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Paroles et musique de Dan Speerschneider
un album pour célébrer la vie ;-)

mercredi 25 février 2015

L’invitation paradoxale


Les êtres humains sont de façon très majoritaire pris au piège de ce mécanisme récurrent qui consiste à se définir sans cesse. Ils finissent par faire « comme si » ils étaient les définitions. Nous sommes sans cesse en train de croire à une histoire (positive ou négative qu’importe) et prêter foi à des scénarios imaginaires. Les scénarios varient bien sûr, ils sont même d'une richesse hallucinante, au sens propre.  Mais immanquablement, nous leur accordons de l’intérêt et de l’importance et ainsi un semblant de vie et une illusion d’existence. Ce mécanisme d’identification donne lieu à la croyance et à l’impression de séparation qui génère le sentiment de manque et donc de souffrance. Le mécanisme d’identification génère une forme de refus par rapport à la réalité. Nous donnons plus de crédit à ce qui est représenté qu’à ce qui se présente. Or, dés que nous nous attachons à nos belles histoires et à nos prétentions à savoir, nous entrons presto illico en résistance avec la réalité. Nous pensons la vie au lieu de ressentir la vie. Ce filtrage est invariablement, source de contraction et de souffrance.
Au moment où une exploration sincère de ce filtre a lieu, cette trame de croyances en apparence solide et continue s’éclipse instantanément. Dés qu’un regard sans personne constate ce qui surgit en son sein, tout l’imaginaire gravitant autour d’un centre imaginaire appelé le moi s’effondre.
Si cet cet examen est réalisé dans une totale ouverture, sans but ou motivation particuliers, mais avec équanimité et bienveillance, nous nous rendons très vite compte que toutes les définitions que nous avons de nous-mêmes, des autres et du monde, ainsi que tous nos pseudo savoirs, se dissolvent instantanément dans ce regard de transparence qui ne fait que constater. Dés qu’il est vu pour ce qu’il est, le mécanisme de formation de scénarios s’arrête.


Nous découvrons alors que nous ne sommes en rien ce fatras d’images et de sensations. Nous réalisons que nous sommes Cela qui est conscient des images et des définitions et que Cela que nous sommes réellement n’est pas et n’a jamais été affecté en aucune sorte par ces scénarios.
On ne peut pas faire de ce regard une technique ou une pratique. C’est là le piège diablement brillant dans lequel s’enferrent la grande majorité des chercheurs spirituels et des voies progressives de connaissance de soi et de bien être qui font miroiter un possible accomplissement au travers d'un effort  ou d'une pratique et le mirage d’un avenir radieux.


L’invitation paradoxale est un chemin sans chemin pour retourner en ce nous-mêmes que nous n’avons en réalité jamais quitté, sauf en imaginaire et par aveuglement manifeste.
Ce regard conscient et ouvert, sans désirs et sans peurs, est ce que nous sommes depuis toujours. Le temps et l’espace apparaissent au sein de ce regard. L’univers tout entier, la terre, les objets et les êtres, nos corps, nos pensées et nos émotions, tout ce qui est sont des apparitions-disparitions au sein de ce regard conscient. Comment pourrions nous apprendre à être ce regard ? Ne le sommes nous pas déjà ? En cet instant, une présence silencieuse est consciente de ces mots, de ces sons, de ces images. Si des commentaires apparaissent, ils apparaissent au sein de cette présence silencieuse, au sein de ce regard sans personne. Constatez-le par vous-mêmes. Maintenant et Ici. Vous êtes ce regard. Nous sommes ce regard. Ce regard déjà là, avant même l’apparition des pensées ou perceptions. Toute expérience est expérimentée au sein de la Présence silencieuse que nous sommes. Sans cette Présence silencieuse que Je suis, il n’y pas d’expérience possible.


Il est donc envisageable que l’énergie de croyance cesse de coller aux images et aux définitions. Comment ? Lorsque le mental réalise ses propres limites. Quand le mental s’informe de sa nature véritable de chose perçue au sein de la Présence silencieuse, il cesse de croire qu’il est vivant, présent et conscient. La pensée comprend qu’elle ne pense pas mais qu’elle est simplement constatée. Le mental perçu réalise qu’il n’est qu’un personnage du film apparaissant sur l’écran de la Présence silencieuse, un simple reflet dévoilant la beauté du miroir de la Conscience, une vague se prenant pour une vague individuelle réalisant soudain qu’elle n’est qu’une manifestation momentanée de l’Océan tout entier, une marionnette sans vie réelle qui s’agite au gré de la créativité spontanée du Marionnettiste Unique, une forme vécue et accueillie au sein du Sans Forme.


En réalité il serait plus juste de dire que c’est la Conscience qui, de façon directe et intuitive, se réalise elle-même en tant que Conscience et cesse de s’identifier au mental. Le mental n’a en soi aucune qualité de présence ou de conscience autre que celle que lui donne la Conscience Une et Impersonnelle. C’est le Sans Forme qui réalise que sa nature absolue est Sans Forme que sa nature absolue ne dépend pas des formes qu’il manifeste. Il réalise qu’il transcende les formes et cesse de s’oublier en elles.
C’est alors que se délitent les croyances suivantes : Celles d’être une personne séparée, penseur pensant ses pensées, la croyance d’être l’auteur personnel de ses actions, d’être un objet en prise avec d’autres objets devant faire des efforts pour être heureux et se sentir complet, celle d’être un centre de contrôle pouvant et devant contrôler la vie, la croyance en la possibilité de rater ou réussir quelque chose appelée « sa vie », la possibilité d’avoir un libre arbitre, l’idée saugrenue d’être coupable ou innocent, de ressentir de la honte ou de la fierté, d’être aux manettes d’un jeu de pouvoir pervers d’entités recherchant leur accomplissement au travers de scénarios favorables, l’idée même d’une responsabilité individuelle.  Toutes ces croyances erronées fondent alors comme la neige au soleil. La liste n’est pas exhaustive. Mais soudain il est réalisé que toute croyance prend racine dans un espace de non savoir. Et que vous êtes cet espace de non savoir.
Et comment se sent-on ainsi ? N'est-ce pas absolument tranquille, paisible, doux, joyeux, libre, spacieux que de réaliser que je suis ce regard sans personne ? N'est ce pas étonnant de vivre à partir de cette absence de moi ? N'est pas émerveillant de regarder les formes et les couleurs depuis ce regard de transparence, depuis cette ouverture déjà éveillée ?



Ainsi, pour votre sécurité demeurez aussi vulnérable que possible. Restez ouvert à la possibilité que ce que vous appelez la réalité, votre réalité, ne soit peut-être qu’après examen direct et sincère qu’une croyance transparente. Car la découverte d'une croyance transparente se fait en inversant la flèche de l'attention à 180 degrés vers sa propre source. L’art de la présence est un art de l’écoute de l’Invisible depuis l’Invisible.

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