Feel it !




Paroles et musique de Dan Speerschneider
un album pour célébrer la vie ;-)

vendredi 20 mai 2016

Jeu de Réactions-Réponses 
Suite à mon article précédent publiédans un groupe consacré à Krishnamurti sur Facebook



Suite à une série de réactions d'une personne par rapport à l'article précedent intitulé "Du sentiment d'appropriation à l'expérience directe sans personne ou comment passer concrètement du personnel à l'impersonnel" et, extrait d'une investigation directe lors d'un Satsang, je me suis amusé à répondre. C'est chronophage me direz-vous, mais comme je vous l'ai dit, je me suis amusé et lorsqu'on s'amuse comme un enfant, le temps n'existe pas. Lorsque j'étais enfant, comme beaucoup d'entre vous, lorsque vous étiez pleinement absorbé dans un jeu, vous perdiez toute notion du temps. On ne voulait même plus manger et rentrer pour le dîner était un calvaire. Mon père avait le don de m'énerver en disant cette phrase à laquelle j'ai résisté toute mon enfance et une grande partie de ma vie d'adulte : "Il faut arrêter le jeu pendant qu'il est encore amusant". Mon père, je le reconnais aujourd'hui avait peut-être plus de sagesse que moi à son âge. Bref, au cas où ces réponses pourraient être d'un intérêt quelconque, je les ai retranscrites. Cela permet de rendre un hommage à ce maître posthume qui m'a tant appris : Krishnamurti. Mais egalement de faire des liens entre des pédagogies en apparence différentes mais en réalité très proches. Cela permet aussi d'évoquer sa pédagogie du changement brusque d'attention (passage d'une attention personnelle à une observation neutre) qui manipule subtilement le manipulateur qu'est le mental. Je vais me faire incendier par les puristes en herbe qui sont fascinés par le doigt qui pointe sans réaliser ce vers quoi il pointe ! C'est pas toujours évident de pointer vers le ressenti silence. 


Réaction : Est-ce une méthode pour ne plus accorder d'importance à notre ressenti ? Il est faux ou sans intérêt parce qu'il est personnel c'est ça ? Écoute je suis une femme battu par son mari. Que ressens tu ? Ça fait mal. 15 sec passe. Ce n'est qu'un mal parmi tant d'autres. Ouf je me sens mieux. Est-ce un moyen de s'anesthésier de l'énorme cruauté et difficulté à vivre dans le monde ? La personne va finir par ne plus accorder d'importance à ce qu'elle ressent. Elle apprend à faire un clivage de la réalité pour se façonner une réalité à l'image qu'elle veut.


Réponse : La femme est battue pas son mari. Soit. C'est malheureux. C'est traumatisant. C'est extrêmement difficile, sans doute à vivre. Mais enfin c'est. Cela fait partie de la vie. il y a des gens qui se font humilier, battre, torturer ou égorger. Une femme s'est fait battre, une amie disons, elle vient me voir. Je l'écoute. Je l'écoute vraiment. Sans être figée sur l'idée que c'est affreux, que c'est insupportable, que "la pauvre ne s'en sortira jamais". Quelque chose qui n'est pas quelque chose écoute. Dans cette écoute, libre de tout jugement et de toute projection inutile, quelque chose peut naître, quelque chose de vrai peut surgir, quelque chose d'inconnu, d'étonnant, de profondément bénéfique. Je peux la prendre dans mes bras, l'amener au commissariat ou à l'hôpital, téléphoner ou aller voir le mari. Je ne sais pas encore. C'est la situation qui va le dire. Il n'y a pas de projection. Juste pure écoute et on laisse faire ce qui monte. Si elle croit savoir qu'elle est malheureuse, qu'elle est la victime, elle s'enferme dans un masque qui ne lui permet nullement d'écouter vraiment. Conforter la personne en lui rappellant combien c'est douloureux d'être une victime ne ferait que fixer encore plus son attention sur cette image d'elle-même. Ce serait justement de la "non assistance à personne en danger". Ce serait renforcer chez elle la fausse impression qu'elle est une personne. Cela ne signifie nullement que sur un plan légal elle n'est pas victime et qu'il n'y a pas lieu de faire condamner le mari. Mais sur un plan profond, dés que l'on prétend savoir, on n'écoute pas. On croit savoir, on pense, on juge, on interprète, mais finalement, on reste dans le connu, dans la mémoire et donc dans le passé. C'est cela qui est violent et faussement anesthésiant. Tant que l'on croit que c'est une personne séparée qui fait l'expérience, que c'est un moi personnel qui a reçu les coups, on reste dans la sempiternelle ritournelle de la dualité et du conditionnement. 
Ce n'est pas vrai. La personne est une simple activité imaginaire, mêm pas une entité et l'imaginaire ne reçoit jamais des coups. Juste en imaginaire. En réalité aucune expérience n'est jamais faite par quelqu'un. Il n'y a pas quelqu'un qui écoute, voit, ressent, hume, goûte. Il y a écoute impersonnelle, puis au sein de l'écoute impersonnelle se surimpose à postériori l'idée que c'est moi qui écoute, et selon que ce moi aime ou non ACDC ou non, il va péter un plomb ou se mettre à jouer de l'air guitar à se rouler par terre... L'idée que "c'est moi qui voit le clavier" ne voit rien en elle-même. Une idée ni n'entend, ni ne voit ni ne ressent. L'idée est une consctruction imaginaire et conceptuelle très intéressante pour pouvoir parler et partager des idées, mais qui ne sert à rien pour percevoir un son, même un riff de guitare électrique... Ainsi, ce jeu de révélation auquel je convie, permet à cette femme de faire une discrimination entre le transitoire (ce qui est perçu cad la douleur physique, psychologique, les émotions et les perceptions, les pensées, les jugements) et l'éternel c.a.d. la Présence éveillée, l'écoute impersonnelle, le témoin conscient (cela peut avoir toutes sortes de nom)... Ce jeu de révélation permet de constater ce qui est perçu sans appropriation. Réaliser cela dans sa vie est un des plus grands cadeaux au monde. et vous voudriez priver les gens de ce cadeau ? 

