Dan SPEERSCHNEIDER - La complétude est ce que nous sommes. Nous ne pouvons donc ni l'atteindre, ni la perdre. Simplement réaliser que nous ne sommes pas un moi séparé. Ce blog est dédié à la réalisation du Soi pour célébrer l'émerveillement d'être. Partager une perspective non-duelle par le biais de textes, dialogues, jeux d'éveil de l'attention, poèmes et musiques. Il est dédié à la réalisation de votre véritable nature.
Feel it !
mercredi 9 novembre 2022
L'investigation du Soi de Ramana Maharshi : pratique du je-Je
samedi 29 octobre 2022
Seule la connaissance dissout l’ignorance
On dit volontiers « embrasser le paysage ou la scène d’un seul regard ». Je t’invite à remarquer que Ce à partir de quoi tu regardes est toujours plus vaste que ce qui est regardé.
Que tu perçoives le visage d’un ami, un film sur un grand écran au cinéma, les Himalayas, l’océan, le ciel, les étoiles, ou tout l’univers, Ce à partir de quoi c’est vu est toujours plus grand et Toi tu contiens ce qui est vu par la conscience que tu en as.
Ce que tu perçois est toujours plus petit que ce que à partir de quoi tu perçois.
Ce à partir de quoi tu as conscience se situe toujours avant ce dont tu as conscience. Tous les objets dont tu as conscience surgissent dans la conscience qui les précède. Toi Tu es l’avant toute chose. Avant que le monde apparaisse il fallait que toi, Conscience, tu sois là. Avec ce simple constat, cette prise de conscience, tu redécouvres que tu es libre de tout ce qui apparaît et qu’il en avait toujours été ainsi.
Parfois tu as l’impression d’être perdu dans un filet de pensées ou d’être englué dans des sensations désagréables et étouffantes. Mais ce n’est qu’une impression transitoire dont Toi tu as conscience. En réalisant que tu dois nécessairement précéder toute impression, quelle qu’elle soit, par la connaissance que tu en as, tu es à nouveau soudain complètement libre. Comme le rêveur qui s’extirpe de la brume du rêve ou du cauchemar et qui réalise soudain qu’il est en réalité le Rêveur et pas le rêvé.
Ta véritable nature est éternellement libre. Le vécu direct de cette liberté inhérente à ta vraie nature se révèle uniquement par la connaissance. L’ignorance s’efface d’elle-même par la lumière de la Connaissance que tu es.
Toute impression de manque et de souffrance est toujours liée à l’ignorance de ta vraie nature qui momentanément semblait voilée.
Aussitôt que tu reconnais que toi tu es plus vaste que l’impression, à nouveau tu sens la liberté absolue de ton être.
Tous nos malheurs viennent in fine d’une erreur identitaire qu’une attention pleine et impersonnelle finit par dissoudre.
Voilà de bonnes nouvelles. La souffrance n’est pas une fatalité, mais le résultat d’une simple erreur d’attention.
La Conscience que je suis est rien, une non chose (Nothing en anglais, not a thing) accueillant toute chose.
La sagesse me dit : Je ne suis rien.
L'amour me dit : Je suis tout (Je prend toute forme)
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vendredi 7 octobre 2022
La plus haute intelligence
Notre civilisation étant fondée sur un mensonge initial (une croyance racine fausse) qui est également son plus grand tabou - la croyance en la séparation ou que je est une personne séparée auteure des pensées et des actions - elle est vouée à disparaître très prochainement ou à reconnaître son erreur et à rétablir la Vérité.
Un des multiples symptômes de cette dégénérescence de la civilisation est la secte prévalante et invisible du matérialisme scientifique depuis 2000 ans qui en est encore à se poser la question de l'émergence de la conscience à partir de la matière dont on n’a pas encore prouvé l’existence. Comment la matière organique fait-elle pour donner naissance à des propriétés dites "émergentes" dépassant de loin les capacités de chaque cellule, comme le fait d'être conscient de soi-même ? Et cette question a donné naissance à ce qu'on appelle "le problème difficile de la conscience".
Très peu d’êtres humains qualifiés de « scientifiques de haut niveau » ont réalisé comme Bernardo Kastrup (ancien informaticien hollandais ayant travaillé au CERN aujourd’hui considéré comme un philosophe) que la Conscience n’émerge pas de la matière.
