Feel it !




Paroles et musique de Dan Speerschneider
un album pour célébrer la vie ;-)

mercredi 9 novembre 2016

Ramana Maharshi et le pointeur du sommeil profond

"Cette pensée te vient-elle pendant le sommeil profond ?"
Ramana Maharshi


Dans l'article précedent, nous avons vu la potentialité de révélation de notre véritable nature infinie contenue en puissance dans le précieux questionnement : "Qui suis-je ?" Ramana Maharshi en avait fait le pointeur principal de son enseignement non duel. 

Mais il utilisait également un autre pointeur tout aussi puissant dont on parle moins. Il rapellait souvent que nous passons 25 ans de notre vie à dormir et que pendant le sommeil profond "nous sommes morts au monde", que les images cessent d'être perçues et que nous ne sommes donc pas conscients de nous-mêmes. Dans cet état de sommeil profond, aucune pensée n'émerge, car il n'y a plus de concept de moi séparé auquel on pourrait les relier. L'attention même est totalement relâchée, résorbée dans sa source. Quelle est donc la nature de cette non-expérience, sans tension vers aucune perception particulière, sinon l'expérience pure d'être, tout simplement, sans personne pour en faire l'expérience ?

Si, en nous réveillant, nous sentons encore les effluves de cette paix, de ce repos et de ce bonheur profond sans cause, c'est évidemment que pendant le sommeil profond, cette même paix et ce même bonheur étaient présents et qu'il n'y a eu aucune discontinuité de l'être que nous sommes. Il y a juste absence de perceptions et donc de mémoire. Mais l'absence de mémoire ne signifie nullement l'absence de l'être que je suis. Ce n'est pas parce que je ne me souviens pas de quelque chose que l'être que je suis connais des interruptions. Ce que je suis est l'Atemporelle Présence, ce qui est maintenant. Je suis l'écran toujours présent sur lequel les mémoires, le passé, l'avenir, les expériences et les perceptions vont et viennent.  

Ce que je suis se révèle donc avec encore plus d'évidence pendant le sommeil profond où les identifications de l'état de rêve et de veille cessent complètement.

Ramana Maharshi nous suggère donc que notre vraie nature est du même ordre que le sommeil profond transposé à l'état de veille.

Le corps-mental qui pose les questions ne détient aucune réponse. La réponse surgit d'elle-même lorsque les perceptions et le corps-mental se résorbent dans le Silence dont il sont issus. Alors toute question cesse. Car lorsque ce Silence se révèle en Vous, Vous vous savez être ce Silence qui est l'arrière plan et la condition de tous les phénomènes perçus.

Dans l'Advaïta Vedanta, on esssaie de transposer en conscience la Vérité qui se révèle dans le sommeil profond dans l'état de veille. Être ce Non Savoir de façon consciente est ce que l'on appelle la réalisation.

Cela rappelle l'invitation de Maître Eckhart dans son sermon "De la pauvreté en esprit" à demeurer dans le même état de volonté que celui qui était lorsque nous n'étions pas (d'avant l'apparition du corps-mental). Cela peut opérer comme un Koan paradoxal qui permet au mental de s'effondrer en sa source qui se révèle alors à Elle-même.

Ainsi, lorsqu'un disciple était envahi par le doute et que son mental commençait à intelletualiser les choses, Ramana Maharshi demandait souvent si le dilemne exprimé survenait pendant le sommeil profond ?

""Est-ce que la question "qui suis-je" émerge dans le sommeil profond ?" Non. Et, c'est pour cela que si vous comprenez la nature de ce que vous êtes pendant le sommeil profond, Maintenant, vous n'avez même pas à vous préoccuper de qui vous êtes, ni d'aucune autre pensée d'ailleurs.

Ainsi plus encore que la question "qui suis-je", la question "cette pensée vous vient elle pendant le sommeil profond" est un pointeur puissant, peut-être encore plus révélateur pour réaliser la lucidité au sein du rêve. Car cette question fait immédiatement taire toute impression d'être un "moi séparé" posant des questions.


