Feel it !




Paroles et musique de Dan Speerschneider
un album pour célébrer la vie ;-)

vendredi 11 décembre 2020

La Vérité est paradoxale : Considérations non duelles


Dés que la Vérité est exprimée en mots, cela se fait de façon paradoxale. Dés que vous déclarez quelque chose à propos de la Vérité, il vous faudra également déclarer le contraire pour avoir « toute la vérité ».


Dire par exemple « je ne suis pas le corps-mental » est une moitié de vérité. Dire je suis le corps-mental est l’autre moitié de la Vérité. Les deux déclarations ensemble : « je suis le corps-mental » ET « je ne suis pas le corps-mental », expriment au mieux ce que les mots peuvent dire de la Vérité.


De la même façon que l’eau de l’océan s’exprime en chaque vague, notre vraie nature s’exprime à la fois en tant que toute forme, en tant que ceci et en tant que cela, en tant que l’un et en tant que l’autre. 


Une chanson de Leonard Cohen, That don't make it junk, commence (voir aussi l’article écrit sur Leonard du Jeudi 22 Mars, "Un chantre de la non dualité") ainsi :


"Je me suis battu contre la bouteille mais ai dû lutter ivre 

J’ai amené mon diamant chez le prêteur sur gages

Mais cela n’en fait pas de la camelote"


"I fought against the bottle, But I had to do it drunk

Took my diamond to the pawnshop, But that don't make it junk.
I know that I'm forgiven, But I don't know how I know
I don't trust my inner feelings, Inner feelings come and go".)



Vivre en étant identifié au mental, et ne rien connaître d’autre est ce que signifie dans la chanson de Leonard Cohen, être en état d'ivresse. Mais pour sortir de cette ivresse (l’identification au moi séparé) nous devons paradoxalement utiliser le mental. Comme le disait Ramana Maharshi, pour enlever une épine enfoncée dans la main, nous pouvons nous servir momentanément d’une deuxième épine, puis à la fin nous jetons les deux pour ne pas nous blesser avec à nouveau. 

L’investigation du Soi, les clés non duelles, les jeux d’auto-révélation, les techniques habiles - comme les nommait Bouddha - ont la même fonction que la deuxième épine.


Au début nous croyons être le mental, mais après avoir fais usage de notre mental discriminant, il peut être réalisé que ce n’est qu’une croyance, une pensée, une simple perception. Ainsi, c’est comme utiliser une épine pour en enlever une autre.


La vérité qui se révèle est paradoxale : Je suis le mental et je ne suis pas le mental. Sur un plan profond je l’exprime ainsi : Je ne suis pas le mental mais le mental est une expression de moi.


Et, même si nous amenons notre diamant au Mont de piété (chez le prêteur sur gages), sa valeur réelle ne peut être diminuée. Quoique nous pensions, fassions ou expérimentions, le Soi demeure immuable et pur, paix et amour même si nous l’oublions cent fois par jour, et l’amenons encore et encore chez le prêteur sur gages. 


Dans l’Ashtavakra Gita il est dit :


« Être radieux est ma nature essentielle.

Quand le monde s’illumine, 

c’est tout simplement moi qui resplendis".


Tout cela apparaît en moi comme imaginé par l’ignorance, 

comme on prend une corde pour un serpent, 

la lumière du soleil pour un reflet que l’eau, 

et la nacre pour de l’argent.


Tout cela, dont je suis l’origine, 

est résolu aussi par un retour en moi, 

comme une cruche redevient de l’argile, 

une vague redevient de l’eau, 

et un bracelet redevient or.


Quelle merveille je suis donc ! 

Gloire à moi, solitaire, même si doté d’un corps, ni en allant ni venant partout, 

moi qui demeurera éternellement, remplissant tout ce qui est. »



Le Soi, notre vraie nature est le rêveur cosmique de ce rêve qu’est l’univers.

Quand Ashtavakra parle de lui-même, il ne parle pas du corps mental indien âgé de 20 ans ayant existé il y a à peu près 8 siècles. Il parle de sa vraie nature, du Soi.


Parfois un être est tellement immergé dans l’Un qu’il parle de l’Incomparable comme de lui-même. 