Pourquoi trouver anesthésiant le fait de faire l'expérience pure sans appropriation. C'est ainsi que l'expérience est faite en réalité. C'est nous qui avons dessapris l'essentiel. Nous avons appris à surimposer des jugements, des concepts, des filtrages sur tout ce que nous percevons. Mais nous ne nous en rendons même plus compte. Alors ce petit jeu n'anesthésie rien, il nous remet au contraire bien dans l'axe du ressenti silence où, en réalité, nous n'avons jamasi cessé d'être, sauf en imaginaire. Là, un grand calme se manifeste. Pourquoi ? Pas par une induction hypnotique ou quelque tour de magie d'apprenti sorcier, ni par le biais d'une méditation ou d'une technique permettant d'édulcorer la réalité. Non, simplement par une observation à partir de ce que nous sommes déjà. Pas en rajoutant quelque chose, pas en imaginant quelque chose. Juste en étant honnête avec ce qui se vit. Ce qui se vit se vit déjà à chaque instant que nous en soyons conscient ou non.. Si c'est une douleur, c'est une douleur. Si vous rajoutez la croyance que "ceci est ma douleur", vous rajoutez de la tension sur la douleur. Essayez ! Si vous voyez la douleur comme une douleur, même pas mais comme une sensation, une simple apparition ou une simple perception, ce qui est juste, sans le fatras psychologique, la douleur est éventuellement moins forte dans le sens où vous ne lui surimoposez pas une personne imaginaire prétendant que "cette douleur n'aurait pas dû arriver" et que "cette violence n'aurait pas dû être", et que "c'est injuste" et que "ça n'arrive qu'à moi", etc... Cela revient exactement à l'invitation de "K", écouter, ou observer sans observateur... Et il n'y a pas plus guérisseur, plus profondément empathique et aussi fonctionnel et efficace dans la vie au quotidien et au cœur du chaos du monde que ce regard désencombré des conditionnements de la personne; Il n'y a pas non plus de regard plus profitable à l'environnement et au monde que ce regard impersonnel. Nos caractéristiques personelles, c'est à dire l'expression de notre vie d'humain au cœur du monde, n'expriment leur véritable beauté que lorsqu'elles fleurissent de cette réalisation impersonnelle. Quittons le vu pour voir vraiment... ;-)



Réaction 2 : Bien que la personne peut jouer au bien être, la réalité en elle est tout autre. Elle ne sera jamais en paix. Elle apprend à se mentir.


Réponse : Il ne s'agit pas de ça mais tout le contraire. C'est assez impressionnant comme vous parvenez à détourner le sens de cette invitation. Tant que vous vous croyez être l'auteur du regard ou du ressenti, qui n'est pas personnel, vous surajoutez de la souffrance psychologique, c'est à dire de la résistance à ce qui est; et, cette tension est celle justement celle du regard avec un point de vue personnel.  Krishnamurti ("K") était passé maître dans l'invitation à l'observation impersonnelle. Il savait amener au désencombrement du regard par une très subtile invitation à un changement d'attention brusque avec tous ces interlocuteurs. Il passait d'un échange autour d'un deuil ou d'une peur particuière à l'invitation à l'écoute impersonnelle d'un chant d'oiseau, d'un échange autour d'un drame personnel à l'observation neutre d'un paysage etc... Toute son œuvre est traversée par cette pédagogie du changement de l'attention, d'une attention personnelle à l'attention impersonnelle, de l'observation au travers de nos conditionnements au regard sans personne. Il a d'ailleurs écrit à quelques reprises, que le secret résidait dans la capacité de changeemnt d'attention. Car, ce qui se passe alors chez l'interlocuteur ou chez le lecteur, c'est que, imperceptiblement, cela éveille en lui cette attention sans choix, ce regard sans personne, cette présence éveillée, en amont de toute pensée, de toute pensée et de toute peur. Ensuite, lorsque le sens personnel du point de vue s'émoussait et que les conditionnements se dissolvaient chez son interlocuteur, "K" revenait en douceur vers le sujet de départ qui pouvait alors être accueilli au sein de la Présence impersonnelle toujours déjà présente mais rarement remarquée. Alors, le deuil, le drame, la colère, le manque, la jalousie étaient observés et ressentis sans point de vue particulier, sans désir et sans peur. Et, cette intimité invitait à une intimité au-delà des mots. Les petits jeux de révélation auquel cet article invite sont du même ordre. Évidemment si l'invitation à ressentir suscite, non pas une expérience silencieuse et vivante où tous les mots sont caduques, mais une compulsion intellectuelle à imaginer ce que l'on devrait ressentir, ou mieux, à imaginer le danger qu'il y aurait à ressentir, bref si l'invitation à ressentir suscite une compulsion à penser le ressenti plutôt qu' à ressentir la pensée, alors il n'y a qu'à jeter l'éponge. Et tout est respectable. Il y a un vieux dicton chinois, ne le prenez surtout pas personnellement, mais il dit que : "Quand le sage montre la lune, le fou regarde le doigt"... Ce que nous sommes vraiment embrasse le sage, la lune et le doigt et tous les autres...

Réaction 3 : C'est peut être moi qui ne comprends pas mais je trouve cette attitude suspecte.

Réponse : Il n'y a rien à comprendre, il y a à d'abord à ressentir. Après, la compréhension devient amour. Mais seulement si vous ressentez vraiment c'est à dire sans commentaires. Vous êtes invité à ressentir la pensée plutôt que de penser le ressenti.

NB : Pour ceux qui sont intéressés par un accompagnement individuel non-duel à Paris ou par Skype ou une séance d'accompagnement psycho-corporelle pour laisser éclore les émotions bloquées, veuillez me contacter au 06 63 76 90 81 ou sur mon mail : adnnn1967@gmail.com

Si vous voulez vous inscrire pour les rencontres non duelles (sur la base d'une participation en conscience) qui ont lieu de façon bi-mensuelle à chez moi dans le 19e à Paris, écrivez-moi un sms sur le numéro ci-dessus.




Du sentiment d'appropriation à l'expérience directe sans personne ou comment passer concrètement 
du personnel à l'impersonnel


Investigation directe (extrait de Satsang)

Q : ... La vie est vraiment une source de souffrance perpétuelles...

R : Stop ! Arrêtons nous là-dessus et explorons ! Ressens "ceci est ma vision de la vie" ! (20 secondes passent)... Puis maintenant : "Cela est une vision de la vie." (20 secondes passent). Y a-t-il une différence entre ces deux perspectives pour toi, dans ton ressenti ?

Q : Dans la première je ressens de la tristesse et du désespoir, c'est très tendu, j'ai la nausée. Dans la deuxième c'est neutre... Enfin l'expérience de la vie en général n'est pas très drôle !

R : Stop ! Explorons pour voir la nature de cela qui fait l'expérience. Ressens : "Ceci est mon expérience" (la vie n'est pas très drôle). Ressens cela sans commentaires. (20 secondes passent).
Puis ressens maintenant la perspective : "Ceci est une expérience" (la vie n'est pas très drôle). (20 secondes passent). Alors ?