NB : Pour ceux qui sont intéressés par un accompagnement individuel non-duel à Paris ou par Skype ou une séance d'accompagnement psycho-corporelle pour laisser éclore les émotions bloquées, ou une séance de réharmonisation énergétique, veuillez me contacter au 06 63 76 90 81 ou sur mon mail : adnnn1967@gmail.com

Si vous voulez vous inscrire pour les rencontres non duelles (sur la base d'une participation en conscience) qui ont lieu de façon bi-mensuelledans le 19e à Paris, ou si vous êtes intéressés par les retraites de we ou de 9 jours, écrivez-moi un sms sur le numéro ci-dessus.

mardi 8 novembre 2016

Nan Yar : L'investigation du Soi selon Ramana Maharshi

Nan Yar
L'investigation du Soi selon Ramana Maharshi


L'invitation de Ramana Maharshi à vous poser la question : "qui suis-je ?" est considérée comme son enseignement le plus important. Vous pouvez trouver la quintesssence de cet enseignement dans un petit livre intitulé "Qui suis-je ?" (Nan Yar), un des deux seuls livres qu'il n'ait jamais écrit en prose. Vous y trouverez ses instructions données à un disciple posant des questions ayant trait à la réalisation du Soi. Cet écrit expose clairement l'enseignement de Ramana Maharshi et sa méthode concrète d'investigation du Soi (Self Inquiry).

Ce que l'on nomme le mental n'est qu'un ensemble de pensées. La pensée "je" est la première qui s'élève dans la Conscience. 

"Ce qui s’élève dans ce corps en tant que ‘je’ est le mental. Si l’on s’interroge d’où émerge en premier lieu la pensée ‘je’ dans le corps, on découvrira que c’est du Cœur. C’est là la source du mental. Même en pensant continuellement ‘je, je’, on sera conduit à cet endroit. La pensée ‘je’ est la première de toutes les pensées qui apparaissent dans le mental. Ce n’est qu’après sa naissance que les autres pensées s’élèvent. En d’autres termes, ce n’est qu’après l’apparition du premier pronom personnel que le deuxième et le troisième pronom apparaissent ; en l’absence du premier, le deuxième et le troisième ne peuvent exister. " (Nan Yar)

Si l'on continue l'investigation par la question : "Qui suis-je ?" d'une manière radicale et jusqu'à boutiste, toutes les autres pensées se dissolvent. La pensée "je" finit également pas se dissoudre, laissant la place au Soi non-duel, notre véritable nature. Les fausses identifications du Soi avec ses modulations dans la forme, telles que le corps et le mental se dissipent, et notre nature de Conscience sans forme et sans âge est réalisée. 

Lorsqu'on demande à Ramana Maharshi : "Comment le mental peut-il devenir tranquille ?" Il répond Par l’investigation « Qui suis-je ? ». La pensée « Qui suis-je ? » détruira toutes les autres pensées, et, semblable au bâton qu’on utilise pour remuer le bûcher, elle sera, elle aussi, finalement détruite. C’est alors que surviendra la réalisation du Soi.

Évidemment, qu'au cours de cet auto questionnement, "qui suis-je ?" de nombreuses autres pensées vont émerger et la tentation sera grande de le suivre et de s'y identifier.
Mais, nous dit Ramana : Si vous vous demandez à chaque fois : « À qui cette pensée est-elle venue ? », la réponse sera : « À moi ». Si vous poursuivez alors l’interrogation « Qui suis-je ? », le mental retournera à sa source et la pensée qui venait de surgir s’évanouira. 

C'est là qu'il s'agit d'être pleinement vigilant et, pour qu'au lieu de les suivre, se reposer avec constance la question : "À qui se présentent-elles ?". C'est grâce à cette investigation permanente, cette remise en question radicale et continue de l'apparent questionneur, que le mental va finir par s'établir dans sa source.

Ainsi, quand le mental demeure dans le Cœur, le ‘je’, origine de toutes les pensées, s’évanouit, et le Soi toujours présent resplendit. Quoi que l’on fasse, on doit le faire sans le ‘je’ de l’ego. Si l’on agit de telle manière, on s’apercevra que tout est de la nature de Shiva (Dieu).

La question "qui suis-je" trouve son importance dans le fait qu'elle incite le questionneur d'aller explorer la source du prétendu questionneur qui semble poser la question. Car la source de tout questionnement - et de toute spéculation - est in fine la pensée crue qu'il y a un "je" qui pose la question.

