Voir une structure psychique défensive, constamment en guerre, qui ne sait exister qu’en écrasant ou en humiliant, peut naturellement faire naître de la compassion. Non pas une compassion sentimentale ou naïve, mais une compréhension claire de la source de la violence. La violence ne surgit jamais du vide ou de l’ouverture consciente et transparente au dessus de tes épaules que l’on nome la vision sans tête. Elle est toujours l’expression d’une erreur identitaire et d’une peur extrême, d’un sentiment d’insécurité radical, d’une incapacité à se sentir exister sans s’imposer. L’amour du Soi étant ignoré on le cherche désespérément à l’extérieur comme un vampire exigeant l’attention des autres. En ce sens, oui, la violence est presque toujours le signe d’une souffrance extrême. Ça il faut le voir, le comprendre, le sentir, en soi d’abord puis en chaque personne. Cette compréhension si elle descend dans le cœur génère de la compassion.
Mais, et c’est là le point essentiel, cette compassion n’implique en rien la passivité. Elle n’implique ni l’excuse, ni la tolérance de l’abus, ni le renoncement à l’action. Au contraire. Lorsqu’elle est réelle, la compassion clarifie l’action. Elle empêche la haine, mais elle n’empêche pas la fermeté. Elle ne confond pas compréhension et permissivité.
Dans une perspective non duelle, agir contre l’abus de pouvoir n’est pas un acte de rejet de l’autre, mais un acte de protection du vivant. Comme on retient un enfant qui frappe, non par vengeance, mais parce que laisser faire serait une autre forme de violence. L’action juste ne naît pas de la colère, mais de la lucidité. Et la lucidité peut dire non sans haine, poser des limites sans déshumaniser.
C’est un point crucial, souvent mal compris. La non-dualité n’est pas une anesthésie morale. Elle n’est pas un “tout est égal”. Elle voit que la souffrance est à l’origine de la violence, et précisément pour cela, elle ne la laisse pas se déployer sans réponse. La compassion authentique inclut la responsabilité. Elle inclut le refus clair de l’abus. Elle inclut l’action, parfois très ferme, quand elle est nécessaire.
On pourrait presque dire ceci. La haine combat la personne. La lucidité protège le réel. Et c’est seulement depuis cette lucidité que l’action peut être à la fois juste, efficiente et profondément humaine.
Etre humain comme on dit c’est au final reconnaître notre nature divine…
Que la joie et la paix de ta nature divine rayonnent en toi et autour de toi..
Amor Fati

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