Feel it !




Paroles et musique de Dan Speerschneider
un album pour célébrer la vie ;-)

dimanche 3 mai 2026

Une pratique non duelle quotidienne

 


Au réveil, avant même de me lever, je remarque qu’il y a ce moment très simple que l’on traverse souvent sans le remarquer. Quand les yeux s’ouvrent, le monde revient, les pensées recommencent à s’organiser, et presque immédiatement la journée s’élance. Et pourtant, juste là, dans ce frêle intervalle, quelque chose est déjà présent, avant même toute intention, avant même toute histoire.

Je prends le temps de ne pas bouger tout de suite. Juste rester allongé quelques instants, sans chercher à faire, ni chercher à comprendre. Sentir simplement ce qui est là. La chaleur du corps, l’impression de poids dans le lit, la respiration qui va et vient sans effort. Peut-être une émotion diffuse, une tension subtile ou grossière, ou une impression d’ouverture. Mais il n’y a là absolument rien à corriger, rien à orienter. Juste sentir c’est à dire être avec ce qui se présente sans pensée. 


C’est une de mes pratiques presque quotidiennes depuis plus de vingt-cinq ans. Parfois cela ne dure que quelques  minutes, parfois cela s’étire jusqu’à une demi-heure. La durée importe peu. Ce qui compte, c’est cette disponibilité à ce qui est déjà là, avant que le corps se mette en activité. Je le fais en général allongé dans mon lit mais cela peut aussi se faire assis. 


Je m’adonne alors à cette joie très simple de sentir, sans jugement, sans comparaison, sans justification l’état qui et le mien, les émotions du moment, les résidus mentaux, les sensations.



Il n’y a rien à améliorer, rien à transformer. Et, de façon presque étonnante, une joie apparaît dans le simple fait de sentir, indépendamment même de ce qui est senti. Qu’il y ait de la douceur ou de l’inconfort, de l’ouverture ou de la résistance, cela ne change rien à cette qualité de présence.


C’est, d’une certaine manière, une sorte de neti neti d’amour. Non pas en rejetant ce qui apparaît, mais en le laissant être pleinement senti, sans s’y accrocher, sans s’y définir. Chaque sensation, chaque mouvement intérieur est accueilli puis laissé libre, et ce qui demeure n’est plus une expérience particulière, mais une intimité sans centre.


Sentir ainsi amène une proximité très profonde avec ce qui est là, au point que la séparation habituelle entre un sujet qui observe et un objet observé ne tient plus vraiment. Peu à peu, cette distance se dissout. Il n’y a plus quelqu’un d’un côté et quelque chose de l’autre.


C’est comme un bain d’intimité silencieuse, qui ne dépend de rien et qui, pourtant, imprègne tout. Et de ce bain naît une disponibilité simple pour la journée à venir. Rien à forcer, rien à réussir. Juste laisser la vie se déployer à partir de cette évidence déjà là. Quand le corps est redevenu pure transparence je sais qu’il est temps de me lever et de commencer ma journée. 

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