Feel it !




Paroles et musique de Dan Speerschneider
un album pour célébrer la vie ;-)

vendredi 8 mars 2024

La vie est un Satsang



 Le Soi, notre vraie nature, est immuable et impersonnelle. Il est sans intention. Pour vous en convaincre souvenez-vous de l’adage : « L’enfer est pavé de bonnes intentions ». 

Notre apparent moi séparé n’est pas une entité consciente. C’est une sorte de patchwork de mémoires, un réservoir de tous les refus et désirs accumulés par le temps et les aléas de la destinée personnelle. 


Ce moi imaginaire porte un prénom fixe certes, mais n’est en réalité jamais le même. Le corps et le mental de la personne varient sans cesse en fonction de mille et une choses, des croyances et des expériences, du temps qui passe, de l’alimentation, des interactions infinies avec l’environnement, des émotions, des pensées toujours fluctuantes, des opportunités naissantes et des portes qui se ferment. Lorsque ce moi imaginaire est cru réel, il y a un oubli de la source. Cet oubli du Soi génère chez le moi séparé une recherche de la joie là où elle n’est pas c’est à dire dans les expériences. 

Dans le film la personne pense et agit désormais pour soulager ses deux peurs fondamentales qui caractérisent l’existence du moi séparé : la peur de la mort et la peur du manque. 

La plupart des pensées et des actions qui s’élèvent au nom de cette entité illusoire ont pour unique fonction de l’alléger de ces deux peurs. Il cherche partout le succès et craint la défaite. Lorsque le moi séparé s’empare de la recherche spirituelle il en fait un but à atteindre, un exploit à réaliser, et croit pouvoir l’atteindre plus tard que maintenant. 

Mais quels que soient les efforts déployés, ils ne débouchent que sur un chemin sans issue et infinie à une totale impuissance. 


Le moi séparé n’est qu’un patchwork de mémoires et de sensations changeantes, qui n’est nullement conscient. Il semble se nourrir d’une apparente continuité dans la construction et la reconstruction de ce patchwork de ces mémoires. 

Mais il suffit de l’investiguer pleinement et il révélera qu’il n’est que vacuité. En cherchant l’ego vous ne pouvez le trouver. Et, c’est lorsque vous réalisez son inexistence que se révèle la véritable connaissance qui est pure reconnaissance. Lorsque l’illusion se révèle n’être pas ce qu’elle prétendait être, c’est soudain la Conscience, toujours présente et disponible en arrière plan, qui se reconnaît Elle-même comme étant l’unique réalité. Cette reconnaissance permet aux qualités inhérentes à la Conscience d’être enfin pleinement goûtés sans intermédiaire. 

La paix, la joie, l’amour, la liberté, la connaissance, qui sont des qualités inhérentes à la Conscience s’actualisent pleinement et vous les éprouvez. 



Tu ne peux ni gagner ni perdre ce que tu es déjà. Mais tu peux te remémorer Cela, sans la mémoire et sans la pensée. 


Participe au Satsang de la vie et écoute Dieu qui te murmure : Viens-là !


Il n’y a qu’un seul Ici. 


Rien n’est jamais arrivé en dehors de l’Ici. 


Ce lieu sans lieu, vers lequel aucun chemin ne mène. 


Comme le disait Krishnamurti : La vérité est sans chemin. 


Combien de pas faut-il faire pour aller vers toi-même ? Vois que tout pas dans une direction particulière ne serait qu’un éloignement. Demeures dans le Soi. Réalise que tu es en train d’être. Réalise « Je suis ». « Sois » comme nous y invitais Ramana Maharshi et tous les éveillés de toute tradition spirituelle authentique.

Sois sciemment. 


La Vie cherche à se révéler à travers le masque et le costume que tu portes depuis si longtemps et qui alourdissent ton pas, encombrent inutilement ton regard et assèchent ton cœur. 


