Feel it !




Paroles et musique de Dan Speerschneider
un album pour célébrer la vie ;-)

vendredi 13 novembre 2015

Le refoulement de l'Être


Nous prétendons souffrir de toutes sortes de refoulements. Freud insistait presque de façon obsessionnelle sur le refoulement sexuel et interprétait toutes les actions humaines au travers de ce filtre. Même l'expérience mystique relaté par son ami, l'écrivain Romain Roland, auprès d'un sage indien (correspondance) fut expliquée par Freud au travers de ce filtre réducteur. Cette vision a pu apporter un certain nombre d'éclairages à une époque où à Vienne et ailleurs en Occident l'énergie sexuelle était particulièrement taboue et bloquée, mais à un moment donné on en mesure également les limites. Celui qui refoule sa colère et donc sa violence finit également par exploser au grand jour et j'en sais quelque chose. Le refoulement de nos chocs émotionnels comme incrustés dans la mémoire de la peau, des organes et des cellules nous font parfois zigzaguer dans nos vies comme des zombies hagards et sans boussole. Nous pouvons également souffrir du refoulement de notre créativité, d'un besoin de reconnaissance, de souffrances indicibles, d'un besoin inassouvi d'amour ou d'un besoin de tendresse et de tant et tant de choses. 

Il est fort intéressant d'éclairer nos refoulements et d'en devenir pleinement conscient. Notre santé émotionnelle et mentale en dépend en grande partie. Nos relations avec nous-mêmes, les autres et le monde découlent en grande partie de ces prises de conscience successives qui sont l'étoffe de la véritable sagesse. Car au fond c'est toujours la Vérité qui guérit.

Cependant, de tous les refoulements, celui qui est la racine de tous les autres refoulements et qui cause le plus de dégâts dans nos vies est incontestablement le refoulement de notre être véritable. C'est celui dont tout le monde ou presque souffre mais que personne ou presque ne remarque. In fine toute souffrance vient toujours de la non reconnaissance de ce que nous sommes vraiment. 


On peut être obsédé par son âge et regretter sa jeunesse ou un événement qui a eu lieu dans le passé et passer le reste de sa vie à défaire et refaire mille fois le scénario. On peut se stresser à propos d'un espoir que quelque chose change dans l'avenir et construire des arborescences de pensées d'une complexité incroyable à propos de ce désir. Mais au final c'est toujours de l'oubli de l'éternelle Présence que nous sommes dont nous souffrons.

On peut être en apparence dérouté, désespéré ou fasciné par l'image de son visage dans le miroir, dans sa pensée ou la pensée imaginée des autres, mais c'est toujours de l'espace vacant et conscient au-dessus de nos épaules, l'ouverture sans visage dont nous sommes réellement nostalgiques. 

On peut croire que notre vie dépend de la réussite d'un certain nombre de choses et tenter de la maintenir dans les sillons de l'ambition et les arcanes du pouvoir, mais c'est toujours notre carapace et notre besoin de nous protéger et donc le manque de vulnérabilité et d'authenticité qui nous pèsent.

On peut se gaver d'érudition et de savoirs à tous les niveaux de l'existence et croire que cela nous donnera un sentiment de sécurité infaillible, mais en fin de compte c'est toujours dans le non savoir que vibre le chant de la tranquillité profonde.


On peut avoir la femme la plus sexy, des enfants adorables, le parcours intellectuel le plus profond, la maison de ses rêves, pratiquer le yoga et la méditation, avoir le psy le plus pertinent, le Guru le plus irrévérentieux, des amis formidables, un métier passionnant, une santé de fer, cependant, à un moment donné on rencontre inéluctablement le phénomène de la satiété que même les économistes connaissent.

Celui qui possède tout ce dont rêve les autres Hommes devra tôt ou tard faire face au vide immense de l'insipidité d'une vie basée sur la pensée bien plus que le ressenti de l'instant. Car dans l'avoir c'est toujours l'Être qui nous manque.

"Un seul être nous manque et tout est dépeuplé" disait le poète* romantique dans sa plainte égotique.

L'être nous manque et tout est dépeuplé nous dit le Jnani* dans son invitation à voir que nous sommes déjà la complétude que nous prétendons chercher dans les choses et les expériences.

NB : Pour ceux qui sont intéressés par un accompagnement individuel non-duel à Paris ou par Skype, une thérapie d'accompagnement psycho-corporelle pour laisser éclore les émotions bloquées, ou une séance de réharmonisation vibratoire, veuillez me contacter au 06 63 76 90 81 ou sur mon mail : adnnn1967@gmail.com

Si vous voulez vous inscrire pour les rencontres non duelles (sur la base d'une participation en conscience) qui ont lieu de façon bi-mensuelle à chez moi dans le 19e à Paris, écrivez-moi un sms sur le numéro ci-dessus.


* De colline en colline en vain portant ma vue, 
    Du sud à l'aquilon, de l'aurore au couchant
    Je parcours tous les points de l'immense étendue,
    Et je dis : "Nulle part le bonheur ne m'attend."

   Que me font ces vallons, ces palais, ces chaumières,
   Vains objets dont pour moi le charme est envolé ?
   Fleuves, rochers, forêts, solitudes si chères,
   Un seul être vous manque et tout est dépeuplé.    (Lamartine : extrait du poème L'Isolement)

* Jnani est le mot qui désigne en Inde l'être réalisé qui a la connaissance (jnana). Sri Maharaj Nisargadatta, Ramana Maharshi ou Atmananda Krishna Menon par exemple pour ne citer que trois d'entre ceux qui m'inspirent le plus du siècle dernier.