Un autre des innombrables signes de cette décadence de notre civilisation se constate dans la façon de mesurer l’intelligence de façon purement quantitative avec par exemple le QI (Quotient Intellectuel) qui non seulement exclut du champ de l’intelligence humaine, la sensibilité, l’intelligence corporelle, la créativité, la compassion et tant d’autres capacités d’un humain, mais qui surtout conforte l’identification erronée à la personne séparée en réduisant la Conscience aux capacités de calcul d’un ordinateur de bord nommé cerveau.
La véritable intelligence est au contraire celle de la capacité inhérente à la Conscience de se désidentifier de ce qu’Elle n’est pas, de discriminer entre le transitoire et le permanent, entre l’illusoire et le réel, de faire la différence entre le père Noël et l’Oncle.
C’est l’intelligence spirituelle, celle qui est nécessaire pour retrouver notre véritable nature, qui n’avait, bien entendu, jamais été vraiment perdue… sauf en imaginaire.
Belle investigation à toi sœur ou frère de lumière
Amour et paix
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mardi 4 octobre 2022
Prière de gratitude : Merci est le mantra non duel par excellence
Bien qu’en Allemand prier (zu beten) signifie demander, la seule prière véritablement digne d’être exprimée est celle de la non demande. Quand il n’y a rien à demander que reste-il ? À remercier. Pourquoi ? Pour rien. Et pourquoi pas ?
Le sens profond de la prière est présent dans la phrase introductive du Notre Père :
« Que Ta volonté soit faite sur la terre et au ciel. »
Cela met l’esprit au repos et déconnecte le mental de tout désir personnel. La spiritualité authentique est toujours acceptation profonde.
Vous aurez remarqué qu’on ne dit pas que « ma volonté soit faite » qui concerne le délire psychopathe de la pensée positive, du développement personnel, et autres travers se l’homme contemporain s’étant coupé de lui-même.
On dit « Que Ta volonté soit faite ». Cette seule phrase a le pouvoir de dissoudre l’illusoire moi séparé.
Ainsi, toute véritable prière ne peut qu’être un chant de gratitude. Dire merci à tout ce qui apparaît dans le champ de félicité de la Conscience inconditionnée comme on nomme joliment la Présence dans le Dzogchen. Dire merci à tout car c’est une expression de Vous-même.
Dire merci est le mantra non duel par excellence.
Voici une prière de Gratitude qui m’est venue :
« Merci la Vie …
Merci à Toi de me montrer ton visage à travers toute expérience et ton sans visage dans tout visage.
Merci de me ramener toujours à Toi au travers de l’adversité, des épreuves, des deuils, des futilités de l’ego, y compris celles de l’ego spirituel qui croit encore à la hiérarchie et aux différences, merci de me permettre toujours de me fondre en Toi au travers de l’espoir ou du désespoir, des jugements et des attentes, de la honte, de la culpabilité et de l’indignité, merci de me ramener au travers de chaque couleur de l’arc en ciel des émotions à la reconnaissance de Ta lumière Une, merci merci merci.
Car c’est grâce à chaque pixel de l’expérience, de la plus douce à la plus atroce que Je suis là - Ici Maintenant - à te dire merci, dans cet Espace où il est reconnu que Toi et moi ne sommes qu’Un et que tout s’illumine par Ta grâce.
Merci merci merci … »
Fais-nous partager ton chant de gratitude à toi et je le publierais sur le blog.
Belles éclosions à toi sœur ou frère de lumière
Amor Fati
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L’humour avec un grand A
"L’humour est partie intégrante de la vie spirituelle. Si celle-ci se fait pesante, c’est le signe que quelque chose ne va pas. Notez que, même en termes physiques, plus on s’approche du centre de la Terre, moins il y a de gravité. Pourquoi n’en irait-il pas de même avec ce centre de l’Univers qui se trouve là, en nous?" -
Douglas Harding. -
L’humour avec un grand A majuscule fait partie intégrante de cette invitation à re dé couvrir notre vraie nature impersonnelle et atemporelle.
La colle du sérieux est bien notre plus grand ennemi et le signe qu’il y a identification à ce que nous ne sommes pas. Tout ce qui qui dissout la colle du sérieux participe à cet auspicieux allègement et aux retrouvailles avec nous-mêmes.
Que ce soit par la voie de la Connaissance (la discrimination entre ce qui est illusoire et ce qui est réel ou investigation du Soi) OU/ET par la voie du senti, nommée également voie de l’amour ou de l’abandon (faire l’unité avec quoique ce soit sans la pensée) nous sommes invités à réaliser que dans l’expérience directe nous n’avons jamais été séparés de quoi que ce soit.
