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Paroles et musique de Dan Speerschneider
un album pour célébrer la vie ;-)

vendredi 24 janvier 2020

Réalisation non duelle et morale

Réalisation non duelle et morale


Il y a quelques années, en réaction à un texte publié sur ce blog, Jacques m'avait envoyé un mail avec un questionnement qui le taraudait. Comment vivre au quotidien l'équanimité que prônent les enseignements spirituels authentiques comme les Upanishad, la Baghavad Gita, La Vision Sans Tête, et toute la tradition de la spiritualité non duelle en général, dans le feu du quotidien et face aux atrocités immondes commises par l'homme. Il soulignait l'importance pour lui de ne pas oublier qui sont les bourreaux et qui sont les victimes. Il avait manifestement peur que l'invitation à reconnaître notre vraie nature atemporelle et impersonnelle ait pour conséquence une sorte de désengagement de la personne du monde et une incapacité à relever nos défis d'humains sur terre.

Je suis d'accord avec toi Jacques, lorsque tu dis que la philosophie en essence concerne le bien de chacun et de tous. Loin du bourrage de crâne universitaire souvent abêtissant auquel j'ai goûté à la Sorbonne lors de mes études de philosophie dans les années 90, la philosophie pérenne* ("La philosophie éternelle" de Alduous Huxley) est une invitation à découvrir ce qui en nous ne change pas, notre nature ultime, pour répondre à la question qui suis-je ?

Bien sûr que sur un plan relatif, il y a des bourreaux et des victimes et sur le plan judiciaire et éducatif, il semble qu'on n'ait pas trouvé façon plus fonctionnelle pour vivre ensemble que de chercher à condamner ceux qui œuvrent comme des bourreaux et chercher à protéger les victimes. Sans doute qu'il est inévitable pour un minimum de paix sociale que les bourreaux (criminels) de génocides ou de tortures, de viols ou de pédophilie ou autres crimes soient exécutés (selon la culture) poursuivis, jugés par les tribunaux, punis et enfermés et bénéficient d'un maximum de soins et d'éducation si possible.


Bien sûr qu'il est important sur un certain plan de ne pas oublier d'enseigner l'histoire à nos enfants et de désigner les bourreaux et les victimes sur un plan factuel. Sur le plan relatif, il est important pour l'éducation de nos enfants d'étiqueter un crime un crime.

Mais une fois que cela a été dit et fait sur le plan relatif, et je le répète, il est important que cela soit dit, fait et enseigné, il est tout aussi important, sur un autre plan, et c'est celui-là dont je me fais souvent ici le piètre porte parole, qu'une perspective absolue et non duelle soit abordée. Non pas pour s'opposer à une autre perspective, de moindre valeur, mais tout simplement parce qu'elle est ce que nous sommes et que sur un plan absolu ce que nous sommes, contient toutes les perspectives.

La vérité ultime doit nécessairement s'appliquer aux sujets les plus difficiles comme ceux de l'holocauste et des génocides horribles perpétrés par l'homme "pour" l'homme.

Au 20e siècle l'homme a réussi à tuer 200 millions d'humains lors de guerres et de génocides et autres exterminations violentes. Tout ça parce que certains hommes ont voulu imposer leur façon de voir la vie à d'autres hommes. 200 millions de morts en 100 ans pour défendre des images. Quelle farce cosmique !

Georges Brassens dans sa merveilleuse chanson : "Mourir pour des idées" *, évoque avec un humour noir délicieux et vertigineux que la violence et la méchanceté sont avant tout ignorante ignorance de notre vraie nature et identification aux idées.



J'ai envie de te poser une question en retour, Jacques ?

Est-ce l'absence d'impression d'un moi séparé ou l'impression forte d'un moi séparé qui génère la confusion, le conflit, la violence et la cruauté aveugles ?