C'est pour cela que cette simple question : "qui suis-je ?" peut éventuellment déboucher sur la question clé, "y a-t-il un vraiment un "je", auteur des pensées et des actes, ou est-ce que ce "je" apparent n'est qu'une autre forme pensée, simple perception apparaissant et disparaissant dans la Conscience ?

Pour ma part, plutôt que la question "qui suis-je", je préfère poser la question qu'est-ce que cela qui est conscient ? La question "qui" peut sembler d'emblée suggérer qu'il y a quelqu'un à trouver.  C'est également ainsi que Rupert Spira, un grand pointeur contemporain l'entend. Au lieu de demander "qui pose la question", je préfère interroger en ces termes : "Qu'est-ce que cela qui est conscient de la question ?" ou "quelle est la nature de cela qui est conscient de la question ?". Mais l'important est que le pointeur soit opérant pour vous.

Ce que vous découvrez à la fin de l'investigation, est une Présence silencieuse qui contient beaucoup plus que ce qui est connu, elle est le fondement de tout ce qui est connu, mais elle est également au-delà du connu. Si l'investigation du "Qui suis-je?" part toujours d'une sorte de dissonance et de déséquilibre au cœur de notre vie, elle trouve son aboutissement par la dissolution dans la Présence silencieuse du "je suis".

Si cette résorbtion dans la Présence est instantanée, l'approche peut se faire de façon graduelle. Chaque résorption dans la Présence accueille de nouvelles zones d'ombre, de nouveaux angles morts et fait émerger une plus grande lucidité qui permet de s'établir progressivement dans la Présence silencieuse que nous sommes.

Qui veut changer le monde ? Qui voudrait tomber amoureux ? Qui aimerait avoir plus d'argent, un quotidien plus facile, un corps plus robuste, un travail plus intéressant, être plus jeune, plus sain, avoir un mental moins agité, des émotions plus positives ? Une entité qui semble séparée, mais qui en réalité n'est qu'une simple construction du langange et de la sociéte, une simple perception, apparaissant disparaissant au sein de la Présence silencieuse que je suis. Quand cela est clairement réalisé, la croyance en un moi séparé, un ego se dissolvent et les problèmes et les souffrances qui vont avec, également.


Et comme Ramana Maharshi et Sri Nisargadatta Maharaj ne cessaient de le répéter : 

"Votre propre réalisation du Soi est le plus grand service que vous pouvez rendre au monde."

Explorez avec ferveur, investiguez avec constance et posez-vous sans relâche la question des questions : "Qui suis-je ?"...

Ce en quoi se dissout la question et les réponses est la Réponse.

Quelle est la nature de cela qui est conscient de ces mots, des perceptions, des pensées ?

C'est la Conscience qui se rappelle à elle-même au cœur du rêve.

Belles éclosions à tous et à toutes...


NB : Pour ceux qui sont intéressés par un accompagnement individuel non-duel à Paris ou par Skype ou une séance d'accompagnement psycho-corporelle pour laisser éclore les émotions bloquées, ou une séance de réharmonisation énergétique, veuillez me contacter au 06 63 76 90 81 ou sur mon mail : adnnn1967@gmail.com

Si vous voulez vous inscrire pour les rencontres non duelles (sur la base d'une participation en conscience) qui ont lieu de façon bi-mensuelledans le 19e à Paris, écrivez-moi un sms sur le numéro ci-dessus.

jeudi 3 novembre 2016

L’espoir c’est le désespoir

L’espoir c’est le désespoir


L’espoir semble au premier abord être un beau sentiment, paré d’une grande valeur. C’est excitant d’espérer. Beaucoup plus que de désespérer. À priori. Et peut-être est-ce justement un à priori ?

L’espoir est extrêmement valorisé par le langage, la culture occidentale en particulier et le monde contemporain en général. La religion chrétienne joue beaucoup sur la corde sensible du concept d'espérance. L’Islam aussi. L’espérance d’être sauvé. on nous martèle qu'il faut avoir la foi. Toutes les religions nous servent la carotte de l’espoir d’être sauvé, personellement sauvé, d'aller au paradis, de rencontrer Dieu, son fils, les anges ou d’être touché par je ne sais quelle Grâce dans un futur proche ou éloigné, un temps qui n’a jamais existé que dans un mental conditionné.