N’oublions pas qu’en anglais illumination se dit enlightenment qui signifie également allègement.
Et, l’humour avec un grand A majuscule est un sacré allègement surtout lorsque cet humour est aussi autodérision. L’humour agit alors comme un puissant dissolvant sur l’identification à un moi séparé, et à toute croyance d’apparence sérieuse.
Quand vous ne demandez rien aux autres, au monde ou à Dieu, lorsque vous ne cherchez rien, et n’attendez plus rien de la vie, votre vraie nature se révèle sans efforts et sans même que vous l’ayez sollicité, dans toute sa splendeur.
Paix et amour
Reconnaître ce qui en moi ou ne change pas
Toute expérience a un commencement et une fin. Toute expérience est temporaire. Elle apparaît et disparaît.
Est-ce que Toi qui la connais, Toi qui en a conscience, tu naît avec l’expérience et disparaît avec elle ?
N’es-tu pas présent avant son apparition, pendant que l’expérience prend forme et se déploie, et toujours présent lorsque l’expérience a cessé ?
Chaque expérience est une occasion en or pour reconnaître Ta vraie nature atemporelle. Goûter au nectar de l’immortalité. Reconnaître que Tu es le champ de félicité de la Conscience inconditionnée comme on dit dans le Dzogchen.
Quelle que soit l’expérience au fil de l’instant, et l’agitation qui semble prévaloir, Tu es l’Œil du cyclone, l’Immuable au cœur du mouvement, le point d’orgue atemporel au sein de ce qui change, l’écran sur lequel le film apparaît, par lequel il est connu, et ultimement, la substance dont le film est fait.
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La simplicité de l’éveil et ses trois étapes
Tu dis souvent que c’est simple. Que faut il faire, qu’y a-t-il à réaliser ?
C’est simple. Ce n’est pas facile pour tout le monde. Mais si vous faites fi de la mémoire et des savoirs de seconde main, et acceptez d’accorder la confiance qu’à ce qui se révèle dans l’expérience directe, c’est d’une simplicité confondante.
Il y a trois choses à faire et ce n’est pas véritablement un faire.
Reconnaître ta nature de vacuité. Comment ?
En relâchant l’attention dans sa source. C’est ce que l’on nomme le basculement de la conscience, le retournement de l’attention à 180 degrés vers sa source dans la voie directe de la Vision Sans Tête de Douglas Harding, l’investigation du Soi pour Ramana Maharshi, prendre refuge dans le « Je suis » de Nisargadatta Maharaj, le Neti Neti de la tradition apophatique des Upanishad et de Shankara, la discrimination entre l’irréel et le Réel, le serpent et la corde. Ça c’est la première étape : être conscient d’être conscient.
C’est facile pour la plupart des êtres qui sont sincèrement prêts à remettre en question toute leurs croyances y compris la croyance racine de toute ignorance qui est de se croire une personne séparée.
Puis, il s’agit de vivre à partir de la Vacuité que vous avez redécouverte, et qui est votre vraie nature.
C’est à dire vivre dans cette double attention, une attention vers le monde, les formes et les expériences tout en ne se départissent pas de la conviction d’être le Soi.
Enfin, il s’agit juste de continuer à vivre à partir de la Vacuité.
Si vous oubliez à nouveau votre vraie nature, juste revenir à l’étape numéro un de la reconnaissance.
Cette reconnaissance est toujours disponible, 24/7.
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vendredi 9 septembre 2022
CIRCONVOLUTIONS
Nous avions marché sans but, hors des sentiers balisés, nous laissant guider par l’imprévu des sous-bois et des abattures. Le premier village devait se trouver à plus d’une heure de marche. Nous étions perdus ; joyeusement perdus au milieu des champs et des forêts à perte de vue. Après plusieurs heures de cette errance délicieuse, sans but et sans destination particulière, nous nous assîmes au bord d’un petit étang.
La campagne de ce mois de mai révélait sans pudeur sa beauté innombrable. Ça sentait l’été. Une multitude de petites fleurs jaunes, blanches et violettes se détachaient sur l’herbe verte et exhalaient un parfum légèrement sucré. On entendait au loin, dans les fourrés, le chant vif et mélodieux du rouge gorge et plus près de nous, les pépiements agités d’un petit groupe de mésanges bleues qui sautillaient gaiement d’une branche à l’autre d’un vieux chêne. Une abeille en passant fît entendre son léger vrombissement, puis se posa pour se gorger quelques instants d’un nectar inconnu à nos sens, dans le secret d’une fleur. Les vols imprévisibles et saccadés de quelques papillons achevaient de donner à ce tableau vivant un aspect magique.