En observant la violence humaine, il semble qu'il y ait d'autant plus de violence que la personne à une idéologie à défendre, une famille, un clan, une tribu, une nationalité, une religion, une race ou pour le dire plus simplement une identité à défendre. Il y a peut être des identités plus meurtrières que d'autres (pour faire un jeu de mots avec le titre d'un livre de Amin Maalouf"Les identités meurtrières"), mais dans son essence, et le livre sus-cité n'aborde pas cet aspect pourtant essentiel, toute identification transparente (non consciente) est source de violence. L'identification qui est consubstantielle au sentiment de séparation porte en elle-même l'essence de toute violence.

Le bien suprême est de reconnaître ce qui est et de réaliser qui Je suis vraiment. Refuser ce qui est, se prendre pour quelqu'un d'autre, une personne, le masque que je porte, une chose parmi les choses du monde, est l'ignorance racine de toute nos maux. Une personne dite méchante est d'abord une personne ignorante de sa vraie nature.

Ce que j'ai envie de partager ici c'est l'attention que l'on peut poser sur le fonctionnement de l'attention. Je propose de voir ce qui se passe lorsque l'attention se retourne a 180 degrés vers elle même. En d'autres termes, que se passe-t-il lorsque nous cessons de nous identifier à nos perceptions, que nous prenons un temps d'arrêt total pour simplement observer le fonctionnement de notre propre esprit ?

Que se passe-t-il lorsque le mouvement de l'attention cesse de se tourner vers les pensées et tisser cette trame qui semble parfois être tellement opaque que nous nous retrouvons complètement coupés de la réalité et séparés des autres ?

Je propose d'explorer la façon même dont nous avons sans cesse besoin de définir les choses, mettre une étiquette dessus, les juger... Et, ce qui survient inévitablement dans une telle enquête c'est une peur, une terreur. La terreur de ne rien être. La terreur de voir nos belles valeurs voler en éclats, la terreur de voir que toutes les images que j'ai amassé de moi, des autres et du monde ne repose que dans un vide infini de non savoir ? Ce que je crains le plus c'est finalement cette "insoutenable légèreté de l'être". Insoutenable car se soutenant par Lui-même et en Lui-même.


Que se passe-t-il lorsqu'on explore avec une sincérité absolue et une totale vulnérabilité tous les aspects de notre façon habituelle de fonctionner ?

Nous nous apercevons que nous sommes totalement conditionnés. Que nous étiquetons les choses mauvaises ou bonnes en fonction de croyances transparentes non investiguées. Ces étiquetages se font de façon mécanique, sans même en avoir conscience. Nous découvrons alors que le personnage avec ses valeurs, ses préférences, ses croyances multiples et variés est complètement enchaîné à ses conditionnements.

Si nous voulons débusquer tous nos fonctionnements à la racine il faut avoir la lucidité ou le courage, la sensibilité et la patience d'aller très profond dans la mise à nu de nos conditionnements.
Lorsque nous découvrons que l'identification au corps, à un moi séparé et aux émotions est illusoire, notre être profond se révèle. l'Être que nous sommes sur un plan ultime, ne peut être connu de façon objective comme un objet. Mais il est su que c'est cela que nous sommes. Et, que cela que nous sommes est la substance de toute chose. Conscience est tout ce qui est.

De ce point de vue absolu, diviser les humains en catégories de victimes ou de bourreaux n'a aucun sens.

 
Dans l'expérience directe, il n'y a qu'amour. Aucune réelle séparation. Lorsque nous voyons que le monde et les autres sont un reflet du Soi, de ce que je suis vraiment vraiment, alors un miracle se produit. Vous vous reconnaissez en chaque être et en chaque chose. Krishnamurti disait "le monde est en moi".