La réalisation de ta vraie nature est le sens oublié, le sens véritable de la vie, le but ultime qui nous fait sortir du cercle vicieux de la souffrance et du conflit. 


Si ce message n’apporte pas la pleine clarté, viens au satsang et mets tes doutes et tes confusions, ton sentiment de manque et tes peurs en jeu dans le feu de la Présence. Encore et encore. 


Comme le disait Ramana Maharshi : « Ce qui t’empêche de réaliser le Soi est la simple croyance je ne suis pas le Soi ». 


Frère ou sœur de lumière, sache qu’en te mettant totalement en jeu, tu es condamnée à la Grâce !


La  Vie est un merveilleux Satsang. Aimez-là follement et soyez heureux. 


La prochain satsang a lieu par zoom et en présentiel le dimanche 17 mars à 19h30.


Numéro zoom : 830 899 8788

Pour participer sur place me prévenir au 0663769081.


Amor Fati 


Dan 


dimanche 25 février 2024

Un texte essentiel : De la pauvreté en esprit

 Maître Eckhart : « De la pauvreté en esprit »



......La Béatitude elle-même ouvrit sa bouche de sagesse et dit : Bienheureux les pauvres en esprit, le royaume du ciel est à eux ! Tous les anges et tous les saints et tout ce qui est jamais né, cela doit se taire quand la sagesse éternelle du Père parle ; car toute sagesse des anges et de toutes les créatures est un rien frivole devant la sagesse de Dieu qui est insondable. Et cette sagesse dit : que les pauvres sont bienheureux.


......Il y a deux espèces de pauvreté : l'une est une pauvreté extérieure, et celle-ci est bonne et très louable en l'homme qui l'embrasse volontairement, par amour pour Notre-Seigneur Jésus-Christ, comme il l'a lui-même pratiquée sur terre. De cette pauvreté je ne parlerai pas davantage. Mais il y a encore une autre pauvreté, une pauvreté intérieure, et ce n'est qu'à celle-ci qu'il faut rapporter la parole de Notre-Seigneur : " Bienheureux les pauvres en esprit, ou : qui sont pauvres d'esprit ! "
Maintenant, je vous prie, soyez vous-mêmes de tels pauvres, et, en tant que tels, comprenez ce discours ! Car je vous le dis, par la vérité éternelle : à moins que vous ne correspondiez vous-mêmes à la vérité dont nous parlons en ce moment, vous n'êtes pas en état de me comprendre ! Une série de gens m'ont demandé ce qu'était donc la " pauvreté ". Nous allons prendre position sur ce point.


......L'évêque Albert dit que c'est un homme pauvre celui qui ne trouve de satisfaction dans rien de ce que Dieu a créé ; et ceci est bien dit ! Mais nous le disons encore mieux : nous prenons " pauvreté " dans un sens plus élevé : ceci est un homme pauvre : qui 
ne veut rien, qui ne sait rien, et qui n'a rien. Je vais parler de ces trois points :


......En premier lieu, j'appelle un homme pauvre : qui ne veut rien. Certaines gens n'en comprennent pas correctement le sens : ce sont les gens qui, au milieu des œuvres de pénitence et des exercices extérieurs, ne font pourtant que maintenir leur être particulier. Que de tels hommes soient considérés comme grands, que Dieu les prenne en pitié ! Ces hommes s'appellent saintes d'après l'image qu'ils fournissent, mais du dedans ce sont des ânes, car ils ne saisissent pas le sens profond de notre vérité divine. Ces gens disent aussi : un homme pauvre est celui qui ne veut rien. Ils l'interprètent ainsi que l'homme doit être ainsi fait qu'il ne cède jamais à sa volonté, à aucun égard, mais il doit s'efforcer de suivre la sainte volonté de Dieu. Ces hommes ne sont pas méchants en cela, car leur intention est bonne ; nous devons même les en louer ! Que Dieu les garde dans sa miséricorde ! Mais je dis à bon droit : ces gens ne sont pas des pauvres, ni semblables intérieurement à de tels hommes. Il s passent pour grands aux yeux de ceux qui ne connaissent rien de mieux. Pourtant je dis : ce sont des ânes qui ne comprennent rien à la vérité divine. En raison de leur bonne intention le royaume des cieux peut, peut-être, leur être accordé, mais de la pauvreté dont je veux maintenant parler, ils ne savent rien !