« Vivre sans espoir, c’est cesser de vivre » dit Dostoïevsky. "Tout ce qui est fait de grand dans le monde est fait d’espoir" proclamait Matin Luther King. « Si j’aide une seule personne à avoir de l’espoir, je n’aurais pas vécu en vain », rajoutait-il.

Attention, je ne dis pas qu’il ne faut pas aider les personnes qui en ont besoin ? C’est une chose noble et naturelle. Et faire le bien autour de soi est certainement une des expériences les plus merveilleuses et nourissantes. Avoir l'espoir pour un afro américain dans les années 60 ou même aujourd'hui, c'est avoir la perspective un jour d'accéder au mêmes droits qu'un américain blanc, ce qui est une bonne chose sur le plan relatif.

Ce genre de phrases est en apparence fort sympathique, il faut le reconnaître. Les gens semblent avoir besoin de l'opium de l’espoir. L’adage populaire ne dit-il pas « l’espoir fait vivre » ? Kalid Gibran qui s’emporte parfois avec beaucoup de lyrisme y va également de sa plume lorsqu’il écrit « l’espoir du paradis est déjà le paradis ».

Mais qu'en est-il de la nature même de l'espoir ? Est-ce que l'espoir peut vraiment par lui-même nous rendre plus complets, plus conscients de notre véritable nature ? Si l'espoir semble être un tremplin pour des changements dans le monde, est-ce qu'il a réellement une quelconque utilité pour accomplir ce qui au fond l'est déjà ? L'espoir ne participe-t-il pas paradoxalement au voilement de la véritable joie sans cause, la jois simple d'être, que nous sommes en essence ?


Hitler, Staline, Mussolini, Napoléon, ou Mao Tsé Toung inspiraient également beaucoup d’espoir à des millions de gens. Peut-être que tous ces gens sont au paradis ? 

Lorsque nous espérons quelque chose, cela part d’un bon sentiment. Et, c’est bien sûr parce qu'à travers lui, nous espérons atteindre cette paix et cet amour tant de fois pressentis mais également si fugaces. Le seul petit problème de cette ritournelle est que l’espoir dont on parle tant n’a jamais été pleinement exploré tel qu'il est vraiment.

S'il s'agit de réaliser notre vraie nature, de se connaître soi-même, qu'apporte l'espoir sinon le fait de placer l'attention vers un temps, le futur, qui n'existe pas et qui n'arrive jamais. Qu'est-ce que l'espoir sinon miser sa foi sur un ailleurs imaginaire ? Qu'est ce que l'acte d'espérer sinon une fuite de l'atemporelle Présence que nous sommes Ici et Maintenant ?

Dés que nous pensons pouvoir obtenir la paix et le bonheur au travers d’un accomplissement particulier, d’une expérience ou d’une sorte de connaissance spécifiques, nous nous attachons à une forme particulière et négligeons le Sans Forme, cette Présence toujours là, dans laquelle les formes apparaissent et disparaissent. Même, lorsque l'espoir est paré des plus beaux atours de la plus haute spiritualité, il nous oriente dans une direction particulière où, fatalement, nous oublions notre véritable nature, au sein de laquelle cette forme tant convoitée a surgi.

Ainsi, dés qu’il y a espoir, il peut certes y avoir un sentiment d’expansion joyeuse, une sorte d’expérience temporaire de paix. C'est agréable de faire l'expérience d'une pensée heureuse. Mais l’espoir dépend toujours de quelque chose. De quoi ? De sa réalisation pardi ! Observez le visage d’un homme qui espère. Il est tendu. Ressentez le ventre d'une personne qui rêve du grand amour avec une paume écouteuse. À un niveau profond, il est tendu. Tendu vers un objectif qui semble ne pas être Ici et Maintenant. 

D'ailleurs, la tension ne révèle-t-elle pas déjà subtilement que, ce qu’elle espère, n’est pas ce qu’elle espère vraiment ? Le véritable espoir n'est-ce pas en réalité d'être sans espoir, sans tension ? Le véritable désir n'est-il pas d'être sans désir ? Juste là avec ce qui se présente ?