Le message qui est partagé ici ne s'adresse pas forcément aux 7,6 milliards d'habitants sur terre. Quoique ? Et, pourquoi pas ? Mais à priori, je ne le partage qu'avec des gens dotés d'une sensibilité minimale pour ne pas craindre les questionnements les plus profonds. Il est certain que la perspective absolue de la non dualité n'intéresse pas grand monde et ne se diffuse que sporadiquement et essentiellement au travers de petites réunions, même si internet permet depuis une vingtaine d'années de donner à ce message une audience plus grande qu'avant.

Entendre dire de façon abrupte que le sens et la beauté profondes de la vie est qu'il n'y a pas de sens, n'est pas forcément un point de vue avec lequel chacun peut entrer en résonance.

Tant que l'on demeure identifié à un certain nombre de valeurs, donc de croyances, il est impossible de faire cette investigation de façon radicale. Pour la faire, il faut avoir le courage de laisser toutes nos croyances de côté pendant quelques instants. Mais lorsque vous avez la grâce d'explorer vos conditionnements jusqu'à la racine, il ne reste rien qu'un immense non savoir, un étonnement, une parfaite humilité devant la vie et un amour inconditionnel de toute chose et de tout être.

Tant que vous voulez protéger une valeur, défendre un point de vue particulier, garder une préférence pour telle ou telle action c'est que vous avez peur de lâcher vos conditionnements. C'est respectable.
Il y a un moment pour tout dans la vie. Il faut savoir si vous avez besoin de vous construire, d'être rassuré dans vos convictions, de continuer à défendre quoiqu'il arrive certaines croyances ou si vous êtes prêt à tout remettre en question. Un jour, j'entendais Eric Baret dire quelque chose comme : " Il faut savoir si vous êtes fait pour lire les Upanishad ou pour à aller voir le psychiatre ? L'un ou l'autre ? Car si vous commencez par l'un sans être préparé, c'est le second qui va suivre".

En effet, ce qui construit un être orienté peut aussi détruire un être non orienté ou un cas pathologique (complètement scotché dans ses identités). Il s'agit donc de bien regarder ce que l'on cherche et ce pour quoi on est prêt : à se construire une identité et à s'identifier encore plus fortement à des croyances ou des valeurs ou à convertir le regard et le tourner à 180 degrés en direction de ce en quoi les identités, les valeurs ou les croyances naissent et meurent.


Abandonner toutes les illusions pour la plupart des êtres - très fragilisés par leur carapace de croyances - peut signifier la folie.

S'abandonner entièrement au mystère de la vie peut pour d'autres révéler un indicible amour et une profonde sagesse.

Comme il est dit dans les évangiles : "Ce qui est folie pour Dieu est sagesse pour les Hommes. Ce qui est sagesse pour Dieu est folie pour les hommes.

Depuis la perspective absolue, il est vu que la Conscience imbibe tout ce qui est et que Je suis la Conscience. "Je suis Cela" disent les Upanishads. "Je suis ce que je suis" répond la voix à Moïse dans l'Ancien Testament.

Cela ne peut être compris depuis la perspective étriquée d'un être identifié à un moi séparé se croyant aux commandes de sa vie. Le mental ne peut saisir que des choses logiques du point de vue linéaire.
Mais depuis cette perspective absolue où je suis la Vie et où je réalise que je suis cet Espace silencieux d'accueil qui ne refuse rien, en d'autres termes l'amour inconditionnel, les horreurs les plus terribles, y compris l'holocauste et les nombreux autres génocides de masse que l'humanité a connu peuvent être ressentis, explorées, goûtés pleinement.

Dan ne peut pas le faire mais ce en quoi Dan apparaît l'a déjà accueilli tout simplement en tant que ce qui est. Il est vu que la Conscience imbibe autant les chambres à gaz que les églises, les scènes d'horreur que les marches silencieuses en pleine conscience.