Le corps se détendait complètement dans cet environnement paisible et ses milliards d’antennes aux aguets, se nourrissaient de sensations nouvelles.
Pendant de longs instants il n’y eut plus personne pour sentir, il n’y eut plus d’intérieur ni d’extérieur, mais simplement sensation, écoute, vision. L’intensité de l’écoute balayait toute pensée, toute intention. On pouvait même sentir comme une oscillation particulière dans l’air. Toute la nature semblait nimbée dans une sorte de présence magique et unifiante.
Puis, sans raison, l’amie ramassa une pierre et la jeta très haut et très loin vers le centre du lac. Le petit choc sur la surface de l’eau sous forme de clapotement fut bref et donna encore plus d’intensité au silence qui s’ensuivit. Nos regards convergèrent vers les fines circonvolutions qui s’amplifièrent depuis le point d’impact. L’onde de choc continua son expansion silencieuse dans toutes les directions en prenant de la vitesse. Elle s’étendit par cercles concentriques jusqu’à se fondre dans la barrière de roseaux à notre droite et épouser les ondulations en flèche engendrées par l’avancée de deux poules d’eau arrivant de notre gauche. Devant nous, arrêté par aucun obstacle apparent, le minuscule raz-de-marée, désormais presque invisible à l’œil nu, semblait se dissoudre sans histoire.
Quand les circonvolutions furent totalement résorbées, les nuages cotonneux reprirent leur avancée silencieuse dans le miroir de l’étang dont la surface était redevenue parfaitement lisse.
Il n’y avait pas de vent pour ainsi dire, mais plutôt d’infimes et très doux déplacements d’air chaud, qui caressaient votre peau avec une extrême tendresse, mais qui ne semblait pas affecter le moins du monde la surface plane de l’étang. Le miroir demeurait intact et reflétait fidèlement les formes imperceptiblement mouvantes des branches des saules, des nuages et le bleu du ciel.
Quand une pensée ou une émotion naît dans un mental tranquille, dans l’espace nu d’une écoute sans directions, il devient possible de la ressentir pleinement depuis sa naissance au cœur du silence, de la suivre dans ses moindres déploiements, ses subtiles transformations et de la pister jusqu’à sa résorption ultime dans le silence. Quand le mental est agité de peurs ou de projections, quand l’attention n’est pas libre, il est impossible de suivre la danse d’une pensée ou le chant d’une émotion.
De même si vous jetez une pierre dans une mer mouvante et agitée, vous ne voyez pas la vibration particulière qu’elle engendre. Pour accéder à une connaissance intime de vous même, vous devez vous observer d’instant en instant, avec une attention libre, totalement libre d’instant en instant. L’attention est libre quand vous ne cherchez plus à défendre quoi que ce soit, que vous n’êtes plus attaché à aucune image, aucune identité, quand vous cessez toute comparaison et qu’il n’y a plus de prétention à être quelqu’un.
Pour libérer l’attention, déconditionner le regard et l’écoute, pour déconstruire tout ce fatras de filtres et de croyances et accéder à cette écoute non impliquée, il n’y a pas de méthode. Il y a juste à relâcher l’attention et la laisser refluer dans sa propre source.
Néanmoins, un ensemble de clés non duelles et jeux de révélation nous invitent à ce grand désencombrement regard. Ce sont des jeux de révélation pour libérer l’attention qui s’est figée dans nos innombrables schémas. Et parfois, au cours d’un tel jeu, les nuages inexorablement se dissolvent et l’on réalise soudain que la Présence avait toujours été là, en arrière plan, attendant juste d’être redécouverte.
Quand la conscience est comme un lac étale, la moindre vibration peut être pleinement ressentie jusqu’au bout. Il y a une très grande beauté à percevoir et à sentir une pensée ou une émotion dans cette ouverture.
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lundi 18 juillet 2022
Sentir la résistance est une porte directe vers la reconnaissance de ta vraie nature
Pourquoi est-ce que je demande si souvent de terminer cette phrase : “Tout irait très bien si seulement” ?
Parce qu’il est évident que l’éveil à ta vraie nature passe par le senti de ce à quoi tu résistes, par le fait de ne rien rejeter comme étant séparé de toi.