......Maintenant, quand on me demande ce qu'est donc " un homme pauvre qui ne veut rien ", je réponds ainsi : aussi longtemps que l'homme a quelque chose vers quoi sa volonté est dirigée - et même si sa volonté est de remplir la volonté bien-aimée de Dieu - un tel homme n'a pas la pauvreté dont il s'agit ici. Car cet homme a encore une volonté, avec laquelle il veut satisfaire à la volonté de Dieu ; et ceci n'est pas encore ce qu'il faut. Car, pour être vraiment pauvre, l'homme doit être aussi vide de sa volonté créée qu'il l'était quand il n'était pas encore. Et je vous dis, par la vérité éternelle : aussi longtemps que vous avez la 
volonté de remplir la volonté de Dieu et que vous avez un désir quelconque - même vers l'éternité, même vers Dieu - vous n'êtes pas vraiment pauvres ! Car seul est un homme pauvre : celui qui ne veut rien, qui ne connaît rien, qui ne désire rien. Quand j'étais encore dans ma cause première, je n'avais pas de Dieu, je m'appartenais à moi-même ! Je ne voulais rien, je ne désirais rien, car j'étais là un être sans détermination et me connaissais moi-même dans la vérité divine. Là je me voulais moi-même, et je ne voulais rein d'autre : ce que je voulais, je l'étais, et ce que j'étais, je le voulais. Ici je me tenais vide de Dieu et de toutes choses. Mais quand je sortis de cette librevolonté qui était la mienne et reçus mon essence créée, par là j'eus aussi un Dieu. Car avant que les créatures ne fussent, Dieu n'était pas Dieu : il était ce qu'il était ! Et, de même, quand les créatures devinrent et commencèrent leur essence créée, il n'était pas en lui-même " Dieu ", mais dans les créatures il était " Dieu ". Eh bien, nous affirmons que Dieu, simplement comme il est Dieu, n'est pas le but final de la création et ne possède pas une plénitude d'essence aussi grand que celle qu'a en Dieu la plus chétive créature ! Et si nous supposons qu'une mouche ait de la raison et puisse, au moyen de la raison, s'efforcer vers l'abîme éternel de l'essence divine dont elle est sortie : nous disons que Dieu, y compris tout ce qu'il est en tant que Dieu, ne pourrait même pas donner à cette mouche de quoi se réaliser et se satisfaire ! C'est pourquoi prisons qu'il nous donnée d'être libres de Dieu : saisissons la vérité et faisons usage de notre éternité ! Car les âmes sont égales aux anges les plus hauts, là où j'étais et voulais ce que j'étais, et étais ce que je voulais. -- C'est de cette manière qu'est pauvres celui qui " ne veut rien ".


......En 
second lieu, un homme pauvre est celui qui ne sait rien. Nous venons d'exposer que l'homme doit vivre comme s'il ne vivait pas, ni pour lui-même, ni pour la réalité, ni pour Dieu. Nous arrivons maintenant à quelque chose de nouveau et nous disons : l'homme à qui cette pauvreté doit échoir, il faut que soit vrai de lui tout ce qui était vrai de lui quand il " ne vivait en aucune manière, ni pour lui, ni pour la réalité, ni pour Dieu ". Il faut donc qu'il soit en outre si libre et si vide qu'aucune représentation de Dieu ne soit plus vivante en lui. Car quand l'homme était encore dans la nature de Dieu, en lui ne vivait pas encore un autre : tout ce qui vivait là, il l'était lui-même. C'est pourquoi nous disons que l'homme doit être aussi vide de tout savoir propre qu'il l'était quand il n'était pas ; et qu'il laisse Dieu créer ce qu'il veut et se tienne pur de toute détermination, comme quand il sortit de Dieu !