Voici quelques citations de Etty Hillesum ("Une vie bouleversée"), une sainte des temps modernes qui a trouvé au fond d'elle l'Amour Inconditionnel qui donne sens à ce qui pour le "moi séparé" n'a pas de sens avant d'être emportée dans les camps de concentration.
« La vie est pleine de sens dans son absurdité.»
« En fait je n'ai pas peur. Pourtant je ne suis pas brave, mais j'ai le sentiment d'avoir toujours affaire à des hommes, et la volonté de comprendre autant que je le pourrai le comportement de tout un chacun."
« Je cherche à comprendre et à disséquer les pires exactions, j'essaie toujours de retrouver la place de l'homme dans sa nudité, sa fragilité, de cet homme bien souvent introuvable. Enseveli parmi les ruines monstrueuses de ses actes absurdes. »
« La plupart des gens ont une vision conventionnelle de la vie, [...], il faut avoir le courage de se détacher de tout, de toutes normes [...] il faut oser faire le grand bond dans le cosmos : alors la vie devient infiniment riche, elle déborde de dons, même au fond de la détresse. »

Jacques Lusseyran a livré un autre témoignage bouleversant dans ses livres. Dans "Et la lumière fut", il nous parle de cette force spirituelle qu'il a puisé au fond de lui et qu'il sait être en chaque être. Son livre "Le monde commence aujourd'hui" demeure une somptueuse leçon de résilience et un chant d’amour à la vie, dont la quête a lieu partout et tout le temps, même au cœur des ténèbres et pour lui en particulier dans le camps de concentration de Buchenwald.

Il ne s'agit pas de faire l'apologie de l'horreur, de dire que tout s'équivaut et que rien n'est important, mais de voir qu'au cœur du chaos et des pires monstruosités, en amont des pensées et des jugements, il y a en chaque être cette Présence silencieuse qui accueille naturellement ce qui est.

Lors d'un déjeuner à paris avec Rupert Spira (enseignant de la voie directe, "La Transparence des Choses") et d'autres amis, je me souviens qu'il avait dit que si l'on demandait à Hitler s'il était conscient d'être conscient, il finirait pas répondre que oui comme tout humain. Il prendrait peut-être un peu plus de temps que Ramana Maharshi à répondre mais il finirait par répondre que oui.

Lorsqu'on regarde avec les yeux de l'amour, depuis le regard désencombré d'intentions et de stratégies personnelles, en amont de nos filtres égotiques, tout résonne d'amour. On comprend alors que les actions perverses et criminelles naissent des voiles de l'ignorance qui se sont surimposés sur ce regard immaculé en nous, et non pas du Regard lui-même. Cette compréhension est amour. Il est réalisé que les actions ne peuvent pas être autrement que ce qu'elles sont, vu l'obscurcissement temporaire et apparent de la Conscience. On comprend qu'il n'y a aucun choix personnel, car il n'y a personne aux commandes, juste un ensemble de conditionnements plus ou moins opaques. On comprend alors le conditionnement de chacun.


Le mental avoue son impuissance à savoir, et se résorbe dans sa source silencieuse.

C'est difficile à dessiner avec les mots, c'est même impossible. Et pourtant...

Quelque chose au fond de moi pousse encore plus fort, comme un brin d'herbe dans les lézardes d'un mur de béton pour chanter la Vie qui vibre en chaque être et en chaque chose. Cette compréhension intuitive de la non séparation des choses et des êtres, corroborée d'ailleurs par la physique quantique, ce pressentiment de l'Un, cette reconnaissance de l'amour œuvrant dans tous les formes et toutes les actions ne signifie nullement que concrètement cet organisme corps-mental-ci ne va pas se lancer dans une lutte à mort contre les nazis, les idéologies racistes, les tenants du négationnisme ou les ceux qui récusent que le dérèglement climatique soit essentiellement lié aux activités humaines !

Cela ne signifie pas que ce corps-mental ci ne va pas agir, même s'engager militairement, mais cela se fera sans haine et sans ressentiment, sans référence à une idéologie particulière ou un besoin de réparation égotique, mais par une  résonance naturelle. L'action aura lieu, car la vie n'est que mouvement et action, mais l'action ne sera pas réaction. L'action aura lieu avec la compréhension que sur un plan profond que tout est à sa place tel que c'est à chaque instant.

