Feel it !




Paroles et musique de Dan Speerschneider
un album pour célébrer la vie ;-)

mardi 20 septembre 2016

Vivre sans pourquoi
Du sentiment de manque à la plénitude
                                                                                  (Extrait de rencontre, Juin 2016)


Q : En ce moment je me sens submergé. Trop d'expériences douloureuses, de séparations, de deuils, d'enterrements, de déménagements, de paperasses. Stress énorme...
Je ne retrouve plus le calme.

R : Que te manque-t-il en ce moment le plus ?

Q : Le calme.

R : En un sens, pour résumer, tu pourrais dire, "tout irait très bien si je retrouvais le calme" ?

Q : Oui, c'est ça. 

R : C'est donc qu'il te semble manquer quelque chose pour être complet. Cette impression de manque est toujours liée à une croyance fausse qui n'a pas été remise complètement en question. Es-tu d'accord pour l'investiguer, pour remettre cette croyance en question et voir si ce que j'avance est également vrai pour toi dans l'expérience directe ?

Q : Oui, bien sûr. 

R : Ok. "Tout irait très bien si seulement je retrouvais le calme". Reste un peu avec ça... (Silence). 
Puis, explorons si tu veux bien, pour voir si la croyance que "tout irait très bien je retrouvais le calme" a un fondement réel. Voyons sur quoi repose cette croyance ?

...  Pourquoi te faut-il trouver le calme ?

Q : Pour aller mieux. 

R : Pourquoi veux-tu aller mieux ?

Q : Parce que sinon la vie n'a pas de sens ?

R : Pourquoi ?

Q : Parce que c'est comme ça. 

R : Pourquoi est-ce comme ça ? Tu le sais ?

Q : La vie doit avoir un sens. Je l'ai su, mais en ce moment je l'oublie.

R : Pourquoi l'oublies-tu ?

Q : Je ne sais pas. Il y a trop de choses qui sont arrivés d'un coup.

R : Pourquoi ces choses sont-elles arrivées ?

Q : Ça, personne n'y peux rien. C'est la vie. Les choses sont arrivés ainsi. C'est la loi des séries.

R : Pourquoi est-ce ainsi, sais-tu pourquoi tous ces évènements sont arrrivés ainsi ?

Q : Non, bien sûr. Ça devait être comme ça, je suppose.

R : Pourquoi cela devait-il être comme ça ?

Q : Je ne sais pas en fait. Je dis ça comme ça. Mais la vie devrait être emplie de sens et de joie, non ?

R : Pourquoi penses-tu ça ?

Q : Je l'ai toujours pensé ?

R : Ok, mais sais-tu pourquoi tu l'as pensé et le penses encore ?

Q : Je l'ai entendu dire chez certains êtres mais j'en ai aussi souvent eu le pressentiment.

R : Pourquoi as-tu eu ce pressentiment ?

Q : Lorsque j'étais proche de Dieu ou de moi-même, il y a toujours eu cette évidence.

R : Et pourquoi n'es tu pas proche de Dieu ou de toi maintenant ?

Q : Je ne sais pas. Je pense que je cherche à fuir quelque chose pour ne plus souffrir.

R : Pourquoi fais-tu ça ?

Q : Ça je ne sais pas. J'ai toujours fait ça.

R : Mais sais tu pourquoi tu as toujours fait ça.

Q ; Question d'éducation sans doute.

R : Pourquoi as-tu reçu une telle éducation ?

Q : Je suppose que mes parents eux-mêmes ne dévoilent pas facilement leurs émotions. C'est de famille ?

R : Et pourquoi fonctionnent-ils comme ça ?

Q : Leurs propres parents fonctionnaient déjà comme ça.

R : Et tu sais pourquoi ?

Q : Oui. C'est un conditionnement qui existe depuis la nuit des temps.

R : Oui. Mais sais-tu pourquoi il en a été ainsi ?

Q : C'est la Conscience qui joue ce jeu là. C'est Dieu qui l'a décidé.

R : Et sais-tu pourquoi il en est ainsi ?

Q : C'est la Conscience qui joue à se perdre pour se retrouver ?

R : Ok c'est une jolie histoire de plus. Mais sais-tu pourquoi la Conscience joue à ça ?

Q : C'est sa liberté.


R : Ok. Mais tu ne sais pas pourquoi elle est libre, n'est ce pas ?

Q : Non, ça c'est un mystère.

R : Tu ne sais vraiment pas ?

Q : Non, là je sèche, je ne sais vraiment pas. Je me sens un peu perdu là. J'ai l'impression de ne plus rien savoir.

R : Ok, reste avec ce "je ne sais pas". (Long silence) Ressens ce que cela fait de ne pas savoir.