NB : Pour ceux qui sont intéressés par un accompagnement individuel non-duel à Paris ou par Skype, une thérapie d'accompagnement psycho-corporelle pour laisser éclore les émotions bloquées, ou une séance de réharmonisation vibratoire, veuillez me contacter au 06 63 76 90 81 ou sur mon mail : adnnn1967@gmail.com

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DQue DdDme font ces vallons, c

mardi 10 novembre 2015

Les pensées ne sont jamais un obstacle


La plupart des approches existantes d'ordre thérapeutique ou de développement personnel - avec ou sans caractère dit spirituel - s'entêtent à mettre l'accent sur la diminution du nombre des pensées pour amoindrir le stress et l'agitation. Nombreuses et variées sont les techniques qui tentent de juguler les pensées dites négatives et de promouvoir les pensées dites positives pour que la personne ait une meilleure vie. C'est ce qu'on appelle communément "la gestion du stress".

En réalité, les pensées ne constituent jamais un problème en soi. Le soi-disant problème vient de l'erreur qui consiste à croire que les pensées sont les nôtres et qu'elles nous appartiennent en particulier. La raison de notre stress et de notre agitation provient du fait que le "je" dont nous rendons responsables l'apparition ou la disparition des pensées n'existe simplement pas et n'est rien d'autre qu'une autre pensée. C'est l'idée crue que cela nous appartient qui crée le malaise. Le malaise que l'on ressent corporellement vient toujours du fait que l'on prête foi à une idée erronée. Le corps n'aime pas le mensonge même celui qui se réalise avec le consentement du Grand Prestidigitateur Lui-même.


Comment est-il possible de le réaliser ? Permettez simplement qu'une attention soutenue -neutre et bienveillante - accueille le soi-disant "moi" vers lequel les pensées semblent pointer. Puis, demeurez quelques instants dans cette observation d'explorateur scientifique qui ne cherche à défendre aucune cause, ni aucun point de vue. 

Il se peut que pendant cette veille les pensées vous suggèrent d'aller regarder un film, de lire un livre, de vous rappeler d'appeler un ami, que cela ne sert à rien, que de toute façon le "moi" existe bien, que remettre cela en question est ridicule, que c'est trop mental ou intellectuel. La pensée essaiera peut-être pendant cette simple vérification pleine de bon sens de vous jouer son habituel tour de passe passe, en vous persuadant qu'il est temps d'aller dormir ou de s'atteler à une activité bien plus intéressante. La pensée fait son boulot en essayant de vous distraire. C'est de bon ton. Mais pour une fois, vous ne vous laissez pas distraire et permettez au prétendu "moi", penseur de vos pensées d'apparaître en toute innocence au sein de l'attention neutre et bienveillante que vous offrez sans compter pour le "besoin" de la Vérité elle-même.

Que se passe-t-il ? Rien. Ô miracle ! Serait-ce possible que cette histoire de moi pensant les pensées soit un canular, une mauvaise blague, un scénario sans acteur et sans auteur ? Voyez par vous-même ce qu'il en est ? Vous êtes votre propre autorité, la seule autorité qui compte lorsqu'il s'agit de faire une expérience authentique et directe.

Réalisez que le mirage d'un " je pensant" ou d'une prétendue entité séparée ne peut en aucun cas soutenir ce regard sans personne. Sous la lumière de la pleine conscience, le fantôme du moi se dissout aussitôt, révélant par la même occasion qu'il n'avait jamais vraiment existé. 




Vous avez toujours été le sans forme accueillant la forme de tout ce qui apparait dans l'instant, y compris la pensée "moi".

Vous n'avez jamais cessé d'être la Présence consciente, au sein de laquelle le monde (perceptions), le corps (sensations-émotions) et le mental (flux de pensées) naissent et meurent.

Le secret de toute révélation se trouve dans l'honnêteté* du regard. Le trésor que nous sommes se révèle toujours dans l'intensité d'une attention impersonnelle.

NB : Pour ceux qui sont intéressés par un accompagnement individuel non-duel à Paris ou par Skype ou une séance d'accompagnement psycho-corporelle pour laisser éclore les émotions bloquées, veuillez me contacter au 06 63 76 90 81 ou sur mon mail : adnnn1967@gmail.com

Si vous voulez vous inscrire pour les rencontres non duelles (sur la base d'une participation en conscience) qui ont lieu de façon bi-mensuelle à chez moi dans le 19e à Paris, écrivez-moi un sms sur le numéro ci-dessus.


Ce doigt pointe justement vers notre absence de visage, notre absence d'entité séparée,  notre parfaite absence de penseur pensant les pensées...
Ce doigt pointe vers le lieu sans dimension de l'étonnement d'être, ce en quoi tout prend forme.

* Le mot honnêteté est ici utilisé sans connotation morale mais entendu comme un regard non encombré de mémoires et de préférences, un regard ouvert, sans préjugés, sans angle mort, sans attente et sans cause.

dimanche 1 novembre 2015

Petit rappel au Soi

"Par orgueil je refusais le bonheur de l'amour. Et je subis le châtiment de l'orgueil" (Hallaj)


Avant de faire une expérience, quelle qu'elle soit, il est nécessaire d'être. Pour faire une expérience, comme celles (dans le désordre) de déguster un toast grillé au miel de lavande, tirer un pénalty sous la pluie en finale d'un tournoi de benjamins, donner naissance à un bébé toute seule sur le siège avant de sa voiture, caresser un chat angora ronronnant mélodieusement en son giron, se sentir amoureux pour la première fois, se faire tirer dessus par une kalachnikov à la terrasse d'un café ou se demander après une énième dispute conjugale si la vie vaut la peine d'être vécue, JE dois être présent à cette expérience, JE dois en être conscient, sinon je ne pourrais pas affirmer que je fais ou vis cette expérience.