......Il faut ici que nous nous occupions de la question : sur quoi repose en première ligne la
 béatitude ? Quelques maîtres ont dit qu'elle reposait sur l'amour, d'autres enseignent qu'elle repose sur la connaissance et l'amour ; et ils ont déjà plus près du but. Mais nous disons qu'elle ne repose ni sur la connaissance ni sur l'amour : mais un quelque chose est dans l'âme, et de ce quelque chose jaillit la connaissance et l'amour. Cela ne connaît pas soi-même, ni n'aime -- ce qui est l'affaire des puissances de l'âme. Qui le trouve, il a trouvé sur quoi repose la béatitude. Cela n'a pas d'avant ni d'après et n'attend pas que quelque chose survienne, car cela ne peut devenir ni plus riche ni plus pauvre. Et de même il lui faut aussi nier avoir eu connaissance en soi de quelque chose qui fût d'abord à accomplir. C'est : éternellement la même chose, qui ne vit que soi-même -- comme Dieu !


......En ce sens, je dis que l'homme doit se tenir quitte et vide de 
Dieu, il ne doit pas se livrer à des pensées ou à des représentations sur ce que Dieu " opère " " en lui " ! Ainsi l'homme peut posséder la pauvreté.


......Les maîtres enseignent que Dieu est un être, et un être raisonnable, et qu'il connaît toutes choses. Mais moi je dis : Dieu n'est ni être ni raison, ni ne connaît ceci et cela ! C'est pourquoi Dieu est 
vide de toutes choses : et c'est pourquoi il est toutes choses. Or, qui doit être pauvre en esprit, il faut qu'il soit pauvre de tout savoir, comme quelqu'un qui ne sait ni ne se représente absolument plus rien : ni Dieu, ni les créatures, ni lui-même. L'homme ne se trouve donc pas en situation de chercher à connaître " l'être de Dieu " ou à se le présenter. -- Ce n'est que de cette façon qu'il peut être pauvre en savoir !


......En troisième lieu, un homme pauvre est un homme qui 
n'a rien. On a affirmé maintes fois que la perfection consiste à ne rien posséder des choses extérieures de cette terre ; et ceci est en un certain sens tout à fait juste : quand on prend ce fardeau volontairement sur soi. Mais ce n'est pas ce sens que j'ai dans l'esprit.


......J'ai dit précédemment qu'un homme pauvre était 
celui -- non pas qui veut accomplir la volonté de Dieu, mais qui vit de telle façon qu'il est aussi vide de sa volonté, mais aussi de la volonté de Dieu, qu'il l'était quand il n'était pas. Cette pauvreté, nous l'appelons " la plus haute pauvreté ". -- Secondement, nous disions qu'un homme pauvre est celui qui ne sait rien des œuvres de Dieu. Quand on est aussi vide de tout savoir et de toute connaissance que Dieu est vide de toutes choses : c'est " la plus purepauvreté ". -- Mais la troisième est " la plus prochaine pauvreté " dont je vais parler désormais, à savoir celle-ci que l'homme n'a rien.