Shankarasharya invitait à la pratique du mantra "Je suis Brahman". (Brahman = l'Absolu)

Cela peut naturellement donner lieu à de l’incompréhension, surtout lorsque celui qui lit ceci n'a pas vécu l'évidence mystique ou n'est pas prêt sur un plan profond à vivre cette identité ultime.


Lorsque l’on demandait à Nisargadatta Maharaj pourquoi il fumait, il disait à raison « je n’ai pas l’impression de fumer », car le JE réel ne fume pas.


Lorsque Jésus dit (Jean 14.3) qu’il reviendra, il ne parle pas du corps mental. La résurrection est un thème purement gnostique. Il parle de notre vraie nature. 


« Et lorsque je m’en serai allé, et que je vous aurez préparé une place, je reviendrai, et je vous prendrai avec moi, afin que là où je suis vous y soyez aussi. »


Lorsqu’un être réalisé parle, il parle depuis le même lieu dans lieu, le Ici et Maintenant de notre vraie nature. Lorsque vous réalisez votre vraie nature, vous réalisez la vraie nature de tous les êtres. 


Or la plupart des gens sont tellement identifiés à leur corps mental que ce langage gnostique ne pouvait être compris au temps de Jésus qui s’exprimait au sein d’une culture juive habitée par le salut à venir, par une vision eschatologique de l’éveil. 


Aujourd’hui, rien de nouveau sous le jour. L’être s’est complètement perdu dans la technique et dans l’illusion du temps comme le disait le philosophe Heidegger au début du siècle dernier. Nous sommes tout autant imprégnés de cette ignorante ignorance qui nous fait croire que nous sommes exclusivement un corps-mental, un moi séparé, une chose parmi les choses, une personne auteure des pensées et des actes. 


Les sociétés démocratiques technocratiques n'échappent pas à cette règle où la coupure avec notre nature réelle est peut-être encore plus marquante à bien des égards. Le salut n'est certes plus le paradis à la droite d'un Dieu juge ou aimant, mais plutôt la promesse d'une carrière brillante, de succès matériel, la promesse de notoriété et de reconnaissance de la part d'autres humains, la promesse d'une nouvelle politique qui va tout changer, d'une élection à venir, d'un nouveau produit qui va vous donner le confort dont on rêve, pour ne pas avoir à vous poser trop de questions, surtout à propos de votre vraie nature, qui demeure le plus grand tabou de toute la civilisation et qui la fonde. 


Mais c'est toujours la même promesse d'une aube à venir.



Or, le diamant de notre vraie nature (voir la chanson de Leonard Cohen), ne peut être insulté ou rabaissé, même si on l’amène chez le prêteur sur gages. 
Et, nous ne trouverons jamais le repos tant que nous n’avons pas reconnu notre vraie nature.

Quel que soit l’identité de notre compagnon de vie, la qualité de notre vie, que nous réalisions notre rêve de faire de notre passion notre travail, que nous obtenions reconnaissance et respect de notre entourage familial, amical ou professionnel, que notre santé soit parfaite et notre attitude pleine de générosité et d’humilité, tant que nous ne nous serons pas reconnus nous-mêmes, rien ne sera résolu, et au plus profond de nous demeurera une amertume, une frustration, un sentiment de manque, une nostalgie aigüe.


Les circonstances et les conditions de vie ne jouent aucun rôle. Et, quand nous réalisons notre vraie nature, la personne avec qui on vit, le travail que l’on fait, les expériences que l’on traverse n’ont aucune importance.


Avant l’éveil, on peut penser que changer de partenaire ou de travail, de lieu d’habitation, de psy ou de voie spirituelle va changer quelque chose, mais la véritable question demeure : "Qui suis-je ?"


Tant que l’on n’aura pas répondu à cette question de façon directe et définitive, tout le reste sera superflu et pure procrastination et la paix ne sera pas trouvée.


La nature de l’éveil peut être comprise au travers de la métaphore du rêve nocturne. 


La personne allongée dans le lit crée tout un monde dans son rêve, avec des décors, des paysages, des personnages, des odeurs, des sensations, un scénario. Dans le rêve il se peut que je sois un mendiant ou un roi, que je me marie ou que je divorce. Au sein du rêve, il se peux que je parte en voyage en Inde que je rencontre un guru et réalise la vraie nature. Puis, soudain, au matin, je me réveille et je me dis : q"u’est-ce c’est que ce délire, je n'ai pas voyagé, je suis resté dans mon lit tout le temps. Je ne suis jamais parti en Inde. Je ne me suis pas éveillé à ma vraie nature, je me prends encore pour quelqu’un."


