Feel it !




Paroles et musique de Dan Speerschneider
un album pour célébrer la vie ;-)

vendredi 24 juin 2022

Le Jeu d’auto-révélation



 L’invitation à nous dissoudre et à reconnaître notre vraie nature atemporelle prend parfois des formes en apparence paradoxales et nos sensibilités diverses semblent faire en sorte que certaines musiques résonnent momentanément plus facilement…


La maïeutique (au sens d’accouchement de la Vérité que nous sommes) prend parfois la forme d’un Jeu d’auto-révélation. 

Mais alors effectivement, il s’agit de « se mettre en jeu », c’est à dire de jouer le jeu…


C’est comme le doigt qui pointe vers un l’espace impersonnel au-dessus de nos épaules. Soit on est mesmérisé par le doigt, soit l’absence de tête révèle « ce par quoi » tout est perçu …


Que mettons nous en jeu et à l’épreuve ? L’ego c’est à dire ce que l’on n’est pas, afin qu’il se consume et révèle ce que nous sommes vraiment. 


Un jeu d’auto-révélation comme ni l’un ni l’autre ou l’investigation du Soi ou du sentiment de manque à la Plénitude ou autre ne fait que révéler ce qui est déjà pleinement là. Un simple jeu qui lève le voile sur l’illusion et démasque la personne séparée comme étant un simple masque. 


Je souhaite à chaque Un de trouver la musique qui vous fasse danser naturellement, c’est à dire révèle avec évidence l’absence de séparation. 

Amor Fati 


Réunion zoom (gratuit) : numéro de réunion 830 899 8788

jeudi 16 juin 2022

Du mal être à la plénitude

 


Tant que nous attribuons une cause à notre mal être il est impossible de l’accueillir pleinement, il est impossible d’être avec, c’est à dire de le sentir tactilement, vibratoirement, sensoriellement.


Juste réaliser qu’on ne sait rien. C’est à partir de cet espace de non savoir que tout peut être savouré directement.


Tout mal être gouté sensoriellement, vibratoirement, sans la pensée, sans comparaison, sans jugement, révèle paradoxalement la plénitude que vous êtes déjà. 


Le mal être est là pour nous informer de ce que nous ne sommes pas et ultimement révéler la paix, la joie et l’amour de notre véritable nature omniprésente. 

dimanche 29 mai 2022

Lever le pied

 Qu’y a-t-il de plus beau que l’investigation du Soi, la redécouverte de notre vraie nature impersonnelle et atemporelle ?

Un pointeur non duel est un fil d’Ariane permettant de discriminer entre ce qui est transitoire et permanent, illusoire et réel.

Il suffit d’un seul pointeur pour être ramené au Soi, mais aussi faut-il le suivre jusqu’au bout. Il agira comme une mine antipersonnelle, qui fera éclater la baudruche, c’est à dire l’illusion d’être un moi séparé auteur des pensées et des actes. 

Ainsi, lorsqu’on a posé son pied sur une mine antipersonnelle, il n’y a qu’une seule solution, salutaire plus est :

Lever le pied !

Relâchons immédiatement l’attention de ce vers quoi elle est tendue en prenant conscience de ce qui percoit ces lignes, une tête et deux petits yeux, ou un immense espace transparent, sans forme et sans âge, mais conscient ?

—————

Prochaine rencontre en présentiel et par zoom (gratuit) pour partager et célébrer la joie de ne rien être et de prendre toute forme jeudi prochain le 2 juin à 20h.

Numéro de réunion : 830 899 8788

Amor Fati 


🙏🏻❤️

Pourquoi lutter contre un mirage



De même qu’il n’y a pas à lutter contre un mirage, de même, il n’y a pas à lutter contre le mental. 

Vouloir ne plus penser est une double contrainte. Et, les psychologues connaissent bien la violence de la double contrainte. C’est ajouter de la pensée à la pensée et entretenir le cercle vicieux de l’agitation mentale. 