......Maintenant prêtez sérieusement attention ! Je l'ai dit souvent, et de grands maîtres l'ont dit aussi : " L'homme doit être si vide de toutes choses et de toutes œuvres, aussi bien intérieurement qu'extérieurement, qu'il puisse être pour Dieu un lieu particulier où Dieu puisse agir. " Aujourd'hui nous disons autre chose. A supposer que l'homme se tienne réellement vide de toutes choses, de toutes les créatures, de lui-même et de Dieu, et soit ainsi constitué que Dieu trouve ne lui un lieu où il puisse agir, nous disons néanmoins : aussi longtemps qu'il y a en l'homme quelque chose de tel, il n'est pas pauvre dans la " plus prochaine " pauvreté. Car Dieu n'a pas en vue avec ses œuvres que l'homme ait dans son intérieur un lieu où Dieu puisse agir. Mais ceci seulement est pauvreté d'esprit : quand l'homme se tient si vide de Dieu et de toutes ses œuvres que -- si Dieu veut agir dans l'âme, il lui faille justement alors être lui-même le lieu où il agir. Et comme il le ferait volontiers ! Car Dieu trouve-t-il l'homme parfaitement pauvre, le voilà qui souffre lui-même son action. Là il est un lieu particulier de son action. Même s'il est ici une action dirigée 
en lui-même. Ici, dans cette pauvreté, l'homme atteint à nouveau l'être éternel qu'il a été, qu'il est maintenant, et en tant que tel il vivra dans l'éternité.


......Alors se présente une objection tirée des paroles de saint Paul : " Tout ce que je suis, je le suis 
par la grâce de Dieu. " Et notre discours plane haut au-dessus de toute grâce -- comme au-dessus de la connaissance, de la volonté et de tout désir ! La réponse est : la parole de saint Paul n'est qu'une parole de Paul ; qu'il l'ait prononcée sous l'influence de la grâce, ce n'est pas le cas ! La grâce, en effet, n'opérait en lui que ceci : que son être se parfit dans l'unité elle-même. Ici s'épuise son ouvrage ! Mais du moment que la grâce suspendait son activité, Paul, naturellement, redevenait celui qu'il était.


......Nous disons donc que l'homme doit être si pauvre qu'il ne soit pas lui-même " un endroit où Dieu puisse agir " ni même, qu'il ne l'ait en lui ! Aussi longtemps que l'homme garde en lui de l'espace, il garde de la différence. C'est justement pourquoi je prie Dieu qu'il me rende quitte de Dieu ! Car l'être qui n'est pas est au-delà de Dieu, au-delà de toute différence : là, j'étais seulement moi-même, là, je me voulais moi-même et me regardais moi-même comme celui qui a fait 
cet homme ! Ainsi suis-je donc la cause de moi-même, selon mon être éternel et selon mon être temporel. Ce n'est que pour cela que je suis né. Selon mon mode de naissance éternel, je ne puis non plus jamais mourir : en vertu de mon mode de naissance éternel, j'ai été de toute éternité, et suis, et demeurerai éternellement ! Ce n'est que ce que je suis en tant qu'être temporel qui mourra et deviendra néant ; car cela appartient au jour, c'est pourquoi cela doit, comme le temps, disparaître. Dans ma naissance toutes choses sont co-nées : j'étais en même temps ma propre cause et la cause de toutes choses. Et le voulu-je : ni moi ni toutes choses ne seraient. Mais si je n'étais pas, Dieu ne serait pas non plus. -- Que l'on comprenne ceci n'est pas nécessaire.


......Un grand docteur affirme que sa 
percée est quelque chose de plus haut que sa première sortie. Quand je sortis de Dieu, toutes choses dirent : " Il y a un Dieu ! " Or ceci ne peut me rendre bienheureux, car par là je me saisis en tant que créature. Mais dans la percée, comme je veux me tenir vide dans la volonté de Dieu, et vide aussi de cette volonté de Dieu, et de toutes ses œuvres, et de Dieu lui-même -- là je suis plus que toutes les créatures, là je ne suis ni Dieu ni créature : je suis ce que j'étais et ce que je resterai, maintenant et à jamais ! Là je reçois une secousse qui m'emporte et m'élève au-dessus de tous les anges. Dans cette secousse je deviens si riche que Dieu ne peut être assez pour moi selon tout ce qu'il est en tant que Dieu, selon toutes ses œuvres divines : car je conçois dans cette percée ce que moi et Dieu avons de commun. Là je suis ce quelque chose d'immuable qui meut toutes choses. Ici Dieu ne trouve plus de demeure en l'homme, car ici l'homme, par sa pauvreté, a reconquis ce qu'il a été éternellement et restera toujours. Ici Dieu est introduit dans l'esprit. -- C'est " la plus proche pauvreté ". Puisse-t-on la trouver !