Je peux affirmer que je suis malheureux, désespéré, chanceux, malchanceux, pas assez comme-ci, trop cela, content, rassuré, ennuyé, ceci ou cela. Bien sûr, mais avant d'être malheureux, triste ou désespéré, chanceux, malchanceux, content, rassuré, ennuyé, ceci ou cela, il faut déjà être ! JE SUIS avant d'être malheureux, désespéré, chanceux ou rassuré.

Avant que vous ne perceviez et lisiez ces lignes vous devez être en train d'être. Non ?


De même, pour que le monde m'apparaisse par le truchement des perceptions et donc des cinq sens, il faut que Je sois présent à ces perceptions, que j'en sois conscient. Je peux affirmer que la vie est merveilleuse ou injuste, que les gens sont surprenants ou bizarres, que l'avenir est rose ou morose, que la planète bleue est belle ou que nous sommes en train de la détruire, mais avant d'expérimenter, d'imaginer ou d'affirmer quoi que ce soit, il faut surtout que Je sois. 
Pour que le corps m'apparaisse en tant que corps, il faut que Je sois présent aux sensations-perceptions et au schéma corporel (pensées) qui l'étiquettent comme corps et me le fassent expérimenter comme tel. Pour que le mental et son flux de pensées soient, Je dois en être conscient. 
Ainsi, lorsque l'on prend quelques instants pour se rappeler à ce qui est évident mais que presque personne ne remarque jamais, il est évident, et ce même pour un enfant de sept ans, que le monde, le corps et le mental apparaissent et disparaissent au sein de cette Présence consciente que Je suis.

En gros - attention on va écrire quelque chose d'inadmissible pour la plupart des gens, bouchez donc vos oreilles ou fermez votre œil unique si cela est trop insupportable à lire et surtout à réaliser pour le moment : 

"Pour que l'Univers soit, il faut que Je sois. JE précède l'Univers."

Réaliser cela n'est rien moins que de s'éveiller à la plénitude absolue d'être la cause ultime de tout ce qui est. Je suis la cause sans cause de tout ce qui est. En général, rares sont les êtres qui osent affirmer ce genre de choses. Car, à y regarder de près, cette sorte d'affirmation semble nous confondre avec quelqu'un d'autre dont on nous a bassiné plus ou moins pendant toute notre vie, quelqu'un de très très éloigné de nous, quelqu'un d'absolument étranger et totalement différent de nous. Quelqu'un dont la demeure est le Ciel et que l'on a affublé du nom de Dieu, mot aux étymologies très diverses selon les langues et qui suscite en général une impression de distance et de séparation absolues. 


Or, réaliser que Je suis l'éternel Maintenant dans lequel tout apparaît et disparaît est l'Éveil à ma Réalité Ultime, immédiate, transcendante et immanente à la fois, paradoxale peut-être, et pourtant, si évidente que personne ou presque n'ose le réaliser. En réalité il n'y a jamais personne qui s'éveille : l'impression même d'être une personne ne fait en réalité qu'apparaître et disparaître au sein de ce Je présent et conscient qui précède toute chose. Ce n'est que lorsque le mirage du sentiment d'être une personne s'éclipse que l'évidence de ne rien être et de tout contenir nous submerge.

Je Suis - Être - est une non-expérience faite par personne. Contrairement à la croyance transparente de 99% des gens, Je n'a pas de caractère individuel ou personnel. Notre véritable Je n'a pas de substrat objectif. C'est un vécu ultime das lequel aucune division n'est ressentie. "Je Suis" sont en réalité deux mots qui pointent vers une réalisation totalement impersonnelle. On pourrait dire qu'Ici, Je et Suis sont en quelque sorte synonymes et pointent tous deux en tant que mots vers le même mystère, le même étonnement d'être. Je qui est en train d'être n'est pas un "je" séparé et enfermé dans un sac de peau à forme humaine, mais l'Être Suprême Lui-même (en personne, lol). La Présence consciente réalise sa propre présence consciente d'être consciente. Toute chose naît et meurt en ce Je. Rien ne peut exister en dehors de Lui.


Ce petit rappel à Soi qui consiste à réaliser que le fait d'être précède tous les attributs et que par conséquent le pur Je Suis, le sentiment étonnant d'être présent et conscient qui est lui-même sans attributs, sans limites, sans dimension, sans couleur, sans forme, sans poids, sans âge, sans mouvement, sans son, sans pensés, sans désir et sans peur, sans problèmes et sans intention, est le Miracle des miracles au cœur de notre Vie. 

Cette reconnaissance sonne le glas de l'identification illusoire avec les attributs (ceci ou cela) et révèle avec force notre véritable identité : Être. Reconnaître que ce que Je suis c'est simplement être, nous fait coïncider avec la Vie elle-même et nous pousse à dire des choses aussi monstrueuses que par exemple, Je suis le Brahman*, Je Suis l'Absolu ou Je Suis la Vie. L'évidence affuble alors soudain mon identité profonde de majuscules. Lorsqu'on demanda à Sri Maharaj Nisargadatta comment il s'éveilla, il répondit que son maître lui avait dit qu'il était l'Absolu et qu'il l'avait cru ! Il disait souvent : "Vous êtes l'Absolu mais vous ne le réalisez pas."