Voici un passage clé de la Baghavad Gita qui évoque la vie simple qui se vit à partir de la Vision Sans Tête. Un passage clé où l'homme est invité à vivre et à agir à partir ce qu'il est vraiment vraiment ! Et ce que nous sommes vraiment, Ce par quoi tout est perçu, n'agit pas, la Présence que nous sommes est impersonnelle et atemporelle. Elle est purement contemplative, hors du temps et de l'espace, simple Présence dans laquelle tout apparaît et disparaît, sans cesse.
« 17. Car il faut être au fait de l’action, au fait de l’action dévoyée, au fait de l’inaction. Les sentiers de l’action sont mystérieux.
18. Celui qui sait voir l’inaction dans l’action et l’action dans l’inaction, celui-là est sage entre les hommes ; tout en agissant sans restriction, il reste fidèle au yoga.
19. Celui qui, quoi qu’il fasse, n’obéit jamais au désir ni à un calcul d’espérance, les gens sensés le considèrent comme un sage dont les actions sont brûlées au feu de la connaissance.
20. Indifférent au fruit de l’action, toujours satisfait, libre de toute attache, si affairé qu’il puisse être, en réalité il n’agit pas.
21. Sans désir, l’esprit dompté, ayant renoncé à rien posséder, n’accomplissant que matériellement les actes, il ne contracte aucune souillure.
22. Satisfait de ce que le hasard lui apporte, également supérieur à toutes les perceptions, libre de tout égoïsme, indifférent au succès ou à l’insuccès, même en agissant il n’est point lié.
23. Pour qui, affranchi de tout attachement, délivré, la pensée solidement assise dans la vérité, s’emploie aux œuvres du sacrifice, toute activité se dissout en néant. »
Par contre et bien évidemment, il n'est jamais précisé de manière concrète ce qui doit être fait : car nous retomberions alors dans une morale humaine, un système de préférences. 


La réalisation est absolument amorale. Mais elle invite à une prise en comte de la globalité, sans léser qui que ce soit. Elle est en réalité profondément éthique. Car si vous réalisez que tout est une expression de vous, comment pourriez vous faire le moindre mal ? Lorsque vous êtes relié à la source atemporelle en vous, vous êtes le plus riche des êtres car rien ne vous manque. Les actions ne viennent plus alors d'un sentiment de manque, d'un besoin de reconnaissance, d'un besoin d'affirmer des idées ou d'imposer votre idéologie dans le monde, de la peur ou du désir. Elles sont l'expression de l'UN.


Un jour ce Haïku m'est venu :

"Mouche ou araignée
Ni victime ni bourreau
Secret de la toile"



* En 1945, Alduous Huxley (1894-1963) publia The Perennial Philosophy. Il rapproche les religions, les traditions d'Orient et d'Occident, à la recherche d'une pensée universelle, à mi-chemin de la science et de la mystique.
« Philosophie éternelle : l'expression a été trouvée par Leibniz. Mais la chose, cette métaphysique qui reconnaît qu'il y a une réalité qui est la substance même des choses matérielles, de la vie et de l'esprit ; cette psychologie qui voit dans l'âme quelque chose de semblable ou même d'identique à la réalité divine ; cette éthique qui place les buts de l'homme dans la connaissance d'un fondement transcendant et immanent à tous les êtres, cette chose est universelle et immémoriale. Les rudiments de la philosophie éternelle peuvent être trouvés dans les savoirs des peuples primitifs de toutes les régions du monde, et, sous sa forme la plus développée, elle a une place dans les plus grandes religions. »