De la même manière que le rêveur rêve le rêve, le Soi rêve toute la manifestation, le Vivant rêve la vie, le Sans Forme rêve la forme.


Que pourrions-nous suggérer au personnage du rêve pour qu’il se réveille de son rêve et réaliser qu’il n’est jamais allé nulle part mais qu’il est juste allongé dans son lit ? D’investiguer la nature du Soi, se poser avec ferveur et détermination la question qui suis-je, ou juste de s’éveiller !


Tous les personnages et tout le scénario du rêve est la substance du Rêveur Unique.


C'est pour cette raison que si nous demandons à n’importe quel objet ou personnage du rêve qui il est vraiment, la supercherie va se dévoiler et le rêveur unique se révéler. Vous serez lucide au cœur du rêve nocturne. 



C’est la même chose dans ce que l’on nomme l’état de veille. Si l’on se pose la question 

« qui suis-je ? », le rêveur cosmique va se révéler. C’est une question essentielle. Sur le frontispice du temple de Delphes dans l’antiquité, il y avait la célèbre inscription suivante  : Connais toi toi-même !

Et, selon certains commentateurs postérieurs, cette phrase se continuait par « et tu connaîtras l’univers et ses Dieux.


C’est comme le logion 2 dans l’évangile de Thomas :


"Que celui qui cherche ne cesse de chercher

jusqu'à ce qu'il trouve,

Et quand il aura trouvé il sera bouleversé, 

Et étant bouleversé il sera émerveillé, 

Et il règnera sur le Tout."


En se connaissant soi-même on accède à la Vérité qui imprègne tout.


Dans la Kéna Upanishad il est dit : "Ce n'est pas ce que l'œil voit c'est ce par quoi l'œil voit. Tel est le Brahman et non cela qu'on honore comme tel".Ce par quoi tout est perçu et vécu." 


C’est ça le Graal d’une vie d’humain. C’est par cette connaissance que l’on accède à l’immortalité.

Ou plutôt que l’on réalise qu’on n’à jamais cessé d’être immortel.


Supposons que dans le rêve vous êtes un politicien en campagne pour sa réélection. Supposons que ce politicien se pose la question qui suis-je avec insistance, qu’en passera-t-il ? Si l’éveil a lieu qui s’éveille ? Le politicien ? Bien sûr que non ! Qui alors ?


Par l’analogie du rêve nous comprenons qu’aucune personne éveillée ne se proclamera jamais éveillée ! Ce serait comme si le politicien du rêve se réveillait hors du rêve nocturne ! L’éveil n’est pas celui de la personne. 


La vérité est toujours paradoxale, je vous le disais. Mais pour qui ?


Je vous souhaite de réaliser votre vraie nature de Présence illimitée et sans âge.


Paroles de "Don't make it junk" de Leonard Cohen
I fought against the bottle,
But I had to do it drunk
Took my diamond to the pawnshop
But that don't make it junk.
I know that I'm forgiven,
But I don't know how I know
I don't trust my inner feelings
Inner feelings come and go.
How come you called me here tonight?
How come you bother
With my heart at all?
You raise me up in grace,
Then you put me in a place,
Where I must fall.
Too late to fix another drink
The lights are going out
I'll listen to the darkness sing
I know what that's about.
I tried to love you my way,
But I couldn't make it hold.
So I closed the Book of Longing
And I do what I am told.
How come you called me here tonight?
How come you bother with my heart at all?
You raise me up in grace,
Then you put me in a place,
Where I must fall.
I fought against the bottle,
But I had to do it drunk
Took my diamond to the pawnshop
But that don't make it junk.

---------------------------------------------------------------------------

NB : Pour ceux qui sont intéressés par un accompagnement individuel non-duel à Paris ou par Skype, une thérapie d'accompagnement psycho-corporel pour laisser éclore les émotions bloquées, ou le stage 
de 9 jours, veuillez me contacter au 06 63 76 90 81 ou sur mon mail : adnnn1967@gmail.com 
Si vous voulez vous inscrire pour les rencontres non duelles (sur la base d'une participation en conscience) qui ont lieu de façon bi-mensuelle à chez moi dans le 19e à Paris, et qui ont lieu également par Zoom (gratuit) écrivez-moi un sms sur le numéro ci-dessus.

vendredi 4 décembre 2020

Pratique de discrimination entre le réel et l'irréel : Je suis le Témoin


Asseyez-vous dans un endroit calme et observez votre expérience présente. 