Q : ... C'est bizarre, tu sais, ce qui me vient c'est un immense sentiment d'injustice... Je pense à mon grand-père, avec sa maladie de fin de vie et cette solitude immense. Lui qui avait été si généreux avec tout le monde...
(émotion)...  (silence)

R : Reste un peu avec cette émotion... (silence) ... Laisse-là se déployer en toi dans toutes les directions, sans intervenir, sans juger, sans justifier, sans expliquer... (silence)... Vois que l'espace dans lequel l'émotion se déploie et l'émotion ne sont pas séparés. 

Fais juste l'expérience de l'unité avec elle... (silence)... Il n'y a que l'émotion. Il n'y a que des sensations qui se déploient dans l'espace de Présence que tu es. (silence). Et, ce que cette dissolution révèle, c'est cet espace sans personne, ce "je ne sais pas", ce non savoir sans limites et sans âge que tu es, maintenant et depuis toujours. Atemporelle présence.
Là, il n'y a plus de place pour aucun savoir. (silence)

Q : En effet. Wow, que ça fait du bien. Merci. (silence)

R: Comment te sens-tu ?

Q : Je sens un grand calme partout...


R : Est-ce que tu vois la relation entre ce "je en sais pas" authentique et l'expérience de non séparation avec l'émotion et la vie ?

Q : C'est la même chose non ? Quand je ne sais plus rien, je ne cherche plus défendre un point de vue. 

R : Oui. Voilà. Quand tu ne sais plus, tu n'es plus défini par un savoir, un imaginaire, un passé, un ensemble de conditionnements. Quand tu ne sais pas, tu n'es rien de défini. Et ce rien est tout.

Ce rien qui est pur accueil accueille de façon équanime toutes les émotions. Mais tant que tu crois être quelqu'un, avec des principes, un caractère, des valeurs, tant que tu crois être une identité définie, tu veux quelque plutôt qu'autre chose et alors tu n'écoutes plus vraiment, tu ne ressens plus vraiment. Tu penses l'émotion et tu la bloques. 

Q : C'est incroyable ce passage de la tension extrême à ce calme, en quoi 5-10 mn ?

R : Le passage n'est qu'une illusion de la pensée... Le calme était déjà là. Cette complétude qui est vécue en conscience maintenant était là tout à l'heure également, mais elle était simplement voilée par la prétention à savoir, la prétention à savoir que "tu ne pourrais pas être bien tant que tu ne trouverais pas le calme".

En fait tout à l'heure tu prétendais ne pas être calme. Après avoir investigué ta prétention, elle s'est dissoute et le calme qui était déjà là est désormais cru et ressenti pleinement.

Q : Je commence à comprendre.

R : En fait tout ce qui semble séparé de ce calme que tu es, n'en a jamais été vraiment séparé. Il a juste semblé qu'il en a été comme ça. Mais ce n'est qu'au travers du langage et d'un point de vue imaginaire que tu as cru être séparé.

Q : C'est fou la puissance de l'imaginaire. Mais tout de même, je le sentais aussi. Je me sentais séparé.

R : Bien sûr tant qu'il y avait de l'énergie de croyance, il y avait une sorte d'expérience. La croyance a des effets, elle génère l'expérience. Mais toi-même, tu n'es pas une expérience. Toute expérience a un début et une fin. Toi, tu es cela en quoi les expériences vont et viennent. Tu n'as ni début ni commencement.

Q : Les mots semblent plus réels que d'habitude. 


R : Le calme qui se révèle tout d'un coup à l'avant plan, avait toujours été l'arrière plan sur lequel se déployaient les croyances, les expériences, l'idée d'être quelqu'un de séparé. Ce calme n'est pas un objet, une chose, un savoir. Ce calme-là n'est pas contenu dans une expérience particulière, pouvant être obtenu plus loin ou plus tard. Il n'est jamais séparé de toi, c'est ce que tu es déjà. Mais tu ne le réalises que lorsque tu cesses de le chercher ailleurs qu'Ici et Maintenant. Cette plénitude que tu es se révèle dés que tu réalises que tu es ce que tu cherches. Et, une façon de le réaliser est d'explorer ce que tu n'es pas, ta prétention à savoir, ta croyance d'être ceci ou cela. Car, en réalité, cette prétention à savoir ne fait que donner l'illusion que le sentiment le sentiment de séparation est vrai.

Q : C'est comme si l'illusion était super bien faite pour que l'on se fasse attraper. C'est une gymnastique mentale assez compliquée, non ?

R : Les choses n'apparaissent compliquées que dans la mesure où elles ne s'accordent pas avec ce que tu crois.