Q : Alors oui, effectivement. Grande différence. C'est comme si j'étais scotchée à cet état de victime dans le point de vue où "c'est mon expérience".

R : Et...

Q : Et lorsque je ressens ceci est une expérience de victime, ça se détend incroyablement... Mais là, à nouveau, il y a de la colère. De la colère contre cet état de victime.

R : Ok. Il y a de la colère. Ressens : "Ceci est ma colère".... (15 secondes passent)... puis maintenant : "Cela est une colère". (20 secondes passent). Alors ?

Q : Quand je le regarde depuis cela est une colère, ça se détend. Je me dis que ça va passer.

R : Ok. Reviens à "ceci est ma colère" et ressent sans commentaires cette pespective. (15 secondes passent). Puis ressens "cela est une colère". (15 secondes passent).

Q : En fait ça ne me touche plus. La colère est partie.


R : Est-ce que tu commences à comprendre. Pas intellectuellement. Mais avec ton ventre, ton cœur, tes tripes ? Qu'est-ce qui change entre les deux points de vue ? Vois ce qu'un simple pronom personnel avec tout ce que ça charrie de personnel justement sucite dans le corps-mental en tant que tensions, souffrances, contractions ! Vois comment le corps réagit. Pourquoi le corps se rebelle-t-il autant dans la première proposition, la pespective duelle et habituelle, "ceci est mon expérience" ? Tout simplement parce qu'elle n'est pas vraie. Le corps te dit quand tu te mens à toi-même. C'est notre outil le plus direct, il est avec nous 24h/24h, 7j/7j. Il sufiit juste de l'écouter et de le ressentir sans commentaires. Dés qu'il y a une tension corporelle, c'est qu'il y a quelque chose qui n'est pas écouté. C'est que nous sommes barrés dans l'histoire, dans la pensée, dans les "il faut" et les "je dois" ou dans les "si seulement".

Q : Mais comment ne pas vivre à partir du personnel ? Je suis aussi une personne ?

R : Tu apparaîs comme personne pour les autres et pour toi dans le miroir ou dans les albums photos, ou dans l'imaginaire. Le langage et la société te disent que tu es une personne, un corps-mental, une entité séparée des autres et du monde. Et tu as besoin de savoir comment tu apparais pour les autres pour fonctionner en société. Mais de ton point de vue intime, du point de vue de la Première personne, la personne qui apparait le matin ou le soir dans le miroir est une troisième personne, c'est ton apparence. La personne apparaît et disparaît au sein de cet espace vacant et conscient au-dessus de tes épaules.

La question est plutôt : Comment vivre à partir du personnel ? C'est cela qui est difficile. Lorsque tu sais qui tu es vraiment, c'est difficille de faire du rétropédalage et imaginer à nouveau être quelqu'un. Quand tu as tiré sur la barbe du Père Noël c'est dur d'y croire encore. Surtout, si tu as reconu ton grand-père. Tu peux faire semblant d'y croire pour avoir encore plus de cadeaux et par compassion pour tes parents qui sont tellemnt attachés à toute cette mise en scène rocambolesque. Vois que c'est d'imaginer d'être quelqu'un qui est difficile, exténuant. C'est faire comme si qui est épuisant. C'est se prendre pour le masque qui est déplaisant.

Les masques dont tu as besoin vont apparaître lorsque vtu en auras besoin mais ce ne sont pas tes masques, ce sont des masques. Si la vie en a besoin elle te permettra de les endosser. Mais il n'y a rien de personnel là-dedans.


Q : Mais c'est quand même mon espace, non ?

R: Oui et non. Tout dépend ce que tu mets derrière ce mon. Est-ce que cet espace a une nationalité ? est-il danois, français ou thailandais ? A-t-il un sexe, est il masculin, féminin, transgenre ? Est-il pauvre ou riche, noir, blanc ou jaune ? Est-il fâché, joyeux, déconnant ? Est-il humain, animal, végétal, minéral ? Est-ce que cet espace a un nom ? S'il fallait lui donner un nom ce serait peut-être "je suis". Et encore...

L'appropriation est source de douleurs, de conflits, de mensonge, de confusion, et surtout d'un immense gaspillage d'énergie.

Ressens "Ceci est mon espace impersonnel". (20 secondes passent). Puis ressens : "Cela est un espace impersonnel".

Q : Oui en effet, la première expérience est encore un peu contractée alors que la seconde est lumineuse, spacieuse. C'est incroyable.

R : Donc tu sais. Quelque chose sait déjà en toi. Et, ce quelque chose qui est d'une intelligence hallucinante n'est pas quelque chose.  Tu apprends à ton corps-mental à vivre sans cette croyance d'être une personne, sans tout ce désir d'appropriation.

La vie continue, mais sans personne pour la vivre. Les sons sont entendus mais personne ne les entend. Les pensées se déploient mais il n'y a personne qui les pense. Les couleurs sont perçues par un espace vacant au-dessus de tes épaules. Le mouvement se déroule au sein de ton atemporelle immobilité. Le temps se déroule en toi qui es le Non Temps, l'atemporel Maintenant. La vie se vit tellement mieux sans l'image trublionne d'un centre de contrôle.


Ceci est mon mental, cela est un mental. ceci est mon corps, cela est un corps. "Ceci et mon" passé, avenir, présent, réve, désir, souffrance, peur, plaisir, famille, temps, espace, vérité, éveil, perception, douleur, espérience, situation, univesr, monde, travail... ""Cela est un"... etcetera...
Explore, joue, ressens.

Q : Merci. Je sens vraiment que c'est une clé. Ce que tu dis, je viens de le vivre. Grâce à ce jeu de révélation, je ressens vraiment ce qu'avant je ne faisais que pressentir. Merci.

R : Merci à toi. Continue juste à te mettre en jeu quand le corps te le diras. Il n'y a rien à perdre, rien à gagner. La vie est un jeu. Il n'y a rien de plus beau que de partager ce que nous sommes déjà, nous réaccorder à l'impersonnel. C'est l'impersonnel qui va ensuite accorder peu à peu le personnel. Peu à peu, tu vas pouvoir vivre le quotidien à partir de l'espace impersonnel. On n'est pas en train de créer quelque chose en plus, on est en train d'ôter quelque chose de trop. Et encore, on n'ôte rien. On réalise simplement qu'il en a toujours été ainsi. On regarde ce qui est. Toute expérience apparaît toujours dans cet espace de conscience impersonnelle. C'est juste la peur, le langage, l'habitude, une sorte d'hypnose qui nous a entretenu dans un imaginaire personnel. Cela alourdit inutilement chaque perception. L'idée de la personne peut apparaître en nous si nous en avons besoin. Mais l'espace dans lequel elle apparaît ne s'en trouve ni troublé, ni satisfait. L'amour est impersonnel.