Peu nombreux sont ceux qui ont le courage d’écouter la tension présente au sein même de l'espoir et du désir. C’est tellement plus commode d'écouter autre chose.

Lorsque l’homme le plus malheureux rencontre l’expérience la plus heureuse, il connaîtra une immense détente puis, peu à peu il commencera à s’y attacher et à ne pas vouloir la perdre, à chercher à la défendre à tout prix et à se tendre à nouveau. L'espoir génère désepoir, le titre le disait déjà. C'est la condition humaine.

D'autre part, fatalement, toute expérience naît et meurt. Aucune expérience ne pourra jamais tenir sa folle promesse de paix et de joie profondes et durables. Le désir et la peur sont les deux faces d’une même réalité Une et Indivisible. Nous avons simplement été conditionnés pour croire que l'espoir fait vivre, sans jamais vraiment en explorer la véracité. Alors nous allons d'espoir en désespoir, sans réaliser que sur un plan profond, nous sommes depuis toujours ce que nous cherchons.

Tout sentiment, pensée ou émotion possèdent nécessairement leur contraire, et le mental humain voudrait toujours ne faire l’expérience que d’une seule partie de la réalité. Je veux la beauté et je rejette la laideur, je veux le bien et je récuse le mal, je veux l’union et refuse la séparation ou bien le contraire… Je cherche l’amour mais renie la haine. C’est humain ! Trop humain, prenait bien soin de rajouter Nietzsche.

Pour Balsac, qui n’est pas un idéaliste, mais un fin connaisseur de la psyché humaine, et semble-t-il de la réalité, « l’espoir est une mémoire qui désire ». Wow !

Oui, vous avez bien lu. Et je laisse un interligne pour vous permettre de bien digérer ce qui vient d’être lu et vous ressert cette perle : « L’espoir est une mémoire qui désire » !

Cela tonne comme un éclair de lucidité, n’est-ce pas ?

La mémoire, qui est du passé, peut-elle vraiment répondre à notre désir le plus profond, qui est de réaliser notre vraie nature éternellement présente ? 

Dans son traité philosophique, « De la brièveté de la Vie », Sénèque nous rappelle que "c’est quand on n’a plus d’espoir qu’il ne faut plus désespérer". Car, oui, le mental humain est ainsi fait que, l’espoir fait inévitablement émerger son opposé, le désespoir. Dés que naît l'espoir renaît le désepoir. Espérer c'est désespérer. Lorsqu'il n'y a plus d'espoir, il y a un arrêt de la tension vers, un arrêt de la recherche. Et c'est paradoxalement ce STOP qui est véritablement auspicieux.


L'espoir est fondé sur l'idée qu'avec un changement dans le monde tout ira mieux. Il semble qu'il en soit ainsi. Mais c'est aussi le plus grand mensonge de l'humanité. Je ne dis pas que le changement ne doit pas avoir lieu. Il a lieu naturellement, sans auteur personnels redponsables de ce changement. Je vous invite juste à réaliser que notre véritable complétude ne dépend jamais réellement d'un changement dans le monde. En effet, il est possible de nous sentir complets dans des moments de grande angoisse, d'humiliation, en train d'être battus ou torturés, en ayany une maladie douloureuse, en devenant aveugle, en camps de concentration (voir témoignage bouleversant de Jacques Lusseyran) avant de mourir, en apprenant une nouvelle très triste. Il y a une multitude de témoingnages et pas seulement des saints. Il n'y a aucune situation objective qui en soi a le pouvoir absolu de nous faire perdre la complétude que nous sommes. Ce n'est simplement pas vrai. Et, tout le monde fait semblant de ne pas savoir.

En réalité tout va déjà très bien. Sur un plan profond, rien ne nous manque jamais Maintenant. La situation que nous vivons n'est jamais un empêchement de réaliser que nous sommes ce que nous cherchons. Aucune situation - même la plus douloureuse - n'a le pouvoir de m'empêcher de réaliser que la joie que telle expérience espérée semble contenir n'est que du bla bla mental, voilant la joie omniprésente que Je suis Ici et Maintenant.