Les sensations, les émotions, les pensées arrivent spontanément mais à personne. Vouloir maîtriser le mental c’est comme vouloir attraper de l’eau dans un filet.

Yang Zhu un philosophe chinois ( 370-319 avant JC) proche du taoïsme, a écrit :

« Laissez l’oreille entendre ce qu’elle se languit d’entendre, les yeux voir ce qu’ils aspirent à voir, le nez sentir ce qu’il aime sentir, la bouche dire ce qu’elle veut dire. Laissez l’esprit agir à sa guise. Car ce que l’oreille veut entendre, c’est de la musique et l’en priver, c’est mutiler le sens de l’ouïe. Ce que l’œil veut voir, c’est la beauté charnelle et l’en priver, c’est l’utile le sens de la vue. Ce dont le nez se languit, c’est de respirer le parfum des plantes odoriférantes comme le cornouiller ou l’orchidée et s’il ne le peut pas, le sens de l’odorat est mutilée. Ce que désire la bouche, c’est parler de ce qui est vrai et de ce qui est faux, et si elle n’est pas autorisée à le faire, la connaissance est mutilée. Ce que le corps désire pour son bien-être, c’est de la chaleur et une bonne nourriture; frustrée-le de ces choses, et vous mutilez ce qui est naturel et essentiel à l’homme. Ce que veut l’esprit, c’est la liberté de vagabonder à sa guise et s’il n’a pas cette liberté, c’est la nature même de l’homme qui est contrecarrée et mutilée. »

Ayez juste confiance que toutes les actions, les pensées, les expériences apparaissent en vous, conscience atemporelle et s’inscrivent dans un dessein mystérieusement harmonieux.

 Comme il est dit dans la Bhagavad Gita : « L’homme qui est uni au Divin et connaît la vérité pense qu’il n’est pas l’auteur des pensées et des actes, il professe que seuls les sens sont occupés avec les objets des sens. »

Belles éclosions à toutes et à tous 


❤️🙏🏻

samedi 21 mai 2022

Les retrouvailles avec la spontanéité selon Alan Watts (Amour et Connaissance)



 La spontanéité n’est en somme qu’une totale sincérité - la personne étant toute entière dans son acte sas la moindre réticence - à laquelle l’adulte civilisé n’est guère poussé que par un désespoir extrême, une souffrance intolérable ou l’imminence de la mort. D’où le dicton : « Le désastre de l’homme est l’occasion de Dieu ». Un sage hindou contemporain a coutume de déclarer que la première chose qu’il doit apprendre aux occidentaux qui viennent à lui est comment pleurer. Cette remarque montre que notre spontanéité se trouve inhibée non seulement par le complexe du Moi comme tel, mais encore par la conception anglo-saxonne de la virilité. Loin d’être une force, la rigidité et la durée masculines que nous affectons ne sont rien d’autre qu’une paralysie émotionnelle. Nous nous cramponnons, non parce que nous sommes maîtres de nos sentiments, mais parce que nous en avons peur, comme nous avons peur de tout ce qui, en nous, est symbole de féminité et d’abandon. Un homme subissant une paralysie émotionnelle ne saurait être un homme authentiquement viril, autrement dit capable d’établir une relation avec le sexe opposé - ce qui présuppose aussi quelque chose de féminin dans sa propose nature.

« Celui qui connaît la vérité mais contient la féminité deviendra un bassin où s’accumule toute la force du monde :

Comme il est un bassin pour le monde, il ne sera pas séparé de la force éternelle,

Et ainsi il peut retourner à l’état d’enfance (c’est à dire la spontanéité). »


Tao Te King, XXVIII


L’ingénuité de l’enfance, la simplicité sans fard sont l’idéal de l’artiste non moins que celui du sage, car elles consistent à accomplir l’œuvre d’art ou l’œuvre de vie sans la moindre trace d’affectation, sans être scindées en deux. Mais le chemin qui mène à l’enfant passe par la femme; il consiste à s’abandonner à sa propre spontanéité, à coïncider avec l’instant qui passe dans le cours sans cesse changeant de la nature.