Q: Comment tu le sais ?

L'amour c'est ne rien demander. Et rien ne manque à ce que nous sommes vraiment vraiment. Ici, lorsque le mental n'a plus rien à défendre, aucune direction où aller, tu sais que tu es Cela, et cette simple conscience d'être conscient ne manque de rien et ne demande jamais rien. C'est le lieu sans lieu du Royaume en nous, où la seule prière est que ta volonté soit faite.


Le contentement n'est pas la joie sans objet

Le contentement n'est pas la joie sans objet

(Extrait de Satsang)


Question :
"Cela fait plus de 20 ans que je suis sur un chemin spirituel et après bien des galères et des belles rencontres, il me semble que j'ai dépassé quelque chose. Il me semble que j'ai enfin trouvé une sorte de paix et de joie. Il y a une impression de grande sécurité que je n'avais jamais connue avant. Suis-je à la fin du chemin ?"
Réponse : On peut parfois avoir l'impression qu'après un long et passionnant chemin spirituel fait de défis et de pièges que l'on commence enfin à goûter à sa part du gâteau. La vie est pleine de bonnes surprises, une nouvelle détente est présente dans le corps et les pensées négatives et oppressantes ne montrent même plus le bout de leur nez. Vous avez trouvé une activité qui semble vous combler ou une relation amoureuse intense et stable vous fait dire que vous touchez enfin au bonheur.
Mais ce ne sont que les expériences qui ont changé et qui temporairement semblent vous donner un répit et vous emplir d'une paix nouvelle. Ce sont des fadaises. Des foutaises.


L'espace de Présence consciente dans lequel tout cela apparaît, Lui, n'a pas changé. C'est cela qui doit être remarqué. Si vous oubliez l'essentiel et prêtez à nouveau uniquement attention aux formes contenues par la Conscience et non la Conscience elle-même, vous retombez dans les mêmes pièges qu'avant. Rien n'a été vraiment compris.
Ce que vous appelez votre sécurité n'est qu'illusion et insécurité. Tout ce que vous avez ne vous appartient pas et est déjà en train de vous quitter.
Tout ce que vous gagnez un jour vous le perdez le jour d'après. C'est inévitable. Il n'y a rien de vrai dans le transitoire. Le fait de dépendre de quelque chose, une situation, une expérience pour éprouver une sorte de paix est super anxiogène. Au fond de vous, vous savez très bien que tout ça peut s'écrouler d'un instant à l'autre.


Il n'y a rien de plus dissonant que de se réjouir de sa réussite et de sa paix intérieure ou de sa situation financière ou de n'importe quoi d'ailleurs. Reconnaissez la peur et la tension que cette auto-satisfaction génère ! Regardez bien. Ressentez comme en deçà des premières couches de contentement, quelque chose gronde et veut se faire entendre. Il faut vraiment ressentir cela. Ressentez silencieusement combien le fait de se réjouir sonne faux. Au moment même où vous vous réjouissez de quelque chose, il y a comme une tension corporelle, comme un goût d'amertume, quelque chose de faux. Si on écoute bien, on le sent dans le plexus, dans la gorge, dans le ventre, dans le menton, dans la langue, dans les avant-bras, dans les cuisses. Tout le corps est imprégné de cette peur de lâcher cette histoire que "tout va bien Madame la Marquise."


Le contentement est tout le contraire de la joie véritable. La joie de ne rien être, de n'avoir aucune image à défendre, aucune croyance à vendre. C'est une joie sans cause et sans but.
Dés que des pensées agréables semblent vous rassurer quant à la pérennité de votre bonheur, d'autres pensées viendront inévitablement vous faire peur.

Le véritable bonheur ne dépend de rien. C'est ce que vous êtes. Le simple bonheur d'être conscient, le bonheur d'être conscient d'être conscient ne paye pas de mine. La pensée vous dira : "conscient d'être conscient et alors ! Qu'est ce que ça va m'apporter ?" . Pourquoi ça ? Parce que la pensée n'est pas vivante. Elle n'est qu'une pâle traduction en mots et en concepts de la vie. La pensée ne ressent rien.

Mais si vous vous détendez tout simplement dans cette Présence déjà là, avant les pensées et goûtez cette joie d'être avec votre cœur, vous comprenez que le vrai bonheur ne dépend d'aucune expérience, d'aucun état du corps ou du mental. Le vrai bonheur est ce que vous êtes. Et cela se révèle lorsque vous vous rendez compte de ce que vous n'êtes pas. Ce bonheur simple d'être se réalise lorsque vous arrêtez de prétendre avoir ou être quoique ce soit.




NB : Pour ceux qui sont intéressés par un accompagnement individuel non-duel à Paris ou par Skype, une thérapie d'accompagnement psycho-corporelle pour laisser éclore les émotions bloquées, ou une séance de réharmonisation vibratoire, veuillez me contacter au 06 63 76 90 81 ou sur mon mail : adnnn1967@gmail.com


Si vous voulez vous inscrire pour les rencontres non duelles (sur la base d'une participation en conscience) qui ont lieu de façon bi-mensuelle à chez moi dans le 19e à Paris, écrivez-moi un sms sur le numéro ci-dessus.
Réalisation et établissement dans la Présence


La réalisation est soudaine.
L'établissement dans la Présence est progressive.
La réalisation n'a pas besoin de temps, de pensées, de concepts.
Mais, pour que cette réalisation descende dans le cœur, imprègne progressivement tous nos conditionnements corporels et nos modes perceptifs, pour que cette vision sans point de vue personnel se vive au cœur de la brûlure du quotidien, au cœur du chaos monde, dans nos relations avec les autres et l'environnement, le temps semble nécessaire.
Mais, une fois que vous savez qui vous êtes, il suffit d'accueillir toutes les dissonances et les sentiments de séparation - lorsqu'ils surgissent - au sein de cette Présence éveillée que vous êtes pour remarquer qu'ils se déploient librement et finissent inexorablement par se dissoudre en Vous.
Si vous demeurez silencieux, tranquilles, passifs, et observez ce déploiement émotionnel ou imaginaire avec une attention sans choix, vous réalisez que cette dissolution révèle avec encore plus d'évidence la Présence éveillée que vous êtes. Tôt ou tard vous réalisez que tout ce qui semble vous limiter, vous contraindre, vous raconter des histoires, que toute situation où expérience, même la plus ardue ou la plus révoltante en apparence, n'est qu'une étonnante expression de vous-même, comme les différentes formes de vagues de l'océan sont des expressions particulières de l'Océan Lui-même.
En pratiquant ce yoga que l'on pourrait appeler du "sentiment de manque à la plénitude", la plénitude que vous êtes va se révéler partout. Dans toutes les encoignures, même les recoins les plus sombres, les plus inattendus, les moins inspirants, les plus révoltants, vous tomberez amoureux encore et encore de l'inévitable Un.
À partir du moment où vous avez l'intime conviction d'être cette Présence éveillée sans forme et sans âge, la recherche est terminée.
C'est autre chose qui commence alors : une douce exploration amoureuse, de la vie dans toutes ses dimensions. C'est un temps sans âge, où tout ce qui semble séparé de vous ne révèle que l'unicité mystérieuse et indicible de la vie. Et vous êtes ce mystère indicible.


