Cette question revient souvent : « Comment savoir si la paix que je ressens est la paix du Soi ? » Et pourtant, au plus profond, il n’y a qu’une seule paix, vaste et indivisible. Il n’existe pas une paix ordinaire et une paix spirituelle, mais une seule présence silencieuse qui se dévoile chaque fois que les frontières se dissolvent, ne serait-ce qu’un instant, comme une éclaircie dans le ciel.
Au commencement, cette paix semble n’être qu’un état parmi d’autres, un nuage d’azur suspendu entre les masses mouvantes de notre ciel intérieur. Elle apparaît, fragile et précieuse, au milieu des nuages blancs et gris de nos pensées et de nos émotions. Nous voudrions la retenir, la garder près de nous, comme on tente de saisir une lumière fugitive. Mais si l’on demeure, attentif et immobile, quelque chose se révèle doucement. Ce que nous prenions pour un nuage se dissout dans une évidence plus vaste. Cette paix ne flotte pas dans le ciel de la conscience, elle est ce ciel lui même. Les pensées, les émotions, les joies et les peines vont et viennent comme les nuages. La paix, elle, ne passe pas. Elle est l’espace ouvert dans lequel tout apparaît et disparaît.
L’éveil n’ajoute rien. Il nous invite seulement à reconnaître cette évidence, puis à avoir l’audace de la vivre. Peu à peu, la conviction cesse d’être seulement intellectuelle. Elle devient une confiance silencieuse qui demeure au cœur même des changements de la vie. C’est peut être cela, finalement, la véritable liberté.

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