorisation du mental. Il n’a pas lu les commentaires intérieurs sur son apparence, son âge ou ses performances. Il continue simplement à participer à la danse de la vie, tandis que nous passons parfois davantage de temps à penser le corps qu’à l’habiter réellement.


Jean Klein rappelait souvent que la souffrance vient moins de la sensation elle-même que du commentaire ajouté à la sensation. C’est ce que j’appelle la « double peine ». Une tension dans le ventre devient immédiatement « mon problème ». Une fatigue devient « quelque chose ne va pas chez moi ». Une douleur devient une histoire, une projection, parfois même une identité. Peu à peu, nous habitons davantage les commentaires sur l’expérience que l’expérience elle-même. Et c’est précisément cette double peine qui commence à disparaître dans la redécouverte de notre vraie nature.

Car la plupart du temps, nous ne sentons plus vraiment le corps, nous le conceptualisons. Nous vivons entourés d’idées sur nous-mêmes plutôt qu’en contact avec ce qui est immédiatement vécu.

Or sentir change profondément la relation à soi.

Sentir la peur comme vibration mouvante plutôt que comme vérité. Sentir la tristesse comme énergie qui traverse. Sentir la fatigue sans immédiatement la transformer en drame personnel. Sentir tactilement, sensoriellement, vibratoirement. Dans ce retour au sentir, il y a souvent moins d’histoire, moins d’identité figée, et davantage de vie.

Le Vijnana Bhairava Tantra propose cette invitation : « Entre deux pensées, entre deux perceptions, reconnais ce qui demeure. » (versets 24 à 26, traduction Lilian Silburn)

Lorsque le commentaire intérieur ralentit, même quelques secondes, quelque chose devient évident. Le corps est connu. Les sensations sont connues. Les émotions sont connues. Les pensées sont connues. Même l’image mentale du personnage ou du corps-mental appelé « moi » est connue.

Alors une question cesse d’être philosophique pour devenir existentielle : « Qu’est-ce qui connaît tout cela ? »

Le corps apparaît, change, se transforme, vieillit, récupère, trébuche, tombe malade parfois, aime, danse, chante à l’Opéra, berce un petit enfant dans ses bras. Mais la conscience qui connaît chacune de ces expériences, chacune de ces transformations et chacun de ces âges, quel âge pourrait-elle bien avoir ?

Et si la souffrance venait moins du fait d’avoir un corps que du fait de croire être exclusivement cela ? Ce que l’on appelle le « corps de souffrance » n’est en réalité qu’un ensemble de fausses croyances réitérées, de récits répétées en boucle à propos des traumas passées ayant engendré dans le corps des nœuds de résistance et des armures énergétiques de protection. 

Mais si l’on entreprend de façon jusqu’à boutiste ce questionnement radical : « Qu’est-ce qui est conscient du corps ? encore et encore, alors progressivement, le corps cesse d’être une forteresse à défendre ou un problème à résoudre.

Il redevient simplement ce qu’il a toujours été, une apparition vivante, sensible et mouvante dans l’immensité consciente.

Et en faisant pleinement l’unité, sensorielle ment, vibratoirement, tactilement, en écoutant et en percevant directement ce que tu nommes le corps, sans pensées et sans comparaison, tu pourras toi aussi reconnaître et dire :

« Je suis le sans-forme qui module en tant que toutes ces sensations, toutes ces perceptions, toutes ces expériences de l’instant. »


AMOR FATI


Stage de we à Liège le 6-7 juin prochain

 








 

PROGRAMME

Les 25 et 26 avril 2026. De 10h à 13h et de 14h30 à 18h30.

 

HEBERGEMENT

Possibilité de loger sur place, dans la simplicité. Participation entre 15 € et 35 € selon la formule choisie, petit déjeuner compris.

 

INSCRIPTIONS 

Nathalie Bosmans

Nathalie.et.felix@gmail.com

+32 487 02 00 18

 

INFOS sur le contenu du stage

Dan Speerschneider

+33 6 63 76 90 81

Mail : adnnn1967@gmail.com

 

PARTICIPATION : 200 €

Si problèmes financiers contacterDan pour un arrangement

 

ADRESSE 

Rue de la Justice, 20

4420 Saint-Nicolas (LIEGE)

www.toutcoquelicot.be

 

 

 

 

Reconnaître sa vraie nature et sortir de la souffrance

DU SENTIMENT DE MANQUE A LA PLÉNITUDE

 

WEEK-END de NON DUALITE avec Dan SPEERSCHNEIDER 

6/7 juin 2026

 

 

 

 

 

 

Depuis 20 ans, Dan partage les plus belles clés d’accès à notre vraie nature, afin que l’expérience d’aperception, (la non séparation, l'unité, l'amour) soit vécue directement.

Chacune des expériences proposées vous permet de discriminer entre ce que vous croyez (notion de temps, de causalité, d’être une personne séparée, auteur de ses actions et pensées) et de réaliser que vous êtes déjà la paix que vous cherchez.

 

Rejoignez-nous pour ce week-end.

 

 

 

Blog : eclore-en-conscience.blogspot.fr vidéos : Chaine YouTube de Dan Speerschneider : 

https://www.youtube.com/watch?v=rX2h4aAUOG4

https://www.youtube.com/live/xLiHqvcgQVQ?si=D1dOft39ybavMiiMhttps://youtu.be/bAzDH-y8C_U           https://youtu.be/466TZJCHGTQ https://youtu.be/LfhLQVJVSFM

https://youtu.be/UxGE7uDqrpI