ÉVEIL PAS ÉVEIL


Éveil pas éveil, finalement, ce ne sont que des concepts. Ce que je suis n'est ni éveillé ni pas éveillé. Cela qui est conscient de tout ces concepts n'est pas lui-même un concept ou une perception. C'est au-delà de tous les concepts, de tous les mots.
Ce sont souvent des mots qu'on utilise pour se donner une contenance, jouer un nouveau rôle de plus, rajouter un masque de plus à notre belle collection.
En fait non : on a brûlé sur le bûcher des vanités tous nos anciens masques sans voir qu'on était en train d'en endosser un nouveau. Beaucoup plus insidieux, car plus subtil et presque transparent : le masque de l'éveillé. Le plus vaniteux de tous car le plus dissimulateur et le plus accaparateur d'énergie.
Le masque le plus douloureux aussi à porter car à l'apoastre de la vacuité consciente et impersonnelle que nous sommes. La personne éveillée est la caricature extrême de la prétention et de l'auto-illusionnement.

jeudi 19 mai 2016

Rencontre avec Dan

Samedi 21 Mai à 19h30 à Paris 75019




Satsang pour la joie de reconnaître et partager notre nature éveillée déjà présente.

Exploration directe de la nature de la réalité : Mise en lumière de nos fausses croyances et de notre impression de séparation au travers de jeux de révélation, expériences de la Vision Sans Tête de Douglas Harding et investigation de la nature de la réalité par des  méditations guidées et une investigation directe basée sur un jeu de questions-réponses.



Pour de plus amples informations :

Blog : eclore-en-conscience.blogspot.fr

Inscription (libre participation) Tél : 06 63 76 90 81

jeudi 21 avril 2016

La nature de quelques concepts célèbres 
du point de vue de l'expérience directe


Un ami, déconcerté et confus devant quelques lectures non-duelles radicales, mais néanmoins très curieux de la teneur de ce message m'a demandé de clarifier quelques éléments de langage. Je me suis amusé à présenter et à explorer quelques concepts racines de façon assez dépouillée et, espère que ça ne rajoutera pas à sa confusion ou à la vôtre.

L'univers, l'espace et le temps.

Du point de vue de l'expérience directe, l'univers est constitué d'un ensemble d'objets dont le corps-mental est un exemple. Il semble que l'univers existe dans le temps et l'espace. Néanmoins, le temps et l'espace ne sont que des concepts. Ils ne sont pas réels. Seul est considéré comme réel ce qui ne change pas. On pourrait dire que le temps est le concept du changement. Et puisque tous les objets sont sujets au changement, tous les objets sont des concepts temporels. L'espace est le concept de l'étendue (taille et forme). Puisque tous les objets se situent dans l'espace, on pourrait également dire que tous les objets sont des concepts spatiaux.

La Conscience.

La Conscience est cela qui est conscient de l'univers. La Conscience ne peut être prouvée par des concepts qui ne sont que de la mémoire et donc du passé. Elle se connaît elle-même de façon directe. Car, vous êtes conscient et vous savez que vous êtes conscient. Vous êtes conscient d'être conscient. Cette Conscience n'est pas soumis à la loi du changement et de l'évolution. Elle n'a pas de forme et n'est donc pas une chose. Elle ne naît pas et ne peut mourir. La Conscience, la Réalité, la Présence consciente, sont tous des pointeurs conceptuels vers ce qui n'a ni nom ni forme. Tous les objets apparaissent au sein de la Conscience.

Le petit je, le moi séparé (le faux je).

Le moi de la personne est un concept résultant d'une identification de la Conscience, qui est vraie avec le concept d'un moi séparé qui est faux. Ce moi séparé semble exister mais dés qu'il est exploré dans l'expérience directe, il avoue son imposture en se dissolvant dans la Conscience dont il est issu. Le moi séparé de la personne est un concept qui n'existe pas réellement. Je suis la Réalité, la Conscience, la Vie, l'Expérience Une et indivisible. Dés que le concept "moi séparé" apparaît, son contraire, le "non-moi" apparaît également. Dés que je crois être un moi pensant ses pensées et posant des actes de façon délibérée, la théorie matérialiste semble automatiquement accréditée et l'existence des objets séparés paraît réelle et préexistant à la Conscience.

Le Corps.

Lorsque vous laissez tomber votre imaginaire et vos savoirs de seconde main, le corps apparait dans l'expérience directe comme un ensemble de sensations et de perceptions. Ce qu'on appelle communément le corps n'est qu'un flux de sensations auxquelles la pensée surimpose des étiquettes, des noms et des concepts. Dans l'expérience directe, sensations et pensées ne sont que des apparitions au sein de la Conscience. En d'autres termes le corps aussi est un concept qui n'a pas de réalité objective et autonome. Plus vous ressentez de façon directe le corps, plus celui-ci se manifeste en tant que vibration, moins il semble dense. Puis, vous découvrez que toute vibration est elle-même, aussi subtile soit-elle, une simple apparition, se dissolvant dans l'espace conscient. Magie suprême, cette dissolution pointe elle-même vers la véritable nature du corps qui est pure spatialité ou Conscience sans forme et sans âge.



Le véritable Je.

Je ne suis ni un concept ni un objet. Je ne puis être le corps-mental car Je suis cela qui en est conscient. Ainsi Je suis la Conscience. Je et Conscience sont synonymes. Je suis sans limites et sans âge. L'univers et le corps-mental apparaissent en moi en tant que Conscience. Je, moi en tant que Conscience sans forme et sans âge, n'apparais pas en eux.