Chaque fois qu'une pensée surgit, demandez-vous : "Qui en est le Témoin ?"

En contemplant directement votre expérience présente se dérouler, vous réalisez que c'est toujours vous qui en êtes le témoin.

Et donc, si vous vous demandez qui a toujours été témoin de toute expérience, vous ne pouvez répondre que moi !

Pendant 10 mn, quoi que ce soit comme perception pénétrant le champ ouvert de la Conscience, que ce soit une couleur, un son, une sensation-émotion, une odeur, un goût ou une pensée, vous posez systématiquement la question : "Qui en est le témoin", et vous répondez naturellement : "Je suis le Témoin."

Voyez combien c'est profondément libérateur de réaliser en à peine dix minutes que ce que vous êtes n'a jamais été, n'est pas et ne sera jamais impliqué ou lié d'une façon ou d'une autre aux pensées.

Les pensées appartiennent au film, mais Vous Vous êtes l'écran immuable sur lequel ils apparaissent.

Et Vous, en tant qu'écran immuable, n'êtes donc pas affecté pas les pensées quelles qu'elles soient.

Voilà comment vous faites émerge l'intelligence discriminative, la plus haute intelligence, nécessaire pour réaliser votre vraie nature.

Shankara disait : "La logique n'est pas nécessaire contrairement à l'intuition, la faculté artistique de pressentir l'essentiel, et de la séparer de l'inutile, de discriminer l'éternel du temporel."

La valeur de la pratique est indicible par rapport à la compréhension mentale.

Je vous souhaite que vous n'avez jamais cessé d'être ce témoin atemporel de toute chose, et de toute expérience.

Amor Fati



NB : Pour ceux qui sont intéressés par un accompagnement individuel non-duel à Paris ou par Skype, une thérapie d'accompagnement psycho-corporel pour laisser éclore les émotions bloquées, ou le stage 
de 9 jours, veuillez me contacter au 06 63 76 90 81 ou sur mon mail : adnnn1967@gmail.com 
Si vous voulez vous inscrire pour les rencontres non duelles (sur la base d'une participation en conscience) qui ont lieu de façon bi-mensuelle à chez moi dans le 19e à Paris, et qui ont lieu également par Zoom (gratuit) écrivez-moi un sms sur le numéro ci-dessus.

La non dualité selon Maître Eckart : "Je prie Dieu qu'il me délivre de Dieu"

Extrait du sermon 52 de Maitre Eckhart (la dernière partie)


.Nous disons donc que l'homme doit être si pauvre qu'il ne soit pas lui-même " un endroit où Dieu puisse agir " ni même, qu'il ne l'ait en lui ! Aussi longtemps que l'homme garde en lui de l'espace, il garde de la différence. C'est justement pourquoi je prie Dieu qu'il me rende quitte de Dieu ! Car l'être qui n'est pas est au-delà de Dieu, au-delà de toute différence : là, j'étais seulement moi-même, là, je me voulais moi-même et me regardais moi-même comme celui qui a fait cet homme ! Ainsi suis-je donc la cause de moi-même, selon mon être éternel et selon mon être temporel. Ce n'est que pour cela que je suis né. Selon mon mode de naissance éternel, je ne puis non plus jamais mourir : en vertu de mon mode de naissance éternel, j'ai été de toute éternité, et suis, et demeurerai éternellement ! Ce n'est que ce que je suis en tant qu'être temporel qui mourra et deviendra néant ; car cela appartient au jour, c'est pourquoi cela doit, comme le temps, disparaître. Dans ma naissance toutes choses sont co-nées : j'étais en même temps ma propre cause et la cause de toutes choses. Et le voulu-je : ni moi ni toutes choses ne seraient. Mais si je n'étais pas, Dieu ne serait pas non plus. -- Que l'on comprenne ceci n'est pas nécessaire.