Et, chaque fois qu’il y aura l’élan de continuer cette phrase, c’est qu’il y a encore en toi l’illusion qu’une expérience pourra te donner la paix et la joie que tu cherches, et qui est en réalité déjà présente.
Cette phrase amène donc l’ego à sortir du bois, si l’on puis dire et, c’est déjà une belle mise en vulnérabilité. Il ne s’agira alors pas de le dézinguer comme le loup, mais au contraire de l’embrasser pleinement, c’est à dire faire l’unité avec, tactilement, sensoriellement, vibratoirement, être avec sans la pensée.
Tout ce à quoi tu résistes persistes. Tout ce que tu embrasses s’efface et révèle l’espace de ta vraie nature qui est sans traces.
Se révèle alors comme par magie ce que justement l’on cherchait, une présence consciente, sans forme et sans âge, la simple plénitude d’être qui se révèle être paix, joie et amour inconditionnés.
Pourquoi ? Parce qu’il n’y avait jamais eu autre chose que cette Présence en vérité. Il semble que le plomb se soit transformé en or au cours de ce processus alchimique du senti. Et c’est vrai mais sur un plan profond bien sûr, le plomb était déjà de l’or. La souffrance c’est toujours de l’amour qui se cherche, qui cherche à se révéler pleinement. Et le senti, qui est purement non duel opère comme un Neti Neti alchimique qui dissout tout ce qui n’est pas ultimement Réel pour révéler l’Un que Tu es. Tat Tvam Asi comme le dit la grande sentence de la Chandogya Upanishad. Cela Tu l’es.
Pour s’éveiller au Soi il nous faut donc faire l’unité avec la résistance, c’est à dire avec ce qui nous inquiète, nous attire ou nous repousse, nous fait peur ou nous dégoûte. Il s’agit de repérer encore et encore notre fonctionnement et nos diverses stratégies égotiques, et faire l’unité avec elles, avec toutes nos zones d’ombre et nos angles morts, là où en définitive il y a affirmation, prétention à savoir, sérieux, sentiment d’appropriation, qui occasionnent contraction et lourdeur dans le corps.
Pour s’éveiller à sa vraie nature, sentir la résistance est la voie la plus directe. En chemin vers soi-même tout ce à quoi l’on résiste va nécessairement se manifester, et il ne s’agira pas de vouloir s’en séparer. Tout doit être goûté, savouré, senti, aimé jusqu’à la dernière goutte et révéler la quintessence de l’Être.
vendredi 15 juillet 2022
Le temps n’est pas réel
La croyance en la réalité du temps est un parfait esclavage imaginaire que la plupart des êtres craignent et pourfendent consciemment ou inconsciemment leur vie durant.
Quelles que soient nos croyances par rapport à la mort ou l’après de la mort, l’identification à un sac de peau d’organes et d’os à forme humaine avec une date de péremption est qu’on le veuille ou non profondément anxiogène.
Être délivré de l’illusion du temps est le plus merveilleux des miracles.
Or le temps n’est au fond que le concept du changement. Les humains durant leur évolution ont vu que les choses changeaient. Printemps, été, automne, hiver. Puis ils ont imaginé mesurer le changement.
On ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve disait Héraclite. Tout est impermanence disait un certain Bouddha à la même époque sous d’autres cieux.
La pensée humaine permet d’imaginer le concept du temps qui est très utile, pour prévoir les choses et mieux contrôler et tirer profit de la nature.
Mais le temps n’est pas réel. Le temps c’est de la pensée.
Lamartine dans son poème Le Lac implore le temps :
" Ô temps ! suspends ton vol, et vous, heures propices !
Suspendez votre cours :
Laissez-nous savourer les rapides délices
Des plus beaux de nos jours ! »
Peut-être est-ce plutôt « Ô pensées suspendez votre vol qu’il faudrait écrire »… Mais même pas, car au fond, le silence atemporel que l’on évoque ici, ne peut pas être tributaire de quoi que ce soit. C’est l’Avant toute chose, cela est, tout simplement, qu’il y ait apparition-disparition de bulles de pensées, de temps, d’expériences, d’univers ou pas.
Pour être conscient du temps, c’est à dire ce qui change sans cesse, Cela qui en est conscient doit se situer au-delà, et être sans changement.
Pour percevoir le changement il faut être le non changement.
Quand nous, apparents mortels devenons soudainement conscients de ce Maintenant atemporel qui ne change jamais, nous pressentons la joyeuse immortalité de l’Être qui nous fonde et nous fondons en Lui.
Amor fati