Libre arbitre et causalité.

Le "Je" illusoire de l'identité séparée semble dotée de choix et de liberté. La notion de libre arbitre est un des plus puisssants marqueurs de l'impression d'être une entité séparée aux commandes d'une vie personnelle. Mais puisque le "Je" illusoire n'a pas de réelle existence, il n'y a ni auteur, ni acteur, ni penseur, ni choix personnel, ni observateur personnel. Ainsi le corps-mental n'a aucun contrôle sur quoi que ce soit.

Croire en un auteur des actes est une croyance qui dépend de la croyance en un auteur indépendant et en l'existence de la causalité. Mais puisqu'il n'y a pas d'auteur, la causalité est elle-même un concept sans réalité. Puisque les objets eux aussi sont des concepts sans réalité, tout ce qui semble apparaître n'est rien d'autre qu'un concept. Tout arrive spontanément, sans cause. Même si les objets avaient une existence réelle, il est aisé de voir qu'on ne peut jamais trouver une cause originelle à un phénomène mais qu'il y a une multiplicité infinie de facteurs. C'est donc tout l'univers qui est la cause de toute forme ou apparition, chaque situation, chaque évènement tel qu'il se présente. Puisque le moi séparé et la causalité ne sont rien d'autre que des concepts, le libre arbitre doit également être considéré comme un simple concept de même que la notion de responsabilité personnelle.

L'impression de liberté que nous resentons au cœur de nos vies est réelle. Mais elle ne vient pas de l'illusion de choix du personnage, même si c'est généralement justifié et compris ainsi, mais de la Conscience elle-même, libre de toute idée de choix ou de non choix.

La souffrance.

Souffrir c'est vouloir ce qui n'est pas. Et ce vouloir procède de la croyance que "je" peux changer ce qui est et obtenir ce que "je" désire. Cette croyance engendre l'idée de la responsabilité individuelle qui elle-même engendre un certain nombre de misères comme par exemple le regret, la culpabilité,(d'avoir fait le mauvais choix), la honte, l'orgueil (d'avoir accompli personnellement quelque chose ou d'avoir fait le bon choix) par rapport aux évènements passés et l'inquiétude, la peur, et l'espoir par rapport au futur. La peur est un autre nom pour la souffrance. Cette dernière naît avec l'identification objective avec le corps. Les autres nous ont dit que nous étions ce corps et nous l'avons cru. Les enfants font généraleemnt confiance au savoir des parents et se soumettent facilement aux autorités extérieures pour leur dire qui ils sont. Le corps étant mortel, tant que l'on s'identifie au corps, la peur de mourir est présente d'une façon plus ou moins subtile.


L'éveil ou reconnaissance de votre vraie nature

L'éveil est une désidentification avec la croyance d'être un acteur personnel ainsi que le sentiment de séparation. Avec la reconnaissance de votre vraie nature de conscience sans forme, vous réalisez qu'il n'y a pas d'acteur personnel et qu'il n'y en a jamais eu. Il n'y a donc pas non plus de séparation. Puisqu'il n'y a plus d'appropriation personnelle de l'expérience, il n'y a plus de penseur, d'auteur ou d'acteur. Il n'y a donc plus de regret, de culpabilité, de honte, de fierté personnelle par rapport aux évènements passés, ni de stress, de peur, de désir ou de projections personnelles sur le futur.

Que puis-je faire pour m'éveiller à ma vraie nature ?

Ici il s'agit d'être très précis et honnête et réaliser que celui qui prétend vouloir et pouvoir s'éveiller n'est en réalité qu'un flux de pensées et de sensations. Puisqu'il n'y a pas d'acteur personnel, il n'y a rien que vous puissiez faire pour vous éveiller et donc nulle responsabilité personnelle à cet égard et à nul autre d'ailleurs. l'éveil est d'ailleurs un mot impropre parce qu'il donne l'illusion que c'est l'entité séparée, la personne qui s'illumine, alors que l'éveil est la fin de la croyance en l'existence d'une personne séparée. Je préfère donc parler de reconnaissance. Lorsque le voile de l'identification au nom et à la forme tombe, c'est la Présence déjà éveillée en arrière plan qui réalise qu'il n'y a qu'Elle depuis toujours. Cette réalisation est elle-même au-delà du temps et de toutes les pratiques liées au temps. Il n'y a donc aucune pratique qui puisse causer en elle-même cet éveil.

Sommes nous donc condamnés à la souffrance ?

Il y a de nombreux pointeurs, outils d'attention, ou pratiques qui sont susceptibles de diminuer la souffrance. Mais il est important de voir qu'elles prennent place au sein de la Conscience et qu'il n'y a personne de séparé qui pratique, qui pense, qui médite qui fait quoi que ce soit. Le corps-mental semble faire un tas d'expériences pour nous sortir de la panade mais en réalité le corps-mental lui-même est une expérience au sein de la Conscience impersonnelle. Si ces pratiques visant à soulager la souffrance et à ouvrir le regard doivent avoir lieu alors elles auront lieu. Tout simplement. Mais cela ne dépend d'aucun vouloir personnel. La véritable pratique consiste, sans efforts, de voir les choses telles qu'elles sont, sans commentaire. La véritable pratique consiste finalement à voir toute expérience à partir de la lumière consciente et impersonnelle. De faire l'expérience directe de toute chose pour découvrir que tout ce qui semble séparé n'est en réalité que Conscience. Au travers de chaque expérience directe réaliser encore et encore que vous êtes cette Conscience sans forme et sans âge, sans aucun manque car pleine d'elle-même. Vous comprenez alors tôt ou tard que rien dans le monde ne peut vous compléter ou vous offrir la paix naturelle que vous êtes déjà.

Le retour vers soi par l'investigation et la désidentification.