Lorsque Mansour Al-Hallaj, ce merveilleux poète mystique soufi, né vers 857 à Bagdad fut submergé par l'évidence de n'être rien et coïncida avec la Vie, il ne put qu'énoncer cette évidence que par ces mots désormais célèbres : "Ana Al Haqq" : Je suis la Vérité.
Hallaj finit, après 9 ans de procès et de valses hésitations de la part des autorités, par être condamné à mort pour blasphème après d'atroces tortures pour cette parole scandaleuse*.

Ça me rappelle d'ailleurs quelqu'un au sort similaire qui, huit siècles plus tôt énonça : "Je suis le chemin, la vérité, la vie". (Jean 14.6.)

Lorsque vous avez touché en vous même la Vérité la plus profonde de votre être, il n'est plus possible de parler de Dieu de la même manière. Dieu (la Vérité, la vie, l'Absolu) s'est révélé à vous en tant que Vous-même. Ce n'est pas que la personne soit devenue Dieu ce qui serait une véritable hérésie, une folie même, c'est la vague qui se reconnaît comme non séparée de l'Océan, le mirage de la personne ou de la pensée qui soudain se reconnaît comme non séparée du Soi.

Comme nous le dit maître Eckhart (1260-1328) dans son merveilleux poème :

"Ô mon âme !
Sors ! Dieu entre !
enfonce le quelque chose qui est tien dans le rien de Dieu !

Ce vers quoi nous pointons ici, nul besoin de le crier en prime time sur TF1* sous peine d'être condamné pour "Shirk"*. C'est ultime mais intime, comme un secret ouvert qui nous fait signe en permanence et qu'on fait mine d'ignorer. 

La Conscience qui n'a pas pas besoin de porte voix se rappelle à elle-même en son propre Silence.



* Réaliser que "Je suis le Brahman" est l'invitation essentielle des Upanishad et de Shakarasharaya
* Certaines paroles sont risqués à prononcer publiquement. Ils peuvent ébranler la "foi" dans la religion, l'état, le système de croyance collectif, voire égarer certaines personnes nullement préparées à les recevoir (voir attentats de Charlie Hebdo ou du cinéma de St-Michel pour la "Dernière tentation du Christ" et autres...). Ce qu'éprouve un être au cœur de l'expérience la plus intime ne peut être partagé (compris ou/et entendu) par tout le monde. Comme nous le rappelait Desproges, on peut rire de tout mais pas avec n'importe qui. Ce qui n'a pas empêché Mansûr de sourire lors des supplices atroces qu'il eut à subir avant sa mise à mort. 
Rûmi, le grand poète et mystique soufi nous rappelle que : "Lorsque l'amour de Hallaj pour Dieu fut sans limites... Il dit : "Je suis la Vérité, c'est à dire : Je suis anéanti, Dieu seul rest. C'est là une extrême humilité parce que ce cri signifie : "Lui seul est"... C'est pourquoi Dieu a dit " Je suis La Vérité". Étant donné qu'un autre que lui n'existait pas et que Mansûr était anéanti, ces paroles étaient de Dieu. 

* À une invitation pour l'amener en voiture et parler aux gens d'un village, Nisargadatta Marahaj répondit : "Est-ce que quelqu'un saura comprendre ce genre de discours, ce vers quoi je fais route ? Ce qu'on a fait au Christ on pourrait me le faire aussi, parce que le Christ s'est mis à révéler les faits, la vérité. Comme mon discours se situera au-delà de leur capacité de compréhension, une partie de l'auditoire pourrait être bouleversée et dérangée. Ces gens diront : "À quoi bon, finissons-en avec lui." C'est parce que mon guru (Shri Siddharameshwar Maharaj) me l'a demandé que je fais ceci, que je participe à ces entretiens. quand je serai dans ce village, je devrai parler de Dieu et de la pureté; je dois adopter l'approche de la dévotion. Si je tenais le même genre de discours qu'ici, personne ne pourrait me comprendre." (Extraits du dernier livre d'entretiens "l'Ultime Guérison" avec Nisargadatta, publié chez Almora).

* Identification à Dieu et donc blasphème.

Ce doigt pointe vers ce que vous êtes vraiment dans l'instant : pure vacuité sans forme et sans dimension, transparence consciente d'être consciente, accueillant avec bienveillance le monde, les couleurs, les formes, ce texte et cette photo, l'ordinateur et tout ce qui apparaît... Comme vous pouvez le réaliser dans l'instant la Voie Directe est discrète. Il suffit de regarder dans la bonne direction. Quand le sage pointe la lune, l'idiot regarde le doigt nous dit un proverbe chinois. Il suffit de cesser de regarder le doigt et de réaliser ce vers quoi il pointe... De laisser le doigt et toute forme d'ailleurs nous regarder, et réaliser que nous sommes le sans forme en quoi toute forme apparaît, sans commentaires...


NB : Pour ceux qui sont intéressés par un accompagnement individuel non-duel à Paris ou par Skype, une thérapie d'accompagnement psycho-corporelle pour laisser éclore les émotions bloquées, ou une séance de réharmonisation vibratoire, veuillez me contacter au 06 63 76 90 81 ou sur mon mail : adnnn1967@gmail.com

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jeudi 8 octobre 2015

Ressentir : 2e partie Pratique 

Jeu de révélation : l'expérience d'être non séparé.