......Un grand docteur affirme que sa percée est quelque chose de plus haut que sa première sortie. Quand je sortis de Dieu, toutes choses dirent : " Il y a un Dieu ! " Or ceci ne peut me rendre bienheureux, car par là je me saisis en tant que créature. Mais dans la percée, comme je veux me tenir vide dans la volonté de Dieu, et vide aussi de cette volonté de Dieu, et de toutes ses œuvres, et de Dieu lui-même -- là je suis plus que toutes les créatures, là je ne suis ni Dieu ni créature : je suis ce que j'étais et ce que je resterai, maintenant et à jamais ! Là je reçois une secousse qui m'emporte et m'élève au-dessus de tous les anges. Dans cette secousse je deviens si riche que Dieu ne peut être assez pour moi selon tout ce qu'il est en tant que Dieu, selon toutes ses œuvres divines : car je conçois dans cette percée ce que moi et Dieu avons de commun. Là je suis ce quelque chose d'immuable qui meut toutes choses. Ici Dieu ne trouve plus de demeure en l'homme, car ici l'homme, par sa pauvreté, a reconquis ce qu'il a été éternellement et restera toujours. Ici Dieu est introduit dans l'esprit. -- C'est " la plus proche pauvreté ". Puisse-t-on la trouver !


......Celui qui ne comprend pas ce discours, que son cœur ne s'en préoccupe pas ; car aussi longtemps qu'on n'a pas grandi à la mesure de cette vérité, on ne comprendra pas ce discours. Car c'est une vérité non réfléchie qui est sortie du cœur de Dieu, immédiatement ! Puisse nous être départie une vie où nous éprouvions cela nous-mêmes éternellement, qu'à cela Dieu nous aide ! Amen.

Traduit de l'allemand par Paul Petit, éd. Tell, Gallimard, 1942


Maitre Eckart invite le chercheur sincère à se libérer de Dieu, c'est à dire de toutes les représentations qu'il peut avoir de Dieu. 

C'est un neti neti absolu comme l'enseigne les Upanishad (Brihadaranyaka Upanishad). Nagarjuna nous invite également à une troisième voie après que nous ayons rejeté les pôles de dualité, car au fond sans la mémoire et sans faire référence à la pensée dualisante en essence, je ne suis rien de perceptible ni rien de concevable.

Cette vidéo, inspiré de l'enseignement de Nagarjuna, vous invite concrètement à cette pratique pour révéler votre vraie nature non duelle :



L’archevêque de Cologne, grand équarrisseur d’âmes et de corps égarées, et outil redoutable de l’Inquisition n’a pas aimé...

En 1329 une bulle papale de Jean 22 condamnent 17 propositions hérétiques de Maître Eckhart. Mais Maitre Eckhart était probablement mort dés 1327...

L’identification directe à Dieu ne plait guère à l’église qui veut préserver son pouvoir de médiateur. 

Au plus profond de l’âme humaine brille une lumière « incréée et incréable » disait-il.

« Là le fond de Dieu est mien et mon fond est celui de Dieu »....

C’est une théologie du dépouillement et in fine de l’anéantissement...

Pour inviter tout un chacun à reconnaître que le Père et le fils sont Un, ou que l’Atman est Brahman comme cela s’exprime dans la tradition de l’advaïta vedanta dans la Brihad anyaraka Upanishad, par exemple. 

« Tu demandes ce que c’est que le Brahman ? C’est ton propre Âtman qui est intérieur à tout! » (III, 4-5)

L’Âtman doit être perçu au moyen de l’Âtman même que l’on désire connaître. L’Âtman de celui qui désire connaître l’Âtman trouve sa propre essence ». (Mundaka Upanishad, III,2-3).

« Cet Âtman qui est caché dans tous les êtres ne se manifeste pas. Mais il est perçu par l’intelligence pénétrante de ceux qui perçoivent les choses subtiles ».

(Kâthaka Upanishad, I, III,12).

La plupart des Upanishad ont pour but d’inviter le disciple à s’identifier avec l’Âme universelle, à devenir cette Âme (c’est à dire Brahman, l’Absolu).

De cette fusion émerge la délivrance (moksha) de l’ignorance.

D’ailleurs, la plupart des Upanishad se terminent par un chant qui invite à l’enstase de l’absorption mystique : 

« Celui qui connaît Brahman, l’Être suprême, devient Brahman lui-même, il traverse le chagrin, il traverse le péché, délivré de ses liens, il devient immortel » (Mundaka Upanishad, III, II, 8).