C’est le « juste ce que l’on est » que désigne la locution hindoue de Tat Tvam Asi (« Tu es Cela ») et cela est le Brahman éternel au-delà de toute dualité. Une telle attitude est aussi éloignée de la maîtrise anxieuse de soi que de l’exhibitionnisme apprêté sur libertin qui se montre « tel qu’il est » afin de choquer ou d’attirer l’attention. Ses vices sont aussi hypocrites que les vertus du puritain. Il me souvient d’une soirée d’« d’avant garde », où plusieurs jeunes gens complètement nus donnaient l’impression d’être vêtus encore plus que les autres, faute sans doute d’avoir compris que la nudité est un état auquel on ne saurait de toute façon échapper. Nos peaux, vêtements, personnalités, vertus, vices, sont en effet aussi transparents que l’espace. Nous ne saurions y prétendre, et il n’y a personne pour y prétendre, puisque le Soi est aussi transparent que ce qui l’habille.


Voici un extrait du livre de Alan Watts : « Amour et Connaissance »





mardi 17 mai 2022

La tradition non duelle de la tradition chrétienne



 La tradition chrétienne a aussi sa spiritualité authentique, c’est à dire non duelle. La découverte 


« Il n’est pas nécessaire d’aller à l’église pour être avec Dieu. Nous pouvons faire de notre cœur une chapelle silencieuse où nous pouvons nous retirer de temps en temps et communier avec Lui en douceur, humilité et amour. Chacun est capable de cette communion intime avec Dieu. Certains plus que d’autres peut-être mais Dieu connaît nos aptitudes. Alors commençons à le faire. Il nous demande juste un engagement venant du cœur. Nous avons peu de temps à vivre. Quand nous sommes avec Lui même la souffrance nous sera douce et plaisante. Sans Lui même les plus grands plaisirs nous paraîtront cruels. Rendons grâce à Dieu pour tout. »


Amen 


Frère Laurent de la résurrection 


Maximes spirituelles en 1692 est un livre invitant à la pratique de la présence de Dieu par une sorte de prière essentielle, délivrée des oripeaux de la tradition souvent bien trop formelle de l’église catholiqueset ressemblant fortement à l’invitation non duelle de la tradition de l’Adavita Vedanta à s’abandonner au Soi. 

vendredi 13 mai 2022

De la réalisation non duelle à l’établissement dans la Présence

 


La réalisation est soudaine.

L'établissement dans la Présence est progressive.

La réalisation n'a pas besoin de temps, de pensées, de concepts.

Mais pour que cette réalisation descende dans le cœur, imprègne progressivement tous nos conditionnements corporels et nos modes perceptifs, pour que cette vision sans point de vue personnel se vive au cœur du quotidien, au cœur du chaos monde, dans nos relations avec les autres et l'environnement, le temps semble nécessaire.

Mais, une fois que vous savez qui vous êtes, il suffit d'accueillir toutes les dissonances et les sentiments de séparation - lorsqu'ils surgissent - au sein de cette Présence éveillée que nous sommes pour remarquer qu'ils se déploient librement pour finir par se dissoudre en Vous.

Si vous demeurez silencieux, tranquilles, passifs, et observez ce déploiement émotionnel ou imaginaire avec une attention sans choix, vous réalisez que la dissolution révèle avec encore plus d'évidence la Présence éveillée que vous êtes. Tôt ou tard vous réalisez que tout ce qui semble vous limiter, vous contraindre, vous raconter des histoires, que toute situation où expérience, même la plus ardue ou la plus révoltante en apparence, n'est qu'une étonnante expression de vous-même, comme les différentes formes de vagues de l'océan sont des expressions particulières de l'Océan Lui-même.