Nota bene : Lisez-vous ceci pour vous sentir plus vivant ou pour trouver une énième théorie sur la vie ?

La condition humaine est de se croire séparée de la vie et par conséquent de se sentir insatisfait, ce qui enclenche automatiquement une quête (consciente ou inconsciente) de complétude. Mais cette recherche de bonheur est justement cela même qui voile la complétude que nous sommes déjà. Tant que nous croyons qu'il nous manque quelque chose maintenant, que nous pourrions nous sentir plus complets, si telle ou telle chose arrivait ou si telle ou telle autre cessait, plus tard et plus loin, c'est que nous prêtons fois à l'idée que la complétude peut-être trouvée à l'extérieur, dans le monde, dans la durée, dans les choses, dans les expériences, dans les situations ou les états de conscience. Cette croyance est validée par une croyance racine que ce que je suis en essence est une entité séparée, identifiée à un corps et à une histoire personnelle, un moi pensant ses pensées et agissant par lui-même, étant doté de libre arbitre et enfermé dans un sac de peau à forme humaine que l'on appelle le corps.
Du fait de cette illusion puissante, l'être humain croit avoir un certain degré de pouvoir et de contrôle. Il passe donc la plupart de son temps à essayer de maîtriser ce qu'il appelle sa vie (la destinée du corps mental) mais également plus généralement son environnement, le monde, l'univers, la Vie. Cette impression de maîtrise vient essentiellement de l'idée erronée que l'on choisit ses pensées. L'humanité dans sa grande majorité partage en effet la croyance que l'activité de penser, même si elle est reconnue comme étant parfois inconsciente et mécanique, peut dans une certaine mesure être maîtrisée par cette entité imaginaire appelée moi. Or le moi séparé n'est en réalité qu'une simple pensée, non reconnue comme telle. Celui qu'on appelle le penseur n'est de fait qu'une simple pensée crue. Une pensée récurrente apparaissant entre toutes autres pensées, créant un puissant effet d'optique et donnant la fausse impression qu'il y a quelque part, caché dans les coulisses, un décideur, un contrôleur ou une instance pensante pensant les pensées.


Il y a donc cette tentative permanente d'améliorer sa vie, ou simplement son histoire personnelle, par une activité de pensée constante. On passe la plupart du temps à imaginer ce qui se passerait si telle ou telle chose advenait, ce que les gens penseraient de nous si nous réussissions ou échouions dans tel domaine. On recompose le passé en la faveur d'un personnage hypothétique qu'on défend comme sa peau et on s'invente un avenir en rose fluo dans un flux incessant de pensées pour maintenir une plus belle image de soi-même et donner un sens rassurant à sa vie. On passe sa vie à cultiver et à protéger ce musée d'archives personnelles en les arrangeant de la façon la plus accommodante et la plus séduisante en fonction des valeurs de chacun. Cette activité constante de création imaginaire à laquelle on s'identifie comme à un film sur l'écran au cinéma ne fait que renforcer l'impression de séparation et la souffrance qui en découle. De plus, tout ce qui est perçu par les 5 sens (le monde et le corps) est immédiatement étiqueté par la pensée et rangé dans des catégories de la pensée. La pensée elle-même, lorsqu'elle apparaît en tant que chose perçue est immédiatement pensée par une autre pensée, c'est à dire comparée, justifiée, condamnée, analysée, définie, soupesée par une activité de pensée qui semble de jamais devoir s'arrêter. Cette surabondance d'arborescences de pensées, ce déploiement incessant du mental semble très vivant, du fait de la densité, de la richesse et de la plasticité du mouvement mental. Et parce que la croyance en la volonté personnelle est très forte chez la plupart des humains, on assiste à une sorte de lutte pour maîtriser les images et le scénario du cinéma intérieur. Plus on parvient en apparence à maîtriser momentanément une pensée ou un ensemble de croyances, plus elles prolifèrent sans que l'on n'y puisse rien, telles les têtes de l'Hydre de Lerne, ce monstre aux têtes multiples qui repoussaient chaque fois qu'une d'entre elles était tranchée.
Tant que l'on est pris dans le piège de la séparation, tant que l'on se prend pour le penseur de ses pensées, tant que l'on croit pouvoir trouver la véritable tranquillité, le bonheur permanent ou se trouver soi-même par le biais de la pensée, l'être humain est comme enfermée dans son propre rêve : Plus il essaie d'en sortir, plus il renforce l'idée que le rêve est réel. Il soigne le mal par le mal et ce cercle vicieux le rend encore plus malade. Il tente alors d'atténuer la souffrance qu'occasionne cette vie passée dans un sempiternel sentiment de séparation, en essayant de trouver une meilleure stratégie par la pensée, par une nouvelle ou par une meilleure idée. Mais le shoot d'adrénaline que provoquent les pensées narcissiques ne dure pas, et ne fait que renforcer le sentiment de séparation à l'origine de la souffrance. Et surtout, rappelons que l'idée qu'une pensée puisse être neuve est un mensonge : une pensée n'est jamais neuve.