Amor Fati


NB : Pour ceux qui sont intéressés par un accompagnement individuel non-duel à Paris ou par Skype, une thérapie d'accompagnement psycho-corporel pour laisser éclore les émotions bloquées, ou le stage 
de 9 jours, veuillez me contacter au 06 63 76 90 81 ou sur mon mail : adnnn1967@gmail.com 
Si vous voulez vous inscrire pour les rencontres non duelles (sur la base d'une participation en conscience) qui ont lieu de façon bi-mensuelle à chez moi dans le 19e à Paris, et qui ont lieu également par Zoom (gratuit) écrivez-moi un sms sur le numéro ci-dessus.

mercredi 2 décembre 2020

L'enfer c'est l'identification


L’identification aux pensées est à proprement parler l’enfer.

Dés que nous réalisons que toutes nos croyances ne sont que des pensées récurrentes, et cessons de nous identifier à ces algorithmes pixellisées, la vie est un paradis.
Vous êtes déjà pleinement la Vérité que vous cherchez. Pour le réaliser, il suffit d’un simple moment d’absolue Présence, un moment de véritable silence, un point d’orgue sans saisie ni rejet.
La Vérité avait toujours été là, vous attendant silencieusement d’une patience infinie. La Vérité est extrêmement respectueuse. Elle n’interfère pas, ne prend pas parti. Elle a l’éternité pour elle.
Aussi longtemps que nous sommes occupés à chercher la Vérité, elle attend que nous soyons prêts à nous dissoudre en Elle pour l’Être pleinement.
Ce n’est pas une compréhension verbale ou intellectuelle. C’est un renversement total de perspective, un changement de paradigme.
Au lieu de penser et agir en tant qu’un individu séparé qui semble être conscient, vous réalisez soudain que vous êtes la Conscience Elle-même.


NB : Pour ceux qui sont intéressés par un accompagnement individuel non-duel à Paris ou par Skype, une thérapie d'accompagnement psycho-corporel pour laisser éclore les émotions bloquées, ou le stage 
de 9 jours, veuillez me contacter au 06 63 76 90 81 ou sur mon mail : adnnn1967@gmail.com 
Si vous voulez vous inscrire pour les rencontres non duelles (sur la base d'une participation en conscience) qui ont lieu de façon bi-mensuelle à chez moi dans le 19e à Paris, et qui ont lieu également par Zoom (gratuit) écrivez-moi un sms sur le numéro ci-dessus.

dimanche 22 novembre 2020

Par delà bien et mal : la question morale


Les notions  de bien et de mal sont toujours relatives. Elles correspondent nécessairement à la morale d’une société donnée. Elles varient au cours du temps et changent en fonction des lieux et des cultures.


Ces notions de bien et de mal appartiennent au film, au rêve, au monde des apparences et non à l’écran sur lequel ils apparaissent, non à la Conscience non duelle qui se trouve en amont des noms et des formes.


On pourrait se demander pourquoi la Conscience a permis l’holocauste, la violence, le terrorisme, les inégalités croissantes, la destruction de la planète ?


Sur un plan profond, il peut être réalisé que cette question est en fait mal posée. C’est un peu comme si on demandait pourquoi la Conscience permet-elle le bien ? Ce serait comme demander pourquoi le tsunami a tué 200000 personnes ?

Il ne vous viendrait pas à l’idée de bannir le vent lorsqu’il fait tomber un arbre sur une voiture et tue une famille entière ni de le remercier d’ailleurs parce qu’il permet de faire tourner des éoliennes et de générer de l’électricité. 


Ça n’aurait pas de sens de dire que la Conscience est bonne dans un sens personnel.


On ne peut pas dire que la Conscience est bonne au sens où on dit qu’un homme fait une bonne action. Car l’homme qui fait la bonne action se situe dans le monde relatif et est partie prenante du rêve qui est une des multiples expressions de la lumière de la Conscience. La Conscience transcende le monde relatif, même les actions les plus belles sur le plan moral. Et, elle transcende nos notions relatives les plus belles également comme celle de beauté, de justice, d’amour, de paix, de fraternité, de bonheur, de pureté. Elle les transcende car la Conscience précède toutes ces notions, et est entièrement libre de tout ce qui en elle prend forme et nom.