Q : C'est vrai aussi... Mais là c'est comme si j'avais compris sans comprendre. Compris sans savoir.

R : Reste avec ça. (Long silence).

Q : (Autre interlocuteur) : Ce qui m'a fasciné dans cet accompagnement c'est comment le mental se sent progressivement pris au piège. Comment le visage et le corps de "x" et toute l'énergie de la pièce changent radicalement lorsque le mental abdique. C'est très émouvant. Enfin, moi ça m'a beaucoup touché. Merci à toi pour avoir partagé l'émotion avec nous.

R : Oui. C'est beau de voir que l'émotion n'est jamais personnelle. Quand on commence à écouter vraiment il n'y a rien de personnel. C'est très émouvant. Ce n'est pas du pathos. C'est l'émotion de la vie, l'émotion de se sentir en vie, d'être conscient d'être conscient.

Q : (3eme interlocuteur) : Dans ce jeu de révélation, c'est comme si le mental était amené au bout du bout du bout de... (silence... je ne sais pas finalement... (Rires)

R : Oui, tu le dis bien. À un moment donné, en mettant la prétention à savoir en question de façon radicale, en poussant le questionnement jusqu'au bout, le mental finit par abdiquer. Il pressent sa propre limite. C'est la pensée ultime, celle qui pense sa propre limite. La pensée qui voit qu'elle ne peut atteindre ce qu'elle prétend chercher : la plénitude. Alors elle se fond en elle.

Q : Oui c'est ça. Ce sont donc toujours nos prétentions à savoirs qui voilent notre vraie nature ? Il suffit donc de jouer à ce jeu de révélation pour révéler toujours ce que je suis déjà ?

R : Oui, en quelque sorte. C'est la voie la plus directe. L'investigation du sentiment de manque. On passe nos journées à croire qu'il nous manque quelque chose alors que ce n'est jamais vrai. On a exactement ce dont on a besoin à chaque instant "t" de sa vie pour réaliser que l'on est complet, que tout va en réalité bien depuis toujours.

Q : Ça donne envie de jouer. Ça a l'air 'imparable.

R : Et ça l'est. Pourquoi, pourquoi, pourquoi, puis, à un moment donné, tu te rends compte qu'en réalité tu ne sais pas. Que la Vie est sans pourquoi. Et, dans cette réalisation la tension se résorbe dans l'espace de Présence silencieux que tu es déjà.

Mais en un sens, on pourrait également dire, qu'en se déployant complètement sans résistance, puisque qu'il n'y a plus de prétention à savoir qui la retient, l'émotion révèle avec encore plus d'acuité l'Espace conscient dont il est issu et en lequel il se résorbe.


Q : C'est vraiment à vivre, pas à penser.

R : Oui ( Rires) (Long Silence).

Q : (Le premier interlocuteur) Ça paraît simple. Mais tu peux juste me résumer cela encore s'il te plaît ? (Rires)

R : ... Il s'agit de pousser le pourquoi (la recherche de sens) jusqu'au bout, c'est à dire jusqu'à l'inévitable et authentique "je ne sais pas"... C'est seulement dans cet abandon total à l'absence de direction, dans cette abdication de toute prétention à savoir que les émotions peuvent être complètement ressenties et la plénitude de la Présence silencieuse que tu es se révéler pleinement et être goûtée en conscience....

Q : C'est d'une simplicité lumineuse. J'ai l'impression d'être passé par une sorte d'expérience à rebours pour retourner à la source. Étonnnant. Merci.

R : Restons juste avec cet émerveillement devant tous ces pointeurs que la Conscience utilise au cœur du rêve pour se rappeler qu'elle en est la substance unique. (Silence)...

Q : (Premier interlocuteur) Et cela ne va pas m'éloigner du monde, je veux dire me rendre distant des autres et devenir égoïste ?

R : Si tu veux on peut explorer cette peur ainsi que ta prétention à savoir qui lui est associée ? "Tout irait très bien si je ne m'éloignais pas des autres" ? (Rires)

Q : Non, c'est bon, finalement, je viens de voir la peur apparaître et disparaître. Je comprends le mécanisme.

R : Dans l'intensité du je ne sais pas, il y une évidence de la non séparation avec ce qui se présente qui rend propice le développement d'une intelligence globale et d'une forme de compassion naturelle pour tout ce qui est. C'est ta nature véritable, Une et non personnelle, sans limites et sans âge. Toute expérience est toujours non séparée. Ce n'est que la croyance dans le langage duel qui nous donne momentanément l'impression que l'expérience est divisée entre un sujet qui perçoit et un objet qui est perçu. En réalisant que la croyance en la séparation ne correspond pas à ton expérience directe, elle tombe d'elle-même. C'est inéluctable et indicible. C'est cette indicible évidence de la non séparation qui faisait dire à Krishnamurti : "Je suis le monde". Et ne peux tu pas le dire également maintenant ? 