L'activité mentale, aussi impressionnante et riche soit-elle, n'est jamais qu'une expression de la mémoire et donc du connu et du passé. Nous sommes donc confrontés à ce paradoxe permanent que de vouloir vivre la vie présente à partir du passé, d'aborder le flux imprévisible, mouvant et sauvage du Vivant avec des conditionnements sages comme des images et des pensées fixes et rancies. Lorsque nous pensons la vie, nous sommes tels des aliénés tentant d'emprisonner l'océan dans leur filet de pêche. Et pourtant, c'est ainsi que vivent les hommes. Ils se sont aliénés dans le filet de pêche de leur propres pensées avec lequel ils tentent désespérément de cueillir et de maîtriser le Vivant.

Comment faire pour sortir de ce cercle vicieux ? Comment faire pour se réveiller de ce rêve qui finit toujours à un moment donné par tourner au cauchemar ? Y a-t-il vraiment quelque chose à faire ? Plus je vais tenter de m'en sortir, plus je vais le faire par le biais de la pensée, par le biais de la mémoire et plus je vais sembler m'éloigner de ce que je cherche vraiment, la Présence. Je suis comme le chat qui s'est emberlificoté dans la pelote de laine. S'il bouge, il s'empêtre davantage. Je suis comme un combattant retranché dans un bunker entouré d'ennemis de toutes parts et qui continue désespérément à chercher une issue par le biais de son imaginaire. Je suis comme un voyageur esseulé et affamé, perdu dans le désert, avec un pied appuyé sur une mine, sachant que si je lève le pied, elle explosera. Je peux toujours tenter de tout imaginer mais à un moment donné, je devrais me rendre à l'évidence que c'est sans solution. De même l'activité pensante peut à un certain moment se rendre compte de sa propre absurdité. Il est possible que la pensée se rende compte elle-même que c'est sa propre activité qui brouille les cartes et semble voiler ce qu'elle cherche en vérité, la tranquillité du Soi, la Complétude, le Silence.

À un moment donné, il est possible de reconnaître notre fantasme de toute puissance. Il est temps de regarder nos histoires comme de simples histoires, de réaliser à quel point nous sommes prétentieux en croyant pouvoir enfermer la vie dans des pensées. L'invitation essentielle de la vie c'est finalement de reconnaître la totale impuissance de la personne. L'invitation de la vie c'est toujours de s'abandonner entièrement à elle sans chercher à se le représenter et à le traduire en mots ou en images. C'est une invitation douce, tendre, amoureuse et présente à chaque instant de notre vie. Mais nous ne voulons pas le voir. La personne tente toujours d'atteindre par elle-même cet amour qu'elle ne peut qu'imaginer, se contractant toujours davantage vers un ailleurs et un plus tard, retardant l'inéluctable, jusqu'au moment où la tension est trop grande pour ne pas être ressentie. C'est à ce moment qu'il y a lâcher prise sans personne pour lâcher prise.


Quelle est la différence entre l'amour et la pensée de l'amour, entre un vrai baiser et un baiser imaginaire, entre un regard sans intention, percevant le monde comme pour la première fois et un regard scrutateur cherchant à savoir ce que l'autre pense en vue d'obtenir quelque chose ? Allons soyons honnêtes. N'est il pas évident que nous souffrons de penser la vie plutôt que de sentir la vie ?

N'est-il pas évident que notre souffrance vient du fait que nous avons oublié de ressentir de façon directe et de voir le monde dans l'intensité de l'instant ? Lorsque l'on pense sa vie plus qu'on ne la ressent, on se sent seul et séparé. C'est de là que naissent la souffrance et la dépression. On se sent étranger à sa vie comme rejeté de la vie. Il est donc vital de renouer avec le ressenti de l'expérience directe.

Notez à quel point lorsque l'on met l'attention sur quelque chose on le fait au travers de la pensée. Et voyez que lorsqu'on pense quelque chose on s’en sépare. Cela crée immédiatement une sorte de tension dans le corps. C'est automatique. C'est peut être subtil mais c'est toujours ainsi même si ce n'est pas remarqué par manque de sensibilité. Dés qu'il y a de l'intentionnalité dans l'acte d'attention, il y a une forme de tension corporelle. Il est important de devenir très attentif pour explorer de façon tactile les tensions dans le corps et devenir familier avec ce processus. Car nous sommes tout le temps en train de nous séparer de nos expériences. En pensant nos expériences plutôt qu'en les ressentant. 



Lorsque nous ressentons, il n'y a plus personne pour sentir. Il y a juste être, ressenti sans commentaires, pure expérience non-duelle. Lorsque vous cessez de prétendre savoir ce qui est juste ou faux, bien ou mal, vous ressentez. Lorsque vous cessez de demander quelque chose aux autres, à la société, à la vie, que reste-il ? Tous les mots et concepts sont caduques pour désigner ce qui demeure lorsque nous cessons de prétendre être ceci ou cela. Lorsque nous cessons de prétendre avoir un corps, un passé, un âge, un métier, une famille, être comme-ci ou comme-ça, pas assez comme-ci ou trop comme ça, que reste-il ? Mystère, incandescente beauté du mystère d'être. Ressentir, Voir, Être se passe de pensées. Les pensées naissent et meurent dans l'espace de non savoir du ressenti.

Alors l'invitation de la vie c'est de ressentir, tout ressentir. Car au final, il n'y a que ça, et nous sommes ici dans cette vie que pour ça, uniquement pour ça. C'est le sens profond, le sens sans direction de la Vie elle-même. La preuve : lorsque vous ressentez, vous réalisez que vous êtes ce que vous cherchez, le sentiment de séparation s'éclipse et la plénitude que vous êtes se dévoile pleinement, vous ne cherchez plus rien, vous réalisez que vous êtes la complétude, vous êtes la Vie même.