En pratiquant ce yoga que l'on pourrait appeler du "sentiment de manque à la plénitude", la plénitude que vous êtes va se révéler partout. Dans toutes les encoignures, même les recoins les plus sombres, les plus inattendus, les moins inspirants, les plus insupportables, vous tomberez amoureux encore et encore de l'inévitable Un.

À partir du moment où vous avez l'intime conviction d'être cette Présence éveillée sans forme et sans âge, la recherche est terminée. 

C'est autre chose qui commence alors : c'est une douce exploration amoureuse, de la vie dans toutes ses dimensions. C'est un temps sans âge, où tout ce qui semble séparé de vous ne révèle que l'unicité indicible de la vie. 

Et vous êtes la vie.


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dimanche 8 mai 2022

Je suis la Conscience



 Postuler que quelque chose pourrait être avant la Conscience est purement théorique, une hypothèse non vérifiable et non vérifiée dans l’expérience directe.


Si l’on veut faire de la philosophie spéculative l’imaginaire peut tout envisager, mais dans l’expérience directe, si je ne fais référence ni à la mémoire ni à la pensée, Je suis Conscience sans forme et sans âge, Conscience non objective, Conscience non duelle. 


C’est la seule chose que je ne peux pas ne pas être, la Conscience par laquelle toute expérience est connue. Même si je semble désirer être plus conscient que je ne semble l’être, ce désir apparaît dans et est connu par la Conscience. Même si je doute que cela soit vrai, ce doute apparaît dans et est connu par la Conscience. La Conscience n’est pas une chose mais une non chose (Not a thing en anglais = no thing = nothing). Mais cette non chose est plus réelle que toute chose car toute chose a un commencement et une fin tandis que la Conscience ne cesse pas d’être après qu’une chose ait été connue par Elle. La Conscience ne cesse pas avé la fin d’une pensée. 


Toute expérience apparemment objective (olfactive, gustative, sensorielle, visuelle, auditive, ou mentale) est faite par la Conscience et seulement par la Conscience. Ainsi le monde, toute forme, toute créature, les autres, y compris ce corps-ci et ce mental-ci auxquels je me suis longtemps identifiés, sont en réalité faits de cette unique Conscience sans forme et sans âge que je me découvre être. 


Je suis le Sans Forme qui momentanément et en apparence prend toute forme de la même façon que l’océan prend momentanément la forme des vagues sans jamais être affecté par leur mouvement ou leur forme. 


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vendredi 22 avril 2022

Il n’y a pas d’autre

 


Ce que l’on nomme habituellement amour, le sentiment amoureux d’une personne pour une autre, concerne l’individu, le corps mental, mon apparence et non mon etre véritable. 


Chacun a besoin de sentir que son existence a un sens. La plupart des êtres trouvent un ersatz de paix et de satisfaction dans la reconnaissance par une autre personne qui décide de partager notre existence avec nous. Étant aimé et considéré notre vie vaut alors la peine d’être vécue. Et lorsque cette personne meurt où nous quitte, le sentiment de séparation peut nous plonger dans une dépression sans nom. 


« Un seul être vous manque et tout est dépeuplé » écrit le poète romantique Lamartine. 


L’amour qui peut sembler nous quitter n’est évidemment pas le véritable amour, mais plutôt sa caricature. 


Au final c’est toujours la méconnaissance de notre vraie nature qui fait que l’amour ne se manifeste pas dans sa pureté et se travestit en attachement, possessivité, orgueil, asservissement.


Dans l’amour véritable il n’y a pas de demande que les choses soient différentes de ce qu’elles sont. Il n’y a pas de place pour la pression, l’injustice, la compulsion, l’obscurité ou la préférence pour une personne particulière.


Lorsque l’amour que nous sommes se reconnaît et transcende son sens personnel et égoïste, il devient synonyme de vérité, de complétude et de beauté. 


Paradoxalement l’amour d’une autre personne devient une invitation à reconnaître notre Soi, le Soi impersonnel et atemporel dans l’apparente autre personne.