Que faire ? Rien. Attention, il ne s’agit pas non plus de chercher à ne plus rien faire. L’action a lieu de toute évidence. Le changement dans le monde a lieu d'instant en instant. Toute perception va et vient, tout ce qui est perçu est impermanence. Simplement : voir et réaliser qu'il n'y a ni acteur ni auteur séparés aux commandes des pensées et des actes. L'acteur qui semble espérer est en réalité lui-même une sorte de fol espoir qui n'advient jamais.

« L’espérance d’une joie est presque égale à la joie » disait Shakespeare. Mais justement ! Tout est dans le presque. Le mental humain a cette capacité de généralisation, qui fait toute sa force … Et sa  plus grande faiblesse également. Tout réside justement dans ce « presque », dans le 0,0001 %. C’est ce fameux 0,0001 % qui nous gâche la fête. Car tôt ou tard, l’expérience révèlera sa nature duelle et impermanente, sa nature de simple perception, simple modulation au sein de la Conscience.

Ainsi, il s'agit de reconnaître le mensonge de l'espoir, l'irréalité de la supposition que "tout irait bien si seulement telle ou telle chose advenait".


L'invitation ici n'est pas de changer l'expérience mais de s'accorder avec ce qui est. Nous ne cherchons pas à espérer, c'est à dire préférer ou à exclure un expérience plutôt qu'une autre, mais de réaliser que tout ce qui advient est inéluctable. La réalisation non duelle de l'expérience directe est toujours inclusive et plutôt que d'éliminer la dualité, elle la couronne.

Dans la réalisation du Soi, le monde (bon ou mauvais) n'a pas changé. C'est notre perspective, ce à partir de quoi tout est vu qui change. Nous comprenons que cela qui semblait investi de l'énergie de l'espoir, le corps mental, n'est lui-même qu'une perception au sein de la Conscience. En d'autres termes le monde n'a pas changé, nous avons simplement cessé de gaspiller de l'énergie dans l'espoir et l'attente. Il est réalisé que, c'est l'attente d'autre chose que ce qui est, qui se trouve à la racine même de notre souffrance et de nos conflits.

Le problème de l'espoir est qu'il semble toujours relié à une entité personnelle qui espère. Or,vous aurez beau la chercher, une telle entité n'existe pas. 

Lorsque vous reconnaissez les comportements du corps mental comme une expression du Soi, de ce qui est, sans le filtre de l'espoir ou de ce qui devrait être, vous allez alors les expérimenter comme de simples perceptions au même titre de tout ce qui est, la force du vent et la course des astres.

La véritable question demeure : Qui suis-je ? Quelle est ma véritable nature ? Quelle est cette soi disant entité qui semble espérer ? 

Lorsque vous commencez à voir que la croyance en la séparation entre objets n'est pas validée par l'expérience directe, peut-il y avoir un "je" qui espère, un je qui serait séparé de tout ce qui est ? Si vous réalisez que tout est une expression du Soi Unique, où peut il y avoir un "je" séparé ?

Ainsi se révèle soudain un tableau beaucoup plus vaste. Vous êtes ce en quoi l'espoir et le désespoir apparaissent et disparaissent. L'espoir et le désepoir sont de simples modulations du Soi. Et il n'y a alors même plus d'élan pour espérer quoi que ce soit.

Expérience et jeu de révélation :

Mettez vos deux mains sur chacune de vos cuisses, les paumes tournées vers le haut. Investissez dans une des mains tout votre imaginaire et vos sentiments autour d'un espoir particulier dans une des mains. Demeurez un peu avec ce ressenti, au moins 20 secondes, sans commentaires. Puis, investissez dans l'autre paume la possibilité inverse de cet espoir, que rien de ce que vous espérez ne pourra jamais advenir. Ressentez-le, une vingtaine de secondes au moins, sans commentaires.
Puis, joignez ces deux perspectives, et par la mêm occasion vos deux mains sur le cœur. Et resssentez que vous êtes la Présence consciente dans laquelle l'espoir et le désespoir vont et viennent. Reconnaissez qu'il n'y a aucune séparation entre ces perspectives et Vous en tant que Présence consciente. Ils ne sont que des expressions de votre véritable nature éternellement présente.

