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Paroles et musique de Dan Speerschneider
un album pour célébrer la vie ;-)

dimanche 17 mars 2024

La seule issue à la souffrance : Reconnaître l'illusion

 



Il est possible de sortir du cercle vicieux de la peur de la confusion et du sentiment de manque. La souffrance n’est pas une option obligatoire. 

Nous avons juste pris l’habitude de vivre dans une fascination continuelle pour le film et plus généralement pour tout ce que nous donne à voir nos sens. Nous vivons dans une sorte d’hypnose quotidienne où notre attention est sans cesse captivée par le spectacle des pensées et dqes perceptions transitoires. 


De ce fait nous nous sommes exclusivement identifiés à l’idée d’être une personne séparée, auteure des pensée et des actes. Non seulement nous croyons être une personne séparée, disposer d’une conscience séparée du monde et des autres, mais nous avons l’impression d’être séparé, nous nous sentons séparé. C’est cette impression de séparation qui nous fait éprouver ce que l’on nomme la souffrance, non pas la douleur physique, mais la douleur du sentiment de manque, cette nostalgie qui nous tenaille au fond de nos entrailles, ce « heimweh » comme on dit en allemand, la "douleur de la maison", le sentiment de s’être éloigné de l’Être, de notre vraie nature. 


L’impression de séparation que nous éprouvons semble en retour valider que la croyance « je suis une personne séparée » est vraie. C’est une bulle d’irréalité qui se maintient artificieusement par une sorte de boucle infernale auto validante entre sensation et croyance, dans laquelle  99,99% des humains se sont laissés enfermer. 

C’est là le plus grand tabou de l’humanité et certainement la cause de tous les conflits dans le monde et également de la catastrophe environnementale en train d’advenir sous nos yeux. 


Il peut certes dans une certaine mesure être opportun d’explorer nos traumatismes d’enfance, de dénouer les nœuds émotionnels, et d’améliorer notre histoire personnelle et la situation dans le monde.  Mais tant que nous ne réalisons pas la racine même de la souffrance et des conflits, toutes nos tentatives d’en sortir ne seront que des coups d’épée dans l’eau, une sorte d’ajournement. 


Pour sortir de la transe douloureuse dans laquelle nous nous trouvons, le message est d’une simplicité désarçonnante : le bonheur que nous cherchons tous en espérant voir tel ou tel changement de situation, ou voir telle ou telle expérience advenir, est déjà pleinement présent en nous. 


Je suis le bonheur que je cherche mais il est voilé par la recherche même. La joie la paix et l’amour inhérents à ma vraie nature sont voilés par l’attente d’une expérience meilleure plus tard que maintenant et ailleurs qu’ici !


Dés que vous attendez quelque chose de mieux plus tard que maintenant et ailleurs qu’ici, l’attention est figé sur un imaginaire et ignorant de sa propre source. L’espoir génère le désespoir. 


Tel le prestidigitateur qui détourne notre attention pour nous faire croire a la réalité de son tour de magie, nous avons cru que l’illusion de séparation était réelle. La souffrance est donc une simple erreur d’inattention, une simple erreur identitaire, une ignorance. Et comment sortir de l’ignorance sinon par la connaissance ?


En effet, nous pouvons à tout instant cesser d’être inattentifs à l’essentiel. Il nous est possible de regagner notre souveraineté, et de re dé couvrir la vérité. Cesser de couvrir de ce qui est déjà là. Cesser d’ignorer notre véritable nature de paix et de joie. 


Quand ? Maintenant !

Où ? Ici !


Comme nous le rappelait Adi Shankaracharya dans son merveilleux poème, le Nirvanashatkam (la Sixtaine de l’extinction du moi) dans le  « refrain » terminant chacune des 6 strophes de 4 vers chacune :

« Sous forme de conscience et de béatitude Je suis Shiva, Je Suis Shiva »

(Shankara désigne ici l’Absolu par Shiva car il était Shivaïste).


Quand nous avons écarté de nous tout ce qui n’est pas essentiel à notre être, notre être véritable se révèle dans toute sa splendeur comme ayant toujours été là, en arrière plan de toute perception et toute expérience.


 Ainsi, l’éveil n’est pas le fruit de l’addition d’un nouveau savoir mais la remémoration d’un savoir que nous connaissions déjà mais auquel nous avions juste été inattentifsLa Présence déjà éveillée se révèle donc par la soustraction de tous ce que nous ne sommes pas. 


C’est dans la Brihadaranyaka Upanishad qu’apparaît pour la première fois la tentative de définition de Brahman, L’absolu, et cette définition est négative, il y est dit qu’il n’est ni ceci ni cela (neti neti). 


Nisargadatta Maharaj quand on lui demandait qui il était répondait parfois : « Je suis la négation ultime de tout ce que je ne suis pas ».


Toi aussi ami lecteur tu peux affirmer cela et le réaliser sur le champ. 


La voie la plus directe, la voie authentique est toujours une voie négative, une voie apophatique. 


L’être redevient simplement conscient de Lui-même dans une sorte d’expérience d’aperception où le sujet et l’objet se confondent. Ici et maintenant sont le lieu et le temps de l’épiphanie. 


Épiphanie est un mot qui signifie manifestation. Pour les orthodoxes, aussi appelée Théophanie, elle marque la reconnaissance de Jésus comme Fils de Dieu. Et chaque Un d'entre nous ne sommes nous pas fils de Dieu ? Ne pouvons nous pas nous rappeler qu'avant d'être ceci ou cela, avant même les pensées et les perceptions Je suis ? Et ce Je suis, ce simple fait d'être conscient d'être conscient, n'est-ce pas justement la première trace de Dieu en nous ?


L'épiphanie, c’est tout simplement ce moment où l’on se défait de l’ignorance qui consiste à s’identifier à un objet, où on cesse de se croire  une personne séparée, où l’on cesse d’adhérer à la croyance « je suis auteur des pensées et des actes et séparé des autres et du monde ». 

Épiphanie désigne en réalité ce que d’aucune nomment l’éveil, quand le Sujet se réalise pleinement Lui-même, où Je coïncide avec Je et cesse d’être hypnotisé par les pensées et les perceptions. 


 Les soufis aussi nous disent que la seule voie pour connaître Dieu est de s’anéantir dans Son unicité ; C’est ainsi que l’homme réalise éprouve directement que son être et celui du monde n’ont pas de teneur réelle : le savoir trompeur d’être un sujet autonome est dissoute, la dualité sujet-objet est transcendée puisque le moi séparé s’est volatilisé. En termes mystiques, l’amant est devenu l’Aimé, le contemplant le Contemplé. 


Le fanâ (signifie en arabe extinction du moi comme le mot nirvâna en sanscrit) est vécu comme une libération des souffrances qu’occasionnent les croyances limitantes de l’ego.

 Il n’y a pas d’autre issue au cercle vicieux de la souffrance de se croire une conscience individuelle et conditionnée, en effet, que de dissoudre celle-ci. 


Cette immersion dans « l’océan de l’Unicité » s’accompagne d’une ivresse (« sukr ») sans pareille. 


Comme le dit Jésus dans l’évangile de Thomas :


« Que celui qui cherche ne cesse pas de chercher, jusqu'à ce qu'il trouve. Et quand il aura trouvé, il sera troublé ; quand il sera troublé, il sera émerveillé, et il régnera sur le Tout. »


Paix et amour 



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