« On ne possède que ce à quoi on renonce. Ce à quoi on ne renonce pas nous échappe. En ce sens, on ne peut posséder quoi que ce soit sans passer par Dieu. » Simone Weil, (« La pesanteur et la grâce »)
Renoncer, ici, ne signifie pas abandonner ce que l’on aime ni devenir indifférent. Cela signifie renoncer à l’idée que quelque chose pourrait véritablement nous appartenir personnellement. Une autre personne, un amour, un enfant, un corps, une situation, une réussite, tout ce que nous essayons de retenir finit par nous échapper, puisque toute forme est appelée à changer. Comme le disait déjà le joli titre du film de Frank Capra (1938) : « Vous ne l’emporterez pas avec vous. »
Ce à quoi nous renonçons intérieurement peut enfin être pleinement accueilli, car nous ne cherchons plus à le saisir, à l’immobiliser ou à le ramener sans cesse à nous-mêmes. Nous lui permettons d’exister librement, dans sa présence comme dans son absence, dans sa permanence comme dans son changement. Nous cessons de vouloir l’enfermer dans nos attentes, nos peurs et notre besoin de sécurité. Nous le laissons être ce qu’il est. Alors seulement, nous le rencontrons vraiment.
Passer par Dieu, dans une perspective non duelle, c’est laisser toute chose retourner à la Conscience que je suis et dont elle n’a jamais été séparée. Rien ne m’appartient personnellement et pourtant rien n’est extérieur à ce que je suis réellement. Le renoncement ne me prive donc pas du monde. Il me délivre de l’illusion d’être quelqu’un et de l’imaginaire d’une quelconque possession personnelle, pour me rendre disponible à une véritable intimité avec tout ce qui apparaît.
Ce que je veux garder m’échappe. Ce à quoi je renonce ne disparaît pas, mais cesse de m’apparaître comme étant extérieur. Car au plus profond, il n’y a jamais eu deux, puisque tout apparaît dans la Conscience que je suis.
Je te souhaite de réaliser que Tu es essentiellement la Conscience et que l’univers entier dépend de cette Conscience pour apparaître.
Où ? Ici !
Quand ? Maintenant !
Amor Fati.

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