Faites-le dés qu'un espoir ou un désespoir apparaît et, reconnaissez à chaque fois la nature non duelle de votre nature véritable.
 Amor fati


NB : Pour ceux qui sont intéressés par un accompagnement individuel non-duel à Paris ou par Skype ou une séance d'accompagnement psycho-corporelle pour laisser éclore les émotions bloquées, ou une séance de réharmonisation énergétique, veuillez me contacter au 06 63 76 90 81 ou sur mon mail : adnnn1967@gmail.com

Si vous voulez vous inscrire pour les rencontres non duelles (sur la base d'une participation en conscience) qui ont lieu de façon bi-mensuelledans le 19e à Paris, ou si vous êtes intéressés par les retraites de we ou de 9 jours, écrivez-moi un sms sur le numéro ci-dessus.

Ashtavakra Gita


Ashtavakra Gita*
   Extraits chosis traduits de l'anglais du premier chapitre


Janaka demanda :

1.1 maître, comment le Savoir doit-il être réalisé, 
le détachement acquis, 
la libération atteinte ?

Ashtavakra répondit :

1.2
Pour être libre, 
Évite les expériences des sens comme le poison,
Tourne ton attention vers le pardon, 
la sincérité, la gentillesse, la simplicité.

1.3 
Tu n'es pas la terre, l'eau, le feu ou l'air.
Tu n'es pas non plus l'espace vide.
La libération est de te connaître toi-même
Uniquement comme Présence consciente (awareness) -
Le Témoin de toutes les perceptions.

1.4
Abandonne-toi à la Présence consciente
Sans l'illusion d'être une personne.
Tu seras instantanément libre et en paix.

1.5 
Tu est sans caste et sans devoirs
Tu es invisible, sans attaches, sans forme.
Tu es le Témoin de toutes choses. 
Sois heureux.

1.7
Tu es le Témoin Solitaire
de Tout Ce qui Est.
Toujours libre.
Ton seul attachement est de ne pas voir Ceci.



1.10
Tu es La Présence consciente sans attaches -
Félicité - Suprême félicité -
dans laquelle l'univers apparaît
comme le mirage du serpent dans la corde.
Sois heureux.

1.11
C'est vrai ce qu'ils disent :
"Tu es ce que tu crois".
Si tu crois que tu es attaché, tu es attaché.
Si tu penses que tu es libre tu es libre.

1.14
Tu as longtemps cru ; "je suis une personne".
Laisse le savoir : "Je suis seulement Présence consciente"
être l'épee qui te libère.

1.16
Tu es pure Conscience -
La substance de l'univers.

1.16
De même que l'Espace existe 
à la fois à l'intérieur et à l'extérieur de la jarre,
l'Un atemporel, pénétrant toute chose
se manifeste également en tant que tout ce qui est.



* L'Ashtavakra Gita est un grand texte védantique probablement écrit au 8eme siècle. Il est sans doute le fruit d'une très longue tradition orale et a été composé sous la forme d'un dialogue entre le maître Ashtavakra et son disciple, le roi Janaka. Si dans la tradition non duelle il n'y a rien à faire, il y a ici une invitation constante à se défaire des fausses identités. Cette décréation a lieu par une invitation à la réalisation de ce qui est réel, permanent, le Soi. Mais sans la désidentification avec le corps-mental rien n'est possible. Tant que la Conscience ne s'est pas désidentifiée de l'expérience elle ne peut réaliser sa vraie nature. On surfe ici tout le temps sur le fil ténu, entre faire et non faire, injonction à l'abandon de la tension vers les fausses idées et en quelque sorte une invitation à la Conscience à se réabsorber en elle-même, à se reconnaître en tant que Présence consciente...


NB : Pour ceux qui sont intéressés par un accompagnement individuel non-duel à Paris ou par Skype ou une séance d'accompagnement psycho-corporelle pour laisser éclore les émotions bloquées, ou une séance de réharmonisation énergétique, veuillez me contacter au 06 63 76 90 81 ou sur mon mail : adnnn1967@gmail.com

Si vous voulez vous inscrire pour les rencontres non duelles (sur la base d'une participation en conscience) qui ont lieu de façon bi-mensuelledans le 19e à Paris, ou si vous êtes intéressés par les retraites de we ou de 9 jours, écrivez-moi un sms sur le numéro ci-dessus.

mercredi 19 octobre 2016

Est-ce cela qu'on appelle l'éveil ?