 De fait, le ressenti a lieu à chaque instant. Mais il est recouvert par la fabrication mentale qui se surimpose dessus à postériori mais de façon si rapide qu'une attention ordinaire ne suffit pas pour s'en rendre compte. Voir voit avant que la pensée "je vois" surgisse dans le champs de la Conscience. Il n'y a donc rien à faire à proprement parler, car le faire en est toujours devant nous, la pensée arrive toujours trop tard, elle est toujours en trop et comme à côté. Elle manque constamment sa cible. Il y a juste à réaliser que l'espace du ressentir, le fait d'être conscient d'être conscient est déjà là depuis toujours puis, à laisser la pensée qui surgit, être active dans l'espace de non savoir dont elle est issue. Faire une expérience d'absorption dans la Présence que vous êtes déjà ne requiert aucun effort. Il suffit de le réaliser. C'est pour cela que l'on parle de réalisation.


Pour se réveiller du rêve de la séparation je vous propose de jouer à un jeu de révélation* d'une simplicité confondante basé sur le ressenti silence sans commentaires.

Instructions :

Asseyez-vous dans un lieu confortable.

A) Mettez l'attention sur ce qui apparaît dans le champs de la Conscience. Soyez conscient de ce que vous ressentez maintenant, quel que soit la nature de ce ressenti. Positif ou négatif, agréable désagréable, intense ou neutre.
Puis, notez votre inclination à vous en séparer, à l'étiqueter, le comparer, le contrôler, le juger, le justifier, le condamner, l'analyser, l'expliquer, le comprendre. Voyez comment vous essayez immédiatement de traduire le ressenti silence en mots, en pensées, en concepts et éventuellement de le changer ou de le refuser s'il est perçu comme désagréable.

B) Maintenant, je vous propose d'expérimenter l'unité avec cela. Ressentez ce que cela fait que d'être tout ce qui apparaît en vous dans l'instant ? Ressentez-le, sans commentaires. Vingt à trente secondes passent. Ceci est juste une indication. En réalité, le ressenti est hors du temps. Vous n'expérimentez le temps que lorsque vous pensez. Et le ressenti est sans pensées.

A) Un nouvel état surgit. Complètement neuf, jamais encore expérimenté. Des sensations nouvelles, des images, des pensées, des sons, des odeurs, des émotions apparaissent dans le champ de votre conscience.

B) Ressentez ce que cela fait que d'expérimenter l'unité avec cet état de conscience, avec ce son, cette sensation, avec cette douleur, avec ce doute, avec cette pensée...Vingt à trente secondes passent. 

A) Puis vient un autre état, totalement nouveau et inattendu. Remarquez ce qui est présent à vous dans l'instant en termes de pensées et de perceptions.

B) Ressentez maintenant ce que cela fait que d'être cela. Ressentez juste ce que l’on ressent lorsqu’on fait l’expérience d’être Un avec tout cela qui apparaît en vous. 

Et vous continuez à alterner A et B, le constat de ce qui apparaît dans le champs de votre conscience à un moment t, puis le ressenti silence d'être Un avec ça. 

Persistez pour le plaisir du jeu et de la découverte. Explorez en sachant qu'il n'y rien à gagner parce que vous êtes déjà tout, et qu'il n'y a rien à perdre non plus parce qu'en même temps vous n'êtes rien. Jouez sans peur et sans désir. Sans chercher à comprendre. Une décantation alchimique se fait en douceur. Le plomb se transforme en or. Un miracle a lieu. Un miracle très ordinaire en réalité. L'extraordinaire toujours se donne à voir dans les choses les plus ordinaires. Toutes les tensions, les doutes, les pensées, les émotions, la confusion, le stress, les sons, les sensations, les odeurs, toutes les perceptions se résorbent naturellement en Vous, leur source. Vous, en tant que cette Présence sans dimension et sans forme dans laquelle ils naissent et meurent. Une plénitude non pensable se révèle, un sentiment de complétude et de tranquillité absolue se vivent, sans personne pour les vivre. Ce que vous êtes, pure Présence consciente se révèle avec une évidence que les mots ici ou ailleurs sont impuissants à formuler. Dés que vous essayez de penser à cela, d'en faire une formule magique pour aller mieux, vous créez à nouveau la dualité, en pensant la vie plutôt qu'en la ressentant (A). L'invitation de la vie est alors de revenir à B. Ce jeu ne fait que révéler ce que vous êtes déjà, Conscience. Le jeu pointe simplement vers un secret déjà ouvert. Ce jeu ne fait que révéler qu'il n'y a personne qui ressent, pense ou résiste mais que vous êtes la Vie Une au travers des multiples manifestations et expériences. Tôt ou tard vous finissez par réaliser que vous êtes cet espace de non savoir où toute expérience est vécue.


NB : Pour ceux qui sont intéressés par un accompagnement individuel non-duel à Paris ou par Skype, une thérapie d'accompagnement psycho-corporelle pour laisser éclore les émotions bloquées, ou une séance de réharmonisation vibratoire, veuillez me contacter au 06 63 76 90 81 ou sur mon mail : adnnn1967@gmail.com

Si vous voulez vous inscrire pour les rencontres non duelles (sur la base d'une participation en conscience) qui ont lieu de façon bi-mensuelle à chez moi dans le 19e à Paris, écrivez-moi un sms sur le numéro ci-dessus.