......Celui qui ne comprend pas ce discours, que son cœur ne s'en préoccupe pas ; car aussi longtemps qu'on n'a pas grandi à la mesure de cette vérité, on ne comprendra pas ce discours. Car c'est une vérité non réfléchie qui est sortie du cœur de Dieu, immédiatement ! Puisse nous être départie une vie où nous éprouvions cela nous-mêmes éternellement, qu'à cela Dieu nous aide ! Amen.

Traduit de l'allemand par Paul Petit, éd. Tell, Gallimard, 1942

vendredi 9 février 2024

L’Ouvert est en chaque Un


 Logion 4 de l’Évangile de Thomas : 

1) Jésus a dit : L’homme vieux de jours n’hésitera pas à interroger un petit enfant de sept jours sur le lieu de la vie, et il vivra,

2) car beaucoup de premiers seront derniers, et ils deviendront un seul être.

Ce we nous serons au complet au stage de we à Paris pour nous rappeler à notre vraie nature. 

Le nouveau né voit aussi le monde à partir de l’Ouvert. Quand vous réalisez que l’apparent autre vous voit et voit le monde à partir de la même ouverture transparente et consciente que vous, ça change la donne. 

Rappelez-vous de Cela lorsque vous accueillez un autre être, lorsque vous échangez, ou lorsqu’une conversation lieu. Qu’elle soit de nature intime neutre ou franchement désagréable, souvenez vous que l’apparent autre, de son propre point de vue, c’est à dire à la première personne, voit les couleurs et expérimente la situation à partir du même hublot de transparence illimitée que vous. 

En réalisant cela, un sentiment d’évidence et d’amour vous submerge. 


Amor Fati 



mercredi 24 janvier 2024

Je vou sem


 « Je vou sem » dit l’enfant qui nous rappelle par son innocent mais pas moins éloquent écho, qu’en un certain sens, au fil du Présent, il enfante ses parents. 

L’enfant nous élève au moins autant que nous l’élevons. Quelle chose terrible au passage que « l’élevage des enfants ».

Élevons-nous ensemble. 

Nous sommes semés. 

Nous sommes connus. 

Nous sommes aimés. 

Nous sommes vécus.

Nous sommes la Vie.

Que de vérités profondes se sèment sans en avoir l’air sur la page de nos erreurs innocentes lorsque la sérendipité est à l’œuvre.

Je nous sème et Je vous aime 

Je sème 

Et 

Je t’aime


samedi 20 janvier 2024

Expériences multiples et un seul JE

 


Cher ami(e)

Je te parle et t’écris depuis le vide, la Présence non localisée, depuis cet espace où tout est toujours parfait tel que c’est. Et, le miracle permanent est que ces mots apparaissent maintenant dans la même Présence de « ton côté ». 


Ici Maintenant, la Présence parle à la Présence. Car au fond, nous pourrions le vérifier directement, après investigation,  chacun d’entre nous, CHAQUE UN, est susceptible de se reconnaître comme étant l’Unique Réalité, la Présence non duelle à partir de laquelle toute forme et expérience apparaît et disparaît.


De ton côté et de mon côté deux expériences certes différentes, en termes d’heure et de localisation géographique et en termes de perceptions présentes en cet instant. Mais l’invitation essentielle de la Vie est celle de reconnaître que ces expériences sont perçues par la même ouverture transparente, le même Je, et surviennent dans le même Maintenant.


La vie est Une et Tu es ce Un, ce Maintenant !