Quand on dit que la Conscience non duelle est bonne cela ne pourrait serait que dans le sens où elle est ce par quoi tout est connu et reconnu et qu’il y a là une joie sans cause et sans objet, la joie simple de la reconnaissance de l'Être. Cette auto-reconnaissance est notre évangile à tous, la plus inouïe des nouvelles : Ce que nous sommes réellement est par delà le bien et le mal, car c'est un bien absolu, absolument libre des représentations humaines de la morale, non pas immorale mais amorale, non pas personnelle mais impersonnelle, non pas temporelle mais atemporelle.


Kéna Upanishad :


« Ce n’est pas ce que la pensée pense, c’est ce par quoi la pensée pense, tel est le BRAHMAN et non cela que l’in honore comme tel. »


Certains êtres semblent pourtant incarner ce que l’on appelle communément le mal. Quand on parle par exemple d’une personne comme Joseph Mengele, médecin tortionnaire dans les camps d’Auschwitz pendant la seconde guerre mondiale, on peut se demander pourquoi il ne serait pas responsable de ses crimes ?

Sur un plan relatif, il est considéré comme responsable, bien sûr. Et, il a été condamné par contumace au procès de Nuremberg, selon les normes de la morale de la société qui l’a jugé. La notion de responsabilité situe le problème sur le plan relatif. 


Mais si on veut aborder le problème sur un plan spirituel profond, sur le plan de l'Être, il peut être vu que toute action mauvaise provient toujours d’une ignorance, l’ignorance de notre vraie nature.


Vous ne pouvez pas commettre un crime ou faire du mal à une autre personne si vous réalisez que vous êtes la Conscience pure, sans forme et sans âge. Ce n’est pas possible. 


Tout être cherche la paix et le bonheur. C’est ainsi. Et lorsque quelqu’un commet une mauvaise action c’est qu’il est coupé de sa source, qu’il a momentanément oublié sa vraie nature de paix et de complétude et agit à partir de la croyance qu’il est un être séparé et donc parasité de croyances et de préférences personnelles.


Lorsque cette croyance racine en la séparation est transparente, l’individu agit à partir de cette ignorance sans s’en rendre compte. Ramana Maharshi appelait cela l’ignorante ignorance. Comme il se croit coupé de la paix qu’il est déjà, et donc en manque, il cherche à l’obtenir dans le monde à travers un éventail d’expériences susceptibles de lui ramener cette paix dont il a le pressentiment mais qui semble irrémédiablement perdue.



C’est ainsi que dans une gradation infinie se commettent les actions non alignées, et in fine criminelles. 


Ainsi, plus on est éloigné de sa propre source, plus on sera tenté d’assouvir le besoin d’attention de la part des autres, plus on sera tenté de trouver la paix dans des actes déviants voire pervers.

Mais même le plus grand criminel est motivé par le fait de chercher une once de paix au travers de ses actions les plus horribles.


Il y a principalement deux sortes de remèdes existants et éprouvés et,- validés au travers des âges par les études observationnelles, n'en déplaise aux tenants obsessionnels des études randomisées en double aveugle avec placebo - à cette ignorante ignorance. 


La voie de l’amour et la voie de la connaissance.

Dans la voie de l’amour on s’abandonne complètement à Dieu, à l’Absolu, à ce qui est !

Que Ta volonté soit faite. Inch Allah. Point barre. La voie de la dévotion dissout l’ego par le fait de constamment s’abandonner à un Amour inconditionnel, tellement plus grand que l’ego qu’il se liquéfie littéralement dans ce don d’amour.


Dans la voie de l’investigation du Soi, la voie de la connaissance qu’en Inde on appelle le Jnana yoga, on questionne l’illusion d’un moi séparé qui en réalité est la source de tous nos problèmes. Lorsque les fausses croyances sont supprimées par la discrimination, le Neti Neti (ni ceci, ni cela : méthode d’investigation reine de l’Advaita Vedanta) ne demeure que la paix infinie du Soi.


Lorsque l’illusion d’une entité séparée se défait d’elle-même dans la lumière de la Conscience - toutes choses étant égales par ailleurs - les pensées et les actions, désormais au service non pas d’une entité personnelle imaginaire mais de la Conscience pure, se trouvent spontanément et progressivement alignées. 