* Paroles de la chanson de Georges Brassens

Mourir pour des idées
L'idée est excellente
Moi j'ai failli mourir de ne l'avoir pas eue
Car tous ceux qui l'avaient
Multitude accablante
En hurlant à la mort me sont tombés dessus
Ils ont su me convaincre
Et ma muse insolente
Abjurant ses erreurs se rallie à leur foi
Avec un soupçon de réserve toutefois
Mourons pour des idées, d'accord, mais de mort lente
D'accord, mais de mort lente
Jugeant qu'il n'y a pas
Péril en la demeure
Allons vers l'autre monde en flânant en chemin
Car, à forcer l'allure
Il arrive qu'on meure
Pour des idées n'ayant plus cours le lendemain
Or, s'il est une chose
Amère, désolante
En rendant l'âme à Dieu, c'est bien de constater
Qu'on a fait fausse route, qu'on s'est trompé d'idée
Mourons pour des idées, d'accord, mais de mort lente
D'accord, mais de mort lente
Les Saint Jean bouche d'or
Qui prêchent le martyre
Le plus souvent d'ailleurs, s'attardent ici-bas
Mourir pour des idées
C'est le cas de le dire
C'est leur raison de vivre, ils ne s'en privent pas
Dans presque tous les camps
On en voit qui supplantent
Bientôt Mathusalem dans la longévité
J'en conclus qu'ils doivent se dire
En aparté, "mourons pour des idées, d'accord, mais de mort lente
D'accord, mais de mort lente"
Des idées réclamant
Le fameux sacrifice
Les sectes de tout poil en offrent des séquelles
Et la question se pose
Aux victimes novices
Mourir pour des idées, c'est bien beau mais lesquelles?
Et comme toutes sont entre elles ressemblantes
Quand il les voit venir
Avec leur gros drapeau
Le sage, en hésitant
Tourne autour du tombeau, "mourons pour des idées, d'accord, mais de mort lente
D'accord, mais de mort lente"
Encore s'il suffisait
De quelques hécatombes
Pour qu'enfin tout changeât, qu'enfin tout s'arrangeât
Depuis tant de "grands soirs" que tant de têtes tombent
Au paradis sur terre, on y serait déjà
Mais l'âge d'or sans cesse
Est remis aux calendes
Les dieux ont toujours soif, n'en ont jamais assez
Et c'est la mort, la mort
Toujours recommencée, mourons pour des idées, d'accord, mais de mort lente
D'accord, mais de mort lente
Ô vous, les boutefeux
Ô vous les bons apôtres
Mourez donc les premiers, nous vous cédons le pas
Mais de grâce, morbleu!
Laissez vivre les autres!
La vie est à peu près leur seul luxe ici-bas
Car, enfin, la Camarde
Est assez vigilante
Elle n'a pas besoin qu'on lui tienne la faux
Plus de danse macabre
Autour des échafauds, mourons pour des idées, d'accord, mais de mort lente
D'accord, mais de mort lente.

NB : Un prochain stage de 9 jours aura lieu à Paris en mars, contactez-moi pour fixer une date et vous inscrire. Il y a maximum 8 participants afin que l'aspect individualisé de l'accompagnement soit préservé.

Un stage de trois jours aura lieu début Mars également.

Pour ceux qui sont intéressés par un accompagnement individuel non-duel à Paris ou par Skype, une thérapie d'accompagnement psycho-corporelle pour laisser éclore les émotions bloquées, ou une séance de réharmonisation vibratoire, veuillez me contacter 




au 06 63 76 90 81 ou sur mon mail : adnnn1967@gmail.com 
Si vous voulez vous inscrire pour les rencontres non duelles qui ont lieu de façon bi-mensuelle à chez moi dans le 19e à Paris, désormais également par vidéo-conférence (zoom) ou aux stages de we ou aux retraites de 9 jours, écrivez-moi un sms sur le numéro ci-dessus.

1 commentaire:

  1. Superbe article.
    Un grand merci.
    Ps. Pourquoi vous qualifier de Pietre porte parole?
    Je vous trouve excellent...

    Rv

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