Pour cela il suffit de faire l'investigation selon le mode naturel de désidentification. Au départ devenez simplement conscient de toutes vos pensées, négatives, positives et voyez les non plus comme des pensées mais comme de simples apparitions dans la Conscience. Observez sans jugement vos sensations et vos émotions. Soyez ouvert à tout ce qui en vous apparaît comme sensation de manque, de tristesse, d'avidité, de jalousie, de désir de reconnaisssance, d'amour, de peur, de désespoir, de stress, de culpabilité, de honte. Soyez conscient de vos tensions corporelles, de la moindre contraction ou de malaise. Considérez également toute sensation corporelle ou émotion comme de simples apparitions au sein de la Conscience. Ressentez-les sans jugement, sans aucune intention à leur égard, de façon neutre. Puis, demandez-vous qui ressent ces sensations, ces émotions, ces pensées ? Constatez que toute idée de réponse à propos d'un moi quelconque qui serait le propriétaire de ces sensations, émotions ou pensées, ne serait lui-même qu'une pensée associée à une contraction, ou un ensemble de sensations de tensions, c'est à dire in fine à une ou à un ensemble d'apparitions au sein de la Conscience. Demeurez avec la question : qu'est ce qui est conscient de cette ou de ces apparitions ? Puis constatez que la question pointe vers une absence de "je séparé" et un espace de conscience sans forme, sans commencement et sans fin. Chaque fois que la sensation d'identification apparaît en vous, vous êtes invité à faire cette investigation du Soi de la voie directe que Ramana Maharshi* a rendu célèbre, et qui tous revient à une seule chose : reconnaître au cœur de votre vie que vous êtes la Conscience consciente d'elle-même, sans limites et sans âge et en laquelle les phénomènes transitoires apparaissent et disparaissent. Une fois reconnu que vous êtes le permanent dans lequel le transitoire apparaît et disparaît, réalisez qu'il n'y a aucune séparation entre le témoin conscient et les perceptions. Laisser ensuite le témoin conscient, une subtile réminiscence de dualité se dissoudre avec les perceptions, et réalisez que Vous êtes l'Absolu.


"La logique n'est pas nécessaire contrairement à l'intuition, la faculté artistique de pressentir l'essentiel et de le séparer de l'inutile, de discriminer l'éternel du temporel."

Shankara dans commentaires au Brahma Sutra

NB : Pour ceux qui sont intéressés par un accompagnement individuel non-duel à Paris ou par Skype ou une séance d'accompagnement psycho-corporelle pour laisser éclore les émotions bloquées, veuillez me contacter au 06 63 76 90 81 ou sur mon mail : adnnn1967@gmail.com

Si vous voulez vous inscrire pour les rencontres non duelles (sur la base d'une participation en conscience) qui ont lieu de façon bi-mensuelle à chez moi dans le 19e à Paris, écrivez-moi un sms sur le numéro ci-dessus.


* Extraits du petit livre fondamental de Ramana Maharshi "Qui suis-je ?"

Avec le Vichara-sangraham (La Recherche de Soi-même), le Nan Yar (Qui suis-je ?) représente la première série d’instructions données par le Maître avec ses propres mots. Parmi les œuvres de Shrî Bhagavan (Ramana Maharshi), ces deux écrits sont les seuls en forme de prose. iv QUI SUIS-JE ? Ils exposent clairement son enseignement central, notamment que la voie directe vers la Libération est la recherche du Soi. La manière d’effectuer cette recherche est décrite de façon explicite dans le Nan-Yar : Le mental est constitué de pensées. La pensée ‘je’ est la première qui s’élève dans le mental. Si l’on poursuit l’investigation « Qui suis-je ?  » d’une manière constante, toutes les autres pensées sont détruites, et finalement la pensée ‘je’ elle-même disparaît, laissant la place au Soi non-duel ; les fausses identifications du Soi avec les manifestations du non-Soi, tels que le corps et le mental, cessent, et l’illumination (sâkshâtkâra) s’ensuit. Le processus de la recherche du Soi n’est en aucun cas facile. En posant la question « Qui suis-je ? », de nombreuses autres pensées vont surgir; mais, au lieu de leur céder et de les suivre, il faut se demander : « À qui se présentent-elles ? ». Pour ce faire, on doit rester extrêmement vigilant. Grâce à cette investigation constante, le mental s’établira dans sa source et ne pourra se disperser et se perdre dans le labyrinthe des pensées créées par lui-même. Toutes autres disciplines, tels que le contrôle de la respiration ou la méditation sur une image de Dieu, doivent être considérées comme des pratiques accessoires. Elles ne servent qu’à la maîtrise et la concentration du mental. Pour un mental exercé dans la concentration, la recherche du Soi devient comparativement facile. C’est par une investigation incessante que les pensées seront détruites et le Soi réalisé – la Réalité plénière dans laquelle il n’y a même plus la pensée ‘je’, expérience qui est désignée comme « Silence ». Tel est en substance l’enseignement de Bhagavan Ramana Maharshi dans le texte Nan Yar (Qui suis-je ?). T.M.P. Mahadevan Université de Madras 30 juin 1982




mercredi 20 avril 2016

Concept et Réalité

De l'utilité des vrais concepts pour déconstruire les faux concepts


Le concept se forme à partir d'un processus de conceptualisation qui est le mécanisme de séparation et d'étiquetage des perceptions. Le bébé avec son intellect pas encore très développé vit une expérience directe sans séparation. Le processus de conceptualisation commence cependant assez tôt avec l'apprentissage du langage dans l'enfance puis, se développe rapidement jusqu'à devenir automatique et donner le sentiment que la vie est elle même séparée en sujets qui perçoivent et objets qui sont perçus. Si l'être réalisé dispose d'un intellect développé, il n'est nullement dupé par lui. Il voit la nature fallacieuse de ce processus de séparation. Sans conceptualisation, il n'y a pas d'objets (dans le sommeil profond, sous anésthésie, dans les instants d'émerveillement, d'impuissance totale ou dans le samadhi). Car, par définition les objets sont toujours séparés les uns des autres.

La conceptualisation fonctionne par paires duelles, car chaque concept à son contraire. Il semble que la réalité soit divisée en des pôles opposées. C'est cela qu'on appelle la dualité. Les deux concepts d'une paire d'opposées sont inséparables car si l'un disparaît, l'autre disparaît également. Le sujet crée l'objet et vice versa. C'est pour cela que dans l'investigation non-duelle, on investigue tantôt la nature de la réalité de l'apparent objet, tantôt celle de l'apparent sujet (le moi séparé) pour le même résultat : découvrir que les deux sont vides de quailités objectives et que leur seule réalité est paradoxalement la Conscience sans forme et sans âge elle-même. Dans l'investigation directe, toute forme en apparence séparée avoue sa nature de Conscience.


La Réalité n'est pas un concept. La Réalité est non duelle, ce qui signifie qu'elle est absence de séparation. Advaïta signifie non deux en Sanscrit. Pour cette raison, elle est aussi absence de concepts et d'objets. La conceptualisation apparaît pour fragmenter la Réalité indivise en objets séparés. Par ce processus, il semble que la réalité ne soit plus Une. Mais en réalité cela ne change rien du point de vue de la Réalité qui demeure Une.