Est-ce cela qu'on appelle l'Éveil ?


Le paradoxe du chercheur spirituel est qu'il va chercher la compagnie d'un enseignant pour trouver auprès de lui une sorte de validation de ce qu'il est alors, qu'in fine, cette reconnaissance ne peut venir que de Lui-même.

Poonja, connu comme Papaji, fut un pointeur non duel de l'Inde contemporaine (mort en 1997), qui eut une grande influence sur l'enseignement de l'Advaita dans le monde puisque un certain nombre d'enseignants importants (Gangaji, Isaac Shapiro, Mooji, Ganga Mira entre autres) encore vivants ont été ses disciples à Luknow.  Poonja raconta que, jusqu'à ce qu'il rencontrât Ramana Maharshi en 1944, il n'avait croisé que des "buisnessman en tenues de cérémonie."

Un jour, alors qu'il décrivit cette expérience d'expansion de conscience qui lui arrivait assez souvent, il demanda à Ramana Maharshi si c'était cela qu'on appelait l'éveil, la réalisation du Soi. Ramana lui demanda alors : "Est-ce que c'est présent maintenant ?"
"Non pas en ce moment", répondit Poonja.
"Alors ce n'est pas ce que tu cherches" lui dit Ramana. 

Si j'évoque cette anecdote, c'est que de façon récurrente dans les rencontres non duelles, on entend ces histoires de personnes témoignant de leur merveilleuse expérience d'illumination, leur sentiment d'avoir été fondu dans le tout avec une grâce indicible, leur expérience extatique de la Présence Pure, pour après se lamenter de ne pouvoir la retrouver. On entend souvent "j'étais dans la Présence mais je n'y suis plus" ou "Il y a 10 ans j'ai eu pendant trois semaines une expérience d'éveil." 


C'est évidemment une façon de se rassurer pour le chercheur spirituel qui ne trompe personne. "C'est donc que je ne suis sur la bonne voie ?", "c'est que je touche au but ?, "c'est que ce chemin de souffrance a une fin ?".


Pas plus tard que Dimanche dernier, lors de la dernière rencontre chez moi, de nombreuses expériences de cet ordre furent rapportées. 





Toutes les vraies traditions spirituelles nous décrivent l'Absolu comme omniprésent et c'est ainsi que cela se vit ici et maintenant. 

Dans l'Évangile de Thomas il est dit :

"Je suis la lumière des lumières, je suis le Tout.
Le Tout a émane de Moi et le Tout est revenu à Moi.
Fendez une bûche et je suis là;
Soulevez une pierre et vous me trouverez là."

Ainsi, le Soi que vous cherchez doit être la substance de tout ce que vous voyez, entendez, sentez, pensez maintenant, ainsi que vous en tant que le Témoin.

C'est pour cela que pour l'être qui a réalisé sa vraie nature de Présence éveillé, n'est pas un état spécial, ni une expérience, même extraordinaire, car toute expérience a un début et une fin. La Présence éveillée, comme son nom l'indique, est tout le temps éveillée. Aucune expérience, quelle qu'elle soit, ne pourrait donc en aucun cas être séparée de l'Omniprésente Réalité.

Il faut donc que vous abandonniez tout espoir d'atteindre le Soi plus tard ou ailleurs qu'Ici et Maintenant. Vous ne pouvez ni vous approcher, ni vous éloigner de ce que vous êtes déjà.

La réalisation de notre vraie nature c'est simplement reconnaître que rien n'a jamais été séparé de l'Atemporelle Présence éveillée que vous êtes. Que toute forme est une expression du Sans Forme que Vous êtes Ici et Maintenant.



NB : Pour ceux qui sont intéressés par un accompagnement individuel non-duel à Paris ou par Skype ou une séance d'accompagnement psycho-corporelle pour laisser éclore les émotions bloquées, ou une séance de réharmonisation énergétique, veuillez me contacter au 06 63 76 90 81 ou sur mon mail : adnnn1967@gmail.com

Si vous voulez vous inscrire pour les rencontres non duelles (sur la base d'une participation en conscience) qui ont lieu de façon bi-mensuelledans le 19e à Paris, ou si vous êtes intéressés par les retraites de we ou de 9 jours, écrivez-moi un sms sur le numéro ci-dessus.