À ma connaissance, aucun politicien, aucun journaliste, aucun intellectuel, universitaire, scientifique ou philosophe, aucun éducateur, ne propose aujourd’hui un de ses deux remèdes miracle.


Ce qui veulent guérir la violence et débarrasser l’humain de ses pensées ou actions criminelles ou non alignés sans comprendre que la racine est l’ignorance de leur vraie nature, ne sont pas au bout de leur peine.


Vous avez certainement remarqué comme moi, que si l'on tire un peu rapidement sur une mauvaise herbe sans s'assurer d'en avoir extrait la racine, elle repousse assez vite. Il faut avoir un certain doigté, doux d'abord pour trouver la bonne prise au plus près de la terre mais ensuite très ferme et sans la moindre hésitation pour extirper la plante avec sa racine.


Pour aller au bout de la peine, risquez-vous a un geste insensé, inhabituel, profondément révolutionnaire et hautement spirituel : retournez l’attention habituellement tourne vers les perceptions, à 180 degrés vers sa propre source et, dé-couvrez, dé-masquez, la véritable nature de JE.


Où ? Ici !


Quand ? Maintenant !


Et, commencez par reconnaître que ce texte et ces mots ne sont pas perçus par deux petits yeux et une tête dans l’expérience directe si vous ne faites pas référence à la mémoire, mais par une ouverture transparente, sans forme et sans âge, un espace éveillé à sa nature d’espace.


Qu'y a-t-il par delà ou plutôt en deça le bien et le mal ? Il y a le Bien Suprême. Le Bien Suprême, c'est votre trésor secret, que Wei Wu Weil nommait le secret ouvert, c'est la Vérité de l'être qui ne change pas. 


Ainsi pour déraciner le mal dans la nature humaine, il faut aussi déraciner le bien. Aller au-delà, en réalité en-deça, pour réaliser votre vraie nature non duelle.


Ramana Maharshi et Nisargadatta Maharaj disaient également tous deux que le plus grand bien qu'un être humain pouvait faire pour le monde était de s'éveiller à sa vraie nature.


*Satprem qui s'y connaissait en matière de mal relatif (arrêté par les allemands en tant que résistant au sein du réseau de résistance, Turma Vengeance et connu la déportation à Buchenwald puis un an et demi à Mauthausen), disait qu'aussi longtemps qu'un individu ne s'enferme dans rien c'est la Bien, dés qu'il s'enferme dans quelque chose c'est le mal.


Ne nous enfermons donc dans rien. Car le Bien Suprême est de reconnaître en nous la liberté d'être, et l'être n'est ni ceci ni cela.


Shido Bunan (moine Tc'han) disait : "Meurs dans cette vie-ci. meurs complètement. Puis fais ce que tu veux."


Belles éclosions à toutes et à tous



* Satprem (dont le nom en sanskrit signifie "Celui qui aime vraiment"), Bernard Enginger pour l'état-civil, né Français à Paris le , et qui a quitté son corps dans les montagnes bleues des Nilgiris en Inde (à Kotagiri dans l'Etat du Tamil Nadu) le 1, est un chercheur des mondes de Conscience à venir, qui a repris et poursuivi la trajectoire corporelle évolutive de Sri Aurobindo (Aurobindo Ghose 1872-1950) et de Mère (Mirra Alfassa 1878-1973), dont il a recueilli les expériences et les visions jusqu'à son départ en 1973, et qu'il transcrira dans les 6.000 pages des 13 Volumes de l'"Agenda de l'Action Supramentale sur la Terre" de Mère (édité par l'Institut de Recherches Evolutives).

NB : Pour ceux qui sont intéressés par un accompagnement individuel non-duel à Paris ou par Skype, une thérapie d'accompagnement psycho-corporel pour laisser éclore les émotions bloquées, ou le stage 
de 9 jours, veuillez me contacter au 06 63 76 90 81 ou sur mon mail : adnnn1967@gmail.com 
Si vous voulez vous inscrire pour les rencontres non duelles (sur la base d'une participation en conscience) qui ont lieu de façon bi-mensuelle à chez moi dans le 19e à Paris, et qui ont lieu également par Zoom (gratuit) écrivez-moi un sms sur le numéro ci-dessus.