La Réalité Une étant sans séparation, elle ne peut être perçue. C'est pour cela qu'aucun concept ne pourra jamais décrire la Réalité. Néanmoins, un concept peut être vrai ou faux. Un concept faux est un concept qui désigne l'objet comme réel. Un concept vrai dénie la réalité à l'objet et montre qu'il n'est que le résultat d'une construction imaginaire. Un concept vrai a pour fonction de pointer vers la Réalité. Un concept qui pointe vers la Réalité est un concept qui vise à discriminer entre le transitoire qui est un objet perçu et le permanent qui est un sans forme qui perçoit (la Conscience). 


De nombreuses personnes trouvent que la non dualité est une approche compliquée de la vie et que par son langage et le soin extrême parfois appliqué à l'explicitation des concepts, cette "non voie" nous éloigne de l'expérience de l'amour, de la simplicité et de l'unité de la vie. On entend souvent dire que le langage de la non dualité est très abstrait. Ce dernier point n'est peut-être pas entièrement faux. Mais la conceptualisation non duelle est une conceptualisation qui ne vise qu'à explorer la validité de notre façon de percevoir le monde qui est déjà extrêmement conceptuelle. Ce n'est pas une conceptualisation qui vise à rajouter une couche de croyance à toutes celles qui nous encombrent déjà. La conceptualisation non duelle sert à mettre à nu nos conditionnements déjà extrêmement élaborés, à désosser toutes les couches de croyances erronnées qui font obsatcle à la réalisation de qui nous sommes vraiment. Cette déconstruction de nos faux savoirs vise simplement à révéler notre nature éveillée déjà présente, et donc à révéler l'Amour sans forme et sans condition que nous sommes. Il s'agit simplement de tenter de pointer vers l'intimité de l'expérience de l'unité où il n'y a plus de place pour un sujet et un objet, pas d'espace pour se mettre à distance de ce qui est vécu et juger l'expérience, pas de temps pour sortir du Maintenant et essayer de changer quoi que ce soit, pas de possibilité d'être autre chose que l'être prenant la forme de cette expérience-ci. Les pointeurs non duels nous révèlent l'impossibilité d'atteindre cette expérience d'unite par le biais de la pensée. L'apparente complexité du langage non duel n'est là que pour révéler l'impuissance de tout concept, l'impuissance de la recherche d'un mieux ailleurs qu'ici et maintenant.

Le Jnana Yoga en Inde, qui est le yoga de la Connaissance a ce pouvoir de révélation.
Atmananda Krishna Menon*, un des maîtres de Jean Klein utilisait à merveille les "vrais" concepts pour déconstruire les "faux concepts". Il appelait cela le Higher Reasoning (raisonnement supérieur). Ramana Maharshi le grand sage de l'Inde contemporaine, soignait l'ignorance avec l'investigation du Soi (Self Inquiry) et renvoyait inlassablement ses auditeurs venus du monde entier à la simple question "qui suis-je". Sri Nisargadatta Maharaj (l'élève de Siddarameshwar : "La voie de l'oiseau" par opposition à "La voie de la fourmi"), l'auteur du fulgurant "I am That" était un véritable Jnanin (maître réalisé et définitivement établi dans la Connaissance). Son enseignement radical et direct a été une aubaine pour ce qui ont eu la chance de le rencontrer ou de le lire et laisser ses paroles descendre dans le cœur.  


Nous ne nous rendons pas compte que toute notre expérience de la réalité, même la plus banale, comme manger une pomme, faire un choix entre deux destinations ou percevoir un arbre, se fait à partir d'une conceptualisation apprise dans l'enfance, à l'insu de notre plein gré. Et aujourd'hui, ces filtres opèrent en nous comme un ensemble de croyances transparentes (dont nous n'avons pas conscience), structurant la nature même de notre perception et de notre façon de concevoir et ressentir le monde et les autres. La conceptualisation non duelle sert uniquement à explorer la nature de la réalité telle que nous la percevons pour la remettre complètement en question et discriminer le vrai du faux, le transitoire du permanent. La façon que nous avons de percevoir la réalité est justement la cause racine de toutes nos souffrances et des conflits dans le monde. 

Si vous avez un désir sincère de vous connaître, et si vous voulez vous extirper de la pelote de laine de la recherche et de la souffrance, il vaut donc la peine de s'intéresser à la façon dont on se désemberlificote des croyances et de toutes nos constructions mentales. Évidemment que c'est une façon de parler, car si tout un processus de ce genre doit advenir il sera fera sans vous, sasn entité séparée, car en réalité, il n'y a jamais personne qui fait quoi que ce soit.


Ramana Maharshi disait qu'un concept n'est utile que tant que vous l'utilisez comme vous le feriez d'une épine pour extraire une autre épine enfoncée dans votre pied. Quand vous avez retirée l'épine de votre pied, vous jetez les deux épines. Voilà tout ce à quoi un concept est bon : expulser l'autre concept qui fait obstruction.

Quand la réalisation émerge, on jette ces mots et ces concepts, disait Ramesh Balsekar. Si vous vous accrochez à eux, ces mots et ces concepts deviennent comme un cancer, ils vous rongent les entrailles.

J'ajoueterais que, quelque chose n'apparaît compliqué que dans la mesure où cela ne coïncide pas avec ce que nous croyons déjà. La conceptualisation non duelle est en réalité très simple. L'investigation sur le Soi, le neti-neti, (ni ceci ni cela), l'auto-questionnement, l'investigation sur la nature de la Réalité, et les différents outils d'attention disponibles comme les merveilleuses expériences de la Vision sans tête ne sont pas vraiment des processus de discrimination en soi compliqués. Cela demande peut-être un minimum de structuration mentale mais il n'est nullement besoin d'être érudit ou doté d'une intelligence particulière pour discriminer entre le transitoire et le permanent. L'érudition est même souvent plutôt un obstacle à cette mise à nu des savoirs formels bien ancrés. Ce qui fait obstacle est plutôt la résistance à remettre notre vison du monde et de nous-mêmes complètement en question. Cela fait peur de réaliser la fin d'un paradigme. Mais au tréfonds de tous les humains c'est toujours la peur de ne rien être, d'être une non chose (a no-thing) qui achoppe. Ce qu'il faut c'est de l'audace, de la sincérité, de la ferveur et une confiance pour ce poser la vraie question : 

"Qu'est-ce qui est conscient de toute expérience"


NB : Pour ceux qui sont intéressés par un accompagnement individuel non-duel à Paris ou par Skype ou une séance d'accompagnement psycho-corporelle pour laisser éclore les émotions bloquées, veuillez me contacter au 06 63 76 90 81 ou sur mon mail : adnnn1967@gmail.com

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