On trouve dans une des Upanishad majeures, la Brihadaranyaka Upanishad cette adresse de Yâjnavalkya à son épouse lorsqu'il décide" d’embrasser un autre état de vie". 


Yâjnavalkya dit : “Bien-aimée, tu m’es chère, et tu prononces une parole que j’aime. Viens, assieds-toi; je m’en vais t’enseigner : concentre-toi bien sur ce que je t’explique.

O bien-aimée, l’époux n’est pas aimé pour lui-même mais pour l’amour du Soi. O bien-aimée, l’épouse n’est pas aimée pour elle-même, mais pour l’amour du Soi...(...)

O très chère, il faut voir le Soi. Il faut en entendre parler, réfléchir sur lui, méditer sur lui, O Maitreyî !


Bien sûr cela ne peut être réalisé tant que la pensée je suis une personne séparée est crue, et que la croyance « j’ai besoin de l’amour ou de l’attention de l’autre » est crue également. Tant que l’on se prend pour un ego séparé auteur des actes et des pensées, il est aisé d’imaginer que l’autre, l’apparent autre, est la source du bonheur que l’on retire de la relation.


Ainsi nous pourrions dire que la quête amoureuse, la recherche du prince charmant, est une façon détournée de retrouver notre vraie nature. L’ego transforme notre véritable désir, qui est en réalité d’être sans désir particulier, en un désir d’être aimé inconditionnellement par une source en dehors de nous. L’origine de tout désir amoureux est en réalité de s’unir avec la Présence silencieuse que nous sommes déjà. 


Mais ignorants de notre vraie nature, nous drapons alors notre amoureux (se) des qualités supposées de cette source mystérieuse que nous pressentons comme réelle. Le pauvre, (ou la pauvre) qui n’y est absolument pour rien, se voit alors soudain affublé(e) par notre imaginaire débordant (l’espèce humaine est une espèce fabulatrice) de qualités extraordinaires et presque divines. Nous idéalisons l’autre et évidemment, il finit par ne pas répondre à nos exigences, nous déçoit, nous trahit, nous abandonne et nous voilà dévastés. 


« Un seul être vous manque et tout est dépeuplé ».

Mais si nous prenons la peine d’investiguer la nature du Soi, il est loisible à chaque être humain doté d’un minimum d’authenticité de re dé-couvrir, qu’en réalité il n’y a jamais eu personne au centre de l’expérience. Il n’y a donc pas non plus d’autre, pas de relations personnelles. 


Lorsque vous ramenez l’attention à 180 degrés depuis le visage de l’aimé vers votre propre absence de visage au-dessus de vos épaules, la supercherie est soudain dévoilée. Entre l’Espace ouvert, transparent, sans forme et sans âge de votre côté et le visage fermé, opaque, perçu là-bas, il n’y a en réalité aucune distance. L’apparent autre apparaît après investigation à 0 cm de Vous. Ainsi l’apparent autre (son visage par exemple ou ses paroles ou ses réactions) est simplement la forme que vous revêtez dans l’instant. 


Cela devrait nous mettre la puce à l’oreille et nous permettre de tirer les conclusions qui s’imposent. Le fait de réaliser que tout ce qui apparaît comme personnel est en réalité impersonnel désarçonne le mental séparateur. Cela révolutionne complètement notre façon d’être en relation qui habituellement se base sur des rapports de névroses compatibles, nées de manques et d’attentes.


Et, c’est justement dans le domaine des relations avec l’autre que l’illusion d’être une personne séparée résiste le plus à l’investigation. Nous sommes tellement habitués à la dépendance à l’autre. Nous sommes devenus des vampires d’attention. Nous avons tellement eu l’habitude d’avoir besoin de notre shoot d’attention pour redorer le blason de notre faux moi et donner un sens factice à la vie qu’il est extrêmement difficile de demeurer dans le Soi au cœur des relations avec l’autre surtout lorsque celles-ci deviennent conflictuelles.