Un jeu de révélation n'est pas une pratique en vue de devenir autre chose que ce que nous sommes ou pour changer quelque chose. Un jeu de révélation est un jeu qui dissout les fausses croyances pour dévoiler ce qui est déjà là et nous plonger dans l'espace de non savoir où tout est pur ressenti non duel. Un tel jeu a la même fonction que les réponses d'un enseignant en Satsang ou qu'une investigation du Soi (Self inquiry). Simplement vous pouvez y jouer entre amis ou tout seul.  Un jeu de révélation a une fonction de révélation de qui nous sommes vraiment. 

vendredi 25 septembre 2015

"Bénissons ce flambeau"

"Bénissons ce flambeau"


 Tel l'éphémère qui cherche la lumière de la flamme dans la nuit, l'apparent moi séparé désire la seule chose qu'il ne pourra jamais obtenir : la complétude.

L'apparent moi séparé souffre d'un manque qu'il croit par ignorance pouvoir combler au travers d'un but qui sera atteint plus tard et ailleurs alors qu'il est lui-même la cause de la souffrance.
Tel l'éphémère tournoyant inlassablement autour de sa flamme, l'apparent moi séparé finit par reconnaître l'inanité de ses envols vers des objets de satisfaction toujours provisoires. Dans cette reconnaissance le sujet et l'objet se consument pour laisser place à l'incandescence d'être.

Lorsque le papillon de nuit épuisé par son désir paradoxal, finit par frôler la flamme et s'enflammer, il devient ce qu'il cherchait.

Dans son merveilleux poème "Hymne à la beauté", Baudelaire nous dit :

"L'éphémère ébloui vole vers toi, chandelle,

Crépite, flambe et dit: Bénissons ce flambeau!"


De même, le mirage de la personne et le sentiment de séparation se dissolvent dés qu'il y a reconnaissance de l'impuissance absolue à obtenir ou atteindre la complétude par quelque savoir objectif, moyen, pratique, ou effort que ce soit.


L'invitation* Ici est d'explorer de façon directe tout ce que vous croyez savoir et, notamment, ce savoir qui semble avoir le pouvoir de combler le manque, ce savoir insidieux qui paraît valider la croyance que tout ira mieux lorsque telle ou telle chose adviendra.

Lorsque la recherche est vue comme une illusion, elle cesse instantanément. S'entrouvre alors immédiatement un espace sans bornes de non savoir. 

Lorsqu'un "je ne sais pas" sincère se manifeste, tout s'ouvre. Instantanément.
Lorsque l'on prétend savoir, tout se ferme. Instantanément.

C'est du même ordre que la différence entre penser la vie et ressentir la vie. Lorsque vous pensez la vie, vous vous séparez en apparence de l'expérience présente et vous vibrez dans le mode sans saveur des étiquettes et des traductions. Lorsque vous ressentez la vie, vous faites l'expérience directement, sans filtrage. Vous ne pouvez pas ressentir et penser en même temps. C'est soit l'Un soit l'autre. Le Ressenti silence est toujours non-duel.

Et qu'y a-t-il de plus beau que de faire une expérience et la goûter pleinement, être pleinement l'expérience, vivre en pleine conscience d'instant en instant ? N'est-ce pas cela le sens profond de la vie ? Le sens sans sens de l'Être épousant tous les sens à la fois ? Se reconnaître comme la Source de tout ce qui est, et en même temps, être chaque manifestation de cette Source ? Où y a-t-il la moindre manque, la moindre plainte, la plus infime volonté personnelle de quoi que ce soit dans cette ultime reconnaissance ?


En tant que Présence impersonnelle, nous vivons chaque expérience, chaque situation, chaque émotion, comme une expression de notre vraie nature. Toute perception ravive la flamme de l'attention. Simplement laisser cette flamme consumer nos faux savoirs, nos blindages de pacotille, nos petits et mesquins imaginaires.

Je désire tout ce qui est, car je sais que faire pleinement l'expérience de ce qui se présente, quelle que soit cette expérience, nous ramène inexorablement dans le feu incandescent de la Présence que nous sommes. Je sais que chaque évènement, aussi désagréable, violent, triste ou difficile en apparence, est une bûche pour intensifier le feu de la Présence que Je suis en réalité. Tout me ramène au feu de joie de la Présence d'être. Lorsque je me sais être ce Grand Bûcher d'Amour, toutes les formes sont accueillies dans le brasier du Soi.


L'Inconnaissance est l'humilité et votre 'intimité profonde. Vivez à partir du "je ne sais pas" qui embrase et embrasse tous les savoirs. L'Inconnaissance est la Connaissance Suprême.

Tel est le secret ouvert.

"Là il n'y a qu'ordre et beauté, émerveillement calme et plénitude." 

Tel l'éphémère ébloui, volez à tire-d'aile vers les flammes de chaque expérience en chantant :

"Bénissons ce flambeau"

NB : Pour ceux qui sont intéressés par un accompagnement individuel non-duel à Paris ou par Skype ou une séance d'accompagnement psycho-corporelle pour laisser éclore les émotions bloquées, veuillez me contacter au 06 63 76 90 81 ou sur mon mail : adnnn1967@gmail.com

Si vous voulez vous inscrire pour les rencontres non duelles (sur la base d'une participation en conscience) qui ont lieu de façon bi-mensuelle à chez moi dans le 19e à Paris, écrivez-moi un sms sur le numéro ci-dessus.