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Paroles et musique de Dan Speerschneider
un album pour célébrer la vie ;-)

mardi 7 avril 2026

Considère tout l’univers comme un rêve …


 « Considère tout l’univers comme un rêve, comme une illusion, comme une cité de nuages. Reconnais alors Bhairava. » (Vijñāna Bhairava Tantra, trad. Lilian Silburn)

Ce verset m’a toujours fasciné, parce que je vois bien que ce n’est pas une idée pour moi, c’est quelque chose qui peut se vérifier très simplement, presque à volonté.

Cela ne se passe pas dans un état particulier, ni dans une transe, ni ailleurs. Cela se passe ici, dans ce que l’on appelle l’état de veille. Immédiatement accessible à chacun d’entre nous. Vraiment.

Il suffit parfois d’un très léger déplacement, une sorte de pincée d’imaginaire, non pas pour fuir le réel, mais pour relâcher la manière habituelle de le prendre. Et aussitôt, quelque chose bascule.

Le monde est toujours là, inchangé en apparence, et pourtant il perd sa lourdeur. Les formes apparaissent comme en suspension, presque translucides. Comme un hologramme soutenu par une lumière qui n’est pas dans les choses mais qui les rend possibles.

Et très vite, cela devient encore plus simple, plus direct.


Tu vois que cela apparaît dans ce que tu es. Vraiment, vraiment.


Alors quelque chose se retourne complètement. Et dans ce retournement, le « secret ouvert », déjà pleinement ouvert, se re découvre et se révèle dans toute sa splendeur.

Tu ne regardes plus un monde extérieur à toi. Tu vois le monde émerger de toi et se dissoudre en toi, instant après instant. Quelle merveille ! Soudain le monde entier est réenchanté. 

Comme le dit l’Ashtavakra Gita :

« Je suis comme l’océan, le monde est comme les vagues ; en réalité, il n’est rien d’autre que moi. » (Ashtavakra Gita, II, 1)

Et ce retournement n’est pas froid, ni abstrait. Il ouvre immédiatement le cœur.

Parce que si tout apparaît dans ce que tu es, alors rien n’est étranger. Rien n’est séparé. Et ce que tu es ne peut plus être vécu comme neutre ou indifférent. C’est vivant, intime, et tellement  sensible.

Peu à peu, ou parfois d’un coup, tu reconnais que tout est fait de la même substance, et que cette “substance” n’est pas matérielle au sens habituel, mais profondément affective, vibrante.


On pourrait dire, sans exagération, que la nature de l’univers est amour. Pas un amour personnel ou émotionnel, dirigé vers quelque chose ou quelqu’un en particulier. Mais une intimité fondamentale avec tout ce qui apparaît, toute forme et tout être. Une absence totale de distance.

Alors le verset prend une autre dimension. « Considère tout l’univers comme un rêve… » Oui. Mais un rêve aimé de l’intérieur, un rêve qui n’est jamais séparé de ce qui le connaît. Et cette reconnaissance, si elle doit se faire pleinement, ce n’est ni plus tard, ni ailleurs.

Quand ? Maintenant.

Où ? Ici.

Amor Fati


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