D’où l’importance d’une pratique comme le Face à Espace de Douglas Harding à pratiquer à longueur de journée jusqu’à ce que l’éveil au mystère de la Présence sans forme devienne plus importante que la croyance que nous sommes un être séparé limité et spécial. 


Dans l’expérience directe je n’ai jamais été séparé de quoi que ce soit. 


Je suis le Sans Forme qui prend momentanément et en apparence la forme de cette expérience-ci.


Deux corps Et Un Seul Espace

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samedi 9 avril 2022

Le cri du cœur (poème de Laure Sénégas)

 


LE CRI DU CŒUR de laure Sénégas

Je comprends maintenant que cette inspiration 

N’était pas autre chose que la voix de la voie 

Et que sans le savoir, je m’étais engagée 

Par ce retournement vers la vérité

Par une force mystérieuse, des voiles sont tombés 

Et une partie du linge a été purifiée 

Immergeant tout mon être par ce grand nettoyage 

Dans un bain d’amour vers l’indifférencié

Sans maître pour me guider, confondue d’ignorance 

Je n’ai pas su regarder ni non plus reconnaître 

Que je touchais du doigt ma véritable essence 

Consumant toute croyance dans la présence de l’Être

En plein cœur de l’épreuve, par un manque d’attention 

J’ai quitté ce présent, j’ai quitté la bonne heure

De retour dans le temps, oh ! quelle malédiction ! 

Toute entière aspirée dans des enfers sans nom

Après des heures de lutte, me sentant condamnée 

L’abandon fut total, j’ai alors tout lâché

Et touchée par la Grâce, je me suis retrouvée 

Ici et maintenant, éternel présent

Sans plus de résistance, les voiles sont tombés

Il n’en resta qu’un seul, celui de la mariée

Où tout n’est qu’évidence, unique réalité

Les noces furent consommées dans une sublime danse

Aucun mot ne saura à lui seul exprimer

Toute la beauté, la joie et la paix merveilleuse 

De ne voir que le Soi partout en toute chose 

Qui n’est fait que du même, d’une unique substance

Les portes s’étaient ouvertes et se sont refermées 

En recouvrant mes yeux d’obscurité immonde 

Et cherchant un moyen pour m’extirper de l’ombre 

M’éloignant par là même de ma nature profonde

Et grâce aux témoignages de ceux qui avant moi 

Par l’investigation et vigilance sans faille

Ont su se libérer et connaître le Soi

J’ai retrouvé la foi, redressé le gouvernail

Merci à tous les maîtres qui m’ont enseignée 

Que l’on peut demeurer dans cet espace de joie 

Et qu’il n’y a que l’Être et que l’on ne peut chercher 

Ce qui éternellement a toujours été

Ceci est ma prière, je veux sortir du rêve 

Je veux me libérer de mes chaînes illusoires 

Même s’il faut pour cela abandonner la foi 

Afin de révéler ce que je suis déjà


lundi 4 avril 2022

Je suis la Présence


Le mot présence est précieux car en jouant un peu avec lui on réalise qu’il désigne ce qui précède les sens, qui précède les perceptions. Pré - sens, ce qui est avant les sens et ce dont les sens ne peuvent en eux-mêmes nous informer. 


La Présence pointe vers l’Avant toute chose. Avant que nous percevions quoique ce soit, la Présence est là. La Présence est comme la transparence de la lumière qui précède les couleurs mais imprègne pleinement chacune d’entre elles.



Quel trésor inestimable.


Si nous réalisons directement cette Présence, si nous voyons directement que nous sommes cette Présence, alors le processus d’identification s’arrête net. 


Prenez quelques instants pour réaliser que vous êtes cette Présence consciente, consciente d’Elle-même en tant que pure Présence. 


Souvenez-vous des mots de Hui Neng (6e patriarche du Chan) : « Je ne cherche rien en particulier ».


