Feel it !




Paroles et musique de Dan Speerschneider
un album pour célébrer la vie ;-)

mercredi 8 juillet 2026

Au pied du mur


Quand je suis au pied du mur, que mes espoirs se sont cognés contre le mur de la réalité, qu'il n'y a plus d'issue, un arrêt se fait.


Plus d'échappatoire vers un au-delà de l'ici et du maintenant. Toute pensée se lézarde et le futur même s'est dissout.


Que reste-t-il après un choc avec le mur de la réalité ? Plus d'échappatoire vers un au-delà de l'ici et du maintenant. Toute pensée se lézarde et le futur même est en miettes.


On est complètement sonné. Et si l'on devient intime avec ce gong de douleur qui vibre des pieds à la tête, si l'on y consent, si l'on s'y abandonne, entièrement, complètement, totalement... 


Une sensation d'impuissance vous monte alors des entrailles et envahit tout le corps. 


Vous savez qu'aucun secours ne viendra de là-bas, du dehors, des autres, de cet imaginaire jadis si créatif et prolifique. Tout se consume soudain sur le bûcher de l'Ici et du Maintenant.


Plus de savoir, plus de vouloir. Vous ne savez ni qui vous êtes, ni où vous êtes. Vous savez juste que vous êtes et cela suffit. Le miracle sans bruit du Je Suis se révèle au cœur de la tourmente, dans le vif de la blessure. Un vide abyssal. Et pourtant si merveilleusement plein déjà.


Lorsqu'on est sans issue, il y a la porte de l'impuissance, cette impuissance qui nous submerge et dissout tous nos rêves et ouvre sur un espace de Conscience : Je suis.


Alors il est possible de voir une apparence de porte en nous même. Cette porte dont Rumi a parlé et qui, lorsque vous la poussez, s'ouvre ... de l'intérieur...


L'impuissance ne consume que le faux moi et la cohorte des je suis ceci et des je suis cela, pour ne laisser se révéler que le je suis véritable, le je suis pré verbal.


L'impuissance s'ouvre toujours sur un plus vaste que soi-même. Que seules les larmes, des larmes de reconnaissance peuvent exprimer... Car cette joie là n'est pas de ce monde. Elle n'est d'aucun espace temps.

Elle n'appartient à personne. C'est une joie si pure, que même en parler vous laisse un léger goût d'amertume. Il y a une douceur qui n’est pas de ce monde, même dans l’amertume. Au travers de l'épreuve de l'impuissance le petit moi est crucifié pour que se révèle notre être véritable,

Le Je Suis, qui n'est d'aucun temps parce qu'il les contient tous. Le Je Suis de Jésus se révèle vraiment à travers l'épreuve de la croix où l'Être qui est amour se révèle être d'un amour plus fort que la mort. 


Chacun d'entre nous avons connu ces instants où nos rêves ont été crucifiés. Et chaque écroulement de nos rêves de confort et d'avenir ont été des occasions de se désidentifier de nos fausses croyances pour renaître à notre vraie nature de Présence atemporelle.


"Avant qu'Abraham ne fut je suis" disait le Christ.


Et n'oublions pas que nous aussi  "pauvres pêcheurs" sommes infiniment riches de cet être sans définition et sans limites.


Amor Fati