Q : "Je suis le monde". Oui cela semble évident maintenant.


R : Loin d'être une attitude de distanciation de ce qui apparaîtrait comme problématique ou douloureux, le "je ne sais pas" authentique révèle notre nature non séparée. Libéré de la prétention à savoir ce qui est bien ou mal, juste ou injuste, convenable ou inconvenable, beau ou laid, le corps-mental s'intègre avec encore plus d'harmonie dans l'environnement. 

Q : Oui cela semble plein de bon sens. Dans cette paix on se sent naturellement concerné.

R : Très concerné oui, au point de reconnaître que je ne suis pas séparé de ce qui se présente. Ça ne pas être plus intime que ça. La vie c'est sentir. Sans commentaires. 

Vivre "Je suis l'expérience" ("Je suis le sentiment de souffrance" ou "Je suis l'idée qu'il me manque quelque chose") n'est pas conceptualisable. C'est une intimité non pensable, à déguster sans modération et qui révèle inexorablement ce que nous sommes déjà... C'est pour cela qu'on peut appeller ces jeux des "jeux de révélation". Ce ne sont pas des pratiques pour devenir quelque chose de plus ou de mieux plus tard. Ce sont des jeux qui font tomber l'illusion de la séparation pour révéler ce que nous sommes déjà maintenant : La Présence non duelle, source de tout ce qui est. Ce sont des jeux de reconnaisance, des jeux de réalissation, comme les jeux de l'investigation de la voie directe par le questionnement qui suis-je ?

Q : Mais avant d'en arriver au "je ne sais pas", il y a quand même fallu un temps pour passer par les résistances.

R : Les résistances sont les différentes prétentions à savoir, ou les croyances si tu préfères. Tant que l'on croit savoir, on croit au temps et à la voie progressive, on croit à l'idée d'un individu devant s'améliorer pour se réaliser. La réalisation de sa véritable nature de Conscience infinie et sans âge, ne dépend ni de la pensée, ni du temps.
Mais il est vrai que la prétention à savoir doit impérativement retourner au non savoir pour que la source puisse se réaliser comme source. 

Q : (4 eme interlocuteur) : Se trouver c'est se perdre.

R : J'adore comme formulation. 

Lorsque je réalise que je ne sais rien, il n'y a plus de direction vers une issue particulière, je ne suis plus en train de me chercher dans une direction particulière, ni de cibler mon attention dans une voie particulière. Dans cette absence de direction et de savoir, dans cet absence de sens, je trouve paradoxalement le sens véritable que je cherchais. Car c'est toujours moi-même que je trouve lorsque je cessse de me chercher au bout d'un chemin particulier. 

C'est pour cela qu'il faut allait au bout du pourquoi, pour qu'il soit réalisé que le mental ne peut donner la réponse. Il semble effectivement qu'il faille épuiser toutes les issues. Tant que le mental croit qu'il peut trouver par lui-même la plénitude c'est l'enfer.

Q : Une chose est de le dire une autre chose est de le vivre comme je le vis maintenant. J'avais déjà entendu ce message, mais là j'ai le sentiment de le vivre. C'est beau. Je n'ai pas de mots.

R : ... Justement...

... C'est pourquoi l'invitation est de jouer vraiment. Sans modération. Jouer avec toutes nos résistances, nos peurs et nos désirs. Mettre en jeu toutes nos croyances. Mettre en jeu la croyance d'être quelqu'un. Se remettre en jeu soi-même. Pour le plaisir de tout perdre et tout gagner. Et se servir de la résistance comme une porte vers soi-même. Car la résistance est toujours la porte la plus directe...

R : Alors est ce que quelqu'un a envie de jouer,  de se mettre en jeu ?

...

R : Je repose la question autrement ? Voyez si il y a en vous le moindre désir de compléter cette phrase :

                                                    "Tout irait très bien si seulement"... ?

NB : Pour ceux qui sont intéressés par un accompagnement individuel non-duel à Paris ou par Skype ou une séance d'accompagnement psycho-corporelle pour laisser éclore les émotions bloquées, veuillez me contacter au 06 63 76 90 81 ou sur mon mail : adnnn1967@gmail.com

Si vous voulez vous inscrire pour les rencontres non duelles (sur la base d'une participation en conscience) qui ont lieu de façon bi-mensuelle à chez moi dans le 19e à Paris, écrivez-moi un sms sur le numéro ci-dessus.

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