C’est cela le cœur de la méditation : être conscient d’être conscient. Demeurer en tant que pure Présence, dans ce lieu sans lieu où il n’y a ni répulsion ni attraction, dans cet espace silencieux qui n’a aucune interaction avec le contenu mental et aucune préférence pour ceci ou cela.


Dés qu’il y a le moindre mouvement de recherche, nous commençons à rejeter autre chose. 


Spinoza disait : « Omnis determinatio est negatio » (Toute détermination est négative). Dés qu’il y a un désir pour quelque chose plutôt qu’autre chose, il y a désintérêt pour le reste et par conséquent oubli de la totalité, c’est à dire de la Présence, qui précède toute expérience et tout désir.


Or c’est justement dans cette guerre des préférences, dans ce sempiternel balancement entre j’aime et je n’aime pas que l’ego -c’est à dire le sentiment de manque et de séparation - avec son cortège de souffrance et de conflits, prolifère. 


En l’absence de préférence le moi illusoire, ( l’identification à une nature séparée) ne peut survivre. 


Le mental est si complexe et la vérité si simple. C’est pour cela que Jésus disait :


« Bienheureux les pauvres en esprit, le Royaume de Dieu est à eux » (Mt 5,3).


Ceux qui n’ont pas de préférences vivent depuis la Présence, qui accepte tout, simplement tel que c’est. 


Dans son merveilleux sermon 52 De la pauvreté en esprit Maître Eckhart nous livre le secret des secrets : 


« J'ai dit précédemment qu'un homme pauvre était 
celui -- non pas qui veut accomplir la volonté de Dieu, mais qui vit de telle façon qu'il est aussi vide de sa volonté, mais aussi de la volonté de Dieu, qu'il l'était quand il n'était pas. Cette pauvreté, nous l'appelons " la plus haute pauvreté ". -- Secondement, nous disions qu'un homme pauvre est celui qui ne sait rien des œuvres de Dieu. Quand on est aussi vide de tout savoir et de toute connaissance que Dieu est vide de toutes choses : c'est " la plus purepauvreté ". -- Mais la troisième est " la plus prochaine pauvreté " dont je vais parler désormais, à savoir celle-ci que l'homme n'a rien. »


Il nous invite à nous tenir là où nous ne voulons rien, ne savons rien et ne possédons rien.


La voie directe de réalisation de notre vraie nature est donc une voie de la complexité vers la simplicité, une invitation à reconnaître la Présence déjà pleinement présente. 


Car c’est la seule chose que Vous ne pouvez pas être : La Présence qui est spontanément et sans effort consciente de toute expérience et de toute perception.


Même s’il vous semble que vous n’êtes pas assez présent, et que vous désirez par exemple être plus présent que vous ne semblez l’être, tout ceci apparaît en réalité au sein de la Présence qui en est spontanément consciente et que Vous êtes déjà pleinement.


Quelle délivrance que de le reconnaître.


Je suis la Présence. Je suis et Présence sont en réalité de parfaits synonymes. 


Amor Fati 


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lundi 14 mars 2022

S'éveiller au rêve

De même que tous les personnages, les décors de Potemkine*, le scénario, la mise en scène avec son lumière de votre rêve nocturne ne sont des facettes d'un même mental (cerveau), chaque impression ou apparence de conscience séparée, de moi individuel auteur des pensées et des actes, n'est en réalité une contraction de la Conscience Une que Vous êtes.

Le personnage que tu sembles devenir dans ton rêve nocturne n'est qu'une contraction-localisation de ton mental.

Le personnage que tu sembles être dans l'état de veille, c'est à dire celui qui semble lire ce texte et être l'auteur des pensées qui le commentent en cet instant même, qu'on pourrait nommer  corps-mental, est en réalité une contraction-localisation de la Réalité Ultime et Une.