JE, Maintenant, Ici, la Vie, le Silence, le Soi , la Conscience, la Présence, sont des synonymes qui pointent vers le même mystère que je t’invite à réaliser. 


Quand ? Maintenant 


Où ? Ici 


Amor Fati 

mardi 2 janvier 2024

Dévotion e(s)t Connaissance




Une voie de dévotion est une voie de connaissance.

Maitre Eckhart disait : « Lorsque je cherche Dieu par une seule voie, je trouve la voie et je perds Dieu caché dans la voie. Lorsque je cherche Dieu par aucune voie particulière, je le trouve tel qu’il est. Et il est la Vie même. »

Quelle a été « ma voie » ? Difficile de répondre précisément à une telle question tant j’ai cheminé hors des clous en apparence traditionnels. Je dis souvent que la rencontre avec les murs de la réalité a été ma voie, une voie de l’impuissance en somme qui m’a amené à consumer mes faux désirs, à désencombrer le regard et à me réajuster à la réalité en faisant l’unité avec la frustration et la souffrance qui bien sûr se sont révélées être, après investigation, de l’amour qui se cherchait.


Ramana Maharishi disait qu’il y avait deux façons de découvrir le Soi : par l’investigation du Soi ou par l’abandon à Dieu. 


Ma voie est à la fois une voie de connaissance ET une voie de dévotion. 


La question au final est « à quoi suis-je dévoué ici » ? Au fond, Je suis dévoué à la Vérité. Je veux la Vérité et rien que la Vérité. La Vérité ultime, absolue l’Un sans second.


Au cœur du Satsang nous sommes tous dévoués à la Vérité ou à la réalité ultime, c’est à dire à ce qui en nous ne change pas.


C’est pour ça que lorsque nous nous réunissons, nous sommes si dévoués tous ensemble à la nature directe de notre expérience.


Parfois on me demande si je crois en Dieu. 


Je me souviens alors avoir lu que lorsqu’on avait posé cette question à Einstein, il avait répondu avec son art si exceptionnel de la répartie : « dites moi ce que vous entendez par Dieu et je vous dirais si j’y crois. »


Le mot Dieu est tellement polysémique et connoté que je l’utilise rarement. Mais étymologiquement, il vient du mot lumière. En ce sens nous pourrions dire que Dieu est la lumière de la Conscience.


Si Dieu est, il doit nécessairement être toute chose. Car si Dieu était limité ce ne serait pas Dieu. 


La dévotion la plus haute envers Dieu est donc juste d’être pleinement ce que vous êtes déjà, reconnaître qui vous êtes vraiment vraiment.


Car si Dieu est, il a forcément laissé une trace en nous, Non ? Une trace qui est présente maintenant. 


 Quelle pourrait être la trace de Dieu en nous si ce n’était Je suis, cette graine de conscience, la lumière même de la Conscience ?


Et, si au lieu de simplement être conscient des objets qui vont et viennent dans la Conscience, nous retournions l’attention vers sa propre source, vers ce qui en nous est déjà pleinement présent et conscient ?


Hui Neng, le 6e patriarche du Tchan en Chine disait : « Retourne-toi ! Le secret est là ! »


Ne retournons-nous pas alors vers cet apparent créateur en le suivant à la trace ?


Nous réaliserons alors soudain que la lumière de la Conscience n’a pas besoin d’être illuminée par autre chose qu’Elle-même. La lumière prend soudain conscience d’elle-même comme si elle se dégageait des identifications illusoires, comme si elle sortait d’un rêve, où s’éveillait au rêve, et redevenait lucide au cœur de ce rêve très particulier que l’on nomme l’état de veille. 


Que découvrons-nous dans ce chemin de retour ?


Ce que tant d’êtres ont découverts avant nous : Qu’il n’y a nulle différence entre Le Père et le fils, atman et Brahman, et nulle trace de séparation ni de moi séparé et distinct du monde des autres et de la source. 


Amor Fati