Pour redevenir lucide au cœur d'un rêve nocturne, il s'agit de questionner la réalité du rêve. Il y a des techniques éprouvées pour devenir conscient au cœur du rêve nocturne.

De même, pour redevenir lucide au cœur de l'état de veille dans lequel nous sommes manifestement maintenant, il est essentiel de remettre en question la croyance l'illusion de la séparation et la croyance racine qui la soutient "Je suis quelqu'un", "Je est une personne séparée". 

Depuis 6000 ans les sages de toutes les traditions nous exhortent à cette Connaissance, à reconnaître Ce par quoi tout est connu.

Dans la Kena Upanishad, il est dit : "Ce n'est pas ce que l'œil voit, c'est Ce par quoi l'œil voit, tel est le Brahman et non ce qu'on honore comme tel. Kena signifie en sanscrit, ce par quoi.

Sur le frontispice du temple de Delphes dans l'antiquité il était inscrit : "Connais toi toi-même" (du grec gnỗthi seautón). Selon le Charmide de Platon c'était le plus ancien des trois préceptes inscrits. Et aussi le plus important, car on dit par la suite de cette sentence était suivie par la phrase "Et tu connaîtras l'univers et ses Dieux". Car c'est par la Connaissance de qui Je suis réellement que tout est connu. 

Nous devons donc absolument découvrir dans cette vie qui nous sommes. C'est l'invitation ultime de la Vie que de se reconnaître en chacun de nous, en chaque Un. Shankarasharya, ("le porteur de félicité", un des noms de Shiva), grand commentateur des textes sacrées et initiateur de la philosophie de l'Advaïta Vedanta au 8è siècle, disait même que sans cette reconnaissance la vie humaine était vaine.

Je n'irais pas jusque là. Mais quelle est la valeur d'une expérience si celle-ci n'est pas goûtée directement par ce que Vous êtes ultimement ? Quelle est la valeur de la vie, lorsque la Vie Elle-même ne s'est pas reconnue complètement au travers de ce corps mental ? Quelle est la valeur de la vie si elle n'est pas consciente d'être consciente, consciente d'être la Conscience consciente d'être consciente ? 

Tant que la Vie n'est pas consciente d'être consciente, la Vie croit être ceci ou cela, une personne séparée, la paix , la joie, l'amour, la liberté qui sont des "caractéristiques" de notre vraie nature semblent perdues, et alors il y a cette quête de paix dans le monde et au travers des autres qui mènent à la souffrance et aux conflits dans le monde. Nous sommes alors ballottés dans la roue du samsara, entre peurs et désirs.

Par le questionnement assidu et radical "qui suis-je", et en laissant les réponses issues du mental apparaître et disparaître, il est possible de ramener l'attention à 180 degrés depuis les perceptions (mental, corps, monde) vers la source de l'être non duel en nous, vers cette Présence Conscience, qui n'est ni ceci, ni cela, rien de perceptible et rien de concevable et redécouvrir que nous sommes la Paix, la Joie et l'Amour que nous cherchions au travers d'expériences dans le monde.

L'éveil spirituel est à l'état de veille ce que la lucidité du rêveur est au rêve nocturne.

Si tout ce que nous percevons dans l'état de veille, (le monde, le corps, le mental) est perçu comme l'expression de JE, de Cela qui perçoit, alors l'émerveillement d'être le Sans forme qui prend toute forme se révèle spontanément comme étant notre vraie nature éveillée. Vous réalisez que Tout est Un comme le titre d'un livre magnifique de Ellam Omru que Ramana Maharshi, le grand sage de l'Inde contemporaine considérait comme un des plus beaux textes de non dualité et que vous pouvez écoutez ici :

L'expression « village Potemkine » désigne un trompe-l'œil à des fins de propagande.Selon une légende historique, de luxueuses façades en carton-pâte auraient été érigées, à la demande du ministre russe Grigori Potemkine, afin de masquer la pauvreté des villages lors de la visite de l'impératrice Catherine II en Crimée en 1787.


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